‹ Éléments de paléographie (volume 3)Chapitre 137 sur 260 · PARTIE IV. — CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — CHAPITRE VII

« ovale pointu haut et bas. On y a représenté S. Etienne à genoux, revêtu d'une « dalmatique, la tête environnée d'un nimbe, tenant une palme de la main « gauche, et élevant la droite et les yeux au ciel, d'où sortent des rayons de «lumière, avec cette inscription autour : ecce video coelos apertos. Souvent « les sceaux des églises sont historiques. On sait que l'empereur Frédéric Ier «donna une bulle d'or à Héracle, archevêque de Lyon, où il lui confère la « dignité d'exarque du royaume de Bourgogne. En conséquence, l'église de « cette ville prit pour son sceau la figure d'une femme couronnée , assise sur « un trône, et tenant un sceptre, avec cette légende : sigillvm sacrosante ec- « clesie Lvgdvnensis. Mais quelque autre événement fit changer de sceau. « Celui dont la même église se servit dans la suite représentait un roi dans « l'éclat de la majesté, assis, portant la main gauche sur l'estomac, et tenant « de la droite une fleur de lis, avec cette inscription autour : t sigillvm sancte1 «Lvgdvnensis eclesie. Le roi figuré est apparemment Philippe le Bel, qui «termina, par un diplôme de l'an i3o7, le grand différend survenu entre « l'archevêque et la ville de Lyon. » Les sceaux des églises collégiales portaient quelquefois l'image de leur doyen , mais le plus ordinairement celle du saint qui leur servait de patron. Ces types ne diffèrent donc pas de ceux qui étaient employés par les églises cathédrales; les uns et les autres ont généralement la forme de l'ogive, mais il n'est pas très-rare de rencontrer des empreintes circulaires. On lit sur le sceau de la cathédrale d'Avranches : t sigill. capitvli sci. Andrée Abrincensis (J. 46o, an 12 56); c'est la forme de légende que l'on rencontre le plus fréquemment. Quand le mot capitiilum n'est pas exprimé, il ne faut pas en conclure que le sceau appartienne à une église dans laquelle il n'y a point de chapitre. En effet, le sceau de la cathédrale de Beauvais portait pour légende : + sigillvm sancti Pétri Belvacensis (J. 168, an 1222); celui de la cathédrale de Mâcon : t sigillvm sci. Uincencii Matiscensis ecclesie ( J. 2 5q, an 1228); celui de l'église collégiale de Saint- Aignan d'Orléans: i sigillvm eccle. beati Aniani Avrelianensis (J. 170, an 1286); celui de l'église collégiale de Saint-Oustrille de Bourges : t sigill. beati Avstregisili Bitvricensis priarche. 2 ( J. 189, an i326); celui de l'église collégiale de Saint-Quentin : t sigillvm ecclesie sancti Qvintini in Viromandia (J. 344, an 1278) °. Le titre de métropole était exprimé sur le sceau de la cathédrale de Reims: fsiGiLLV. sce. Marie Remensis metropolis (J. 206, an 1224). Il

1 On a gravé par erreur sur la légende sacnte 3 La même église s'était servie auparavant d'un au lieu de sancte. autre type dont on trouve une empreinte suspen-

2 On lit en outre dans le champ : a... m° cc° due à un acte de i2i3 (J. 232): I ses. ipx. (xpi)

X*° IX. MABTIF. QviNTIN.

y a des sceaux où le mot capitulum est remplacé par congregalio , ou universitas. Quelquefois on n'exprimait pas le nom de la ville où l'église était située; tel est par exemple le sceau que le chapitre de la cathédrale de Carcassonne employait au commencement du xme siècle : t s. sanctorvm Nazarii z. Celsi (J. 627). En 1248 (J. 335), on trouve au contraire un sceau où le nom des saints n'est exprimé que par les siglesC et N, placés dans le champ au-dessus de leur image : t s. capitvli sedis Carcassone. Une légende accessoire ajoutée dans le champ indique aussi le nom du patron de la cathédrale de Lan grès1 : rrachivm bi. (beati) Mametis.; ces mots forment deux lignes verticales entre lesquelles on voit le bras de S. Mammès; la légende principale est ainsi conçue : +sigill. capitvli Lingonensis (J. 201, an 1239). Un sceau de la cathédrale de Bourges, qui représente la lapidation de S. Etienne, porte pour inscription : s. decani et capitvli Bitvris ad cavsas (J. 188, an i4o2 ). Les mots ad causas indiquent un sceau établi pour la juridiction du chapitre; mais il est probable que cette église avait un autre sceau 2.

Les exemples qui viennent d'être cités suffisent pour faire connaître la forme ordinaire des légendes gravées sur les sceaux des églises. On verra bientôt que plusieurs sceaux d'abbayes présentent souvent des légendes à peu près semblables. Le sceau de la cathédrale de Saint-Flour est le seul où nous ayons vu le mot secularis, qui fixe le sens du mot capituli : s. capitvli secvlaris ecle. be. Marie sci. Flori (J. 466, an 1379). Quant aux sceaux des chapelles, ceux que nous avons rencontrés portent tous le mot capella. Nous citerons pour exemple les sceaux employés par la chapelle de Montferrand; par celle de la Sainte-Trinité, à Vincennes; et par celle de Notre-Dame du Vivier, en Brie : t s. pors. z. vivsitatis. clicor. caple. be. M. Motifer. [sigilhm prioris et universitatis clericorum capelle béate Marie Montisferrancli) ; + s. capli. capelle sce.

TRINITATIS IN CASTRO NEMORIS UlNCENARV. ; t S. CAPITULI CAPELLE BEATE MARIE

1 II est assez rare de trouver des sceaux d'églises sur lesquels on ne voie ni le nom ni l'image du patron auquel elles sont dédiées ; le sceau de la cathédrale de Vaison mérite donc d'être cité. 11 porte pour légende : +s. Vasionensis capitvli. Dans le champ on voit cinq têles ; or, comme le chapitre se composait de quatre dignitaires principaux , il est probable que les têtes de ces quatre dignitaires , surmontées de celle de l'évêque, sont celles que l'on a voulu représenter. On n'a pas oublié que les têtes des

échevins sont gravées sur plusieurs sceaux de communes.

2 On trouve au revers du sceau de la cathédrale de Senlis (J. 161, an i3g5) une empreinte en ogive portant pour légende : t s. capitvli Silvvnecten. ad cas. Cette inscription n'annonce pas un contre-sceau; il est plus naturel de supposer que ce type servait quelquefois à contresceller, mais que souvent aussi on l'employait isolément pour tous les actes relatifs à la juridiction du chapitre.

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