PARTIE IV. — CHAPITRE IV
rond1; cette forme, quoique peu usitée pour les sceaux de femmes, se rencontre quelquefois. (Voyez PI. N, n° 6.) Quant aux contre-sceaux , leur forme était indépendante de celle du sceau : rien de plus ordinaire que de voir un contre-sceau parfaitement rond au revers d'un sceau en ogive.
Quoique les sceaux métalliques de figure ovale soient moins ordinaires que les sceaux ronds, on en trouve aussi dans les temps anciens. Telle est une bulle de plomb représentant la tête d'Alexandre Sévère couronné de lauriers. « Childéric Ier et Childéric III, disent les Bénédictins, sont les seuls rois Mé- « rovingiens dont les anneaux soient ovales. Cette forme plut à Pépin le Bref, « chef de la seconde race. Ses deux fils, Carloman et Charlemagne, suivirent « la même mode et la transmirent à leurs successeurs Carlovingiens. Tous leurs «sceaux de cire, excepté ceux de Zuentebolde et de Lotbaire, fils de Louis « d'Outremer, sont ovales. Le roi Eudes, fils de Robert le Fort, retint la forme « ovale que les princes Carlovingiens avaient donnée à leurs sceaux. Ro- «bert, fils de Hugues Capet, petit-neveu d'Eudes, reprit la même figure « abandonnée par son père. Robert est le seul roi de France de la troisième t race dont le grand sceau ait porté la forme ovale 2, quoique du Tillet l'ait « donnée à tous indifféremment. » L'erreur commise par du Tillet peut s'expliquer par l'irrégularité que présentent souvent les contours d'une empreinte. Pour la mesurer avec exactitude, il faut, comme nous l'avons déjà fait observer, ne pas tenir compte de la portion de la cire sur laquelle le type n'a pas porté; ce cordon extérieur, dont le volume est très-variable, doit être considéré comme tout à fait indépendant de la figure et des dimensions de l'empreinte proprement dite. D'ailleurs, comme la circonférence des sceaux n'était pas toujours d'une régularité parfaite, on en rencontre qui tiennent le milieu entre le cercle et l'ovale, et qui ont pu être rangés indistinctement dans l'une ou dans l'autre classe. Il ne sera pas inutile de faire observer que, parmi les sceaux de forme ovale , les Bénédictins en citent quelques-uns dont le plus grand diamètre est dirigé horizontalement : ces types paraissent avoir été employés surtout en Italie. Le sceau attaché à une charte de Robert II et de Jourdain II , princes de Capoue en 1 1 2 5 , avait environ trente et une lignes de largeur sur vingt-deux de hauteur: ici, comme on le voit, l'ovale est parfaitement prononcé. Les sceaux de forme ovale , dont le plus grand diamètre est dans le sens horizontal, sont beaucoup plus rares que les autres. Quant
1 Le sceau n° 5 de la planche G ne fait pas les exécuteurs testamentaires de cette reine, exception à cette règle générale, parce qu'il 2 On verra tout à l'heure que le sceau de Ro-
a été gravé après la mort de Jeanne, veuve bert aurait plutôt la forme de l'ogive que celle
de Philippe le Long , pour être employé par de l'ovale.
aux ovales de forme ordinaire, ils ont cessé généralement d'être employés après le xie siècle. Cependant «on en a deux, disent les Bénédictins, d'un «évêque allemand des années i3()o et 1896. Muratori en a publié un autre « de l'an 1 1 1 3 ; c'est celui de Robert , évêque d'Averse, au royaume de Naples. « L'Autriche illustrée de D. Hueber nous en offre des années 1 3 5 1 , 1 565, 1 57 1 . « Le sceau que fit faire la ville de Florence, après le renouvellement des lettres « et des arts, est un ovale parfait. Tel était, en i3o,6, le sceau de Guillaume de « Ruflai, seigneur breton. »
Au xnc siècle, les sceaux en ogive étaient fort nombreux; ils étaient employés surtout par les évêques, les abbés, les abbesses, les monastères, les chapitres, les officiaux et les dames. Cette forme est nettement caractérisée dans le sceau de la reine Constance (PI. B,n° 5), dont les extrémités sont formées par l'intersection de deux arcs de cercle. C'est là le caractère distinctif de l'ogive; mais les rapports du grand axe avec le petit axe, ou, en d'autres termes, de la hauteur avec la largeur, n'avaient rien de fixe. Dans le sceau de la reine Constance, par exemple, le petit axe a vingt-deux lignes et le grand axe en a trente-quatre; un sceau de Gualon, évêque de Paris, déposé aux Archives du Royaume, est beaucoup plus étroit à proportion, puisqu'il n'a que treize lignes de largeur sur trente et une de hauteur. Moins il y a de différence entre la longueur du grand axe et celle du petit axe, plus un sceau en ogive tend à se confondre avec les sceaux en forme de cercle ou d'ovale aplati. En effet, les points d'intersection des deux arcs étant alors peu saillants, les deux extrémités de l'ogive paraissent plutôt courbes qu'aiguës. Tel est, par exemple, le sceau de Robert (Pi. B, n° 4) que les Bénédictins ont regardé comme ovale, et qui dans la réalité a la forme d'une ogive résultant de l'intersection de deux cercles de vingt-neuf lignes de diamètre; le petit axe de cette ogive a près de vingt- trois lignes, et le grand n'en a que vingt-huit. Ces détails, trop minutieux peut-être, prouveront du moins qu'il y a des sceaux dont la forme réelle ne peut pas toujours être déterminée à première vue; souvent même, lorsqu'une empreinte est altérée, il devient impossible de reconnaître si les extrémités en sont formées par une courbe ou par l'intersection de deux arcs de cercle, et si par conséquent le type avait la figure de l'ovale plutôt que celle de l'ogive. Le mot ovale ne pourrait suffire d'ailleurs pour désigner toutes les variétés de formes courbes qui ne constituent ni des cercles, ni des ogives, et qui cependant paraissent dans un grand nombre de sceaux. Comme les rapports des deux axes ne variaient pas moins dans ces figures que dans l'ogive , on doit s'attendre à rencontrer des sceaux plus ou moins allongés et résultant par conséquent de courbes qui devraient être désignées par autant de noms