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CHAPITRE PBEMIER

Epoque éozoique ou archéenne.

L'époque archéenne comprend les terrains les plus anciens que Ton connaisse. C'est sur eux que reposent les couches siluriennes et toute la sério des sédiments supérieurs. Aussi doivent-ils exister en tous les endroits du globe quoiqu'ils ne soient pas visibles partout, ayant été recouverts par les formations plus récentes. Bien que ces roches soient très anciennes, on les regarde cependant comme étant réellement sédimèntairés, et par conséquent, différentes de la croûte qui s'est formée lors de la première solidification du globe. Les roches archéennes auraient été constituées par les débris de cette croûte primitive, et à leur tour, elles ont fourni les matériaux dune foule de dépôts sédimèntairés postérieurs.

Distribution des formations éozoïqubs. — En Amérique, les roches éozoïques affleurent à la surface du sol, sur un grand espace, placé dans la partie septentrionale du continent, fig. 132. Cette aire éozoïque est comme une longue bande recourbée sur elle-même et enveloppant la baie d'Hudson. Généralement on lui donne la forme d'un Y, à branches inégales, entre lesquelles serait cette baie ; mais les dernières recherches du Prof. Bell, de la Commission géologique canadienne, laissent croire que la branche ouest du V est recourbée et vient aboutir sur la côte occidentale de la baie d'Hudson,

Ou trouve encore cette formation exposée en différents endroits de l'Amérique, sous forme d'ilôts, englobés dans les formations plus récentes. Les monts Adirondaeks, dans le New-York, font partie d'un de ces

Fig.132.

ilôts, qui est relie aux formations éozoïques canadien nés par une langue étroite, traversant le St-Laurent à la hauteur des Mille-lsles. Les roches laurenliennes canadiennes couvrent tout l'espace occupé par la chaînes des Laurentides.

Eu Europe les mêmes terrains se rencontrent en Ecosse et surtout dans le Scandinavie, dont ils consti- 1L

tuent les montagnes à eux seuls. On les voit aussi en France et dans certaines parties de l'Allemagne, mais peu développés.

Etages éozoïques. — La Commission géologique du Canada, après avoir divisé les terrains éozoïques en deux étages, l'étage laurentien et l'étage huronien, a été conduite par l'étude plus complète de la stratigraphie du laurentien, à le subdiviser en deux formations : le laurentien inférieur et le laurentien supérieur ou labradorien. Ces étages se distinguent l'un de l'autre par les roches qui les composent, les débris organiques qu'on y trouve et leur stratification discordante.

'Boches des terrains éozoïques. — Le laurentien inférieur se compose de schistes cristallins, dont une forte partie sont des gneiss parfois granitoïdes ; il y a aussi des quartzites, des schistes amphiboliques ou micacés, des roches pyroxéniques et calcaires, métamorphiques. Ces dernières se trouvent réunies en trois grandes formations distinctes, de 1000 à 1500 pieds d'épaisseur chacune.

Le labradorien, qui repose en lambaaux discordants sur le laurentien intérieur, est caractérisé par une anorthosite, composée essentiellement d'un feldspath triclinique (souvent Labradorite), et de Pyroxène. Le labradorien se voit au Château-Richer, à St- Urbain, au Saguenay, au nord de Montréal, etc.

Le huronien renferme surtout des quartzites, des -chistes plus ou moins chloriteux, épidotiques, des serpentines et des diorites. Ces lits renferment quelquefois des galets laurentiens.

Métamorphisme, plissements dis lus éozoïques. — Ces lits ne sont nulle paît horizontaux. Au contraire on les trouve bouleversés de toutes les manières possibles. La ligure 133 fait voir lo contraste qu'il y

Fig. 133.

a entre les terrains éozoïques et les terrains siluriens supérieurs dans la partie ouest de notre Province. La direction générale de ces plissements est à peu près nord et sud, mais des ondulations secondaires transversales ont été reconnues dans la région septentrionale de l'Ottawa, étudiée avec plus de soin que le reste.

Ces lits ont été traversés par plusieurs roches éruptives, syénites, porphyres quartzifères et dolérites. Dans le seul laurentien inférieur, on distingue quatre époques d'épanchement, dont la quatrième a coïncidé avec l'époque silurienne.

Restes organiques caractéristiques. — " Les ealcaires du laurentien inférieur du Canada, disaient les membres de la Commission géologique en 1867, renferment des restes organiques, se rapportant principalement à un organisme étudié et décrit par le Dr Dawson. de Montréal, qui lui a donné le nom (XEozoan Canadense." C'est un rhizopode, ou foraminifère, de grande dimension, fig, 131, qui aurai) recouvert les

Fig. 134.

roches et sécrété une carapace calcaire, recouverte elle-même plus tard par une seconde expansion de sarcode, constituant un autre individu, sécrétant à son tour une seconde carapace calcaire, et ainsi de suite, de manière à constituer des amas très puissants. L'eozoon abonde dans la troisième formation calcaire du laurentien inférieur. Son squelette calcaire se trouve injecté de différents silicates, qui ont remplacé la sarcode, tout en conservant parfaitement la structure intime de la matière animale. Le même eozoon (sp. bavaricum) a été trouvé dans les calcaires laurentiens de la Bavière.

Quoique la nature animale de l'eozoon ait été un 6iijet de vive discussion parmi les géologues, et qu'elle reste encore douteuse pour quelques-uns, l'autorité du Dr Carpenter, du Dr J.-W. Dawson et autres, est pour nous une garantie plus que suffisante,et nous regardons l'eozoon comme l'aîné de toutes les espèces animales. M. Dawson a encore découvert dans les mêmes terrains des spiculcs d'épongés. Aussi la grande majorité des géologues croient-elles maintenant à l'existence d'êtres vivants durant l'époque éozoïque. La présence du graphite en grande abondance, est une probabilité

de plus en faveur de la vie archéenne. Voilà pourquoi cette époque est maintenant appelée éozoïque et non pas azotque, comme elle l'était autrefois.

Principaux minéraux utiles des terrains éozoïques. — Nous citerons en premier lieu le fer oxydulé et le fer oligiste, qui se rencontrent en puissantes masses stratifiées dans le laurentien inférieur. Ces lits peuvent avoir 100 à 200 pieds d'épaisseur. Le Graphite est assez abondant, surtout dans les calcaires, où il entre quelquefois pour une proportion de 2 à 3 par cent. Ajoutons le Mica, exploité en certains endroits, l'Apatite, dont les gisements d'Ottawa sont si puissants et si riches .

Le laurentien supérieur renferme la plupart de ces minéraux, plus, des masses énormes de fer titane, comme à St- Urbain, quelquefois mélangées de Eutile.

Le terrain huronien comprend des roches dioriliques " qui abondent en minerais métalliques, parfois disséminés, mais le plus souvent répandus dans des filons. qui, dans une gangue de Quartz, renferment beaucoup de minerais de cuivre, et sont exploités avec grands bénéfices." On y a trouvé du nickel, du cobalt, des masses considérables de fer oligiste. M. ie Prof. Bell, qui étudiait vers 1877 la formation buronienne sur les rivages de la baie d'iludson, lui trouvait le même caractère métallifère.

D'après les travaux de la Commission géologique, l'épaisseur du laurentien inférieur serait de 40,000 pieds, celle du labradorien de 10,000 pieds et celle de le buronien de 18,000 pieds. Ce dernier ne se rencontre pas dans la province de Québec, mais près du lac lluron. à Terreneuve et dans la Xouvellc-Ecosse.

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