PARTIE IV. — CHAPITRE VII
écussons1 (J. 189, an 1 3 1 3). Les caparaçons armoriés se voient sur la plupart des sceaux équestres postérieurs à la première moitié du xme siècle ; c'est aussi pendant le dernier quart du même siècle que la plupart des dames adoptèrent l'usage de faire graver sur leurs sceaux deux écussons, l'un aux armes de leur mari, l'autre à celles de leur famille. Les veuves conservaient en général le sceau qu'elles avaient employé pendant leur mariage; cependant Jeanne de Flandre, femme d'Enguerrand, seigneur de Coucy, en fit graver un nouveau à la mort de son mari (J. 56 A, an i32o) : s. Iohanne de Flandria vxoris qvondam dni. Covciacy. Jeanne de Flandre est représentée debout sousune niche gothique, tenant une palme de la main droite; au dehors de la niche, on voit de chaque côté un oiseau tenant dans son bec une attache à laquelle est suspendu un écusson ; celui qui est à la droite de Jeanne de Flandre est aux armes de Coucy, c'est-à-dire à trois fasces de vair; l'autre écusson est aux armes de Flandre. Le titre de maréchal de France paraît sur le sceau équestre de Robert Bertrand de Briquebec : s. Roberti Btranni. milit. dni. de Briqvebec marescalli Fracie. (J. 211, an i338). On voit sur le sceau de Henri, fils de Jean III, duc de Brabant, un écu écartelé; chaque quartier porte un lion : les deux lions du chef sont accolés d'un lambel; ceux du 2 e et du 3e quartier ont la queue fourchue et passée en sautoir. Les mêmes armoiries2 sont reproduites sur le sceau de Geoffroy, son frère : ts. Henrici senioris filii dvcis Brabantie.
La légende du sceau de Geoffroy est en partie détruite : f s ncia filii
dvcis Brabancie ivnioris (J. 52A, an i3^7).
Quand on arrive à la seconde moitié du xive siècle, les sceaux ne représentent en général que des écus armoriés 3 , accompagnés de timbres et de supports. La description de ces armoiries serait fort longue , parce que les pièces de l'écu se multiplient à mesure que l'on approche des temps modernes ; les traités de blason fournissent d'ailleurs des renseignements moins suspects sur des armoiries dont les variations ont dû nécessairement devenir moins fréquentes, parce que les règles de l'art héraldique avaient eu le temps de s'établir. Au milieu d'une foule de petits sceaux, qui souvent ont moins d'un pouce de diamètre , on rencontre de temps en temps quelques sceaux équestres, dont le diamètre varie en général entre deux pouces et deux pouces et demi. Le plus
1 A sa droite, est l'écusson de son mari; à sa 2 Le lambel n'est peut-être que de deux pen-
gauche, 1 écusson de Vendôme , qui porte un lion dants sur le sceau de Henri ; mais il en a trois
brochant sur un chef. Les mêmes armes , aug- sur le sceau de Geoffroy, son frère puîné,
mentées d'une bordure , paraissent sur l'écu qui 3 Nous n'avons pas besoin d'avertir que cette
occupe le champ d'un sceau suspendu par Jean de observation s'applique surtout à la noblesse du
Vendôme à un acte de i3i7 (J. 179) : + s. Iohan- second rang; les sceaux équestres se sont plus
nis de Vindocino. longtemps conservés dans la haute noblesse
ordinairement, ils se distinguent des sceaux du xme siècle par les fleurs , les losanges, les festons, etc., qui en couvrentle champ. Quelquesseigneurs se faisaient représenter debout et armés de toutes pièces; Jean de Meudon , par exemple , paraît revêtu de son armure, la tête couverte d'un casque à cimier, dont la visière est baissée ; il porte un bouclier gironné de douz-e pièces , brisé d'un lambel de trois pendants : seel Iehan de Mevdon cheval. Ce sceau , qui est attaché à un acte de 1877 (J. 4y5 ) , n'a que treize lignes de diamètre. Sous le rapport de l'art, ces types réduits à de petites dimensions, présentent souvent des détails curieux; mais ils n'offrent plus le même intérêt pour les études paléographiques , et nous avons cru pouvoir les passer sous silence.