CHAPITRE NEUVIÈME
Dilatabilité, conductibilité.
Dilatabilité. — En donnant plus liant l'énoncé de la loi de Rome de Lisle relative ù la constance des angles, on a ajouté que les découvertes do Mitscherlich ont prouvé que ces angles ne sont rigoureusement constants, dans les formes qui admettent différentes valeurs d'angle, qu'à la condition de les mesurer à la même température. La cause en est que
plusieurs cristaux ne se dilatent pas également dans tous les sens. Certains axes cristallographiques se dilatent plus que les autres. Dans les cristaux du premier groupe toutefois la dilatation est parfaitement régulière ; mais dans ceux du second et du troisième groupe, l'allongement est irrégulier. Cette différence dans la dilatation est toujours très petite. Pour un rhomboèdre de calcaire, Mitscherlich a trouvé une différence de 8' o7" entre les angles mesurés à 0° et à 100°.
Conductibilité. — L.e pouvoir conducteur des cristaux est soumis à des variations analogues, jusqu'à un certain point, à celles de la dilatation. Dans les cristaux du premier groupe, en supposant que l'on chauffât le centre du cristal, la surface de l'onde thermique serait celle d'une sphère régulière. Dans ceux du second groupe, la chaleur se propage plus facilement dans certaines directions, ce qui donne à l'onde thermique la forme d'un ellipsoïde de révolution. Dans ceux du troisième groupe, l'onde thermique a la forme d'un ellipsoïde à trois axes inégaux. L'onde thermique a toujours même forme que l'onde lumineuse, et les rayons de chaleur sont polarisés comme les rayons lumineux.
Pour étudier cette conductibilité dos minéraux, on taille des lames cristallines suivant différentes directions, on les recouvre d'une mince couche de cire vierge, on chauffe le centre au moyen d'une broche métallique et on examine si la couche do cire fond également vite dans tous les sens. On voit ainsi que la fusion se fait en forme de cercle ou d'ellipse suivant
le système du cristal qui a fourni la lame et suivant le sens dans lequel elle a été taillée.
M. Jannettaz, qui s'est occupé beaucoup de cette question dans ces derniers temps, a démontré que, dans les cristaux clivables du deuxième et du troisième groupe, le grand axe de l'ellipse est toujours parallèle au plan du clivage le plus facile.