PARASITES ANIMAUX
Obligé de nous renfermer dans les limites fort étroites, nous laisserons de côté la question d*histoir3 naturelle pour ne traiter ici que le côté pratique du sujet.
Art. Ier. — Vers intestinaux.
Nous décrirons les quatre espèces les plus communes : le tenta, les lombrics, X oxyure vermiculaire et le trichocéphale.
Les vers intestinaux ne se développent jamais spontanément chez l'homme. Les œufs de ces vers sont introduits dans l'estomac avec les aliments, et le traitement consiste principalement dans l'administration des substances parasiticides. Un certain nombre de médecins homœopathes ont l'habitude de traiter les vers intestinaux par des médicaments à dose infinitésimale. Bien que ce mode de traitement fasse disparaître le plus souvent les souffrances déterminées par les vers et finissent par amener leur expulsion, nous croyons que le traitement par les vermicides est plus sûr et plus prompt.
Taenia. — On en distingue deux espèces : le tœnia solium et le bothriocéphale ou tœnia lata. Le premier, remarquable par la longueur de ses anneaux, est répandu dans presque tous les pays ; le second, plus large, moins long, a des anneaux trèslarges et très-courts, qui ressemblent à des rides. Il est propre à certaines régions : à la Suisse et à la Russie. On sait que le taenia est un ver plat, long de 7 à 12 mètres, presque toujours solitaire. Le taenia se tient habituellement dans la partie supérieure de l'intestin grêle, il pénètre quelquesfois dans l'estomac. Ses symptômes sont : des malaises vagues, un sentiment de fatigue, de l'amaigrissement, des douleurs abdominales et la sensation d'une boule, la salivation, quelquefois la boulimie, le prurit au nez, mais surtout à l'anus ; des vertiges, des lipothymies. Dans deux cas j'ai observé une inappétence habituelle jointe à de la dyspepsie et à une constipation excessive. On a observé dans quelques cas rares, et chez des individus prédisposés, le développement de convulsions, de chorée et de paraplégie. Le meilleur signe de la présence du taenia, consiste dans la présence de portions de ce vers dans les selles ; beaucoup de malades rendent des anneaux de taenia sans aller à la selle, ils les trouvent dans leur lit ou dans leurs vêtements.
Certains malades n'éprouvent aucuns symptômes par la présence du taenia dans leur intestin.
Les œufs du taenia sont introduits principalement avec des viandes crues, soit de bœuf, soit de porc; L'hypothèse qui attribue exclusivement le taenia au cysticerque, cause de la la-
TiENIA. — TRAITEMENT. 491
drerie du porc, ne répond pas à .tous les faits, puisque Cette maladie se développe fréquemment chez les enfants nourris de viande de bœuf crue. L'eau est probablement le véhicule des œufs du taenia dans un grand nombre de cas. Le taenia, lorsqu'il se développe dans un parenchyme, au lieu de se développer dans l'intestin, affecte une forme bien différente et constitue les tumeurs hydatides.
Traitement. — Les principaux médicaments «ont le cousso, Yécorce de racine de grenadier et la fougère mâle.
Les fleurs du cousso (Brayera anthelmintica) constituent un remède fort efficace ; on l'administre à la dose de 15 grammes, infusé pendant dix minutes dans 250 grammes d'eau bouillante ; on avale l'eau et la substance.
ISécorce de racine de grenadier constitue un remède très-sûr; on l'administre de la manière suivante : on fait bouillir 60 grammes d'écorce fraîche de racine de grenadier dans 750 grammes d'eau ; on fait réduire jusqu?à 500 grammes, que le malade prend en trois doses à une heure d'intervalle.
La fougère mâle est un remède efficace contre le taenia et principalement contre le bothriocêphale. L'huile éthérée -est la meilleure préparation ; on l'administre à la dose de 2 à 8 grammes, suivant l'âge des malades ; on prépare des pilules avec un extrait et une poutre inerte, et le malade prend ces pilules dans l'espace d'une heure, il est nécessaire d'administrer, le lendemain, 30 grammes d'huile de ricin.
Les pépins de courge sont très-efficaces pour faire rendre de grandes portions de taenia ; quelquefois la guérisona été obtenu par ce moyen; on administre pendant plusieurs matins une douzaine de pépins sous forme d'émulsion ; le malade peut même plus simplement les croquer comme des amandes après avoir enlevé la première écorce à l'aide de l'eau bouillante.
Le traitement est reconnu efficace quand la tête du taenia est expulsée. Cette tête, grosse comme celle d'une épingle, se reconnaît à ses crochets.
Jahr (1) conseille sulfur et mercurius administrés à longue pé-
(4) Nouveau Manuel dé médecine homœopathique.
riode, et si ces médicaments ne réussissent pas après plusieurs mois, il indique une douzaine de médicaments à essayer; il est donc plus pratique d'administrer un txnifuge que de faire subir au malade toutes ces tentatives. Je dois dire cependant que j'ai réussi une fois très-rapidement avec stannum (12).
Ascarides lombricoïdes. — Ces vers sont ainsi nommés à cause de leur ressemblance avec les vers de terre. Ils habitent exclusivement dans l'intestin grêle* et quand ils pénètrent dans une autre cavité, ils ne tardent pas à y périr. Cette maladie reconnaît une seule cause, l'introduction des œufs d'ascarides dans le tube intestinal. Ces œufs sont habituellement contenus dans l'eau non filtrée qui sert de boisson ; il ne faut donc accuser ni le lait, ni les fruits. Ces ascarides ne se multiplient pas dans l'intestin ; leurs œufs sont toujours expulsés avant d'avoir eu le temps d'éclore.
Les ascarides lombricoïdes déterminent du malaise, un état de pâleur avec yeux brillants et cernés, la fétidité de l'haleine, des nausées, des coliques, un prurit habituel au fondement et au nez ; ils peuvent causer des accidents graves. Ce sont des abcès vermineux, des hémorrkagies par perforation des vaisseaux, des symptômes d'étranglement. Les ascarides pénètrent quelquefois dans les voies biliaires et y déterminent des abcès, ils romontent dans l'œsophage et peuvent, en pénétrant dans le larynx, produire une suffocation mortelle. Plusieurs fois les ascarides lombricoïdes ont produit chez les enfants tous les symptômes de la méningite tuberculeuse, symptômes qui ont disparu avec l'expulsion des vers*
Traitement. — La mousse de Cors*,mais surtout le semen-contra sont les meilleurs vermifuges de l'ascaride lombricoïde.
La santonine, principe actif du semen-contra, est une bonne préparation : on fait des dragées de santonine qui sont d'une administration facile, la dose de santonine est de 5 à 20 centigrammes trois jours de suite ; la dose de semen-contra de 1 à 6 grammes, et celle de la mousse de corse, 15 grammes infusés dans 120 grammes d'eau ou dans" du lait. Le calomelh dose
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purgative, 50 centigrammes à i gramme, est un vermicide excellent. Cina, qui n'est autre chose que le semen-contra (armoise du Judé), à dose homœopalhique, fait disparaître assez facilement les symptômes vermineux ; nous n'avons pas trouvé que ce médicament eût une propriété vermicide. Jahr conseille sulfur et mercurius, aconitum, cina, sabadilla et plusieurs autres médicaments.
Ascarides vermiculaires ou oxyures. — Ce vers n'a que 2 à 4 millimètres de long; il est mince comme un fil, extrêmement multiplié ; il occupe surtout la partie inférieure du rectum ; et, le soir, il descend à l'anus, sort au dehors et pénètre quelquefois dans les organes génitaux de la femme. Ce vers excite des démangeaisons excessives qui apparaissent surtout le soir, au moment où il se promène; Yoxyure peut produire les mêmes troubles nerveux que Y ascaride lombricoïde ; il se diagnostique facilement par l'inspection de l'anus. Cette affection est très-rebelle et sujette à récidive.
Traitement. — Les vermifuges précédents ont peu d'action sur l'oxyure. L'huile de ricin les expulse en grand nombre ; des lavements d'huile, de suie, d'ail, de sucre, ou d'acide phénique, réussissent beaucoup mieux ; la dose d'acide phénique est de 25 à 50 centigr. pour 125 grammes d'eau.
Les lavements pour les oxyures doivent être très-petits et pénétrer seulement dans le rectum. L'heure la plus convenable pour les administrer est le soir quand les vers se promènent.
Teste (1) conseille de donner successivement lycopodiuni (30), veratrum (18) et ipcc^cuanha (9).
Trichogéphale. — C'est le plus rare des vers intestinaux ; il est linéaire, mais atteint la taille de 6 centimètres ; il habite le côlon et en particulier le caecum ; il n'a pas de. symptômes propres; quand il est en très-grand nombre, il produit des symptômes de méningites. Le semen-conlra et les mercuriau;v constituent le traitement de ce ver.
(4) Maladies des enfants.
Art. IL — Trichine.
C'est une maladie parasitaire produite par \atrichina sptralis; elle se développe chez les personnes qui se nourrissent de la viande de porc cru ou cuite très-imparfaitement. Ces vers, introduits dans l'intestin, y prennent un développemeni considérable comme taille, ils deviennent féconds et produisent une quantité innombrable de petites trichines. Ces petits vers percent l'intestin, pénèlrent dans les muscles de l'abdomen, dans le diaphragme, et finissent par envahir tout le système musculaire. Si le malade survit, chaque trichine meurt et s'enkyste. Le premier symptôme de la maladie est un violent frisson avec malaise, grande faiblesse, anxiété, dyspnée, anorexie complète et soif vive; bientôt les muscles deviennent douloureux et présentent une rigidité, un état de demi-contraction tout à fait caractéristique. A ce moment si on retire quelques parcelles musculaires à l'aide du harpon de Middeldorpf, on le trouve plein de trichines, Bientôt, il survient un œdème de la face et des jambes ; le mouvement fébrile augmente, et les malades succombent à la fin du premier septénaire. Si le malade doit guérir, la fièvre diminue peu à peu, et le malade revient très-lentement à la santé.
Traitement. — Encore nul ; on a proposé le pieronitrate de potasse et la benzine ; le premier médicament est certainement inefficace; le second nra pas été suffisamment expérimenté ; Vacide phénique devrait être essayé.
Art. III. — Gale.
La gale est une maladie produite par un parasite animal Vacarus scabiei Elle est caractérisée parTéruption de vésicules et par des sillons sous-épidermiques dans lesquels on rencontre le sarcopte. Les vésicules siègent le plus souvent entre les doigts, au poignet et à la face antérieure de l'avant-bras, sur le ventre, sous les jarrets, dans les plis des aines et aux parties génitales»