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CHAPITRE DEUXIÈME

Veines et filons.

Sous le nom de veines et de filons nous comprenons les accumulations do minéraux, quelles que soient leur nature et leur origine, que l'on trouve dans les fissures de la croûte terrestre. L'étude de ces veines vient naturellement après celle des roches plutoniques, parce que plusieurs d'entre elles ont été évidemment formées par des roches fondues venant de l'intérieur, et que les autres, pour la plupart, doivent leur existence soit à des sublimés métalliques, soit à des solutions minérales, provenant encore de l'intérieur du globe, et à l'origine desquels la chaleur cent l'aie a eu une grande part.

L'épaisseur, on, comme on dit, la puissance des veines varie depuis quelques lignes jusqu'à des centaines de pieds. Leur direction à la surface du sol est essentiellement variable, parce que les tissures auxquelles elles doivent leur origine se produisent irrégulièrement. En général leur direction à l'intérieur du soi se rapproche de la verticale; elles b'enîoncent à des profondeurs inconnues. Ici une roche sera toute criblée de veines, plus loin celles-ci seront très rares, ailleurs il n'y ou aura pas du tout. Elles renferment souvent des minerais utiles, et de fait, bon nombre do ces minerais sont extraits exclusivement des veines métallifères. Les veines ou liions sont toujours rares dans les terrains qui ont été peu modifiés, elles sont nombreuses dans les terrains métamorphisés ou dans le voisinage d'éruptions ignées. Elles sont toujours plus récentes que les terrains qu'elles traversent.

On partage les veines en deux groupes que nous étudierons successivement : les dijkes et les veines proprement diles.

Dykes — Ce sont des fissures de la croûte terrestre,

Kir. 64.

remplies par des matières fondues venant de l'intérieur du globe. La matière des dykes est donc une roche de la nature des basaltes. Elle peut être compacte ou porphyroïde. Dans ce dernier cas les cristaux du centre sont plus développés que ceux dos bords, fig. 64 et 65 b, à cause du refroidissement plus lent. C'est là une preuve évidente que ces dykes ont été remplis par des matières fondues. Une autre preuve est la cuisson et le métamorphisme, qu'ont subis les roches avoisinantes ; dans la figure 65, la partie qui touche le d}~ke a est cuite de cette manière, ajoutons encore la structure colonnaire, caractéristique des basaltes, qu'on rencontredans plusieurs dykes, fig. 65. Elle n'est pas toujours bien marquée, mais il en existe au moins des indices. Les lèvres de ces dykes sont toujours nettement définies, ce qui les distingue des veines. Assez souvent les roches qui bordent un dyke disparaissent par érosion. La matière plus dure, plus résistante, du dyke fait alors saillie à la surface du sol. Ce phénomène est très marqué en quelques endroits des rivages du Lac Supérieur.

Veines proprement dites. — Les veines proprement dites sont de deux espèces, les veines qui doivent leur existence à des fissures produites par la compression et le retrait des roches, et celles qui résultent de profondes cassures de la croûte terrestre. Les premières sont toujours étroites ; elles ont été remplies à l'aide de

Fig. 65.

solutions minérales pénétrant ù travers Ici lit* voisins ot y dissolvant diverses substances qui se sont ensuite déposéos dans les veines. Elles existent souvent en grand nombre dans une roche, fig. t>t>. Les autres que nous appellerons veines de fracture, sont de beaucoup les plus importantes, parce que ce sont elles surtout qui renferment les minerais exploités par les mineurs. Dans ce dernier cas,

on y distingue le minerai

J ~^~^ ]Mg. 66.

lui-même et les minéraux

qui l'accompagnent, désignés sous le nom général de gangue. Cette gangue est presque toujours composée de Quartz, Calcaire, Barytine, Fluorine. Comme nous l'avons dit plus haut, l'allure des veines est très irrégulière; leur direction varie quelquefois brusquement. Ici une veine sera très étroite, plus loin elle s'élargira considérablement pour s'étrangler encore et ainsi de suite, tig. 67, Une veine irrégulière englobe souvent dans sa masse, des morceaux de la roche avoisinante, a fig. (>7 ; ces fragments sont appelés horses par les Anglais.

La structure des veines proprement dites est bien différente de celle des dykes. Si une seule espèce minérale les remplit, elles sont homogènes dans toute leur épaisseur; mais si plusieurs espèces entrent dans leur composition, eur etru.ç.tare est rubanée, les feuillets étant tous parallèles aux côtés de la veine. Dans la figure- GS, les bandés sont alternativement, Quart./,, Micaschiste, Gneiss granitique et Gneiss or-

dirair.3. .Assez souvent les minéraux remplissant la veine, sont arrivés en petite quantité, soit à l'état de

Fi* 67,

vapeur, soit à l'état de solution, alors ils ont cristal- Usé, et, les cristaux se formant perpendiculairement aux murs de la veine, il en résulte qu'une section

de celle-ci a l'apparence des dents d'un peigne :

c'est le cornb structure des Anglais, si caractéristique des veines de fracture, tig. 69. Dans cette figure d est de la galène, < sont deux lits de bar ytine, bb deux lits de fluorine et aa deux lits de quartz cristallin.

Importance, au point Je vue économique, de l'étude des veines et des dykes. — Cette étude est très importante, et particulièrement celle des veines, les dykes ne renfermant presque jamais do minerais utiles. Les veines métallifères portent plus particulièrement le nom de filons. Tl ne faut pas croiro que touto veine métallifère constitue une véritable mine. Car il peut arriver que le métal s'y trouve en trop petite quantité

Fiff. 69.

pour donner des profita aux mineurs. Quelquefois encore, une veine assez riche, susceptible en elle-même d'êtro exploitée avec profit, devient inexploitable, à cause do sa direction ou ses irrégularités.

Quand donc on a reconnu dans une veine l'existence d'un métal, avant de commencer l'exploitation, il faut s'assurer d'abord si le métal existe en proportion notable. Oh examine ensuite l'allure, la puissance de la veine; on voit si elle est régulière ou non, si elle s'enfonce verticalement dans le sol. On doit aussi s'assurer s'il n'y a pas dans les environs d'autres veines de la mémo nature, car souvent des veines identiques par leur composition aont parallèles et assez près les unes des autres. Cet examen préliminaire permet d'évaluer approximativement, d'un c-Qté, le coût de l'exploitation, de l'autre, la valeur du produit qu'on pourra retirer de la mine.

Il arrive encore souvent que ces veines, filons, dykes, etc., sont cassés, interrompus par des failles, ou par d'auires veines, qui les traversent de part en part. Cette intersection mutuelle de différents systèmes de veines permet d'établir leur âge relatif, les veines les plus anciennes étant évidemment celles qui sont traversées par les autres. Dans la fig. 70, il y a plusieurs systèmes do veines, a ay b bt c c, d d, d'âge différent. Il arrive enfin souvontqu'une veine est

Fij

cassée par suite d'une fracture de la croûte terrestre sans que pour cela il se forme d'autres veines qui la traverse. La figure 0'4 représente un dyke de trapp observé par l'auteur sur le rivage, à Boston. C'est un exemple frappant des cassures multiples qui ont lieu dans des roches en apparence très dures. Les murailles de ce dyke sont une syénite granitoïde très compacte.

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