ET CASTELLE
PARTIE IV. — CHAPITRE VIl. 139 roi d'Angleterre. Sur la première face sont les armes de Castille; la légende est en lettres capitales, mélées de quelques onciales :+ s. ALFONSI 12LYSTRIS REGIS CASTELLE Er LEGIONIS ; les mots sont séparés par trois points disposés verticalement. La même inscription se retrouve sur le revers, dont le champ est occupé par un lion. Cette bulle, d’après la gravure, devait avoir un pouce trois quarts de diamètre. Dans le centre de la grande roue marquée au bas du diplôme, on voit une croix cantonnée, au 1° et au 4°, des armes de Castille; au 2°et au 3°, des armes de Léon. Cette croix est entourée de deux cercles concentriques ; on lit sur la zone du cercle intérieur : SIGNUM DOMINI RE- GIS ALFONsI; et dans le cercle extérieur : ALFEREZIA | DOMINI REGIS UACAT. IOHANNES GARSIE MAIORDOMUS GURIE DOMINI REGIS CONFIRMAT. Les caractères de ces légendes sont d’une grande dimension, et la roue dans son ensemble a près de six pouces et demi de diamètre. Alfonse X a scellé en cire avec deux types tout à fait différents. On trouve au bas d’une charte de 1269 (J.599) une empreinte mutilée qui représente d’un côté le roi à cheval, et de l'autre les armes de Castille et de Léon. Les empreintes suspendues à deux actes, l’un de 1259, l'autre de 1270, le représentent de chaque côté assis sur son trône. La légende de la première face lui donne le titre de roi des Romains ; sur le revers, il s'intitulait sans doute roi de Castille, de Tolède, de Léon, de Galice, etc. Une empreinte assez bien conservée du sceau de Sanche IV, son successeur, a plus de quatre pouces et demi de diamètre (J. 915, olim 856, an 1294). Le roi, assis sur son trône, tient de la main droite un sceptre terminé par une aigle, et de la main gauche, un globe surmonté d'une croix. À sa droite on voit un château ; à sa gauche, un lion : +:s. SanGr DEy GRAGIA RE- G1s CASTELLE (Toleti) Lecrons GazLecre — + Siricie CoRDURE (Murcie) GInex- Nix ET ALGARBIT. Sur ce dernier côté, il est représenté à cheval, portant une épée et un bouclier écartelé, comme le caparaçon du cheval, aux armes de Castille et de Léon. Une bulle de plomb, de deux pouces de diamètre, suspendue à un acte de 1352 {J. 603), représente aussi d'un côté D. Pédre à cheval; de Tautre, les armes de Castille et de Léon : + Pernvs Der GRAGIA REX REINAT ERA MILLE CCGLXXXVII ?. — + Pernvs Der GRAGIA REX CASTELLE ET LEGIONIS ET CETERA. Nous n'avons pas rencontré de sceau équestre de Henri Il; plusieurs de ses actes portent une empreinte en cire, sans contre-sceau, dont le champ est écartelé aux armes de Castille et de Léon :+ s. Henricr Der GrAGrA CasrELLE AG LEGionis REGIS. Cette empreinte en cire rouge, de deux pouces trois quarts
! Le mot alferezia désigne, selon D. Carpen- ? L'an 1388 de l'ère d'Espagne répond à tier (Supplément de du Cange), la charge de porte- lan 1350 de notreère, date de l'avénement de étendard. D. Pèdre.
de diamètre, est plaquée au fond d’un moule en cire jaune d'une épaisseur considérable. Jean I‘, son fils, prenait le titre de roi de Portugal; le champ d'une empreinte en cire qui a un peu plus de trois pouces de diamètre est parti (au 1°, écartelé aux armes de Castille et de Léon; au 2°, aux armes de Portugal) : + siércrum lonanis DEL GRACIA REGIS Casrezce & (et) LeGionis Er Porrucazie. Au revers, on voit un contre-sceau de deux pouces de diamètre, dont l'empreinte est tout à fait indistincte (J. 603). Une bulle de plomb qui a un peu plus de deux pouces de diamètre (J. 15, an 1394) représente, d'un côté, Henri IT à cheval, et de l'autre, les armes de Castille et de Léon; les deux faces de cette bulle portent la même inscription : T s. Exrict Der Gracra Reis CasreLLe Er Lecronis. Nous avons trouvé un sceau de cire du même roi, d'un pouce trois quarts de diamètre, portant un écusson écartelé aux armes de Castille et de Léon :+ s. Enricr Der Gracra REGIS Casreze Lecronis (J. 604). Jean Il a scellé en plomb et en cire, avec des types semblables à ceux de,son père. On retrouve les armes de Castille et de Léon au revers d’une bulle de plomb de Henri IV (J. 917, an 1455); mais, sur le premier côté, ce prince est représenté en buste et de profil ; les deux faces portent la même légende : + Enricvs III Der Gracra Rex Casreze € Lecrionis. Le P. André Merino a reproduit une bulle de plomb suspendue à un diplôme donné en 1484 par Ferdinand et Isabelle; cette bulle, de deux pouces de diamètre, représentait, d'un côté, Ferdinand à cheval ; de l'autre, Isabelle assise sur son trône : + FEr- DINANDVS DEI GRAGIA REX CASTELE LEGIONIS ARAGONv. ET SEC. { Secilie) — + HeursaBer Det GRA. REGINA CasreLe Legronis Araconv. Er Sir. Cette légende est en majuscule gothique. On voit, au contraire, l'écriture capitale de la renaissance sur une empreinte en cire suspendue à un acte de 1498 (J. 606); le champ est occupé par un écu timbré d'une couronne, supporté par deux lions, et écartelé, savoir : au 1° et au 4°, contre-écartelé aux armes de Castille et de Léon; au 2° et au 3° parti, à dextre aux armes d'Aragon, à sénestre aux armes de Sicile {qui sont: écartelé en sautoir, les quartiers du chef et de la pointe portant quatre pals ; et ceux des flancs, une aigle couronnée). Cette empreinte porte pour légende: s. Ferpinanr. z. EutzaBer Der GRA. REGIS Z. REGINE Hispa- NIARVM Z. SICILIE Z. C. (et cetera). « Depuis l'an 1504, que la couronne d'Espagne «tomba dans la maison d'Autriche, disent les Bénédictins, les sceaux des em- . «pereurs d'Allemagne et des monarques Espagnols sont presque les mêmes «jusqu'à la fin du xvrr' siècle. »
Jacques I*, roi d'Aragon, comte de Barcelone et seigneur de Montpellier, a scellé en cire et en plomb. Une empreinte de cire, de trois pouces un quart de diamètre, suspendue à un acte de 1226 [J. 428), le représente assis sur
PARLE. CHAPITRE VIT: ll un trône à dossier, tenant de la main gauche un globe, et de la main droite une épée posée sur ses genoux. Le contre-sceau est de même dimension; le roi monté sur un cheval au galop, armé d’une lance à banderole et coïflé d'un casque terminé par une couronne, porte suspendu à son cou un. bouclier qui est aux armes d'Aragon, ainsi que le caparaçon du cheval; un astre est au-dessus de la tête du cheval : s. Iacorr Dr. Ga. REG. ARAG. comiT. BarcH. — Ts. DomINt MonrisPesvzant. On retrouve à peu près les mêmes détails sur une bulle de dix-huit à dix-neuf lignes de diamètre, suspendue à un acte de 1258 (J. 587); mais il ajoute à ses titres dans la légende ceux de roi de Majorque et de Valence, et de comte d'Urgel: F s. IA. REG. Ana. 7. Maroricanv 7. VALNGIE. —+ comrris Barcu. 7. VrGézur. 7. pomi. Momispu. Tous ces titres se retrouvent sur un sceau de cire du même prince, suspendu à un acte de 1262 (J. 587); cette empreinte a un pouce trois quarts de diamètre; les abréviations de la légende sont moins nombreuses que sur la bulle de plomb qui vient d'être décrite. Jacques II a employé un sceau équestre sans contre-sceau ; une empreinte de ce type est suspendue à un acte de 1298 (J. 164); elle a deux pouces trois quarts de diamètre : s. lacor Der GRa. REGIS AraGon. Maro- RG, Vazxc. Er Mvrc. AG comrris Barcux. Un acte de 1299 (J. 164) est scellé d'une empreinte aujourd'hui mutilée, mais dont le diamètre devait être beaucoup plus grand que celui du sceau précédent. Jacques IT y est représenté d’un côté assis sur son trône, et de l’autre, monté sur un cheval au galop. La légende du contre-sceau lui donne les titres de roi d'Aragon, de Valence, etc.; celle du premier côté consiste dans un verset de la Bible, que l'on retrouve sur un sceau de Pèdre IV : «Diligite justitiam, qui judicatis terram, et oculi « vestri videant equitatem.» Le sceau de Pèdre IV se distingue par les titres de roi de Sardaigne, de Corse, et de comte de Roussillon et de Cerdagne, qu'il ajoute, sur la légende du contre-sceau, à ceux qu'avait portés Jacques IT.
Les sceaux des rois de Majorque offrent de grands rapports avec quelquesuns de ceux qui ont été employés par les rois d'Aragon. Une empreinte qui a un peu moins de trois pouces de diamètre (J. 588, an 1298) représente Jacques I‘ assis et couronné, tenant de la main gauche un globe surmonté d'une croix, et de la main droite une épée posée sur ses genoux. La légende est ainsi conçue : s. IA. Der ra. REG. MaiontE comir. Rossi. ET CERITAN. ET nom. Monnisr. Les mots de cette légende sont séparés par trois points disposés verticalement. Le contre-sceau est sans inscription; le champ, dont le diamètre est de quatorze lignes, est occupé par un écu portant trois pals. Un acte de 1303 (J. 879) est scellé d'un sceau équestre sans contre-sceau; on ne retrouve plus dans la légende les titres de comte de Roussillon et de Cerdagne. et de
seigneur de Montpellier : Iacogvs Der GraGrA rex Maroricarvm. Jacques IT a employé un sceau de cire à peu près semblable à celui de son aïeul Jacques I*.I1 a en outre scellé en plomb; une bulle d'un pouce trois quarts de diamètre, suspendue à un acte de 1341 (J. 598), le représente d'un côté assis et couronné, tenant le sceptre et le globe; de l'autre, monté sur un cheval de bataille : Iaco- Bus Der GRA. REX MaïoRIGARUM — coMEs Rossiz. 7. CERITANTE 7. ps. Monrpuir. Thibaut [*, roi de Navarre, a employé un sceau équestre de trois pouces un quart de diamètre (J. 205, an 1252); les armes de Navarre, qui paraissent sur son bouclier, ne sont pas répétées sur le caparaçon du cheval; il ne reste que des fragments de la légende, qui devait être ainsi conçue : 5. Theobaldi Dei gra. regis Navarre Campanie et Brie comitis palatini. Dans le champ du contre-sceau, qui a un pouce trois quarts de diamètre, on voit deux empreintes de pierres antiques, séparées par un écu aux armes de Champagne: À PASSAvanr LA TErsavr. Avant qu'il montât sur le trône de Navarre, son contre-sceau portait pour légende: Passavant le mallor. Henri [* a employé aussi un sceau équestre de plus de trois pouces un quart de diamètre (J. 199, an 1271); les armes de Navarre sont répétées sur son bouclier et sur le caparaçon de son cheval; son casque est surmonté d’une couronne; le champ du contre-sceau, qui a près de deux pouces un quart de diamètre, est occupé par un écu parti aux armes de Navarre et de Champagne : + s. Herricr Dr. GrA. (reg.) NAUARRE CAPaANIE. ET BRIE COMITIS PALATINI. — Ÿ $. SECRETUM HERRICI Di. GRAGA. REGs. Navarre. Blanche, veuve de Henri [®, qui avait épousé en 1275 Edmond, second fils de Henri IT, roi d'Angleterre, se servait encore en 1299 (J. 193) d'un sceau qui lui donnait les titres de reine de Navarre et de comtesse palatine de Champagne et de Brie; ce sceau, en ogive, avait un contre-sceau de forme ronde, dont lechampétait occupé par quatre écussons appointés en croix; celui du chef est aux armes d'Angleterre, celui de la pointe aux armes de Navarre; l'écusson placé à dextre est aux armes de Champagne, et le dernier aux armes d'Artois !. Avant d’épouser Philippe le Bel, la reine Jeanne avait un sceau à peu près semblable à celui qui est reproduit sous le n° 5 de la planche E; mais l'écusson placé à sa droite était aux armes de Navarre, et l’autre aux armes de Champagne. Louis le Hutin, avant son avénement à la couronne de France, avait, comme roi de Navarre, un sceau de majesté avec un contresceau équestre; la face et le revers, qui sont de même grandeur, ont un peu moins de trois pouces de diamètre : Lypovicys REGIS FRANGIE PRIMOGENITVS Der GRA. REX NAVARRE — CAMPANIE BRIEQ. COMES PALATINYS (J. 163,an 1314). Charles le Mauvais est représenté assis sur un trône, dont chaque côté se termine par
1 Blanche était fille de Robert d'Artois, frère de saint Louis.