HYSTÉRIE
L'hystérie est une maladie de l'ordre des névroses presque exclusivement propre au sexe féminin, et caractérisée par la multiplicité de ses affections, dont les plus significatives sont l'impressionnabilité excessive, la boule hystérique, les analgésies et les hyperesthésies.
L'impressionnabilité excessive, les hyperesthésies, les analgésies et la boule hystérique ne sont pas les phénomènes les plus apparents, les plus considérables de l'hystérie ; mais cependant nous les énumérons dans la définition delà maladie, parce qu'ils sont les plus caractéristiques et qu'ils séparent nettement l'hystérie des autres névroses.
Nous avons soutenu longtemps l'opinion que l'hystérie était une maladie exclusivement propre au sexe féminin ; mais deux faits que nous avons pu observer dans tous leurs détails ont modifié notre opinion ; car ces deux faits appartiennent à la forme commune de l'hystérie convulsive. L'analgésie, l'impressionnabilité excessive, la boule hystérique et surtout des convulsions générales avec cris, hurlements, pleurs, rires et conservation complète de la connaissance, longue durée des accès ne permettaient pas de confondre cet état morbide avec le somnambulisme, l'épilepsie ou certains empoisonnements saturnins. Nous admettons donc que l'hystérie peut se montrer chez l'homme.
Comment après cela conserver le nom A' hystérie à cette maladie? Par cette raison péremptoire que si on voulait changer
tous les noms de maladies dont le sens propre et étymologique est absurde, il faudrait faire une nouvelle nomenclature } ce qui aurait encore plus d'inconvénient que la conservation de noms traditionnels qui ne valent que par leur définition.
Division. — L'hystérie se présente sous* quatre formes : la forme commune, la forme bénigne^ la forme convulsive et la forme grave.
Plusieurs de ces formes présentent à étudier comme variété des sous-divisions importantes.
I. Forme commune. — Cette forme est ainsi nommée, parce que c'est elle que Ton rencontre le plus fréquemment, et aussi parce que, présentant réunies presque toutes les affections hystériques, elle offre, plus que toutes les autres formes, une image complète de la maladie.
Les hystériques présentent dès leur enfance certaines dispositions qui permettent de prévoir à l'avance le développement de la maladie; et, comme cette prévision est d'une importance capitale au point de vue de la prophylaxie, nous allons exposer avec le plus grand soin les signes de la disposition hystérique.
M. Briquet a dit avec raison que ce qui constituait le tempérament hystérique était la prédominance de t élément affectif. Ces malades, encore tout enfants, sont impressionnables à l'excès; elles sont vives, affectueuses, et trop démonstratives dans leurs affections; si elles pleurent, c'est jusqu'aux larmes et à la suffocation ; si elles s'irritent, c'est jusqu'à la fureur et au tremblement ; leur joie s'accompagne d'exclamations folles,
de larmes et de rires inextinguibles. Elles s'effraient facilement et se trouvent mal pour un rien ; elles déploient dans leurs jeux une imagination extraordinaire, môme chez des enfants ; leur sommeil est léger, souvent interrompu ; elles ont des rêves lucides et des accès de somnambulisme.
Les facultés intellectuelles ne présentent pas de caractère particulier chez les enfants et lés jeunes filles prédisposées à l'hystérie; elles peuvent avoir un esprit très-borné ou une
intelligence très-étendue. Les facultés animales ou sensibles sont seules développées à l'excès.
Quelques auteurs ont cru trouver dans l'apparence physique des signes de la prédisposition hystérique; mais ils s'accordent peu sur la description de ces signes.
Pour nous, une constitution délicate, même un peu frêle, une grande vivacité dans les mouvements, une certaine énergie musculaire, avec une faiblesse apparente, tels sont les caractères physiques des enfants prédisposées à la forme commune de l'hystérie. Nous verrons, en traitant de la forme convulsiveM que les filles qui sont atteintes de cette forme présentent souvent des caractères physiques tout opposés.
Quand l'hystérie débute avant l'âge de 7 ans, elle commence presque toujours par une attaque convulsive, même quand les malades doivent être atteints de la forme commune ; d'autres fois c'est par des gastralgies ou des céphalalgies, qui dès lors revêtent des caractères tout particuliers, et sur lesquels nous insisterons en décrivant les affections hystériques ; mais, le plus souvent, c'est à l'approche de la puoerté et au moment de la première menstruation que Fhystérie, latente jusqu'à ce jour, éclate et se constitue par le développement simultané de la plupart de ses symptômes.
Les malades présentent alors à étudier deux états distincts : hystérie pendant l'attaque, hystérie hors du temps des attaques.
Hystérie pendant l'attaque. — Dans la forme commune de l'hystérie, les attaques sont constituées par le retour, à des périodes habituellement longues et irrégulières, d'un ensemble de symptômes qui apparaissent rapidement, se continuent pendant quelques heures et disparaissent ordinairement après une crise par les larmes ou par des urines aqueuses et abondantes. Chaque attaque se compose le plus souvent d'une suite d'accès séparés par des rémissions plus ou moins complètes ; les attaques sont convulsives ou ne le sont pas.
Attaques non convulsives. — A propos d'une impression morale vive, quelquefois d'une frayeur, plus souvent d'un cha-
grin violent, à l'époque des règles surtout, la malade est prise d'accidents variables, mais dont les principaux sont les suivants : dyspnée avec suffocation et sanglots, sentiment de construction à la gorge, palpitation extrêmement violente, agitation avec tremblement des membres, exaltation des facultés intellectuelles et principalement de la sensibilité et de l'imagination, flux de paroles entrecoupées de sanglots. Le langage est facile, l'expression est recherchée et le discours empreint d'un caractère d'élévation relative incontestable. Au milieu de ce désordre, surviennent des accès de rire et de pleurs involontaires. En même temps, les malades éprouvent des douleurs souvent excessives. La tête, la région du cœur, l'ovaire et l'épigastre, sont le plus souvent le siège de ces douleurs; mais, quelque soit leur siège, elles s'aggravent par la pression, qui suffit presque toujours à rappeler l'accès lorsque la rémission est déjà commencée.
Après une durée d'un quart d'heure, d'une demi-heure, tous ces symptômes diminuent pour reparaître encore, et constituer ainsi, par leur retour et leur disparition, une série d'accès dont l'ensemble compose l'attaque hystérique, attaque hystérique qui se termine presque toujours par une évacuation critique. Le plus souvent cette évacuation consiste dans l'excrétion extrêmement abondante d'une urine limpide comme de l'eau.
Attaques convulsives. — Nous l'avons déjà dit, dans la forme commune l'hystérie présente accidentellement des attaques convulsives. Dans ce cas, les malades conservent presque toujours leur connaissance, et les convulsions n'atteignent jamais le degré de violence qu'on observe dans la forme convulsive. Quant à leur caractère de convulsions hystériques, nous aurons à le décrire à propos de la forme dans laquelle elles se montrent comme symptôme principal.
Hystérie en dehors des attaques. — Les attaques que nous venons de décrire reviennent à des intervalles très-irréguliers; et souvent, après avoir été fréquentes pendant un temps, elles s'éloignent de plus en plus et finissent par disparaître complètement» Seulement, les malades conservent tou-
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jours la faculté de retomber dans la phase des attaques fréquentes, et pour cela il suffit d'une plus grande intensité dans l'action des causes occasionnelles* Ainsi, des chagrins prolongés, l'affaiblissement résultant d'une longue maladie, un changement d'état, suffisent pour faire reparaître chez les hystériques des attaques fréquentes, même lorsque ces attaques ont cessé depuis plusieurs années.
Dans l'intervalle des attaques, les hystériques présentent un état fort complexe à étudier. Les .affections qui prédominent chez chacune d'elles donnent à la maladie des caractères variables à l'infini, et c'est avec quelque raison que les auteurs comparent l'hystérie à un protée qui peut prendre la ressemblance de toutes les maladies. Tantôt la prédominance des affections gastriques rapproche l'hystérie des affections organiques de l'estomac; chez d'autres malades, la toux et la dyspnée font craindre une phthisie commençante; de violentes palpitations et des douleurs à la région du cœur rappellent chez quelquesunes les caractères propres à la cardite chronique; des douleurs violentes, toujours fixées sur le même organe, simulent jusqu'à un certain point les phlegmasies les plus diverses : néphrite, cystite, arthrite, phlegmons profonds des membres; enfin des paralysies, des convulsions, des contractures, des céphalalgies et des rachialgies atroces se réunissent et se groupent quelquefois dételle façon, qu'elles donnent à la maladie l'aspect d'une affection du cerveau ou de la moelle épinière.
Mais, au milieu de ces troubles si divers, au-dessus des modifications si multipliées imprimées par ces affections différentes, la maladie subsiste et se manifeste par un fond commun et presque identique chez toutes les malades. Les fonctions de la vie animale, qui pendant longtemps sont presque exclusivement atteintes dans l'hystérie, présentent constamment le même désordre, et les affections elles-mêmes, si différentes qu'elles soient par leurs sièges, offrent toutes des caractères communs et un air de famille qui permet de les classer et de les désigner sous le nom d'affections hystériques. Parmi les fonctions de la vie animale, les sens internes sont ceux qui sont le plus généralement et le plus profondément atteints. Le trou-
ble des sens internes consiste dans le développement anomal des facultés affectives et dans une impressionnabilité extrême. De leur côté, les sens externes, la contractilité musculaire et la sensibilité générale présentent des troubles nombreux , mais qui peuvent rentrer dans deux ordres opposés l'un à l'autre. Tantôt c'est une sorte de surexcitation de ces fonctions : l'œil voit mieux, l'ouïe est plus fine, la sensibilité est portée jusqu'à la douleur; tantôt, au contraire, c'est la paralysie complète ou incomplète qui existe simultanément avec l'état précédent ou qui lui succède.
Si variés que soient les symptômes de l'hystérie, ils peuvent donc être ramenés, en dernière analyse, à des troubles parfaitement définis de la vie animale; mais sur ce canevas toujours le même, dans ce cadre toujours identique, les influences tirées des idiosyncrasies, de l'éducation, de la position sociale et de toutes les circonstances étiologiques viennent dessiner des tableaux qui diffèrent avec chaque malade ; aussi est-il difficile de faire une description qui s'applique à tous les cas. Cependant on peut dire que toujours l'hystérique sent trop vivement et exprime trop vivement aussi ce qu'elle a ressenti. De là ces pleurs, ces désespoirs pour des riens, ces rires et cette joie folle pour des bagatelles ; de là encore un langage toujours empreint d'exagération et prenant facilement une légère teinte déclamatoire. Ces malades ne parlent que de carrière brisée, d'affection méprisée, de maux affreux et incunables, de mort prochaine, de douleur, de tortures dont personne ne peut se faire une idée. A les entendre, leur dévouement est sans limite, le courage qu'elles mettent à supporter les longues souffrances de la maladie est un courage surhumain. Ces malades font le désespoir de leurs parents par leurs exigences, leurs plaintes continuelles, leurs caprices sans fin. Elles tourmentent leur médecin par leur peu de docilité et par leur inconstance qui les fait passer d'une confiance et d'une admiration sans bornes à la défiance et au dédain le plus accentué. Alternativement agitées ou plongées dans une sorte d'affaissement, elles passent d'une vie trop active à une existence complètement inerte.
Faibles en apparence, se traînant nonchalamment, ayant à Jousset, g2eédit. 21
peine la force de parler, elles retrouvent à l'occasion un entrain et une vigueur dont serait incapable une personne en santé. Le sommeil de ces malades est rarement calme ; des rêves pénibles, quelquefois lucides, prophétiques, des réveils fréquents, en forment le caractère habituel.
L'appétit est rarement régulier; quelquefois il est trèsvoracc ; d'autres fois il existe une inappétence complète, et ces deux états opposés s'observent tantôt chez des malades différentes, tantôt ils alternent chez la même malade.
Les digestions sont variahles comme l'appétit ; la constipation est presque constante.
Pendant longtemps les médecins ont enseigné, et cette opinion a encore aujourd'hui quelques partisans, que l'hystérie reconnaissait pour cause prochaine des désirs vénériens non satisfaits; rien de plus faux que cette explication que nou£ ne devons examiner ici qu'au point de vue des symptômes offerts par les malades. Les hystériques, en effet, présentent sous le rapport des fonctions génitales la même diversité d'état que nous avons signalé pour les autres fonctions. Ainsi, quelquesunes, il est vrai, ont une grande propension à l'amour physique; mais d'autres, et nous croyons que c'est le plus grand nombre, présentent un état opposé; et, comme chez ces malades tout est excessif, ce n'est pas de lindifférence qu'elles ont pour l'accomplissement des fonctions sexuelles, mais un éloignement porté jusqu'à la répulsion et au dégoût.
Habituellement les hystériques sont réglées très-jeunes, les époques avancent et l'écoulement du sang est abondant. Mais il n'est pas rare d'observer une aménorrhée plus ou moins complète.
Nous avons dit précédemment que les affections hystériques présentaient toutes certains caractères communs qui permettaient de les reconnaître comme appartenant à la même maladie. Ces caractères communs sont la mobilité, la faculté d'apparaître et de disparaître instantanément, une dépendance presque exclusive des causes de l'ordre moral, la possiblité d'exister pendant de longues années sans déterminer la lésion organique. L'absencedc fièvre est un signe négatif d'une grande
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importance pour distinguer les affections hystériques, des affections organiques qu'elles simulent si bien*
La maladie, constituée par l'ensemble des symptômes- dont nous venons de donner le tableau, marche et se prolonge pendant des années avec des attaques plus ou moins rares, plus ou moins fréquentes, et des affections qui troublent à des degrés divers les grandes fonctions de l'économie. Le plus souvent, sous l'influence du traitement, de l'hygiène surtout et des phénomènes d'âge, la maladie s'affaiblit considérablement et disparaît, ne laissant- plus guère comme trace de son passage qu'une grande impreèsionnabilité. D'autres fois, elle persiste avec toute son intensité jusque dans la vieillesse la plus avancée* Plus rarement enfin la maladie s'aggrave et la malade tombe dans la cachexie. Cette fâcheuse terminaison se produit lorsque les affections hystériques, soit par leurs sièges, soit par les douleurs excessives qui les accompagnent, empêchent le sommeil et la nutrition. Alors les fonctions de la vie végétative sont atteintes et la cachexie commence- Elle débute toujours par de l'anémie. Cette lésion du sang entraîne la pâleur, l'essoufflement et une tendance aux hémorrhagies et aux hydropisies, qui se manifestent surtout à la fin de la maladie ; l'amaigrissement se prononce et fait des progrès assez lents d'abord, plus rapides ensuite; les forces diminuent en même temps; l'exercice devient pénible, fatigant et bientôt impossible; les malades gardent presque constamment la chambre, et ce défaut d'exercice est une nouvelle cause d'aggravation de leur état.
Dans la forme commune, la marche des accidents est toujours lente : elle procède par des aggravations irrégulières et des périodes quelquefois très-longues, pendant lesquelles l'état reste stationnaire, ou même offre des améliorations plus ou moins marquées; aussi il est très-rare d'observer une terminaison par la mort. Seulement cet état cachectique est très* favorable au développement de certaines maladies, en particulier de la phthùie, qu'un préjugé trop répandu considère comme incompatible avec les affections nerveuses. Quelquefois cepenpant la cachexie se développe de plus en plus ; les malades gar-
dent le lit; privées de sommeil etd'alimentation, elles deviennent d'une maigreur squelettique, l'œdème se montre ou augmente, des taches de purpura apparaissent sur les membres, des eschares se montrent au sacrum, et la mort survient le plus souvent dans une syncope.
- Les principales affections hystériques que Ton rencontré dans' la forme commune sont : l'aliénation mentale, les douleurs, les paralysies, Vataxie locomotrice, la chorée, les contractures, la catalepsie, Yextase, le somnambulisme, la léthargie et le carus, le spasme de la glotte et du diaphragme, les spasmes des sphincters, * Y aboiement , la dyspnée, la toux, les palpitations, les syncopes, le goût dépravé, les vomissements, Y anorexie, Yabstinence prolongée, les exhalations gazeuses et les flux.
Nous décrirons seulement les paralysies et les hyperesthésies qui sont d'une si grande importance dans le diagnostic de l'hystérie et qui ne trouveraient point leur place ailleurs. Quant aux autres affections hystériques, elles trouveront leur place soit à propos d'autres névroses comme la folierle somnambulisme, la chorée qui existent comme maladies essentielles et comme affection hystérique, soit à propos de maladies localisées affections du cerveau, des organes respiratoires o*i digestifs, etc., etc.
Hyperesthésies ou affections douloureuses. — Les affections douloureuses sont extrêmement variées dans l'hystérie ; elles peuvent être divisées en hyperesthésie de la peau, des muqueuses, des muscles, des nerfs et des articulations.
1° Hyperesthésie de la peau. — Elle est surtout manifeste après les attaques ; elle peut occuper toute l'étendue de l'enveloppe cutanée, la moitié du corps ou seulement des points limités. Quand elle n'est pas universelle, l'hyperesthésie est plus fréquente du côté gauche.
2° Hyperesthésie des membranes muqueuses. — Elle na guère été observée qu'à la région génitale; elle persiste quelquefois dans ce point pendant de longues années, résiste opiniâtrement à tous les traitements, et chez certaines femmes
rend l'union sexuelle tout à fait impossible; elle a été décrite sous le nom de vagmisme.
3° Hyperesthésie des muscles. — Cette affection douloureuse des muscles est constante dans l'hystérie; et, avant .M. Briquet, elle était souvent confondue avec dés névralgies et des viscéralgies.
Ces douleurs peuvent occuper tous les muscles, mais elles ont cependant des sièges de prédilection : l'épigastre, les muscles intercostaux, ceux de la gouttière vertébrale à la région cervicale, surtout du côté gauche.
A la tête, l'hyperesthésie des muscles simule des céphalalgies occipitales et frontales, et même, à un examen inattentif, elle peut être confondue avec des névralgies de la cinquième paire.
4° Hyperesthéèie des nerfs et des viscères. —Ce sont les névralgies et les viscéralgies hystériques. . Les principales névralgies hystériques sont les névralgies de la cinquième paire et celle des nerfs intercostaux ; ce qui les distingue des myalgies, c'est, d'une part, de siéger sur le trajet des nerfs et, de l'autre, de présenter les points douloureux précisés par Valleix (1); elles sont périodiques ou continues. Chez un certain nombre d'hystériques, elles constituent l'affection principale.
Les viscéralgies constituent les céphalalgies, les gastralgies, les entéralgies,les néphralgies,les cystalgieset leshystéralgies hystériques. La céphalalgie et la gastralgie sont incomparablement plus fréquentes que les autres viscéralgies.
L'hystéralgie est rare au corps de l'utérus ; elle est plus fréquente au col et présente dans ce cas un point extrêmement douloureux au toucher; ce point très-limité est habituellement situé du côté gauche.
Paralysies. — Les paralysies hystériques se divisent en paralysies du sentiment, paralysies des sens et paralysies du mouvement.
't) Valleix, Traité des névralgies, 4841.
1° Paralysies du sentiment.— Ce symptôme présente deux degrés : Yanalgésie ou la perte de la faculté de sentir les impressions douloureuses, et Yanesthésie ou la paralysie complète du sentiment.
A. Analgésie. — La perte de la faculté de percevoir la douleur est un symptôme constant de l'hystérie. Seulement ce symptôme existe dans d'autres maladies, dans les névralgies, par exemple, et cette circonstance lui ôte sa valeur diagnostique.
L'analgésie, toujours plus marquée après une attaque, peut occuper toute les muqueuses accessibles à nos investigations ; elle peut, au contraire, et c'est le cas le plus fréquent, être circonscrite à des points très-limités. Le moyen de constater ce symptôme consiste à enfoncer lentement une épingle ou une aiguille dans les différentes régions où on est certain de le rencontrer ; et, quand l'analgésie existe seule, sans complication d'anesthésie, la malade sent parfaitement un corps pointu s'enfoncer dans la peau, mais elle n'en éprouve aucune douleur. Souvent l'analgésie est limitée à la face superficielle du derme, et la malade, qui n'a éprouvé aucune douleur d'une piqûre superficielle, recouvre la faculté de percevoir la douleur quand l'aiguille atteint la couche profonde de la peau.
L'analgésie occupe des régions déterminées: les joues, la partie latérale du cou, les avant-bras surtout; mais le point où on rencontre constamment ce symptôme, et où nous avons l'habitude de le chercher tout d'abord, pour éviter aux malades des investigations désagréables, c'est la conjonctive oculaire, et en particulier la conjonctive de l'œil gauche. On est surpris de l'insensibilité de cette membrane, sur laquelle on peut pro mener soit une tête d'épingle, soit un corps mousse quelconque sans que les malades perçoivent la moindre sensation.
Un moyen beaucoup plus sûr de constater les troubles de la sensibilité cutanée chez les hystériques consiste à rechercher quel doit être l'écart desdeux branches d'un compas pour que les malades perçoivent nettement ia sensation des deux pointes appliquées sur la peau de l'avant-bras ; à l'état normal cet écart est de deux à trois centimètres, avec un écart moindre
on ne perçoit qu'une piqûre bien que les deux pointes soient appliquées également sur la peau. Chez les hystériques il faut souvent que l'écartement soit porté à 6 ou 8 centimètres pour qu'elles aient la sensation nette des deux piqûres.
Un autre signe de l'hystérie puisé dans le même ordre de symptôme est la perte de la nausée réflexe. Chez l'homme sain le doigt porté dans la gorge provoque des nausées et même des vomissements; cette nausée réflexe n'existe plus chez les hystériques.
B. Anesthésie. — L'anesthésie est un degré plus avancé du symptôme précédent; il occupe habituellement des régions déterminées, ot se montre souvent sous forme d'hémi-anesthésie. Comme le précédent, il est plus marqué après une attaque d'hystérie. Ce symptôme peut être borné à la peau et aux muqueuses ; mais, dans les cas intenses, il atteint les muscles et les os eux-mêmes. Alors, les pressions les plus fortes et les chocs les plus violents ne sont plus perçus par les malades.
Ce symptôme, quand il siège sur les extrémités inférieures, entraîne des désordres du mouvement qui ont une grande analogie avec Yataxie locomotrice. Les malades, ayant perdu complètement le sentiment du contact, ne peuvent plus guider leur marche par les impressions que le sol communique à la plante du pied, et le sens de la vue est absolument nécessaire à la régularité des mouvements. De là une impossibilité ou une difficulté extrême à marcher ; des mouvements saccadés, désharmoniques, tantôt forts, tantôt faibles ; et une perte complète de l'équilibre dans l'obscurité. Des désordres analogues ont lieu pour les mouvements exécutés par les mains, quandl'anesthésie siège aux membressupérieurs,et les malades deviennent maladroites et sont dans l'impossibilité d'exécuter aucun mouvement combiné quand elles sont privées du sens de la vue. Quand Tanesthésie est générale, on peut, après avoir bandé les yeux des malades, les enlever de leur lit et les coucher sur le plancher de leur chambre, sans qu'elles s'aperçoivent ni du mouvement de locomotion, ni de la différence de résistance et de température du lieu où on les a couchées.
C. Perte de la conscience de la contraction musculaire. — Ce symptôme est toujours lié au degré le plus élevé de l'anesthésie du tissu musculaire.
La perte de la conscience de la contraction musculaire, jointe à l'anesthésie complète, met les malades dans un état bizarre et fort curieux à étudier. Ainsi, il ne reste à ces malades absolument que le sens delà vue, non-seulement pour guider leurs mouvements, mais pour les assurer que la contraction a eu ou n'a pas eu lieu ; et, si on les prive momentanément de la vue, non-seulement on les met dans l'impossibilité de marcher ou d'exécuter le moindre mouvement coordonné, mais encore on a ce spectacle d'une malade qui croit exécuter des mouvements, tandis qu'elle reste dans l'immobilité complète. Dit-on à cette malade de serrer la main, elle croit la serrer, en effet, tandis que ses doigts restent étendus et immobiles. Si, lui rendant la vue, on lui dit de nouveau de serrer la main, elle regarde et exécute le mouvement demandé; mais, si, la privant de nouveau du seul sens qui guide les contractions, on lui dit de lâcher la main qu'elle tient serrée, elle croit obéir à cet ordre et ouvrir les doigts, tandis qu'elle reste immobile dans la contraction, et y resterait indéfiniment, car l'anesthésie complète s'accompagne toujours de la perte de perception de la fatigue musculaire. Un moyen mathématique de constater la perte de la conscience de la contraction musculaire consiste à faire soulever un poids déterminé par la main ou par le pied chez la malade dont les yeux sont préalablement fermés. Quand le symptôme est très-marqué les malades ne distinguent point un poids d'une livre d'un poids de dix livres, par exemple.
Il nous resterait à parler des paralysies du mouvement et des paralysies des sens qui trouveront leur place dans d'autres chapitres.
II. Forme convulsive. — Le caractère de cette forme est d'être constituée par des attaques convulsives ; ces attaques, qui s'accompagnent de la perte plus ou moins complète de la connaissance, reviennent tantôt après des périodes régulières, tantôt après des périodes irrégulières.
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: Les hystériques atteintes de la forme convulsive pfésentent untout autre type quenelles qui sont prises de la forme commune. Ce sont de grosses filles brunes ou blondes, mais bien colorées et ayant quelque chose de l'apparence virile.
Cette forme débute ordinairement à l'époque de la puberté et finit à celle de la ménopause. Elle n'offre point cette multiplicité d'affections que nous avons étudiées à propos de la forme commune, et, dans les intervalles des attaques, les malades ne présentent qu'en très-petit nombre les souffrances nerveuses qui constituent une partie si considérable des autres formes de l'hystérie. Cette forme présente deux variétés : Yhystérie cowvulsive et Yhystérie épileptt forme.
\™ variété. — Hystérie convulsive. Prodrome des attaques. — Les attaques convulsives peuvent survenir tout à coup à propos d'une frayeur, d'un sentiment pénible, à la vue d'une souris, d'une grenouille, de ce qu'on appelle la bête daveiwon. Mais quand les attaques sont périodiques, elles surviennent sans causes occasionnelles et sont précédées de malaises divers. Ces prodromes sont de la tristesse, une sorte d'inquiétude et d'impressionnabilité plus grande.
Les malades qui, lorsqu'elles sont éloignées du moment des attaques, ont à peine quelques traits des souffrances nerveuses les présentent alors à un haut degré. Leur sommeil est troublé, plein de rêves lucides et effrayants ; elles éprouvent de la dyspnée, de la constriction à la gorge, des éructations, un gonflement à l'épigastre ; et, comme signe très-prochain de l'attaque, de la céphalalgie et des vertiges. Il n'est pas rare d'observer une véritable aura hysterica; elle part le plus souvent de l'épigastre, de l'hypogastre ou d'une extrémité ; elle donne presque toujours la sensation d'une boule qui remonte vers la gorge des malades, et, une fois là, les suffoque et leur fait perdre connaissance. La marche de cette aura est habituellement rapide, mais elle n'est jamais fulgurante comme dans l'épilepsie.
La perte de connaissance accompagnée d'un et le plus souvent de plusieurs cris aigus, stridents, succède très-promptement et quelquefois subitement à la strangulation.
Ce cri initial est soudain, saisissant; il a quelque chose du cri de la terreur, de la souffrance et de la colère. Il impressionne vivement les femmes, surtout celles qui sont hystériques ; on les voit s'agiter et frémir sous l'impression de ce cri, et souvent il est pour elles l'occasion d'une attaque.
Avec le cri, l'attaque convulsive est commencée. Ce sont de grandes convulsions occupant simultanément les deux côtés du corps ; elles sont caractérisées par des mouvements très-éteadus, flexion et extension, abduction et adduction. Les mouvements de pronation sont plus rares, il en est de même des convulsions toniques, des spasmes tétaniques des membres qui n'apparaissent qu'accidentellement et qui durent peu. Des mouvements analogues h ceux des membres se passent dans le tronc qut est alternativement redressé, étendu ou tordu dans les mouvements les plus violents. En même temps, la face présente des grimaces variables plutôt que de véritables convulsions ; grimaces exprimant la terreur, la colère, la joie ou quelque autre passion. Ces convulsions alternent souvent avec des mouvements coordonnés dans lesquels les malades s'efforcent d'arracher quelque chose qui les étrangle, qui les étouffe; elles changent de place, se lèvent et cherchent à s'échapper. D'autres fois elles sont prises d'une véritable fureur ; elles se précipitent sur les assistants, essayent de les frapper ou de les mordre, et, quand elles ne réussissent point dans ce dessein, elles tournent leur colère contre elles-mêmes ou déchirent à belles dents les corps inanimés. Quand cette espèce de fureur hystérique s'ajoute à la dysphagie et à l'hydrophobie, ce qui est assez fréquent, les malades ressemblent à s'y méprendre à des enragés pendant leurs accès.
A tous ces désordres il faut ajouter les spasmes et les convulsions des muscles de la respiration ; d'où bruit de grognement et d'efforts, cris, anhélation, palpitations violentes du cœur, rougeur extrême de la face, gonflement du cou, et quelquefois écume à la bouche.
L'attaque se termine par des pleurs, par des urines aqueuses et abondantes ; quelquefois par un sommeil naturel ; puis la malade revient à elle, ne conservant aucun souvenir de ce qui s'est
passé, au moins depuis le moment où elle a perdu connaissance. Elle est brisée de fat'gue. Quelquefois cependant une sorte de soulagement et de bien-être succède à l'attaque convulsive.
Il arrive fréquemment qu'une attaque se compose de plusieurs accès semblables à celui que nous venons de décrire. Seulement la crise par les pleurs ou par les urines n'apparaît qu'après le dernier accès, après celui qui termine l'attaque. Entre chacun des accès la malade reprend connaissance, les mouvements convulsifs cessent complètement, mais les malades sentent bien que tout n'est pas fini, et le médecin peut juger à l'absence des crises habituelles, à un air d'hébétude et de souffrances empreintes sur la physionomie des malades, que d'autres accès vont bientôt se succéder.
Dans quelques cas rares les accès convulsifs se succèdent très-nombreux et très-rapprochés. Dans leurs intervalles, les malades ne reprennent pas toujours la connaissance ou ne la reprennent que d'une manière incomplète, et dans l'espace de vingt à trente-six heures on voit se succéder jusqu'à cent accès. Cet état peut, par analogie, avec ce qui se passe dans l'épilepsic, être appelé état de mal hystérique. L'attaque convulsive dure depuis un quart d'heure jusqu'à trois heures. Cet état de mal hystérique peut se continuer pendant plusieurs jours avec des rémissions plus ou moins complètes.
L'intervalle ordinaire entre chaque accès constituant une attaque varie de vingt à cinquante minutes.
Les attaques surviennent à des époques assez rapprochées dans la forme convulsive. Elles sont régulières ou irrégulières dans leur retour; les premières reviennent habituellement tous les mois, quelquefois toutes les semaines, les autres sont très-fréquentes dans un temps et très-rares dans un autre.
Un dernier caractère des attaques convulsives sur lequel nous devons encore insister à cause de • sa valeur séméiotique, c'est celui de n'apparaître que le jour ou plus exactement dans l'état de veille. Car les malades qui passent les nuits sont souvent prises de leur accès dans ce moment.
Indépendamment des crises habituelles que nous avons signalées à propos de la terminaison des attaques, une des affec-
tions déjà décrite dans la forme commune peut se manifester à ce moment-là ; les plus fréquentes sont : l'aliénation, le somnambulisme, la catalepsie et la paralysie. C'est après les attaques de la forme convulsive qu'on a observé quelques cas trèsrares de sueur de sang.
La sueur de sang est habituellement liée à l'aménorrhée ; elle survient pendant les attaques convulsives et quelquefois dans des régions qui sont le siège de douleurs très-vives. Ces sueurs ne sont jamais générales; elles peuvent occuper un seul point, mais habituellement elles apparaissent dans toute une région et le plus souvent à la face. On la- voit ordinairement au front sous forme d'une couronne ou bien comme une rosée sanglante sur une des joues, sur les paupières. inférieures, vers les ailes du nez, les lèvres ou le menton. Si on essuie cette sueur du sang, on trouve la peau sans rougeur, sans lésion d'aucune sorte.
La sueur est assez abondante pour que dans certains cas on puisse recueillir quelques gouttes de sang.
2e variété. — Hystérie épileptiforme. — Cette variété est fort importante tant au point de vue de la médecine pratique qu'à celui de la nosologie. Elle constitue une maladie grave qui compromet très-sérieusement la santé des femmes qui en sont atteintes; et, par sa ressemblance avec l'épilepsie, elle a été la source d'une confusion entre cette maladie et l'hystérie convulsive.
Les convulsions de cette variété d'hystérie offrent pour caractère d'être principalement des convulsions toniques, des contractions tétaniques, ce qui leur donne l'aspect des convulsions épileptiques.
Prodromes. — Nous ne répéterons pas ce que nous avons dit des prodromes de la première variété. Les mômes souffrances se rencontrent ici. Seulement, on doit noter comme étant plus particulièrement propre à la variété épileptiforme, la céphalalgie occipitale, le vertige, les aura, un sommeil initial, et enfin l'absence des prodromes, c'est-à-dire lés attaques subites.
Attaques convulsives. — Les malades perdent rapidement connaissance; et si elles sont debout, elles tombent sans pouvoir se retenir quand il n'y a p*s de malaise précurseur. Si au contraire il y a quelques prodromes, elles se couchent pour éviter une chute. Nous l'avons déjà dit ailleurs, tous ces symptômes peuvent se succéder rapidement, mais ils ne sont jamais fulgurants comme dans l'épilepsie.
Habituellement, les malades poussent un cri aigu; elles perdent connaissance et la convulsion commence. Elle est tonique, violente ; les membres sont portés dans la pronation forcée, les doigts sont dans la flexion, le pouce souvent renfermé dans la paume de la main. La face est rouge, vultueuse, très-rarement livide, mais jamais méconnaissable et d'un aspect terrible comme dans l'épilepsie ; * la respiration ralentie. Quelquefois il y a un peu d'écume à la bouche et des évacuations involontaires; enfin, pour achever la ressemblance avec l'attaque d'épilepsie, il n'est pas rare de voir les convulsions prédominer, pendant une partie de l'attaque, sur un côté du corps.
Mais tous ces symptômes se succèdent bien plus lentement que dans l'épilepsie ; ils alternent avec du somnambulisme, de la catalepsie, des attaques convulsives à grands mouvements ; ils ne durent jamais moins d'un quart d'heure, et ils peuvent se prolonger pendant une partie de la journée.
Ce que nous avons dit à propos de la première variété d'hystéries convulsives, de la multiplicité des accès, de leur périodicité régulière ou irrégulière, de leur terminaison par des crises ou par des affections hystériques, peut s'appliquer à l'hystérie épileptiforme.
III. Forme bénigne. --* L'hystérie de forme bénigne, au lieu do constituer, comme la forme commune et la Corme convulsive, une maladie qui dure presque autant que la vie des malades; qui devient, en quelque sorte, un état habituel et très-difficile à guérir; l'hystérie de forme bénigne, disons-nous, est tout à fait accidentelle. Elle apparaît à l'occasion d'une cause évidente, se manifeste par une attaque convulsive ou non convulsive,
quelquefois par une affection très-limitée; puis la cause disparaissant, la maladie guérit d'elle-même pour reparaître avec la même facilité à la première occasion. Dans cette forme, tant que les malades restent à l'abri de la cause occasionnelle, l'hystérie sommeille, pour ainsi dire, et reste complètement à l'état latent; aussi il arrive très souvent que la première atteinte n'éclate que fort tard; après vingt-cinq et trente ans par exemple, tandis que dans les autres formes, les premiers accidents datent presque toujours de l'enfance ou de la puberté.
La forme bénigne peut donc sévir et sévit habituellement plusieurs, fois chez la même personne; dans l'intervalle des récidives de la forme bénigne, les femmes ne présentent point ce nombreux cortège d'affections nerveuses, cet hystéricisme qui caractérise la forme commune. Dans l'hystérie de forme bénigne, la maladie guérit complètement et sans laisser de traces. Les femmes reprennent une santé complète, et il faut l'action intense et prolongée de la peur, mais surtout du chagrin, pour ramener une nouvelle atteintede la maladie.
IV. Forme grave. — La forme grave de l'hystérie rpenace presque toujours l'existence des malades par la violeace de ses affections, et c'est là un caractère suffisant pour la distinguer des autres formes dans lesquelles la vie n'est jamais compromise, au moins directement.
Cette forme est encore à l'étude ; cependant nous avons des matériaux suffisants pour en arrêter les subdivisions et donner à grands traits l'histoire de chacune des variétés. Elle est constituée tantôt par un grand nombre de symptômes reliés entre eux par un mouvement fébrile incontestable, tantôt par une seule affection hystérique. Nous décrirons donc une première variété fébrile, et puis autant de variétés qu'il y a d'affections hystériques pouvant caractériser la forme grave de cette maladie, etj comme dans la fièvre pernicieuse, nous désignerons chacune de ces variété§ par le nom de l'affection principale : hystérie gastralgique, arthritique, asphyxique, synoopale, etc.
Nous ne décrirons que les variétés sur lesquelles nous avons des renseignements cliniques;
lr0 variété. Hystérie fébrile. — C'est la fièvre hystérique des auteurs et le nervosiwie aigu de M. Bouchut (1). La maladie débute à propos d'un chagrin, ou survient à la suite d'une autre maladie, surtout si cette maladie a été accompagnée d'hémorrhagie ou traitée par les évacuations sanguines. Le premier symptôme est un grand sentiment de faiblesse musculaire, accompagné d'une impressionnabilité nerveuse qui dès le début peut faire soupçonner la nature de l'affection. Les malades perdent l'appétit et sont bientôt obligées de garder le lit, en proie à un mouvement fébrile continu. Le pouls est faible, dépressible, facilement accélérable. et donne 100 à 120 pulsations par minute; la peau est chaude, et cependant les malades sont sensibles au froid. Cette fièvre s'accompagne de céphalalgie, d'insomnie et de troubles gastriques, dont les plus fréquents sont un enduit blanc jaunâtre de la langue, une inappétence complète et souvent des vomissements acides et bilieux. Cependant le ventre est souple et aplati, sans douleur, sans gargouillement ; il y a une constipation plus ou moins opiniâtre.
La faiblesse s'accroît de jour en jour ; les malades ne peuvent plus lever la tête de dessus l'oreiller sans éprouver des vertiges et craindre une syncope. Des troubles cérébraux divers, du délire, des hallucinations, une finesse et une susceptibilité des sens extraordinaires, une hyperesthésie générale et locale, la pâleur des téguments, un amaigrissement considérable, s'ajoutent aux autres symptômes et caractérisent la maladie à sa période d'état. Nous devons signaler ici un symptôme peu important en lui-môme, mais qui a une grande valeur diagnostique; c'est un ptyalisme tout particulier. Lès malades crachotent continuellement une salive blanche et écumeuse; d'autres fois c'est une matière séreuse analogue à celle rendue par les femmes enceintes. Quelques-unes ont des sueurs trèsabondanteS) et souvent alors le mouveipent fébrile revêt un type tierce ou quotidien qui simule la fièvre intermittente.
La maladie faisant des progrès, les vomissements cessent
(I) Bouchut. Du nervosisme, 4° édit. Paris, 1877.
habituellement; mais ia fièvre, la faiblesse et l'amaigrissement s'aggravent considérablement. Les malades refusent souvent de prendre même des boissons, et, après deux ou trois mois de souffrance, si un traitement approprié n'est pas appliqué, la mort vient terminer la maladie.
Tel est le tableau que présente le plus souvent l'hystérie fébrile; mais il faut savoir que cette forme de la maladie est excessivement variable dans ses expressions symptomatiques et s'attendre à rencontrer des cas qui offrent un tout autre aspect, grâce à la prédominance de telle ou telle affection. Cependant on trouvera toujours comme caractère constant Famyosthénie, les hyperesthésies, la surexcitation des sens et l'impressionnabilité hystérique. Je dois rappeler encore, comme symptôme caractéristique, les hallucinations, l'aliénation et le ptyalisme.
2° Variétés convulsives. — La maladie éclate brusquement à la suite d'une cause énergique; les accès de convulsion se succèdent sans interruption, il y a état de mal hystérique. Mais ce qui caractérise principalement la forme grave, c'est la prédominance et l'exagération d'un symptôme dangereux comme l'état" apoplectique ou l'état asphyxique. Dans le premier cas, les malades reprennent de moins en moins leur connaissance entre les accès et elles tombent tout à coup dans l'état apoplectique avec résolution des membres et stertor. Dans l'autre cas, le spasme de la glotte et celui du diaphragme sont considérables, la suffocation est imminente, et la mort par asphyxie est très à redouter.
La durée de cette variété est extrêmement courte, elle n'est que de quelques jours.
3° Variétés arthralgiques. — Dans cette variété la gravité de la maladie réside tout entière dans l'intensité et la persistance de la douleur.
Brodie, qui a étudié avec beaucoup de soin celte variété de l'hystérie,, donne pour caractère à la douleur d'augmenter par le toucher et par le mouvement ; de no pas siéger dans un point circonscrit mais de s'étendre à tout le membre et d'occuper
principalement la peau, ce dont on peut s'assurer en pinçant celle-ci entre les doigts. Ce dernier caractère n'est pas constant, et très-souvent la douleur siège dans les muscles de la partie malade.
La persistance de cette affection amène l'insomnie, la perte d'appétit, l'amaigrissement, et conduit les malades à un état de désespoir violent qui les porte à recourir aux moyens les plus extrêmes, même l'amputation du membre douloureux, pour les délivrer de douleurs qu'elles ne peuvent plus supporter.
Les muscles qui entourent l'articulation douloureuse entrent dans un état de contraction habituelle, d'où des déformations qui, à la hanche, ont été souvent confondues avec des coxalgies. Brodie a noté dans ces cas un gonflement tanlôt général, tantôt limité des parties malades, ne donnant pas le sentiment de la fluctuation, ne conservant pas l'impression du doigt, et comparable par sa consistance à une plaque d'urticaire d'une dimension extraordinaire.
4° Variété gastralgique. — Cette variété est extrêmement grave ; elle est caractérisée par des douleurs atroces revenant sous formes de crampes, de brûlures alternant quelquefois avec un froid glacial ; les malades la comparent quelquefois à des coups de couteau, à des grifîements et à des déchirements. Dans le commencement de la maladie, elle disparaît quelquefois au moment du repas, mais elle augmente considérablement après Bientôt la moindre parcelle de nourriture éveille cette douleur, qui persiste et augmente jusqu'à ce que l'aliment soit digéré ou vomi.
A ces douleurs succèdent l'anorexie, l'amaigrissement, le marasme et la mort.
^5° Vomissements incoercibles. — Dans cette variété, l'hystérie prend l'aspect des vomissements dits incoercibles. Nous y reviendrons en décrivant les souffrances de l'état de grossesse.
6° Variété anorexique. — Celte forme de l'hystérie est ex- Jousset, 2e édit. 2-2
trèmement rare. Nous en avons vu cependant deux exemples, survenus chez des jeunes filles au moment de la puberté. L'appétit va décroissant de jour en jour, la malade est prise d'une répugnance invincible pour certains aliments, la viande, par exemple, puis comme cette répugnance s'étend progressivement à tous les aliments il arrive qu'au bout d'un an, 18 mois, 2 ans, 3 ans même, après avoir vu chaque jour se rétrécir le cercle de son alimentation la malade arrive à ne plus manger ou à manger d'une manière tout à fait insuffisante des aliments peu ou point réparateurs. L'amaigrissement et la perte des forces augmentent chaque jour ; habituellement la face reste colorée, puis les malades finissent par mourir d'inanition sans que leur volonté, ni les prières et les larmes de leurs parents aient pu triompher de cette anorexie véritablement invincible. Quelquefois on observe des vomissements dans les derniers jours.
Enfin, il existe quelques observations isolées de spasme de la glotte, ayant déterminé la mort ou nécessité la trachéotomie ; de syncope et d'apoplexies mortelles, de douleurs péritonéaks avec vomissements, fièvre, affaissement général et toutes les apparences d'une péritonite véritable ; mais ces observations sont en trop petit nombre et trop dépourvues de détails pour que nous puissions faire l'histoire des variétés de l'hystérie auxquelles elles se rapportent. Il nous suffit d'avoir appelé l'attention sur l'existence de toutes ces affections pour faire comprendre suffisamment quelle est 1 étendue et l'importance de la forme grave de l'hystérie.
Étiologie. — Maladie héréditaire l'hystérie alterne dans les familles avec d'autres névroses, la folie, la chorée, le somnambulisme, etc.
Nous avons vu qu'elle était presque exclusivement propre au sexe féminin.
Elle débute ordinairement à Yâge de la puberté. Cet âge est très-précoce chez les hystériques et j'ai vu quelques cas où les règles étaient survenues à 7 ans; mais il est fréquent de les observer à 10 et 11 ans. L'hystérie cesse souvent à la méno-
pause, je lai vu cependant se prolonger jusqu'à la plus extrême vieillesse*
Les vices de V éducation ont une très-grande influence sur le développement de l'hystérie. Nous résumerons ces vices en une seule phrase : Développement excessif de la sensibilité, atrophie du système musculaire. Si on veut éviter le développement de Thystérie il faudra donc ordonner les exercices en plein air, les bains froids, une nourriture substantielle en même temps que l'on proscrira comme la peste les lectures et les conversations sentimentales.
Deux causes, qui se trouvent quelquefois réunies, déterminent et provoquent le début de la maladie : ce sont les chagrins et les excès vénériens.
On a dit à tort que Vabstinence du coït était une cause d'hystérie. Cette abstinence ne devient une cause que dans des circonstances particulières; par exemple chez des femmes devenues veuves ou ayant renoncé à une vie de désordres, ou encore chez des femmes ardentes mariées à des hommes trop vieux ou impuissants ; il existe dans ces circonstances une excitation non satisfaite qui est un cas d'hystérie.
Une nourriture insuffisante, des pertes sanguines répétées, des maladies longues et épuisantes sont aussi des causes occasionnelles d'hystérie.
Traitement. — La prophylaxie de l'hystérie consiste à lutter contre l'influence héréditaire en confiant l'enfant à une nourrice autre que. sa mère et en dirigeant son éducation morale et physique de manière à éviter le développement exagéré de Vêlement affectif vite l'impressionnabilité. Deux règles suffisent à guider le médecin vers ce but : développer le système musculaire par la gymnastique, les bains froids, la vie à la campagne ; amoindrir le plus possible l'imagination et les impulsions animales par ufie éducation sérieuse.
La plupart des auteurs ont conseillé le mariage comme moyen prophylactique et curatif dans l'hystérie. M. Briquet a réagi contre cette opinion, soutenant qu'elle était le fruit des fausses doctrines qui ont régné sur l'hystérie jusque dans ces
derniers temps (l). Nous devons nous arrêter un instant sur cette question, car elle a un intérêt pratique des plus considérables. Posons d'abord les faits qui doivent nous servir à la résoudre.
Il rrésulte des très-nombreuses echerches de M. Briquet, recherches faites à Saint-Lazare et à son hôpital, que les prostituées et les femmes de mœurs faciles, comme les domestiques, par exemple, fournissent un très-grand nombre d'hystériques.
Le même auteur a constaté l'excessive rareté de l'hystérie chez les religieuses qui gardent un célibat volontaire.
Ces deux ordres de faits établissent d'une manière incontestable que la surexcitation des organes génitaux est une cause d'hystérie, comme leur apaisement est une condition qui lutte heureusement contre le développement de cette maladie.
Faisant application de ce principe au mariage, considéré comme moyen prophylactique et curatif de l'hystérie, nous dirons que lorsqu'il existe chez une femme des désirs vénériens violents et que le mariage donne une satisfaction naturelle à ces désirs sans les surexciter, le mariage est vraiment favorable. Mais si le mariage n'est qu'une occasion d'excès, ou s'il n'est qu'une excitation de plus, sans satisfaction ou avec une satisfaction incomplète, il sera défavorable. Cette excitation sans satisfaction se rencontre quand un mari délaisse sa femme, soit par impuissance relative, soit par tout autre motif, ou quand il pratique l'onanisme conjugal. Dans ce cas, le mariage, loin de guérir l'hystérie, est souvent ToGcasion de son développement, pour peu que la femme y soit prédisposée.
En résumé, l'apaisement des organes génitaux est la condition la meilleure pour éviter l'hystérie ; le mariage est favorable toutes les fois qu'il procure cet apaisement ; dans les cas contraires, il est défavorable.
Pour terminer avec cet ordre de causes, nous dirons que la grossesse et l'allaitement, pourvu qu'il ne soit pas trop pro-
(l) Briquet. Traité clinique et thérapeutique de l'hystérie. Paris, 1859, in-8.
longé, sont le plus souvent des conditions heureuses pour prévenir et guérir l'hystérie. Nous avons dit le plus souvent, parce qu'il y a quelques exemples dans lesquels la grossesse, par l'état d'anémie et de souffrance qu'elle détermine, a été la cause occasionnelle d'un premier accès d'hystérie.
Traitement de la forme commune. — Ignaiia et tarentula sont les deux médicaments principaux de l'hystérie. Les accès convulsifs et les affections si nombreuses de la forme commune demandent d'autres médicaments que nous indiquerons ultérieurement.
Ignatia est indiqué par une tristesse douce avec pleurs involontaires, soupirs, dyspnée, tremblement des membres, constriction à la gorge. Ce médicament convient en outre aux gastralgies, aux douleurs lancinantes et compressives du front, de la racine du nez, aux paralysies, aux impulsions anxieuses et à la plupart des affections hystériques.
Tarentula est indiqué par les mêmes symptômes : tristesse, pleurs sans motif, mélancolie, rires alternant avec les pleurs, palpitations, météorisme, mais plus particulièrement : besoin de mouvement, de changer de place, besoin de pleurer avec agitation, chaleur brûlante alternant avec froid glacial, pieds constamment froids, terreur, anxiété précordiale, périodicité des souffrances.
Nous employons ignatia et tarentula de la 1 2° à la 30°. Ces deux médicaments nous ont donné des résultats assez constants pour que nous les recommandions avant tous les autres.
Les autres médicaments sont : valeriana, asafœtida^moschus, nux moschata^ platina, conium, kali et natrum bromidum.
Valeriana. C'est un des médicaments traditionnels de l'hystérie. En homœpathie il n'a guère réussi que dans la chorée et la dyspnée hystérique; ses principales indications sont les suivantes : douleurs tressaillantes apparaissant par accès; douleur disparaissant lorsque l'on change de place ; céphalalgie subite; insomnie, surexcitations joyeuses et tremblantes.
Asa fœtida est comme le précédent traditionnel dans le traitement de l'hystérie. Dans les expérimentations physiologiques
on a observé qu'il portait son action principale sur les organes génitaux : exaltation de l'appétit vénérien chez l'homme, règles en avance chez la femme. Ce médicament est indiqué parles symptômes suivants: souffrances survenant étant assis, disparaissant au grand air , boule hystérique , pulsations à l'épigastre, tympanite , crampe de la vessie, dyspnée, palpitation, tristesse et angoisse hystérique, indifférence.
Moschus est analogue au précédent, il est recommandé tout particulièrement par Richard Hughes; contre les palpitations et surtout contre V accès hystérique même le plus violent la 3e dil décimale recommandé par cet auteur suffit pour arrêter instantanément les accès de convulsion hystériques ; il convient aussi contre l'asthme et le hoquet hystérique. Voici les principales indications des moschus : accès de convulsions avec suffocation et perte, de connaissance, insomnie par surexcitation; céphalalgie pressive vers la racine du nez; vertiges avec vomissements ; contracture crampoïde dans le larynx, dans la poitrine et dans le ventre avec accès de suffocation ; accès de palpitations anxieuses; exaltation de l'appétit vénérien ou impuissance, règles trop fortes et en avance; anxiété, peur de la mort, colère facile, grande activité avec faiblesse excessive.
Nux moschataestle médicament des défaillances hystériques; il correspond aussi à l'oppression sous-sternale par accumulation de flutuosité dans l'estomac.
Platina c'est le médicament principal de la mélancolie hystérique, son action sur les ovaires est aussi très-marquée. Les principaux symptômes de ce médicament sont les suivants : état de torpeur et de paralysie mêlé de contractures ; accès de convulsions toniques sans perte de connaissance ; accès de maux de tête augmentant et diminuant progressivement ; étranglement hystérique ; contractions dans la poitrine, l'estomac et le ventre ; exaltation de l'appétit vénérien chez l'homme et chez la femme; ménorrhagie; aphonie; palpitations ; tristesse; mélancolie, pleurs involontaires, angoisse, peur, instabilité, surexcitation, alternance des symptômes physiques et moraux; hystérie suite d'une peur ou d'une colère.
Conium a comme les précédents une action sur les organes génitaux, il convient aux personnes qui ont fait des excès vénériens ou ont vécu dans une abstinence trop grande. C'est comme le précédent un médicament de la mélancolie hystérique; mais il convient chez les personnes très-épuisées, très-amaigriés avec grande faiblesse et consomption commençante. On remarque parmi ses symptômes : abattement avec rire involontaire ; indifférence hypochondriaque ; conception lente et faiblesse des facultés intellectuelles; impuissance quelquefois avec excitation lascive de l'imagination ; règles faibles et en retard.
Kali etnatrum bromidum.Le premier de ces médicaments, bromure de potassium est employé universellement depuis quelques années dans le traitement de toutesles maladies nerveuses, c'est une panacée vulgaire à l'usage de cette classe nombreuse de médecins qui se contentent facilement d'un palliatif. Cependant en dehors de la mode et de l'engouement éphémère dont cette drogue est l'objet, le kali brorriïdum possède des propriétés qui en font un médicament de l'hystérie.
Le kali bromidum produit Yanesthésie et Vanalgèsie; il produit l'insensibilité du pharynx et la perte de la nausée réflexe, et ce symptôme est caractéristique de l'hystérie confirmée. Ce médicament diminue les désirs vénériens et affaiblit la contracture musculaire, c'est un médicament paralysant, il conviendra donc de préférence dans les paralysies hystériques.
Le natrum bromidum jouit de propriétés analogues, mais il agit plus spécialement sur les menstrues qu'il régularise, les diminuant si elles sont trop fortes, les augmentant si elles sont trop faibles ; il diminue les leucorrhées.
L'expérience clinique homœopathique est encore très- peu riche sur ces deux médicaments. J'ai toujours employé la troisième trituration.
La faradisation est une médication d'une efficacité considérable contre les douleurs hystériques ; ce moyen convient aussi, mais à un moindre degré, dans les paralysies. L'hydrothérapie, les bains de mer par immersion, les voyages surtout, sont d'un heureux secours.
Traitement de la forme convulsive. — lo Accès convulsifs ordinaires. — Le médicament le mieux indiqué et par la pathogénésie et par l'expérience clinique est le chloroforme en inhalation. Ce médicament, ainsi que Yéther dont l'action est fort analogue, a sur les médicaments l'avantage énorme d'agir presque instantanément. Cette rapidité d'action doit faire préférer le chloroforme et Téther aux solanées vireuses, et même à ignatia et à platina qui sont aussi indiquées dans ce cas. Moschw a la 3° décimale serait, d'après Richard Hughes, un médicament très-sûr de l'attaque convulsive.
Le magnétisme animal, que, par une sorte de fausse honte, M. Briquet appelle la fascination, agit aussi d'une manière trèsavor able et très-rapide contre les accès convulsifs. Seulement il doit être administré à faibles doses; sans cela il aggrave plutôt les convulsions.
Les lavements d'eau froide, les ingurgitations forcées et continues d'eau froide, sont des moyens qui jouissent d'une efficacité réelle.
L'existence d'une aura annonçant les accès fournit une indication toute particulière, c'est celle de détruire l'hyperesthésie locale qui est le point de départ des accès. La faradisation et des applications locales de chloroforme sont les deux moyens les plus efficaces pour remplir cette indication.
2° Accès convulsif épileptiforme. — Indépendamment des moyens déjà indiqués à propos de la variété précédente, nous recommanderons particulièrement catcarea, cuprum, ignatia, nux vomica, opium et les solanées.
Traitement de la forme grave. — 1° Variétés fébriles. — Les lotions froides les bains prolongés, l'aération, la promenade en voiturr si la malade est transportable, la promenade à pied si elle peut se tenir debout; autant de nourriture que la malade peut en prendre : tels sont les moyens qui, en général, ont réussi conire la fièvre hystérique.
Les médicaments indiqués sont, lorsqu'il existe des vomissements, ginatia et nux vomica ; des tendances à la syncope, nux moschaca et lycopodium. China est aussi indiqué par l'état