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SUETTE. — FORME INTERMITTENTE

II. Forme bénigne. — Mouvement fébrile intense, avec sueurs profuses; éruption très-forte survenant le troisième jour ; bon état des forces, du moral et du faciès ; ni oppression, ni anxiété, ni barre épigastrique. Guérison souvent dès le quatrième jour, plus souvent le septième.

III. Forme maligne. — Cette forme débute avec une apparente bénignité ; c'est une simple indisposition, remplacée tout à coup par une agonie, et la mort au bout de quelques heures.

Le mouvement fébrile et les sueurs de la première période sont à peine marqués ; cependant on observe : agitation , anxiété, intermittence du pouls, tendance à la lipothymie; puis, en regardant bien, teinte légèrement livide de la face et des lèvres; au bout de quelques heures de cet état, au plus tard pendant le début de l'éruption : nausées, quelquefois vomissements et évacuations alvines involontaires; prostration profonde ; pâleur cadavérique ; subdélirium, coma ; dyspnée croissante, râle trachéal et mort..,.. Une à quatre heures suffisent souvent à l'évolution complète de la maladie et à sa terminaison par la mort.

Si l'éruption se fait au milieu de cette agonie, elle amène quelquefois une rémission qui prolonge la vie des malades jusqu'au quatrième jour, et qui, dans des cas tout à fait exceptionnels, peut être le principe de la guérison.

IV. Forme intermittente. — Quelques auteurs ont admis une forme intermittente. Les aggravations et les rémissions produites par des éruptions successives, les symptômes si pernicieux de la forme maligne, peuvent prêter à l'illusion. Toujours est-il qu'à Poitiers, ces cas ont été entièrement rebelles aux plus fortes doses de sulfate de quinine.

Maintenant la suette peut s'unir à la fièvre intermittente, comme elle s'unit à la fièvre typhoïde et au choléra. Ces cas, fort difficiles à déterminer, expliqueraient les quelques succès obtenus par le sulfate de quinine dans certains pays.

Les lésions observées consistent dans la liquéfaction du sang et dans la congestion de la plupart des viscères.

Joosset. 2° édit. ' 18

La suette est propre à certaines localités : la Picardie, le Poitou, l'Angoumois et quelques parties du Languedoc; jamais elle ne se propage dans les autres pays. Les médecins modernes nient sa contagion ; elle sévit principalement de 20 à 40 ans ; elle atteint un plus grand nombre de femmes ; la grossesse et l'état puerpéral prédisposent à la maladie. A Poitiers, elle frappe surtout les classes riches. Les émotions déprimantes, les excès concourent au développement de la maladie.

Traitement. — Traitement de la forme commune. — Aconitum, mercurius et arsenicum. Aconilum au début contre le mouvement fébrile intense, avec rougeur de la face ; mais ce médicament doit être prompt.ement remplacé par mercurius , indiqué par les sueurs profuses, qui ne soulagent pas, éruptions miliaires diverses, anxiété, faiblesse. Arsenicum remplace mercurius quand les malades sont dans une agitation excessive, avec peur de la mort et barre épigastrique.

Traitement de la fo:*me maligne. — Arsenicum, indique précédemment, et carbo vegeiabilis, si arsenicum fait défaut.

Quoique nous n'ayons pas souvent l'occasion de traiter cette maladie, nous recommandons, le cas échéant, l'usage, du jaborandi, qui à la sixième dilution nous a donné de très-bons résultats dans des affections caractérisées par une sécrétion exagérée de la sueur. De plus, ce médicament convient évidemment à une affection du grand sympa ihique, qui est paralysé par son action physiologique, comme il est certainement paralysé dans la suette.

Enfin, si on parvenait à reconnaître une véritable complication avec la fièvre intermittente, il ne faudrait pas hésiter à prescrire le sulfate de quinine à haute dose.

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