‹ Elements de minéralogie, de géologie et de botanique [microforme] (volume 2)Chapitre 58 sur 124 · CHAPITRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEME

Veines et filons,

Sous le nom de veines et de filons nous comprenons les accumulations de minéraux, quelles que soient leur nature et leur origine, que l’on trouve dans les fissures de la croûte terrestre. L'étude de ces veines vient naturellement après celle des roches plutoniques, parce que plusieurs d’entre elles ont été évidemment formées par des roches fondues venant de l’intérieur, et que les autres, pour là plupart, doivent leur existence soit à des sublimés métalliques, soit à des solutions minérales, provenant encore de l’intérieur du globe, et à l’origine desquels la chaleur centrale a eu une grande part.

L’épaisseur, ou, comme on dit, la puissance des veines varie depuis quelques lignes jusqu’à des centaines de pieds. Leur direction à la surface du sol est essentiellement variable, parceque les fissures auxquelles elles doivent leur crigine se produisent irrégulièrement. En général leur direction à l’intérieure du sol se rapproche de la verticale et elles atteignent à des profondeurs inconnues. Elies renfermentsouvent des minérais utiles, et de fait, bon nombre de ces minérais sont extraits exclusivement des veines métallifères. Leur nombre dans une même contrée varie beaucoup. Ici une roche sera toute criblée de veines, plus loin celles-ci seront très rares, ailleurs il n’y en aura pas du tout. Les veines ou filons sont sont toujours rarés dans les terrains qui ont été peu modifiés, elles sont nombreuses dans les terrains mé-

tamorphisés ou dans le voisinage d’éruptions ignées. Elles sont toujours plus récentes que les terrains qu’elles traversent.

On partage les veines en deux groupes que nous étudierons successivement: les dykes et les veines proprement dites.

Dykes.—Ce sont des fissures de la croûte terrestre,

Fig. 70.

dite; remplies par des matières fondues venant de l’inté- # leur rieur du globe, La matière £ pres des dykes est donc une roche # tent de la nature des basaltes. } Les Elle peut étregcompacte ou plies porphyroïdd Dans ce der- E les | nier cas les cristaux du R Ces centre sont plus développés # Elle:

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sement plus lent. C'est là une preuve évidente que ces dykes ont été remplis par des matières fondues. Une autre preuve est la cuisson et le métamorphisme qu'ont subis les roches avoisinantes ; dans la figure 71, la partie qui touche le dyke a est cuite de cette manière. Ajoutons encore la structure colonnaire, caractéristique des basaltes, qu’on rencontre dans plusieurs dykes, fig. 71. Elle n’est pas toujours bien marquée, maïs il en existe au moins des indices. Les lèvres de ces dykes sont toujours nettement définies, ce qui les distingue des veines. S'il arrive que les roches qui bordent un dyke disparaissent par érosion, la matière plus dure, plus résistante, du dyke fait alors saillie à la surface du sol. Ce phénomène est très marqué en quelques endroits des rivages du Lac Supérieur.

Veines proprement dites.—Tes veines proprement dites sont de deux espèces, les veines qui doivent leur existence à des fissures produites par la compression. et le retrait des roches, et celles qui résultent de profondes cassures de la croûte terrestre. Les premières sont toujours étroites ; elles sont remplies par des solutions minérales pénétrant à travers les lits voisins et y dissolvant diverses substances qui vont ensuite se déposer dans ces fissures. Elles existent souvent en grand nombre dans une roche, fig. 72. Les autres que nous appellerons

veines de fracture, sont de beaucoup les plus impor-

tantes, parce que ce sont elles surtout qui renfer-

ment les minérais recherchés par les mineurs. Dans

ce dernier cas, on y distingue le minérai lui-même

et les minéraux qui l’accompagnent, désignés sous le nom général de gangue.

Cette gangue est presque toujours composée de Quartz, Calcaire, Barytine ou Fluorine. Comme nous l'avons dit plus haut, l’allure des veines est très irrégulière ; leur direction Fig. 72. varie quelquefois brusquement. Ici une veine sera très étroite, plus loin elle s’élargira considérablement pour s’étrangler encore et ainsi de suite, fig. 73. Une veine irrégulière englobe souvent dans sa masse, des morceaux de la roche avoisinante.

La structure des veines proprement dites est bien différente de celle des dykes. Si une seule espèce

minérale les remplit, elles sont homogènes dans toute leur épaisseur ; mais si plusieurs espèces en-

Fig. 72.—Fragment de roche veinée, ene Fig. 73.—Pincement d’une veine. — Fig. 74.—Structure rubanée d’une veine. F

nés sous ) gangue.

st presposée de Barytine ame nous aaut, l’alest très direction brusqueeine sera sidérablete, fig. 75.

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trent dans leur composition, leur structuïe est ruba: née, les feuillets étant tous parallèles aux côtés de la veine. Dans la figure 74, les bandes sont alternativement, Quartz, Micaschiste, Gneiss granitique et Gneiss ordinaire. Assez souvent les minéraux remplissant la veine, sont arrivés en petite quantité, soit à l’état de vapeur, soit à l’état de solution, alors ils ont cristallisé, et, les cristaux se formant perpendiculairement aux murs de la veine, il en résulte qu'une section de celle-ci a l'apparence des dents d’un peigne,a fig.75. Cette structure est éminemment caractéristique des veines de fracture. Dans cette figure d est de la galène, cc sont deux lits de barytine, bb deux lits de fluorine et aa deux lits de quartz cristallin.

Importance, au point de vue économique, de l'étude des veines et des dykes.-—-Cette étude est très importante, particulièrement celle des veines, les dykes ne renfermant presque jamais de minérais utiles. Les veimétallifères portent plus spécialement le nom de

filons. Il ne faut pas croire que toute veine métalli-

fère constitue une véritable mine. Car il peut arriver que le métal s’y trouve en trop petite quantité pour donner des profits aux mineurs. Quelquefois encore, une veine assez riche, susceptible en elle-mê-

Fig. 75.—Structure en peigne (comb structure) d’une veine (Leconte),

ne d’être exploitée avec profit, devient inexploitable, à cause de sa direction ou de ses irrégularités.

Quand donc on a reconnu dans une veine l’existence d’un métal, avant de commencer l'exploitation, il faut s'assurer d’abord si le métal existe en proportion notable, On examine ensuite l’allure, la puissance de la veine; on voit si elle est régulière ou non, si elle s'enfonce verticalement dans le sol. On doit aussi examiner s’il n’y a pas dans les environs d’autres veines de même nature, car souvent des veines identiques par leur composition sont parallèles et assez près les unes des autres. Cette examen préliminaire permet d'évaluer approximativement, et le coût de l’exploitation et la valeur du produit qu’on pourra en retirer.

Il serait de plus imprudent de juger de la composition d’une veine métallifère par l'examen des parties superficielles. L’altération due à l’action atmosphérique modifie en effet beaucoup la nature des minérais qui s’y trouvent.

Il arrive encore souvent que ces veines, filons, dykes, etc., sont cassés, interrompus par des failles, ou par d’autres veines, qui les | traversent de part en part. Cette intersection mutuelle de différents sys-

Fig. 76.—Plusieurs filons d’âge différent.

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tèmes de veines permet d'établir leur âge relatif, les veines les plus anciennes étant évidemment celles qui sont traversées par les autres. Dans la fig. 76, il y a plusieurs systèmes de veines, aa, bb, ce, dd, d’âge différent. Il arrive enfin souvent qu’une veine est cassée par suite d’une fracture de la croûte terrestre sans que pour cela il se forme d’autres veines qui la traverse. La figure 70 représente un dyke de trapp que nous avons observé sur le rivage, à Boston. C’est un exemple frappant des cassures multiples qui ont lieu dans des roches en apparence très dures.

Les murailles de ce dyke sont une syénite granitoïde très compacte.

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