‹ Elements de minéralogie, de géologie et de botanique [microforme] (volume 2)Chapitre 55 sur 124 · CHAPITRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEME

Volume, reliefs du globe terrestre.

VOLUME ET FORME DE LA TERRE.—Le diamètre de la terre est d’environ 7,920 milles. En comparant un rayon équatorial avec un rayon polaire, on trouve que ce dernier est à peu près de 13 milles plus court que le rayon équatorial. Il suit de là que la terre n’est pas une sphère régulière, mais qu’elle est aplatie vers les pôles et renflée à l’équateur. Les ‘plus hautes montagnes du globe n’affectent pas sensiblement cette forme générale de la terre.

Quelle est la cause de ce renflement équatorial ?— On attribue généralement à L'état primitivement liquide du globe, le renflement étant un effet de la force centrifuge développée par la rotation de l’astre sur lui-même. Ce qui donné une grande force à cette opinion, c’est que les planètes qui, comme Jupiter, tournent plus vite que la terre, sont beaucoup plus aplaties ; parce que, dit-on, elles ont été primitivement soumises à une force centrifuge plus grande.

Cependant, si on examine les choses de plus près, cette forme ne prouve pas rigoureusement que le globe a été autrefois liquide. En effet, supposons le globe terrestre absolument sphérique et ne tournant pas sur lui-même. Les mers se distribueront régulièrement à sa surface et tout sera recouvert d’eau depuis les pôles jusqu’à l'équateur. Faisons-le ensuite tourner sur lui-même, Immé-

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diatement les eaux s'accumulent à l’équateur et les pôles terrestres émergent sous forme de continents. Mais alors qu’arrive-t-il?—Les agents atmosphériques attaquent immédiatement ces terres polaires, les usent, les rongent de diverses manières, et leur débris sont transportés par les courants dans les mers équatoriales où ils se déposent en amas de plus en plus puissants. Peu à peu cette érosion des continents du nord et du sud racourcit le rayon polaire, augmente le rayon équatorial, et la terre prend la forme d’un ellipsoïde de révolution.

D'ailleurs, ce renflement de notre terre est loin d’étre aussi régulier qu’on l’avait d’abord supposé. En plusieurs endroits il y a des dépressions, ailleurs des turgescences, qui nuisent à la régularité de la forme générale.

Donc cette forme spéciale de la terre ne peut pas rigoureusement être donnée comme une preuve de l’état primitivement fluide du globe ; mais elle n’a- Joute ni ne retranche rien aux preuves qui peuvent être tirées d’autres données géologiques.

(GRANDEUR ET POSITION RELATIVE DES CONTINENTS ET DES OCÉANS.—L'étude des dimensions relativesdes terres et des mers ainsi que de la position particulière des continents conduit à de curieux résultats, En

premier lieu, à la surface de notre sphère, il y à 8 parties d’eau pour 3 de terre. Au nord de l’equateur la surface des continents est trois fois plus grande qu'au sud ; et c’est dans la zone tempérée septentrionale, que se trouve le maximum des terres, leur surface totale égalant dans cette zone celle de la mer.

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Dans la zone torride la surface terrestre n’est que le tiers de la surface océanique, elle n’en est plus que le dixième dans la zone tempérée méridionale.

Il est encore remarquable de voir tous les continents groupés autour du pôle nord, les océans couvrir une grande partie de l’hémisphère sud et les grandes masses continentales se terminer toutes en pointe vers le suû. Elles forment comme deux groupes distincts. L’un occidental, constitué par les deux Amériques, l’autre oriental, formé par ces vastes surfaces où les géographes placent l’Europe, l’Asie, l’Afrique et l'Océanie. Cette dernière n’est probabiement que les restes d’un continent qui s’enfoncent peu à peu sous les eaux et dont les sommets les plus élevés, grâce à leur hauteur, grâce aussi au travail des coraux polypiers, dépassent encore la surface de: mers.

Il y à entre ces masses continentales des relations très frappantes. A part le fait qu’elles se terminent toutes au sud par une pointe de terre de plus en plus étroite, nous nous contenterons de signaler la grande analogie qui existe entre l'Amérique du sud et l’Afrique, Séparés par l’Atlantique-sud, ces deux continents sont à peu près symétriques géométriquement On dirait que l’un est l’image de l’autre ; et de fait, si on supposait à l’est de l'Amérique du sud, au milieu de l’océan, un gigantesque miroir où l’œil pourrait embrasser d’un coup l’image de toute l’Amérique, cette image ressemblerait tout à fait au continent Africain. Il n’y a pas jusqu'au fleuve des Amazones qui n’ait son symétrique dans le Congo,

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vers lequel se tournent maintenant l'attention de l’Europe.

Nous avons dit que les océans sont groupés vers le sud. C’est en effet de la zone antarctique que partent ces deux bras de mer gigantesques, dont l’un est l'océan Atlantique, qui sépare l'Amérique de l’Europe, et l’autre l’océan Pacifique, entre l'Amérique et l'Asie. Quel que soit le volume absolu de ces deux masses aqueuses, il est beaucoup plus faible que la masse d’eau énorme accumulée autour du pôle sud,

Peut-on trouver une cause à ce défaut de symétrie dans la distribution des continents et des océans ? Evidemment, on ne peut rien affirmer d’absolument certain : voici cependant les opinions émises à ce sujet par certains géologues. Les uns croient qu’il n’est pas impossible que cette accumulation de l’eau au pôle sud, ne soit un résultat de l’oscillation de l’axe de la terre, oscillation connue en astronomie sous le nom de précession des équinoxes. D’autres disent que l'érosion a été plus forte au pôle sud qu’au pôle nord, sans toutefois expliquer cette différence. D'autres affirment que le centre de gravité de notre globe se trouve un peu au sud de son centre de figure. Et comme le centre de gravité est en même temps le centre d'attraction, la masse des eaux est ainsi transportée sensiblemént vers le sud.

D'ailleurs la forme et l’étendue des continents ont varié très souvent depuis le commencement des époques géologiques. Et s’il est vrai de dire que les contours des grandes masses continentales ont été nettement dessinées dès le commencement, il faut

néanmoins admettre que leurs surfaces ont été à plusieurs reprises envahies par les eaux.

Relativement à la distribution des terres et des mers à la surface du globe, un autre fait assez curieux est le suivant. Si, en prenant pour centre un point placé sur les côtes anglaises de la Manche, on trace un grand cercle sur la sphère, ce cercle comprendra presque tous les continents du globe, l’autre hémisphère n'étant guère couvert que par l’océan.

HAUTEUR MOYENNE DES CONTINENTS. —De Humbolt croyait que la hauteur moyenne de tous les continents, à part l’Afrique et l’Australie, était d'environ 1000 pieds. Cette affirmation reste encore vraie même si on l’étend aux deux continents insuffisamment connus de de Humbolt. Or les océans ont une une surface 3 fois plus grande que celle des continents. Si donc on transportait dans l’océan toute la masse continentale qui dépasse le niveau actuel de la mer,on n'élèverait le fond de l’océan que de 375 pieds ; il en faudrait 40 fois autant pour combler les dépressions océaniques. Si d’un autre côté, on faisait disparaître toutes les inégalités à la surface de la terre, l’océan renferme assez d’eau pour couvrir alors le globe d’une couche liquide épaisse de 8000 à 9000 pieds.

Les continents pris en particulier, n’ont pas tous même hauteur moyenne. La hauteur moyenne d’un continent est celle qu'on obtiendrait en distribuant régulièrement sur toute sa surface les masses des montagnes ou des plateaux qui s’y trouvent. Voici la hauteur des différents continents : Europe 670 pieds, Amérique du nord 740, Amérique du sud 1132, Asie

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1150, Afrique probablement 1600 et Australie peutêtre 500.

Ce ne sont pas tant les montagnes qui contribuent à augmenter la hauteur moyenne des continents que les plateaux, immenses surfaces élevées, pouvant jusqu'à un certain point, être considérées comme d’autres continents par rapport aux plaines basses qui les entourent. Si on distribuait sur la surface de l'Europe toute la masse des Alpes, on n’augmenterait la hauteur du continent que de 22 pieds. Les Pyrénées ne le hausseraient que de 6 pieds.

PROFONDEUR DES OCÉANS.—Les océans sont contenus dans de vastes dépressions dont la profondeur varie de 1000 à 30,000 pieds. La profondeur moyenne de tous les océans est évaluée à environ 15,000 pieds. Celle de l’Atlantique-nord est de 12,000 pieds et celle du Pacifique-nord de 16,200. La profondeur dans un même océan varie quelquefois considérablement entre deux endroits peu éloignés. Ainsi, au nord des Bermudes, il y a un abîme de 25,000 pieds, là où la profondeur moyenne n’est que de 12,000. La profondeur de l’océan entre la Grande Bretagne et l’Islande est presque partout moindre que 600 pieds. Elle ne dépasse jamais 6000 pieds. Entre l'Irlande et Terreneuve se trouve le plateau télégraphique dont la profondeur varie de 6000 à 15,000 pieds,

Pour nous former une idée exacte des dépressions océanique, supposons un moment que toute l’eau disparaisse de la surface de la terre. Alors s'ouvrent d'immenses cavités, larges de milliers de milles,

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creuses de 10,000, peut-être de 50,000 pieds. Les continents deviennent des plateaux entourés par un grand bassin très irrégulier. En partant des points les plus bas de ce bassin, il faudrait gravir des hauteurs de 5 milles pour atteindre les bords des continents actuels. Une seconde ascension de 5 milles nous conduirait au sommet des plus hautes montagnes. Tous nos continents seraient alors complètement inhabitables à cause du froid des hautes régions où ils se trouveraient transportés. Maintenant que la muin de Dieu nivelle ces rugosités en jetant sur le globe une vaste plaine liquide. Les hauteurs sont comme abaissées de plus de moitié, les climats excessifs disparaissent, la surface du globe devient habitable, grâce à sa température, grâce aussi aux nuages qui se forment de l’océan, pour fournir l’humidité aux végétaux et alimenter les rivières Enfin cette plaine liquide sert encore comme de trait-d’union entre les peuples les plus éloignés, en facilitant le commerce ainsi que l'échange des connaissances de toute espèce.

LIMITES DES CONTINENTS.—La ligne où viennent battre les flots de l’océan n’est pas toujours celle qui sépare exactement un continent de l’océan voisin. Assez souvent la surface continentale se prolonge, à une faible profondeur sous les eaux, jusqu’à une distance assez considérable, Là s’ouvre un abîme qui marque le commencement de la véritable dépression océanique. C’est ainsi que l’Amérique du

nord, à la hauteur de New-Jersey, se continue de 60

à 80 milles sous l’Atlantique. A cette distance des côtes, la profondeur n’est que de 600 pieds, la pente

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n'étant que de 1 pied par 700 pieds. De même les sondages faits au nord et à l’ouest de la France ont prouvé que le Danemark, l’Angleterre, la France et l'Espagne constituaient en réalité un seul massifcontinental dont une portion est ensevelie à une faible profondeur sous les eaux. La ligne de séparation entre le continent asiatique et l'Océanie est également bien définie, elle passe au nord de la Nouvelle- Guinée et des Célèbes. Au nord de cette ligne, les iles se rattachent à l’Asie, au sud à l'Océanie.

DISTRIBUTION DES RELIEFS À LA SURFACE DES CON- TINENTS.—En donnant plus haut la hauteur moyenne des continents, nous ne nous sommes pas occupés de la forme que pouvaient avoir leurs surfaces. Cette forme est remarquable. En général les continents peuvent être considérés comme des plateaux terminés sur leurs bords par des chaînes de montagnes. Nous nous contenterons de donner les sections des deux Amériques, dans lesquelles cette structure est parfaite.

La figure 59 est une section de l'Amérique du

nord, de l’ouest à l’est. En a est la chaîne Washington et, à l’ouest, celle de la côte ; en b, les Montagnes Rocheuses avec leur double crête ; en c, le Mississipi,

Fig. 59.—Section de l'Amérique du nord, de l’ouest à l’est.

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et en d, la chaîne des Appalaches. La figure 60 est “une section de l'Amérique du sud. En a, sont les Cordilières des Andes avec les plateaux si élevés

Fig. 60,

qu’elles contiennent ; puis au centre, l’immense plaine de l’Amazone, de l’Orénoque, du Rio de la Plata ; à l’est, en b, les petites montagnes du Brésil, qui ressemblent tout-à-fait aux Appalaches.

Une section de l’Asie, faite du nord au sud, diffère notablement de celles que nous venons de décrire. La forme générale est plutôt celle d’une pyramide irrégulière, surbaissée, dont le sommet serait les hauteurs de l'Himalaya. Nous la donnons, fig. 61. En a sont les plateaux des Indes Anglaises,

Fig. 61.

en b l'Himalaya, en c la chaîne de Kuen-Lun et, entre ces deux chaînes, les plateaux du Thibet; de cen d la Mongolie et le Désert de Gobi; en d les monts Altaï puis les plaines sibériennes jusqu’à la

Fig. 60.—Section de l'Amérique du sud, de l’ouest à l’est, Fig. 61.—Section de l’Asie du sud au nord.

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mer glaciale. L'Afrique et l’Australie ont des surfaces dont le relief est tout à fait analogue aux sections américaines que nous avons données plus haut.

MONTAGNES, CHAÎNES DE MONTAGNES.—n examinant plus en détails ces différentes protubérances terrestres, on leur trouve souvent des formes spéciales et des dispositions régulières qui méritent d'être étudiées de plus près.

Les montagnes sont rarement isolées comme le sont la montagne de Montréal et celle de Belæil, Le plus souvent, on en trouve plusieurs groupées ensemble et formant ce qu’on appelle une chaîne de montagnes. Une chaîne de montagnes peut être composée d’un ensemble de pics isolés, disposés suiant une ligne plus ou moins régulière, Mais le

plus souvent, l’examen attentif de leur structure montre comme une série d’ondulations se répétant parallèlement sur une certaine étendue, fig. 62, ou

Fig. 62.—Type de chaîne de montagnes due à des ondulations des lits géologiques.

bien encore accolées bout à bout dans le sens de ln longueur de la chaîne. Cette dernière disposition est très remarquable dans les monts Notre-Dame, placés dans la partie sud-est de notre Province, et qui ne sont en réalité que l'extrémité des monts Appalaches. Dans les Laurentides au contraire, il est à peu près impossible de trouver des séries régulières d’ondulations de terrain. Les élévations sont groupées pêlemêle, sans qu’on puisse saisir une orientation géné. rale bien définie dans les lignes de leurs arêtes. Les Montagnes Rocheuses ont une structure qui se rapproche de celle des Appalaches. Elles sont constituées par une série d’ondulations de plus en plus élevées, se succédant les unes aux autres, et accolées latéralement.

Dans la figure 63, les lignes blanches représentent des ondulations dont l’ensemble constitue une chaîne. On voit ainsi comment leur position rela-

Fig. 63, tive peut donner

naissance à une

chaîne droite ou courbe, tout en ayant chacune ïsolément la même direction. Au point b on peut voir

des chaînons transversaux. nent souvent compliquer l'étude d’un :v ‘ulier de montagnes.

Fig. 63.—Chaînes de montagnes produite par la réunion de chaînons séparés:

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La hauteur d’une chaîne de montagne est loin d’être régulière. Les différentes arêtes s’affaissent et se soulèvent successivement, et la surface d’une contrée montagneuse ressemble assez à celle que prendrait la mer si on pouvait instantanément solidifier la surface de l’eau agitée par une forte brise.

Les pentes des montagnes sont rarement égales de chaque côté. Cela en général, tient à la disposition même des couches de roches qui constituent la montagne.

Plateaux.—Lorsque deux chaînes de montagnes se rapprochent, assez souvent l'espace intermédiaire forme une plaine élevée appelée plateau. Dans l'Amérique du nord, un des principaux plateaux est le Grand Bassin, situé entre le Lac Salé et la Sierra Nevada. Sa hauteur varie de 4000 à 4500 pieds. Le plateau du Thibet est à 10,000 ou 11,000 pieds de hauteur. Je grand plateau du Mexique, où est la apitale Mexico, a une élévation moyenne de 7000 à 4000 pieds. Le plateau de Quito, dans les Andes, est à 10,000 pieds. Il est entouré d’une couronne de volcans, le Chimboraço, le Pichincha, le Cotopaxi, etc. qui atteignent 15,000, 18,000, 20,000 pieds et au-delà.

Plaines.—Les parties des continents qui ne sont pas sillonnées de montagnes portent le nom de plaines. Celles-ci à leur tour sont désignées sous différents noms, suivant l’aspect qu’elles présentent. Ce sont des prairies, si leur surface se couvre d’herbes longues et abondantes, comme à Manitoba. Les déserts sont des plaines arides dont la surface est occupée par

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des rochers ou des monticuies de sable, et, sur lesquelles aucune plante ne peut végéter. Tels sont les déserts de Sahara et de Gobi. Les steppes herbeux de la Hongrie, ceux qui entourent la mer Casnienne et le lac d’Aral, les landes de Gascogne, les llanos et les pampas de l'Amérique du sud sont autant de plaines caractérisées par une physionomie particulière.

RELATION ENTRE LA HAUTEUR DES CHAÎNES DE MON- TAGNES ET LA PROFONDEUR DES MERS VOISINES.—II est facile de constater un fait assez remarquable ayant rapport aux dimensions des océans et à la hauteur des chaînes qui se dressent sur leurs rivages. Une grande masse montagneuse avoisine toujours un grand océan, et une chaîne plus petite borne une mer plus étroite. Cette disposition est frappante pour les deux Amériques. -Sur la côte ouest, près du Pacifique, se dressent les massifs des Montagnes Rocheuses et des Cordilières, tandis qu’à l’est, sur les bords de l'Atlantique, qui n’est guère qu’un bras de mer comparé au Pacifique, s'étend la maigre chaîne des Appalaches et des montagnes du Brésil. En Asie, lies monts Himalayas, les plus hautes montagnes du monde, sont placés du côté de l’Océan indien, l'océan le plus profond. En Afrique, les montagnes de la côte orientale sont beaucoup plus fortes que celles de la côte occidentale. On dirait que la force qui a creusé le ‘t des océans a réagi sur les rivages continentaux, de manière à y produire des rides, dont les dimensions fussent en rapport avec celles de la cavité océanique qui les entoure.

Ces masses de montagnes qui atteignent des hauteurs de quatre ou cinq milles et qui s’étalent sur des

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milliers de lieues en superficie, deviennent absolument insignifiantes si on les compare au volume de la terre. Sur un globe de deux pieds de diamètre, le plus grand massif montagneux serait représenté par une épaisseur d’à peu près un soixantième de pouce. ’est donc une grande exagération que de comparer ces légères aspérités aux rugosités qui recouvrent l'écorce d’une orange.

La figure 64 est une section transversale des Mon-

Fig. 64.

tagnes Rocheuses. Elle montre comment ces montagnes, qui ont jusqu’à 14,000 pieds de hauteur, sont limitées par des pentes très douces et constituent un renflement très peu marqué à la surface du continent américain. Le fait devient encore plus frappant quand on sait que,dans cette section, l'échelle des hauteurs est 70 fois plus grande que celle des longueurs, et que, pour avoir une juste idée du profil de cette puissante chaîne, il faudrait, la longueur üe la section restant la même, mettre le plus haut sommet à un quinzième de millimètre au-dessus de la ligne horizontale !

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Fig. 64—Profil des Montagnes Rocheuses. L’échelle des hauteurs est 70 fois plus grande que celle des longueurs.

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