S II. SCEADX DES BOURGEOIS
« Les bourgeois, artisans et autres particuliers, chez les Grecs et les Ro- « mains, avaient des sceaux, disent les Bénédictins, pour sceller les testaments, «les lettres, les vases, les briques et les marchandises. De simples particu- «liers d'Antioche avaient des cachets qui leur étaient propres, au temps de «l'épiscopat de S. Mélèce, en 36 1. Le Digeste et les Institutes font souvent « mention des sceaux du testateur et des témoins. Mais l'usage du sceau a été « longtemps inconnu aux particuliers parmi nous. D. Mabillon estime qu'il « n'était pas encore établi l'an 1122. Guillaume Nicolson, dans sa Bibliothèque historique d'Angleterre, soutient, au contraire, que les sceaux furent « communs à tout le monde aussitôt après la conquête des Normands, en 1 066 ; « mais à peine les seigneurs normands et anglais en avaient-ils alors. Les « chartes parties endentées et les chirographes y suppléèrent souvent dans les
«xie, xne et xiii0 siècles Sur le déclin du xme siècle on voit des personnes
« de la plus vile condition avoir des sceaux en Normandie. Dans les pays voi- « sins, ces sceaux particuliers n'auraient pas fait foi, puisque Philippe de Beau- « manoir exige, pour la validité d'un testament, qu'il soit scellé du scel autenticjiie « ou de pluriex sceaux de nobles persones de religion qui portent sceaux. Aux xive et «xve siècles, le droit d'avoir des sceaux était si peu attaché à la noblesse que «les simples bourgeois jouissaient du même privilège, parce que peu de per- « sonnes sachant écrire, l'authenticité des actes dépendait proprement de l'ap- « position du sceau. De là vient que les simples trompettes de la garnison de la cité de « Carcassonne donnaient des quittances de leurs gages sous leur sceau, comme on voit «parles originaux de l'an i344 qui nous restent encore (Vaissette, Hist. de Lang. « tome IV, p. 5 16). La propriété des sceaux n'était plus dès lors une marque « de noblesse. De là vient qu'en Bretagne on trouve plusieurs bourgeois, sur la «fin du xve siècle, qui avaient des sceaux et des armes. En Allemagne, les « particuliers commencèrent à se servir de sceaux au siècle précédent. En Angle- « terre, on ajoutait le sceau public quand le privé n'était pas assez connu. « M. Du Cange cite plusieurs chartes du xvc siècle scellées des sceaux des maires «de villes, parce que les sceaux des particuliers au nom desquels ces actes « étaient passés étaient inconnus à la plupart du monde. In cujus rei testimo- « nium prœscnti scripto sigillum meum apposui, et quia sigillum menm quàm pluri- « bus est incognitum, ideo sigillum majorâtes villœ Oxoniensis pj-œsentibus apponi «procuravi. Le détail des diverses figures représentées sur les sceaux des parti-