‹ Elements de minéralogie et de géologie [microforme]Chapitre 71 sur 100 · ARTICLE Î · texte numérisé non relu

ARTICLE Î

Action chimique de l'eau.

L'action chimique de l'eau consiste surtout à dissoudre certaines roches, ». g., les calcaires, pour aller les déposer ailleurs. L'eau ne peut dissoudre le calcaire qu’à la condition d’être chargée d'acide carbonique ; au contact de cette ouu et des lits calcaires, il se forme un bicarbonate de chaux soluble, Cet acide carbonique, l’euu le trouve dans l'atmosphère

Fig. 101.

elle-méme et surtout dans l'humus du 801, L’action dissolvante de l’eau se fait sentir avec une assez

mique et tion peut et dans suivent, u à l'état à la pre.

écanique

ut à dises, pour soudre le cide caralcaires;, le, Cet n08phère

L’'acne AS8S0Z

RÉ ——… mener

grande énergie, Quelques géologucs ont cru pouvoir lui attribuer la formation des CaAVornes, si grandes, si belles, qui se voient dans différents Pays, fig, 101. En effet ces Cavernes se trouvent généralement dans dos terrains calcaires,

Les courants SOuterrains produisent aussi des effots d’érosion, creusent des vides qui peuvent quelquefois Provoquer des effondrements oa le glissement des Couches les unes sur los autres. Los exemples de ces Phénomènes ne manquent pas,

L’action chimique de l’enu Chaude est beaucoup plus marquée, L'eau surchauftée dissout une foule de substances qu'elle ne dissout PAS aux températures ordinaires, la silice, par Cxemple, En Outre, elle peut se décomposer, Céder ses éléments aux Corps avec lesquels elle vient en Contact, et agir ainsi comme substance minéralisatrice. La porosité plus où moins grande des roches, jointe à la Pression, permet à l’eau des océans d'attaindre une grande profondeur, et Par conséquent, il eat tout probable que cette eau est souvent surchauffée. Nous verrons Plus tard, à propos des volcans et du métamorphisme, quelques effets do

ARTICLE Il.

Aclicn mécanique de l'eaue

Eros1on.— De la surface de l'océan et du sol s'élève constamment de la vapeur d’eau qui va se condenser dans les hautes régions atmosphériques. Cette eau retombe en gouttelettes de pluie; la réunion de ces gouttes forment d'abord de petits ruisseaux qui se réunissent pour former les rivières et finalement les fleuves. Le volume d’eau rejeté dans la mer‘par un fleuve n’est en général que le quart de celle qui tombe sous forme de pluie ou de neige sur la surface du bassin drainé par le fleuve. Le resto, ou bien est évaporé immédiatement là où il tombe, ou bien sert à la nutrition des plantes. Une très petite portion dis-

pa

parait encore er se combinant avec les roches. I

L'erosion ou dénudation se produit partout ou l'eau cre

est en mouvement. La goutte:de qui

pluie laisse sa trace sur le sable qui cet

la reçoit, fig. 102, le ruisselet y trace de .

un petit sillon, le ruisseau creuse mu

un peu plus avant; le torrent, qui de :

roule sur les pentes abruptes, uso rivie

les roches, brise les arbres qu'il ren- que

contre et entraine leurs débris avec l'éro

ne : lui; enfin les rivières, surtout à l’e- mers

| ig. 102. poque des inondations, attaquent À “elle | leurs berges et élargissent peu à de la peu es vallées dans lesquelles elles coulent. Cela est more

sol s'élève condenser Cette eau on de ces IX qui se ement les er‘par un celle qui la surface t bien est ien sert à rtion dis- 8, L ou l’eau routte: de sable qui et y trace \u creuse rent, qui ptes, use qu'il renbris avec out à l’eittaquent it peu à Cela est

Frai surtout dos rivières qui coulent dans des plaines d’alluvions, La figure 103 nous montre Une rivière, augmentant Mensions de sos Le chenal est d’abord droit, Une différence de dureté q | | fait que l’euu Y creuse ige le courant ci se creuse et Peu à peu les méandres S en plus Marqués, jusentre eux 4e b s’unis-

»et la courbe Cse trouve enlevée du Courant. Tolle est l'origine de forme de Croissants /

Fig. 103.

s lagunes en Qui existent Je long de certaines Ces lagunes S observent très bien dans la Partie Supérieure du Cours de l'Etchemin, à Standon, Lorsqu'une rivière coule fur un 80! Pierreux, elle à creuse un lit plus étroit, mais tout aussi Capricieux ct qui atteint quelquefois une grande profondeur, De tette manière se forment les canons du Colorado ct de quelques autres territoires des Etats-Unis, Les

À pic, ont souvent plus Si, sur son Parcours, la

cède plus difficilement que les autres à

l'érosion, il se for.

Mera là une chute, Telle est la cause de la chute Mont.

morency, fig. 104 C, du Sault.à.Ja-

Fig. 104.

Puce, de la chute Ste-Anne, toutes produites par le contact immédiat des lits mous et friables de la Rivière Hudson H avec les lits granitiques du laurentien. De même à la chute Niagara, le lit supérieur, qui est calcaire, est plus dur que le lit inférieur et disparaît moins vite sous l’action érosive do l'eau.

Un autre effet de cette action érosive est de changer la forme des montagnes et surtout de diminuer leur hauteur. On remarque en effet que plus les montagnes sont anciennes, plus elles sont basses, plus elles sont arrondies, polies pour ainsi dire, par l’action des eaux atmosphériques.

Dans les montagnes dont l'existence remonte aux premières époques géologiques, on ne voit jamais ces pics abrupts qui s’élancent d’un seul jet à plusieurs milliers de ‘ieds de hauteur. La ligne des sommets est plus douce, moins brisée. Telle est l’apparenco générale des Laurentides, les aïnées de toutes los montagnes du globe. Dans les chaînes plus récentes, comme les Montagnes Rocheuses, les Andes, les Alpes, les Pyrénées, les contours sont beaucoup plus irréguliers, les sommets plus aigus. Ce ne sont plus des dômes, des ballons, mais bien de véritables aiguilles, sur les flancs desquelles les neiges et les glaciers cxerceront lenr action érosive jusqu'à ce qu'ils les aient sculptées et arrondies comme les montagnes les plus anciennes.

EFFET DES PLISSEMENTS ET DE LA DURETÉ RELATIVE DES LITS SUR LES PHÉNOMÈNES DL'ÉROSION.—I1 est évi-

dent que la disposition des lits géologiques, leur dureté

plus où moins grande doit avoir une influence sur les effets d'érosion par l’eau. Un lit mou, profondément

par | | d’ane

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lus vite qu'un S figures 105, 106, 10

7, eMmpruntécs

Fig. 105.

Fig. 106, Fig. 107,

à Lesley, font voir

les effets de ces deu les phénomènes d’é

rosion, Les lits sans rs que les autres,

ales résistent mieux st dû à la dt

X Causes sur hachure sont On remar= que les an.

eté plus grande qu'elles à laquelle elles crse pour les anti. viennent »]us friables

ticlinales. Cela e ACquièrent par 4 se trouvent sou Clinales ; elles se

uite de la Compression mises, C'est l’iny fendillent, de

Fig. 108,

ü plissement, C'est ce que us évidente ence

Montre ore là figure 198.

anière pl

TRANSPORT PAR LES EAUX.—-Les substances miné. rales enlevées par érosion sont transportées par les caux. Les unes sont distribuées dans les plainos d’al. luvion que sillonnent les rivières, d’autres se rendent jusqu'à la mer, La force de transport d'un courant augmente très vite. Un courant de trois pouces par seconde peut transporter de l'argile, un courant de & pouces, du sable fin, un courant de 8 pouces, du gros sable, un courant de 12 pouces, des pierres de la grosseur d'un œuf de poule. Le pouvoir de transport augmente donc beaucoup plus rapidement que la v:tesse; un courant double d'un autre a une force 64 fois plus grande. Suivant donc que, dans une rivière, lo courant varie d'intensité, le fond se couvre de gravier, de sable ou d'argile.

Durant ce transport les p:erres qui voyagent, en frottant les unes sur les autres ou sur le fond, s’usent, s'arrondissent. Elles tournoient avec les :emous du courant et creusent dans le roc des trous arrondis, très réguliers, qu'on-désigne-sous le nom de marmitcs des géants.

La quantité de matériaux transportés varie d'un fleuve à l'autre. Annuellement le Mississippi transporte assez de substances terreusos pour faire un solide d’un mille carré de surface et de 211 pieds de hauteur.

ALLUVIONS.—Une partie de cos matériaux se déposent dans les plaines, le long des rivières, et forment ce qu'on appelle des alluvions. Celles-ci sont composées de sables et d'argiles, stratifiés; elles sont souvent riches en débris organiques.

DerrTas.—Les deltas sont de vastes surfaces d’allu: vions placées à l'embouchure des fleuves, qui char-

ces miné.

3 par Îles ainos d’al.

à rendent n Courant ouccs par rant de & , du gros e la grostransport que la v:force 64 le rivière, re de gra-

igent, en l, s'usent, emous du arrondis, marmitcs

rie d’un pi transun solide hauteur.

80 dépoforment { composont sou-

es d’allu:

qui Char-

rient beaucoup de matières solides.

la mer à travers cette plaine, en foule de branches.

La forme des del.

tas est générale.

ment celle d'un triangle dont Je sommet est dirigé du côté de la terre, C’est de cette forme qu'est venu le nom de delta, par usion à la forme de la quatrième lettre de }' du Nil, fig, 109, est un exe sique de cette forme triangulaire, La surface des deltas varie,

milles de longueur et 200 milles de largeur: celui du Gange a 229 milles de long et 200 milles de | celui du Mississipi a une Surface de 13,200 mille rés. Dans ce der-

nier, fig, 119, on voit très bien comment chacune des branches du fleuve S'AVAnCe sans cesse dans la mer en $e créant à mesure da nouveaux

Le fleuve gagne se partageant en une

Fig 109,

alphabet grec. Le delta

mple, pour ainsi dire, clas-

Celui du Nil a 100

argo :

8 Car-

rivages, par letransport cons.

Fig. 110, tant des alluvions.

des DE

Les deltas, en effet, ne sont que l'accumulation à l’emboucaure des fleuves, des détritus de toute espèce, que le courant charroyait et qui tombent sur le fond de la mer, là où le courant fluvial cesse d'exister,

BarREs.—Si les rivières ou les fleuves se déchargent dans une mer où il y a marée, assez souvent le courant de marée empêche les deltas de se former. Ces rivières se terminent par des embouchures très larges, appelées estuaires, dans lesquelles la marée monte à une grande hauteur et cause un courant très puissant. Dans la baie de Fundy, Je flot de marée atteint une hauteur de 50 picds. Ces courants cessent là où le flot rencontre les eaux profondes de l'océan, et c'est là que se déposent les matières charriées par los rivières. Elles y forment des espèces de levées en forme de croissant, qu'on appelle barres, fig: 111.

Fig. 111.

Ces barres existent à l'embouchure de plusieurs rivières de la Gaspésie. On leur donne là 1c nom de barachois (barre-à-choir).

à l'emice, que nd de la

décharuvent le former.

res très \ marée ant très e marée cessent l'océan, riées par le levées

rivièe bara-

SAU DE L'OCÉAN.—L'action mécanique des vagues est très puissante, On peut l'assimiler à celle d’une chute qui aurait même hauteur que les vagues. Aussi, sous leur choc répété, les rochers sont-ils brisés, réduits en poussière, surtout là où la mer est très agitée. On a remarqué que le niveau de la plus grande érosion est sensiblement mitoyen entre celui de la haute et celui de la basse mer. L'effet de cette érosion sur les cotes est de les régulariser, Peu à peu les caps tendent à disparaître ot les rivages ne sont plus qu'une suite de baïics arrondies et peu profondes. Voilà ce qui explique, jusqu’à un certain point, pourquoi la forme des rivages est si différente dans les pays méridionaux et dans les pays soptentrionaux. Dans ces derniers, la glace qui les a recouverts pendant longtemps, durant les dernières périodes géologiques, tout en creusant des baies très profondes et irrégulières (fjords), a empèché l'action des vagues de s'exercer sur les rivages. Au sud, au contraire, l'absence du glacier continental a permis aux vagues de modifier plus complètement la forme des côtes. Cette différence est très marquée lorsqu'on compare les côtes de Terreneuve ou du Labrador avec celle de Cuba ou de la Colombie.

Les débris ainsi formés par l'action des vagues sont transportés ensuite par les courants, soit sur les rivages, soit au fond de l'océan, où ils peuvent à la lonyrue former des lits d’une grande épaisseur.

Courants océaniques.—La disposition générale et la airection de ces courants sont profondément modifiées par la situation relative des continents. Cependant

le système de circu.ation est

le mème dans les mers des

deux hémisphères. La figure

112 représente théoriquement

la circulation dans chaque hé-

misphère ; E O est l'équateur,

E l'est et O l’ouest, Deux el-

lipses immenses sont décrites

par les courants équatoriaux

et leurs dérivés. A l'équateur

ces courants vont de l’est à

l’ouest, ils vont de l’ouest à

l'est dans les latitudes plus éle-

Fig. 112. vées. : Une partie du courant

équatorial est encore dérivée

vers les pôles et constitue un véritable extra-courant,.

Elle en revient avec les eaux des mers polaires sous

forme d’un courant froid qui longe de préférence lea

côtes orientales des continents, Ce système général

de circulation océanique se déplace dans son ensern-

ble, de quelques degrés, vers le sud ou vers le nord,

avec le changement des saisons. Lorsqu'un courant

froid rencontre un courant chaud, il continue sa mar-

che mais en gagnant les profondeurs de l'océan, le courant chaud, étant plus léger, reste à la surface.

La carte des courants de l'Atlantique, fig. 113, servira d'application aux lois générales qui viennent d’être énoncées, E est le courant équatorial. Il se partage sur les côtes du Brésil en deux parties. L'une se dirige vers le sud en longeant les côtes de l’Amérique du Sud, L'autre, la plus importante pour nous, entre dans le Golfe du Mexique, en suit les contours,

ition est ners des La figure quemer © aque héfquateur, Deux el- , décrites natoriaux ’équateur le l’est à l'ouest à s plus éleu courant e dérivée a-courant.

aires &OUS rence lea e généra:

ph ense7ns le nord, \ courant e sa marocéan, le rface.

113, serviennent 1. JIlse 3, {une ( l’Arméur NOUS, ontours,

el viont en sortir par l'ouverture ménagée entre los iles Bahamas et la Floride, A partir de ce moment "è courant est connu sous le nom de Courant du Golfe, Gulf stream. Après avoir traversé l'océan obliquement, il se partage en deux sur les côtes de l’Europe :

Fig. 115.

une partie se dirige vers le sud pour se joindre au courant E et compléter l’ellipse équatoriale ; le resto ionge les côtes d'Irlande et d'Ecosse et pénètre dans los mers polaires pour en revenir sous forme de cou-

ne . es LA . D rants polaires P, P',. Un de ces derniers, P, côtoie le Groënland, puis le Labrador, pénètre en partie dans

ES RTE

se DIRES. |:

ae A EE

re

le Golfe St-Laurent et rencontre le Courant du Golfe à la hauteur des bancs de Terreneuve,

Ces courants, auxquels nous supposons sur la carte des limites bien définies, ne sont pas en réalité aussi faciles À déterminer. A part le Courant du Golfe dont les rivages liquides sont parfaitement reconnaissables, grâce à une différence murquée dans la couleur et la température de l’eau, les autres, et surtout les courants polaires, ont des limites très vagues.

Le centre S de l’ellipse équatoriale est occupé par la Mer des sargasses, qui doit son nom À la quantité énorme de plantes marines qui végètent en paix à la surface de ses eaux tranquilles.

On reconnait dans l’Atlantique-sud une circulation analogue à celle de l’Atlantique-nord. Cependant le peu d’observations qui ont été faites dans ces parages ne permet pas de déterminer, avec autant d’exactitude, la direction des courants,

Dans ie Pacifique, le Xuro-Süro, qui part du Japon povx aller frapper les côtes occidentales de l'Amérique du Nord, est tout à fait analogue au Courant du Crolfe.

ARTICLE III, Action de la glace.

GELÉE.—On sait que l’eau augmente de volume au moment où elle gèle, (Cette dilatation se fait avec une force extraordinaire. On conçoit donc que l’eau qui pénètre dans les fentes des roches, l'automne, soit, en gelant, une cause très puissante de désagrégation. Assez souvent cette force brisante de l’eau détache du flanc des montagnes des quartiers de rocher très considérables, Ces pierres ne tombent qu'au printemps,

du Golfe

* ]a carte lité ausai olfe dont issables, leur et la

les cou-

cupé par quantité paix à la

ireulation endant le s parages xactitude,

u Japon Amérique du Golfe.

olume au fait avec que l’eau nue, soit, régation.

tache du très conintemps,

alors que le dégel fuit fondre la lame de glace qui les soudait aux autres roches de la montagne, Les talus que l’on voit au bas des falaises n’ont pas d'autre origine.

Certaines pierres poreuses sont pénétrées par l'eau. L'action brisante do la gelée les pulvérise littéralement, et lorsqu'un courant d’eau passe sur elles, elles tombent en poudre et disparaissent avec lui. Le mème effet de la gelée se fait encore sontir sur les terres un peu dures, qui, d’elles-mêmes, seraient capables de résister à l’action érosive des pluies, La gelée les broie et elles sont ensuite transportées par les eaux superficielles, dans les rivières et finalement dans l'océan.

GrActERs.—Les glaciers sont de véritables fleuves de glace qui coulent sur le flanc des montagnes à neige éternelle. Sur les sommets de ces montagnes la neige s'accumule sans cesse et comme elle ne peut fondre à cette hauteur, la masse de neige augmenterait indéfiniment, s’il n'y avait pas une cause tendant à lui faire atteindre un niveau inférieur où elle peut entrer en fusion. Cette cause existe: c’est le poids de la gluce joint à sa plasticité; c'est elle qui donne naissance aux glaciers, à l’aide desquels la neige des sommets glisse et vient fondre dans les régions inférieures.

Origine et cause des glaciers.—Nous venons d'indiquer cette origine, La neige des sommets les plus élevés, entassée souvent sur une épaisseur de plusieurs centaines de pieds, se change à sa partie inférieure en une neige compacte, plastique, appelée névée, Cette névée est le commencement du glacier. C'est elle qui par une série de fusions et de regélations successives,

se changera en glace compacte et transparente. Quant à la cause qui produit cotte névée, c'est à peu près uniquement le poids des couches supérieures de neige. La marche des glaciers tend donc à dépouiller les sommets de leur enveloppe neigeuse, mais les nuages apportent constamment de nouvelles quantités de neige qui alimentent indéfiniment le glacier. Aussi, dans les contrées où il y a peu d'humidité, les glaciers sont très peu développés. Dans les Montagnes Rocheuses, il ne manque pas de pics élevés qui n'ont pas de glaciers, uniquement parceque l’air qui les entoure est trop sec.

Marche.—Le courant du fleuve de glace peut s'assimiler complètement aux courants des fleuves ou des rivières ordinaires, sauf au point de vue de la rapidité ; il est beaucoup plus lent. La vitesse d'écoulement varie d'un glacier à l’autre, elle varie aussi avec la pente du lit du glacier et avec les diverses saisons de l'année ; c'est durant l'été qu'elle est la plus considérable.. Elle ne dépasse pas en moyenne de 10 à 18 pouces par jour, c'est-à-dire, un mille en 18 ou 20 ans.

Comme dans les rivières, la vitesse est plus grande

au centre que sur les rivages, à la surface qu'au fond. C’est ce que MM. Agassiz, Forbes et Tyndall ont constaté directement par l'expérience. Si le glacier suit des méandres, la ligne de plus rapide déplacement est, comme dans les cours d’eau, plus sinueuse que le lit du glacier lui-même, fig. 114,

Fig. 114. Crevasses.—La vitesse plus grande des

parties centrales canse une traction sur

», Quant peu près de neige.

iller les 8 nuages itités de , Aussi, s glaciers gnes Ron'ont pas s entoure

eut s'assies ou des le la rapi- , d'écouleussi avec 8 SAÏisODS lus consie 10 à 18 u 20 ans. is grande à la sur- M. Agasistaté dile glacier plus rapilans les le lit du

ande des tion sur

la glace des rivages, retardée dans sa marche par le frottement sur les rochers, et cette traction peut être suflisante pour fendre la glace des bords, Ces fontes ou crevasses se font toujours perpendiculairement à la force qui les produit, et par conséquent, obliquement par rapport aux rivages du glacier, tig. 115. Ces crevasses, une fois produites, se redressent peu à pou, eu mème temps que d'autres se forment, et après un certain temps, la surface du fleuve solide est sitlonnée en tous sens d'un véritable réseau de crevasses ui rendent très difficile la marche sur un glacier. Les crevasses ‘Fig, 115. dont nous venons de parler sont dites

latérales. Si sur le fond du glacier il y a une irrégularité assez notable, qui affecte toute la masse de lu glace, cette protubérance causera elle aussi des crevasses qui seront parallèles à son arète principale. Telle est l'origine des crevasses longitudinales et transversales, Enfin à l'extrémité inférieure du fleuve solide, le poids de la glace qui arrive sans cesse comprime les masses les plus basses, les écrasent, pour ainsi dire, et alors se forment ces crevasses ferminales qui sillonnent en rayonnant toute la partie extrème du glacier.

Les glaciers ne s'arrétent pas à la limite des neiges éternelles. Ils descendent souvent de 3000 à 4000 pieds plus bas. La Wer de giace se rend tout près du village de Chaumonix, et elle a sa source dans les gorges du Mont Blanc, Sous la glace coule toujours un torrent qui apparait à l'extrémité inférieure du glacier, Ilest l'effet en grande partie, de la fusion

| LE JF | ju ne

de la glace. Les eaux en sont rarement limpides. Elles sont le plus souvent blanchâtres, grâce aux substances terreuses qu’elles transportent, substances qui proviennent des roches charriées et broyées par le glacier.

Ærosion et transport par les glaciers —Ces masses de glace ont sur les roches sur lesquelles elles passent une action érosive très puissante. Elles les usent,

adoucissent et polissent leur surface; et si elles ron-

ermont elles-mêmes des fragments de rocher qu'elles entraînent avec elles, les roches du fond sont non seulement polies, mais couvertes de rainures ou de strices, ces rainures indiquant le sens de la marche du glacier. Souvent les lits rocheux, sur lesquels le flot de glace a coulé, sont arrondis en une suite de dômes qui, vus de loin, rappellent, jusqu’à un certain point, des dos de moutons, et qu'on nomme pour cela roches moutonnées. On trouve ces rainures et ces roches moutonnées là où il n’y a plus l'ombre de glacier. Il y a dans le canton de Ware, le plus bel échantillon de roches moutonnées qu'on puisse voir. La hauteur de ces roches est d'à peu près 1500 pieds au-dessus du fleuve. La direction des rainurc3 est nord et sud. Les roches striées sont des argilites rouges et noires appartenant au silurien supérieur. Ce fait prouve l'existence de glaciers dans cette partie du pays à une époque plus ou moins reculée. La force erosive des glaciers est énorme, et c’est là sans contredit, dans ies continents septentrionaux, une des causes qui a contribué autrefois le plus efficacement à modifier les reliefs terrestres. Les glaciers ont quelquefois des dimensions colossales. Au Spitzberg,

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Lasses de y passent xs usent, les ren- * qu'elles sont non xs ou de marche squels le suite de n certain Dour cela et CCS r'Oe de glaplus bel se voir.

00 pieds ur<3 est argilites eur. Ce artie du a force ans conine des cement rs ont itzberg

un des glaciers côtiers a 11 milles de large sur une épaisseur de 100 à 400 pieds en dehors ae l’eau; le volume qui plonge dans l'eau est beaucoup plus considérable.

Moraines.—Les matériaux, arrachés par les glaciers à leurs rivages, s'accumulent sur les bords du courant et se disposent en un cordon plus ou moins volumineux, composé de roches, de terre, etc. C'est ce qu’on appelle une moraine latérale.

Dans le cas du confluent de deux ou de plusieurs glaciers, les moraines latérales qui viennent en contact s'unissent ensemble et forment une moraine médiane, fig. 116. Enfin tous ces débris, minéraux ou organiques, sont entassés pêle-méle à l'extrémité du courant et le recouvrent en partie:

c'est la moraine frontale. Quelques- Fig. 116 unes des masses transportées par les glaciers ont un volume énorme. Gn cite de ces pierres ont le volume équivaut à celui d’un édifice de 100 pieds de long, 50 de large et 40 de haut. On peut voir très souvent des moraines là où maintenant il n'y a plus de glacier, cependant les moraines bien caractérisées sont rares dans la Province de Québec.

Tout le sol arable que nous cultivons est très probablement le résultat de la trituration des roches par les glaces et les glaciers de la période géologique dite période glaciaire, alors qu’une immense couche de glace couvrait tout le Canada, La plupart des cailloux perdus des champs viennent des Laurentides et ont été transportés çà et là par les glaces,

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Banquises.—Quand un glacier atteint le rivage de l'océan sans se fondre, il se sépare au contact de l'eau en immenses blocs, qui flottent et se dispersent en diverses directions, ce sont les banquises. La figure 117 montre comment le courant glaciaire, arrivé à l'océan, se casse en fragments plus ou moins volumineux,sous l'action de la poussée Fig. 117. de l’ecu. Les banquises transportent avec elles des millions de pieds cubes de substances torreuses, restes des moraines qui recouvraient les glaciers. (Ces montagnes de glaces sont poussées par les courarts océaniques et elles atteignent bientôt des latitudes inférieures. Là, elles fondent, laissant tomber sur le fond de l'océan les roches qu'elles transportaient. Le Grand Banc de Terreneuve est placé À peu près au confluent du Courant du Golfe et du courant froid polaire, qui longe les côtes du Labrador et transporte beaucoup de banquises, Ces dernières, rencontrant à la hauteur du Grand Banc, le Courant chaud du Golfe, se fondent, et on croit que c'est à cette cause qu'est précisément due l'existence d’un bas-fond, d’un banc, à cet endroit, ésumé.—D'après ce que nous venons de voir, nous pouvons, relativement aux terrains de sédiment, dire qu'ils sont formés des débris de roches préexistantes, sauf le calcaire, Ajoutons même que, si ce dernier a été en grande partie le résultat de l’accumulation de débris organiques, ces êtres vivants ont trouvé le cal-

pt

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