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CHAPITRE QUATRIÈME

Détermination de l'âge relatif des terrains.

Si les lits géologiques n'avaient subi aucun changement de position depuis leur formation, rien de plus simple que de trouver leur âge relatif. Il suffirait do déterminer leur ordre de superposition, et le plus ancien serait toujours celui qui occuperait un étage inférieur dans la série. Mais cette condition ne se rencontre, pour ainsi dire, jamais. De plus, si l'on veut déterminer quelles sont les couches qui se correspondent en différents pays, on se trouve en présence d'autres difficultés bien plus graves encore. En premier lieu, chacun des lits géologiques ne recouvre pas tout le globe. Une couche en particulier pourra, par exemple, s'être formée au Canada et ne pas s'être formée aux Etats-Unis. Ajoutons que, grâce aux oscillations des continents, une certaine portion de leur

surface s'est trouvée plongée sous les eaux et recouverte d'une série de dépôts reposant directement sur d'autres lits beaucoup plus anciens, sans que, plus tard, on rencontre entre ces doux formations, les lits intermédiaires qui se trouvent ailleurs. En Canada, pour ne citer qu'un exemple, les argiles quaternaires, reposent sur les roches siluriennes et laurentiennes, sans qu'il y ait aucune trace des terrains intermédiaires.

Ajoutons encore que le même lit n'a pas toujours la même composition, la même apparence, si on l'examine en deux endroits éloignés l'un de l'autre. Quelquefois cette différence date de l'origine même du lit, quelquefois elle est le résultat d'un métamorphisme plus ou moins prononcé. Et puis, les lits ne sont nulle part horizontaux, ils ont été plies, cassés de diverses manières, et ces déplacements des couches,

joints à l'érosion, ont souvent eu pour effet de disposer quelques-unes d'entro elles dans un ordre qui est bien différent du véritable ordre Fig. 07. chronologique. Une

même couche sera ai nsi répétée par suite de failles multiples, fig. 97, ou do plissements serrés dont les sommets ont été enlevés par l'érosion, fig. 91. Ailleurs un terrain plus ancien sera apparemment superposé à un terrain plus récent, v. <j., fig. 98, la superposition du Groupe de Québec Q, aux argilites de la Rivière Kudson H, sur les grèves de St-Pierre, I. O.

Enfin le sol arable, qui recouvre de grandes surfaces des couches rocheuses, rend très difficile, pour ne pas dire impossible, l'étude de leur position relative.

Voici toutefois les moyens que l'on emploie pour déterminer l'ordre chronologique des terrains, moyens qui éludent plus ou moins complètement ces difficultés.

1° En suivant une coupe de rivière ou de chemin de fer, il est quelquefois possible de déterminer directement l'ordre de superposition d'un bon nombre de lits géologiques.

2° On remarque aussi le caractère lithologique des terrains. Mais c'est 11 un moyen fort précaire, et qui ne peut avoir quelque valeur que dans deux localités très rapprochées. En effet un même lit peut, dans deux endroits éloignés, avoir une composition complètement différente.

3° Le mo}ren, pour ainsi dire, classique est l'étude des fossiles. 11 est le seul qui soit décisif.

Fossiles, loi relative à leur distribution dans les différents terrains. — On appelle fossiles des restes d'animaux ou de plantes qu'on trouve dans le sein de la terre. Ce sont des reliques qui nous font connaître les espèces animales ou végétales qui existaient lorsque les lits où on les trouve se formaient. Evidemment, parmi tous les êtres de la création, ce sont les

êtres marins dont les restes ont été plus parfaitement conservés, parce qu'après la mort, ils sont demeurés ensevelis sous les eaux et préservés de l'action des agents atmosphériques. Chez les animaux terrestres, les os seuls ont échappé à la destruction.

Ces fossiles nous donnent un excellent moyen de déterminer l'âge d'un terrain, parce qu'il est constant que, pour une même époque, les genres, souvent même les espèces, sont semblables. Ils sont différents pour des époques différentes.

Les fossiles des diverses époques sont maintenant assez bien connus. C'est grâce à eux qu'on a prouvé l'existence des terrains crétacés dans la partie est de l'Amérique du Nord. De même on a reconnu en Angleterre, en Ecosse, dans les Indes, même en Australie, des terrains contemporains de nos terrains canadiens. Cependant cette méthode a encore ses chances d'erreur. Il est possible, par exemple, qu'un continent ait reçu ses espèces animales d'un autre continent, longtemps après leur apparition sur ce dernier. Les exterminations ont pu être beaucoup plus complètes en un endroit qu'en un autre, et par conséquent, quelques espèces animales ont pu exister plus longtemps dans certains endroits. Cependant, étudiés avec soin et jugement, les fossiles constituent, dans leur ensemble, le meilleur mode do détermination qui soit à noire disposition.

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