‹ Éléments de médecine pratiqueChapitre 9 sur 200 · PLAN DU LIVRE · texte numérisé non relu

PLAN DU LIVRE

— La dixième classe comprend les ma ladies parasitaires : parasites végétaux et animaux. — Dans la onzième classe nous avons donné l'histoire médicale des empoisonnements subdivisés en trois classes: poisons animaux ou venins, poisons végétaux, poisons minéraux. — La douzième classe contient l'histoire des asphyxiés.

Après toutes les maladies qui ont pour caractères communs d'atteindre la généralité des organes et des fonctions, viennent non pas les maladies locales, mais les maladies localisées, pour lesquelles nous avons adopté Tordre anatomique. Le treizième chapitre comprend donc maladies et affections de rencépkale ; la quatorzième, maladies et affections de la moelle épinière ; la quinzième, affections des nerfs; la seizième, maladies et affections des organes de la digestion ; la dix-septième, maladies et affections des voies respiratoires; la dix-huitième, maladies et affections des appareils de la circulation ; la dix-neuvième, maladies et affections des voies urinaires ; la vingtième, maladies et affections des organes génitaux de l'homme et de la femme ; la vingt et unième, maladies et affections du tissu cellulaire ; la vingtdeuxième , maladies et affections du tissu musculaire ; la vingt-troisième, maladies et affections du squelette, articulations et os ; la vingt-quatrième, maladies et affections de la peau ; la vingt-cinquième, maladies et affections des oreilles; la vingtsixième enfin, maladies et affections des yeux.

Pour la description de chaque maladie, j'ai adopté la méthode naturelle, c'est-à-dire, la division de chaque espèce en formes et en variétés, quand il y a lieu, puis la description des phénomènes morbides, dans l'ordre qui leur appartient. Je me suis attaché à tracer des tableaux saisissants et vrais, qui restent dans la mémoire, et ne permettent pas de méconnaître la maladie.

Mais c'est surtout le côté thérapeutique qui a été développé dans ce livre, où j'ai réuni et condensé tout ce que j'ai trouvé de vraiment pratique* dans les nombreuses matières médicales que nous possédons*

DE

La médecine a pour but l'étude des états morbides et leur guèrison.

La médecine est à la fois une science et un art. La partie purement scientifique est celle qui a trait à la connaissance des causes et à l'histoire naturelle des maladies ; l'application de ces connaissances au diagnostic, au pronostic et à la thérapeutique constitue un art véritable. A proprement parler, la médecine est donc une science appliquée, une science pratique.

Un état morbide est, d'une manière générale, tout état contre nature, de l'homme. Les anciens avaient divisé les états morbides en quatre classes : la cause, ou la maladie en puissance ; la maladie, le symptôme, la lésion.

Cette distinction sert encore de base à la classification des connaissances médicales qui comprennent : Vétiologie, ou étude des causes ; la nosologie et la nosographie, classification et histoire naturelle des maladies ; laséméiotique, étude des symptômes et anatomie pathologique, étude des lésions. En ajoutant la thérapeutique, la pathologie générale et Yhygiènè, on a l'ensemble de toutes les connaissances médicales.

La maladie est un état de l'organisme vivant, caractérisé par un ensemble de symptômes et de lésions soumis à une évolulution déterminée, et constituant un tout distinct de tout autre état morbide.

Les maladies ne sont point des êtres; cependant nous disons qu'elles constituent des espèces, parce qu'elles se comportent comme si effectivement elles étaient des espèces : c'est-à-dire que les maladies sont identiques à elles-mêmes dans le temps et dans Vespace comme les espèces animales ; ainsi la pneumonie, le cancer, sont ce qu'ils étaient du temps d'Hippocrate et se reconnaissent aux mêmes signes dans toutes les parties du monde.

Il résulte de cette notion : premièrement que les maladies ne se transforment pas les unes dans les autres, qu'une pneumonie ne devient pas une fièvre typhoïde, par exemple ; secondement, que, le plus souvent, les maladies s' excluent les unes les autres, et n'existent pas simultanément chez le même sujet, surtout quand elles sont d'espèces voisines.

Les symptômes et les lésions sont les troubles fonctionnels et les désordres organiques qui accompagnent les maladies.

Les symptômes et les lésions reçoivent de la maladie à laquelle ils appartiennent un caractère propre. Ce cachet spécial imprimé au symptôme permet de le transformer en signe et de remonter du symptôme à la maladie. C'est sur cette propriété du symptôme qu'est fondée la sémèiotique et l'art du diagnostic. Exemples : les éruptions cutanées reçoivent des maladies dans lesquelles on les observe un caractère spécial qui permet de diagnostiquer une rougeole, une scarlatine, une syphilis.

Les symptômes se divisent comme les fonctions, et les lésions comme les organes.

Les causes des maladies se divisent en deux catégories principales : la cause interne, qui est la véritable cause, celle sans laquelle la maladie ne pourrait pas être, et les causes externes ; ce sont toutes les circonstances qui favorisent le développement de la maiadie.

La cause interne est la prédisposition définie; c'est la maladie en puissance, et, par comparaison, la maladie en germe.

Les autres causes font passer la maladie de Y état de puissance à Yétat d'acte. Pour continuer la comparaison, elles font éclore le germe comme la chaleur et l'humidité font germer la graine ;

elles ne suffisent pas à engendrer la maladie, pas plus que la chaleur et l'humidité ne suffisent à faire naître du blé en Tabsenee d'une semence ; mais elles ont une action plus ou moins considérable sur le développement de la maladie ; quelquesunes même de ces causes sont absolument nécessaires pour que la prédisposition entre en acte ; l'inoculation dans la syphilis, par exemple. Ces causes ont été subdivisées en prédisposantes, celles qui demandent un temps fort long pour agir : l'hérédité, les climats, le régime; occasionnelles, celles qui sont véritablement l'occasion et la circonstance déterminante du développement de la maladie, comme un refroidissement, un excès, etc.; déterminantes, celles qui sont nécessaires au développement de la maladie : la contagion, l'inoculation, etc.

Un certain nombre de maladies sont transmissibles : les unes par contact et inoculation, les autres par les émanations qui s'exhalent des malades ou de leur excréta, quelques-uns par tous ces modes réunis.

Un grand nombre de médecins regardent les causes externes comme capables de produire les maladies. Le froid,tle chaud et les autres circonstances analogues seraient la cause des maladies non contagieuses : pneumonie, pleurésie, rhumatisme, etc. ; des virus, des germes; des spares répandus dans l'air, des miasmes, des poisons morbides, seraient la cause des maladies contagieuses, qu'on a encore appelées spécifiques. Ces dernières causes sont de pures hypothèses, et, comme il est impossible d'en démontrer l'existence et d'en décrire les caractères, elles ne peuvent être conservées dans une science positive.

L'observation directe prouve que les causes externes, même les liquides inoculables comme celui de la syphilis et de la rage, sont incapables de produire la maladie par elle-même, puisqu'il y a des organismes qui résistent complètement à l'inoculation. Quant aux autres causes externes, elles ne sont évidemment que des occasions. Si le froid, par exemple, agit sur une réunion d'hommes, il déterminera les maladies les plus diverses, et non une seule maladie, ce qui aurait lieu si le froid était une cause réelle et véritable de maladie. Il faut donc que la maladie

6 PROLEGOMENES.

soit en puissance dans l'organisme pour que ia cause externe puisse la développer,

La thérapeutique comprend l'étude des médicaments et l'étude des indications.

Les médicaments sont ou bien des substances minérales, végétales et animales, ou bien un ensemble de moyens constituant des médications, comme l'hydrothérapie, l'électricité et ia chirurgie; les indications, sont des rapports de convenance établis entre un agent thérapeutique et un état morbide déterterminé.

Les médicaments doivent être étudiés dans leurs propriétés physiques et chimiques, et surtout dans leurs effets sur l'homme sain ; l'action sur les animaux peut servir à compléter celte étude: l'école homœopathique a institué sur une très-large échelle l'étude des médicaments sur l'homme sain, elle a constitué ainsi des pathogénésies qui composent la matière médicale pure ou expérimentale.

Les indications sont régies par deux lois : contraria contrariis et similia similibus.

Contrarie^ contrariis est la loi des indications dans la thérapeutique ancienne; elle s'adresse à la cause prochaine de la maladie et elle a la prétention de détruire cette cause par son contraire, c'est une thérapeutique ètiologique; elle a pour axiome : Sublata causa, tollitur effectus. Cette loi s'applique merveilleusement bien aux maladies de cause externe, c'est la thérapeutique chirurgicale. Une cause externe a ouvert un vaisseau, il y a hémorrhagie : vous supprimez l'ouverture à l'aide d'une ligature, l'hémorrhagie s'arrête; sublata causa, tollitur effectus. Une anse intestinale s'est échappée par le canal inguinal et s'étrangle : le taxis réduit l'intestin et les accidents cessent; sublata causa, tollitur effectus... Cette loi des conu aires s'applique encore à un certain nombre à' accidents dans le cours des maladies de cause interne : la trachéotomie dans le croup, la thoracentèse dans la pleurésie, i'ouverture de l'abcès dans le phlegmon. Ces opérations suppriment la cause qui produit Yaccident et s'appliquent en vertu du contraria contrariis; il en est de même des parasiticides dans les maladies parasitaires, etc»

Mais dans les maladies de cause interne, c'est-à-dire dans celles qui composent ce qu'on appelle en style barbare la pathologie interne, la loi des contraires ne peut plus s'appliquer parce que la cause prochaine n'a jamais pu être séparée de la maladie ; elle nous échappe et nous sommes dans l'impossibilité de trouver son contraire. Les galénistes, pour éviter cette difficulté et appliquer le contraria contrariis, attribuaient aux maladies des causes hypothétiques et aux médicaments des vertus non moins hypothétiques.

Les maladies étaient causées par l'altération des quatre humeurs : sang, bile, atrabile et phlegme, et les médicaments évacuaient ou corrigeaient les humeurs peccantes. Toutes les théories humoristes reposent sur cette base ; or, la découverte de la circulation du sang et les progrès de la physiologie ont ruiné cette doctrine thérapeutique qui compte cependant encore un grand nombre de partisans plus ou moins inconscients.

Le similia similibus s'adresse aux symptômes et non à la eause ; il peut donc s'appliquer en dehors de toute hypothèse. La matière médicale expérimentale donne la connaissance des symptômes produits par le médicament sur l'homme sain ; la nosographie expose les symptômes produits sur l'homme malade ; la loi de similitude précise l'application du médicament ; la thérapeutique homœopathique repose donc entièrement sur des bases positives et expérimentales.

Mais la matière médicale est encore fort incomplète, et il y a des maladies qui résistent à l'action des médicaments connus, employés suivant la loi de similitude. L'empirisme est alors la seule méthode applicable : c'est elle qui règle l'emploi de l'électricité, de l'hydrothérapie, des eaux minérales et des médications nouvelles, inconnues ou mal étudiées. C'est un pis aller qui tient encore malheureusement une place trop considérable en thérapeutique.

Enfin, il y a des maladies incurables ; le médecin doit se rappeler alors que, quand il ne peut pas guérir, il doit s'efforcer de soulager. C'est le but de la médication palliative.

A la thérapeutique homœopathique se rattache une question toute particulière, celle de V action des doses infinitésimales,

Hahnemann posa en principe que, les médicaments indiqués par la loi de similitude agissant dans le sens de la maladie, il fallait donner des doses extrêmement réduites ; puis, se basant sur une idée systématique, il établit une échelle posologique à dose décroissante, dont chaque degré était fourni par la division par 100; c'est ce qu'on appelle les dilutions centésimales. La première dilution s'obtient en mélangeant intimement par le broiement pour les solides, par des succussions pour des liquides, 5 centigrammes de la substance médicamenteuse avec 5 grammes de sucre de lait ou d'alcool. Dans cette première dilution, le médicament est au 100°. Pour la seconde dilution, on prend 5 centigrammes de la première dilution qu'on mélange à 5 grammes de sucre ou d'alcool; dans la seconde dilution, le médicament est au 10,000°. La troisième dilution se fait de la même manière, et le médicament est au millionième ; on poursuit ainsi jusqu'à la 30° dilution, dans laquelle le médicament atteint une division considérable.

Quelques homœopathes ont poussé les dilutions jusqu'à 100, 200, 500, 1500 et au delà. D'autres, au contraire, emploient de préférence les basses dilutions décimales, c'est-à-dire que la décroissance est marquée par une division par 10; ainsi, dans la première dilution décimale, le médicament est au 10°; dans la deuxième, au 100e; dans la troisième, au 1000e; etc.

Pour les dilutions élevées, on emploie le plus souvent des globules; ce sont de petits granules du sucre de lait, gros comme des graines de choux et qui sont imbibés avec la dilution.

On a cherché à donner des règles fixes pour le choix des doses ; mais cette question est bien loin d'être résolue. Suivant nous, les doses doivent varier avec les médicaments et avec les maladies; exemple : le sulfate de quinine agit mieux à dose massive dans la fièvre intermittente, il agit mieux en globules dans la surdité et les affections du eœur; le mercure agit mieux à close massive dans la syphilis; il agit mieux en dilution dans la dysenterie et l'angine. Dans la syphilis, si le mercure agit mieux à dose massive, l'acide nitrique agit mieux à

la 30e dilution qu'en nature. Dans la fièvre intermittente, où le sulfate de quinine agit mieux à dose massive qu'en globules, l'arsenic, la noix vomique agissent mieux en globules qu'à doses massives.

Nous serons donc obligé, à propos de chaque maladie, d'indiquer la dose qui nous semble la meilleure ; seulement, pour éviter des répétitions inutiles, nous donnerons, une fois pour toutes, le mode habituel d'administration :

Nous préparons nos potions avec 6 globules ou 3 gouttes de dilution, ou 20 centigrammes de trituration pour 200 grammes (ou 12 cuillerées) d'eau. Dans les maladies aiguës, nous donnons 1 cuillerée toutes les deux ou trois heures, suivant l'intensité des symptômes. Nous arrivons à toutes les quatre heures, quand il y a du mieux. Pour les maladies chroniques, nous donnons 2 ou 3 cuillerées par jour, et nous laissons, en général, entre chaque potion, autant de jours de repos qu'il y a de jours de médicaments. Il y a encore bien d'autres modes d'administrer les médicaments, mais nous les indiquerons à propos de chaque cas particulier.

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