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RÉTRÉCISSEMENT DE L'ŒSOPHAGE

n'y a eu ni ulcération ni suppuration, le rétrécissement est constitué seulement par la perte d'élasticité, perte d'élasticité qui, dans un point déterminé, empêche l'œsophage de se dilater dour laisser passer le bol alimentaire. A l'autopsie, on trouve te canal à peine rétréci ; seulement, les parois présentent, en un point, une induration et un épaississement, qui dans les cas les plus graves est constitué par un tissu cartilagineux et même osseux.

Quand le rétrécissement succède à une ulcération ou à une suppuration (brûlure, abcès de l'œsophage), on trouve alors une véritable cicatrice avec brides et déformation du canal. Telle esL la lésion qui constitue le rétrécissement proprement dit; mais il faut savoir que le calibre de l'œsophage peut être rétréci par des tumeurs venues du dehors, ou même développées dans les parois de l'organe: polypes, cancer, abcès, tumeurs anévrysmales, tumeurs ganglionnaires, hypertrophie considérable du foie.

Les symptômes de cette lésion sont, dans le commencement, la difficulté plus ou moins considérable de la déglutition, principalement des solides. Cette difficulté peut aller jusqu'à l'impossibilité d'avaler la plus petite goutte de liquide ; un sentiment de gêne, quelquefois de douleur, existe en un point déterminé. La lésion faisant des progrès, la déglutition devient à peu près impossible ; le malade fait de grands efforts pour avaler. Les aliments sont rejetés presque immédiatement si le rétrécissement siège à la partie supérieure de l'œsophage; quand, au contraire, le rétrécissement avoisine le cardia, l'œsophage se dilate et forme une espèce de jabot au-dessus du rétrécissement ; là, les aliments subissent un commencement de digestion, puis, la plus grande partie est rejetée au dehors et une petite partie pénètre dans l'estomac. La régurgitation des aliments dans le rétrécissement de l'œsophage se fait tantôt doucement, tantô brusquement et avec des efforts accompagnés de toux el de suffocation. Chez un certain nombre de malades, La déglutition des liquides s'accompagne d'une sorte de gargouillement

Le malade s'attriste, maigrit, perd ses forces el finit ,nr mourir de faim, comme dans Ie cancer du cardia

Le Traitement de celle lésion est tout chirurgical. Il consiste dans la dilatation du rétrécissement à l'aide de bougies et de sonde dont le volume s'accroît progressivement.

Le cathétérisme de l'œsophage se fait à l'aide de sondes dites œsophagiennes. Le doigt indicateur delà main gauche est placé le plus profondément possible et sert à abaisser la langue ; la sonde enduite d'un corps mucilagineux est conduite le long du doigt, puis légèrement inclinée à gauche jusqu'à ce qu'elle rencontre la face postérieure du pharynx ; là, elle se recourbe et suivant la face postérieure du pharynx pénètre dans l'œsophage. Si on fait fausse route, on en est habituellement averti par la toux et la suffocation. Une fois parvenu dans l'œsophage, la sonde est poussée doucement jusque dans l'estomac ; si elle doit rester à demeure, son extrémité supérieure est saisie par un fil double ; passée dans les fosses nasales à l'aide de la sonde de Belloc et ramenée par le nez ou mieux elle est in troduite directe ment par les fosses nasales.

Cette sonde sert à dilater le rétrécissement et à nourrir le malade. Il faut avoir soin de pousser d'abord quelques gouttes d'eau seulement, car certains malades ne distinguent pas si la sonde pénètre clans la trachée ou dans l'œsophage, et il y aurait de graves inconvénients à pousser une pleine seringue de bouillon dans le poumon. Quand la sonde cesse d'être serrée, quand elle joue facilement dans le rétrécissement, on la retire pour en introduire une plus volumineuse.

Le traitement des rétrécissements de l'urèthre par la dilatation graduelle et par l'introduction successive de bougies desplus grosses du Dr Béniqué, serait applicable au traitement des rétrécissements de l'œsophage, comme ils sont applicables à ceux du rectum.

Dans les cas où on ne peut parvenir à franchir le rétrécissement on a proposé Vœsophagotomie et même la gastro/mme ; la première de ces opérations a prolon-é les jours du seul malade auquel on l'ait pratiquée; la seconde a déterminé la mort en moins de vingt-quatre heures.

RUPTURE DE l/cESOPHAGE.

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