PARTIE IV. CHAPITRE VII
S. ALANI DECANT ABRINCEN. (J. 460, en 1256). Le sceau rond d'Odon Clément, doyen de Saint-Martin de Tours, représente S. Martin nimbé, monté sur un cheval, et partageant son manteau avec un pauvre : * s. Oponis CLEMTIS. DE- CANI Br. (beati) Manrint Tvron. (J. 176, an 1215). Albéric Cornu, doyen de la même église en 1233, avait un sceau en ogive avec un contre-sceau de même forme, mais de moindre dimension; sur le premier côté, on voit S. Martin nimbé, tenant le saint ciboire; dans le champ on lit: Marr.; au revers, le doyen est représenté debout: Ÿ s. ALBerrer DEGANI Br. MARTINI T'VRONENSIS — Ÿ MGR. (magister) Aisenicvs Cornurvs (J. 176). Jean, doyen de Saint-Laurent sur Sèvre, employait, en 1247 (J. 180), un sceau en ogive, représentant S. Laurent étendu sur un gril : Ÿ s. Ionis. pEGANI scr. Lavrecur. sr. SEPIM. (super. Separim). Raoul, chanoine de Paris, avait, en 1213 (J. 232), un sceau rond sur lequel il est représenté assis devant un pupitre et lisant; l'inscription commence par les mots 6 Radulfe suivis de notiselitos. Nous ne voyons pas ce que cette légende peut signifier, à moins que le. graveur n'ait estropié la sentence grecque Ty@0: œeæuror.
5° Sceaux des officialités.
Les sceaux des officialités représentent le plus souvent, comme le disent les Bénédictins, l'image de l'évêque au nom duquel la justice y était rendue. On voit sur le sceau de l'officialité de Paris un buste d’évêque de profil, coiffé d'une mitre, et au revers une crosse entre deux fleurs de lis : + sicrLLvm cv- RIE PAR. EPISCOPI. —Ÿs. FCM. ( factum) ANO. M. GG. L. mi. (J. 148, an 1256). Sur le sceau de l’officialité de Troyes, l'évêque est représenté de face et à micorps, tenant la crosse et bénissant : # MANDATVM cvriE TRECENSIS (J. 198, an 1252). L'image d’un évêque représenté à mi-corps paraît aussi sur les sceaux des officialités de Chartres en 1248 (J. 261), de Bourges en 1284 (J. 189), de Clermont en 1284 (J. 1132, olim 1068), de Besançon en 1302 (J. 248). Le sceau de l'officialité de Lyon en 1284 (J. 252) représentait un prêtre debout, tenant un livre; dans le champ, on voit d'un côté une fleur de lis, et de l'autre une R ?; cette lettre est aussi inscrite dans le champ du contre-sceau,
qui représente une main tenant une crosse: Ts. CVRIE LVGDYNENSIS. — + s.
! Le même type servait encore en 1365 (S.
4255); mais, en comparant attentivement l'empreinte de 1365 avec celle de 1256, on y remarque quelques légères différences qui prouvent que la matrice avait été retouchée. Quelques sceaux d'abbayes et de villes pourraient donner lieu à des remarques analogues. Lorsque les re-
touches n'étaient pas exécutées avec habileté, certains détails de l'écriture pouvaient être altérés.
2 Ce sigle doit signifier Rodulphus : Raoul de la Torrète était alors archevêque de Lyon. Il en résulterait qu'un sceau d'officialité changeait quelquefois à l'avénement de l'évêque.
orricrauis CvRE Lven. Le sceau de l'officialité de Châlons-sur-Saône portait également une main tenant une crosse : Ÿ SIGILL. CVRIE CABILL. (J. 248, an 1302). L'évêque de Poitiers est représenté à genoux aux pieds de S. Pierre : + $. orrICIALIS GVRIE er. Picraven. À Soissons et à Noyon, les sceaux de l'officialité représentaient des bâtiments. Nous avons déjà cité le vers léonin qui servait de légende au sceau de l'officialité de Soissons. On voit aussi un bâument sur le sceau de l'officialité de Besançon, pendant la vacance du siége : + s. GVRIE BISVI. SEDE VACATE. (J. 248, an 1301). Il ne faut pas confondre l'officialité de l'évêque avec celle de l'archidiacre; les légendes des sceaux suffisent pour les distinguer. Le sceau de l’officialité de l'archidiacre de Sens portait pour légende, en 1227 : Ÿ SIGILL. CVRIE ARCHID. Sexox. (J. 165). Le chapitre de Lyon avait aussi son officialité en 1307 : T SIGILL. GVRIE CAPrTVLI LVGDVN. — MS (parvum ) cvr. capui. Lven. (J. 266). La plupart des sceaux d’officialités sont en ogive; cependant la proportion des sceaux ronds est plus considérable que pour les sceaux des évêques. Quant aux légendes, elles sont en général à peu près semblables à celles qui viennent d'être citées; cependant on trouve offcialatus au lieu de curia, sur un sceau de l'officialité de
Nantes suspendu à un acte de 1486 (J. 246).
6° Sceaux des églises et des chapelles
«Les sceaux des églises, disent les Bénédictins, remontent pour le moins «au 1x° siècle, puisque le 18° canon du sixième concile d'Arles de 813, et le «27° du concile de Mayence, tenu la même année, ordonnent que les prêtres «tiendront le saint chrême enfermé sous le sceau : Presbytert sub sigullo custo- « diant chrisma. Les sceaux des églises cathédrales représentent pour l'ordinaire «les saints patrons ou les saints évêques les plus illustres. On a dit ailleurs que «l'image de S. Remi était imprimée sur le sceau dont Hincmar, archevêque de «Reims, scella la lettre formée qu'il écrivit, l'an 860, à Francon, évêque de « Tongres. Nous avons vu, dans les archives de l'abbaye de Jumièges, le sceau «en cire blanche de l'église ou chapitre de Rouen, pendant à une charte «de 1184, par un ruban de soie rouge et blanche. On y voit la Sainte-Vierge «tenant d'une main un globe, et de l'autre un sceptre !; mais il est sans conutre-scel. Le sceau de l’église cathédrale de Toulouse, de l'an 1221, est un
! Ce sceau fut changé dans le courant du xrn° de la main droite un sceptre fort court, surmonté siècle ; l'empreinte suspendue à une charte de d’une fleur de lis; au revers, on voit l'Agneau 1255 (J. 213) représente la Sainte Vierge assise et la Croix : Ÿ sIGILLVM capiTvLi ROTHOMAGENSIS
et nimbée, tenant de la main gauche un livre, et ECCLESIE — Ÿ ECCE AGNVS Der.
PARTIE 1V. — CHAPITRE VIL 229 «ovale pointu haut et bas. On y a représenté S. Étienne à genoux, revêtu d'une « dalmatique, la tête environnée d’un nimbe, tenant une palme de la main «gauche, et élevant la droite et les yeux au ciel, d'où sortent des rayons de «lumière, avec cette inscription autour : BGGE VIDEO COELOS APERTOS. Souvent
les sceaux des églises sont historiques. On sait que l'empereur Frédéric I‘ «donna une bulle d’or à Htracle, archevêque de Lyon, où il lui confère la «dignité d'exarque du royaume de Bourgogne. En conséquence, l'église de «cette ville prit pour son sceau la figure d’une femme couronnée, assise sur «un trône, et tenant un sceptre, avec cette légende : SIGILLVM SACROSANTE EC- «GLESIE LvGpynewsis. Mais quelque autre événement fit changer de sceau. «Celui dont la même église se servit dans la suite représentait un roi dans «l'éclat de la majesté, assis, portant la main gauche sur l'estomac, et tenant « de la droite une fleur de lis, avec cette inscription autour : Ÿ SIGILLVM saNGrE! « LvGpynensis EGLESIE. Le roi figuré est apparemment Philippe le Bel, qui «termina, par un diplôme de lan 1307, le grand différend survenu entre « l'archevêque et la ville de Lyon. » Les sceaux des églises collégiales portaient quelquefois l'image de leur doyen, mais le plus ordinairement celle du saint qui leur servait de patron. Ces types ne diffèrent donc pas de ceux qui étaient employés par les églises cathédrales; les uns et les autres ont généralement la forme de l'ogive, mais il n’est pas très-rare de rencontrer des empreintes circulaires.On lit sur le sceau de la cathédrale d’Avranches : Ÿ siei. caprrvzr sc. ANDREE ABRINGENSIS (J. 460, an 1256); c'est la forme de légende que Ton rencontre le plus fréquemment. Quand le mot capitulum n'est pas exprimé, il ne faut pas en conclure que le sceau appartienne à une église dans laquelle il n'y a point de chapitre. En effet, le sceau de la cathédrale de Beauvais portait pour légende : FsiGrzzvm sancni Prrrr Becvacensis (J. 168, an 1229); celui de la cathédrale de Mâcon : Ÿ sirzivm ser. Uincencrr MAmiscENsIS EGGLESIE (J. 259, an 1228); celui de l'église collégiale de Saint-Aïgnan d'Orléans : Ÿ SIGILLVM ECCLE. BEATI ANIANI AVRELIANENSIS (J. 170, an 1286); celui de l'église collégiale de Saint-Oustrille de Bourges : F siGILL. BEATI AvVSrREGrIsILI BITVRIGENSIS PRIARGHE. ? (J. 189, an 1326); celui de l'église collégiale de Saint-Quentin : Ÿ SIGILLVM ECGLESIE SANCTI Qvinrint IN ViromanDiA (J. 344, an 1278 )°. Le titre de métropole était exprimé sur le sceau de la cathédrale de Reïms : siGizzv. sce. Marie REMENSIS METROPOLIS (J. 206, an 1224 ). I
! On a gravé par erreur sur la légende sacnte 5 La même église s'était servie auparavant d’un au lieu de sancte. autre type dont on trouve une empreinte suspen- ? On lit en outre dans le champ : 4... M° cc° due à un acte de 1213 (J. 232): sos. rpx. (xpi)
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y a des sceaux où le mot capitulum est remplacé par congregatio, où universitas. Quelquefois on n'exprimait pas le nom de la ville où l'église était située; tel est par exemple le sceau que le chapitre de la cathédrale de Carcassonne employait au commencement du x siècle : + s. SANCTORVM Nazaru 2. Cersi (J. 627). En 1248 (J. 335), on trouve au contraire un sceau où le nom des saints n'est exprimé que par les sigles G et N, placés dans le champ au-dessus de leur image : Ÿ s. caprrvri sepis Carcassoxe. Une légende accessoire ajoutée dans le champ indique aussi le nom du patron de la cathédrale de Langres! : BRAGHIVM BI. (beati) Mameris.; ces mots forment deux lignes verticales entre lesquelles on voit le bras de S. Mammés; la légende principale est ainsi conçue : + srLr. caprrvzr LiNGonENSIS (J. 201, an 1239). Un sceau de la cathédrale de Bourges, qui représente la lapidation de S: Étienne, porte pour inscription : S. DECANI ET CAPITYLI BITVRIS AD CAVSAS (J. 188, an 1402). Les mots ad causas indiquent un sceau établi pour la juridiction du chapitre; mais il est probable que cette église avait un autre sceau ?.
Les exemples qui viennent d'être cités suffisent pour faire connaître la forme ordinaire des légendes gravées sur les sceaux des églises. On verra bientôt que plusieurs sceaux d'abbayes présentent souvent des légendes à peu près semblables. Le sceau de la cathédrale de Saint-Flour est le seul où nous ayons vu le mot secularis, qui fixe le sens du mot capitul : S. GAPITVLI SECVLARIS ECLE. 8e. Mare scr. Front (J. 466, an 1379). Quant aux sceaux des chapelles, ceux que nous avons rencontrés portent tous le mot capella. Nous citerons pour exemple les sceaux employés par la chapelle de Montferrand; par celle de la Sainte-Trinité, à Vincennes; et par celle de Notre-Dame du Vivier, en Brie : TS. PORS. Z. VIVSITATIS. CLICOR. CAPLE. BE. M. Morirer. (sigillum prioris et universitatis clericorum. capelle beate Marie Montisferrandi) ; Ÿ s. GAPLI. CAPELLE sce. TRINITATIS IN GASTRO NEMORIS UINGENARV. ; Ÿ S. CAPITULI GAPELLE BEATE MARIE
1 Il est assez rare de trouver des sceaux d'églises sur lesquels on ne voie ni le nom ni l'image du patron auquel elles sont dédiées ; le sceau de la cathédrale de Vaison mérite donc d'être cité. Il porte pour légende : +s. Vasronensis cAPITVLI. Dans le champ on voit cinq têtes ; or, comme le chapitre se composait de quatre dignitaires principaux, il est probable que les têtes de ces quatre dignitaires, surmontées de celle de l'évêque, sont celles que l'on a voulu représenter. On n'a pas oublié que les têtes des
échevins sont gravées sur plusieurs sceaux de communes.
? On trouve au revers du sceau de la cathédrale de Senlis (J. 161, an 1395) une empreinte en ogive portant pour légende : + s. caprrver Sir- VANECTEN. AD cas. Cette inscription n’annonce pas un contre-sceau; il est plus naturel de supposer que ce type servait quelquefois à contresceller, mais que souvent aussi on l'employait isolément pour tous les actes relatifs à la juridic-
tion du chapitre.
PARTIE IV.— CHAPITRE VII 231 DE Uruario 1N Brra. Le premier sceau représente un personnage debout et nimbé, tenant une banderole sur laquelle est une inscription tout à fait confuse; dans le champ on voit douze têtes qui peuvent être celles des douze apôtres ou des douze clercs de la chapelle! (J. 464, an 1264). Le second sceau représente le château et la chapelle de Vincennes (J. 151, an 1406); sur le troisième, on voit des poissons dans un vivier; en dessus, la chapelle ; et sur les côtés, les armes de France et de Dauphiné (J. 464, en 1360). Le mot capella était aussi exprimé sur le sceau de la Sainte Chapelle de Paris; nous n'en avons découvert qu'une empreinte mutilée; la légende devait être ainsi CONÇUE : S. SACROSCE. GAPELLE ILLUSTRIS ? REG. FRAnG. Par. (J. 155,
an 1367).