‹ Éléments de paléographie (volume 3)Chapitre 75 sur 260 · PARTIE IV. — CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — CHAPITRE VIL

cor. régis dalphini Viennens. Ce sceau avait été gravé avant l'avènement de Jean II. Alors Charles V était fils aîné du fis aîné du roi; le mot primogeniti devait donc être exprimé deux fois. Le contre-sceau porte un écu écartelé,au ier et au 4 » semé de France ; au 2e et au 3e, aux armes de Dauphiné : q,ts. [contrasigillum) Karoli de Francia dalphini Vienn. Ce type, qui aurait dû être remplacé dès l'an i35o, servait encore en janvier 1 355. Au bas de plusieurs actes du mois de décembre 1 35g (J. 677)5 on trouve un autre sceau équestre qui porte pour légende: s. Karoli primogeniti régis Fracie. (Francie) delphini Uiennensis — cotras. Kli. pmogeiti. [contrasigillum Karoli primogeniti) régis Fracie. dvcis Normanie l. Les armoiries sont les mêmes que sur le sceau précédent. Charles V a employé en outre trois petits sceaux secrets avant son avènement à la couronne. Le premier, suspendu à un acte du 16 juillet 1 34^9 (J. 382 ) , ne porte pas d'écusson , mais le champ du sceau est écartelé aux mêmes armes que le premier sceau équestre; en voici la légende : «s. Karoli primogeniti <i primogeniti régis Francorum dalphini Viennensis. » Cette empreinte a deux pouces de diamètre. Le second sceau n'a guère que dix-neuf lignes de diamètre; il porte un écusson aux mêmes armoiries, timbré d'un cheval, et entouré d'une rosace où l'on distingue les symboles des quatre évangélistes. Le commencement et la fin de la légende sont détruits, mais on y retrouve la répétition du mot primogeniti; cette empreinte, suspendue à un acte du 10 septembre i354 (J. 2 85), a donc été formée par un type gravé avant l'avènement du roi Jean. Le troisième sceau, qu'on trouve au bas d'un acte du 27 septembre i36o (J. 332 ) , est confus et mutilé; il a également dixneuf lignes de diamètre; on y distingue un écusson écartelé aux mêmes armoiries, supporté par deux lions, et probablement timbré d'une aigle. Le mot primogeniti n'est exprimé qu'une fois dans la légende, qui est en minuscule gothique. Cette empreinte a un contre-sceau fort confus; les deux autres n'en avaient pas. Enfin, différents textes prouvent que Charles VII a scellé, au commencement de son règne, avec le type qui lui servait avant son avènement, et que Louis XI a eu un sceau ordonné en l'absence du grand.

Nous n'entreprendrons pas de décrire tous les sceaux des reines de France : ceux qui sont reproduits dans les planches B, C, E, F , G et H suffiront sans doute pour faire connaître, au moins d'une manière générale, cette classe de monuments. Quant aux régents du royaume, ils eurent un sceau particulier en 1 270, sous les règnes de S. Louis et de Philippe le Hardi. (Voyez l'article de ces deux rois dans la Liste alphabétique des princes souverains.) Philippe le Long

1 Charles V fit sans doute graver ce type lors- commencement de son règne , ainsi que son derqu'il fut reconnu comme régent; il l'employa au nier sceau secret.

scella d'abord, après la mort de Louis le Hutin, avec le sceau équestre qu'il employait comme comte de Poitiers; mais le continuateur de Guillaume de Nangis , cité par Mabillon , rapporte que ce prince eut aussi un sceau portant pour légende : « Philippus, régis Francorum films, Franciae etNavarrae regens «régna. » Nous n'avons pas eu occasion de rencontrer l'empreinte de ce type, qui n'était pas encore employé le 29 août 1 3 1 6. (Voyez Ordonnances des rois de France, tome I, pag. 627.) « Charles, fils aîné du roi Jean et duc de Nor- «mandie, pendant qu'il n'eut que le titre de lieutenant de roi, scella, disent «les Bénédictins, les lettres-royaux du grand sceau de la couronne, lorsque « le chancelier était présent; et, lorsqu'il était absent, il les fit sceller du sceau « du Châtelet, suivant que cela se pratiquait ordinairement en pareil cas. Mais « ce prince eut un grand sceau particulier quand il eut pris le titre de régent « du royaume. Pendant le court espace de temps que le duc d'Anjou eut «la régence au commencement du règne de Charles VI, il intitula les lettres « de son nom , et c'est le dernier régent du royaume qui ait eu un sceau dif- « férent de celui du roi mineur. » Les mêmes auteurs font cependant remarquer, dans un autre passage, que la reine Isabelle, épouse de Charles VI, eut un sceau particulier comme gouvernante du royaume. Il paraît probable que dans les autres circonstances les régents ont employé le sceau de la couronne.

S II. SCEAUX DES F.OIS D'ANGLETERRE, d'ÉCOSSE ET DUO.ANDE.

i" Sceaux des rois d'Angleterre.

Les auteurs ne s'accordent pas sur le temps vers lequel les rois d'Angleterre ont commencé à sceller leurs diplômes. Hickes prétend que les sceaux étaient inconnus avant le règne d'Edouard le Confesseur ; et Mabillon supposait même (Suppl. p. 48 et 49) que Guillaume le Conquérant en avait introduit l'usage en Angleterre. Cependant le cartulaire de Saint-Augustin de Cantorbéry prouve que le roi Canut a scellé quelques diplômes ; d'autres textes parlent aussi de différents actes qui auraient été scellés au Xe siècle par Edgar et Edwy; au ixc, par Éthelbert, et au vme, par Olfa. Enfin, l'on conservait à l'abbaye de Saint- Denys trois diplômes scellés, l'un par Offa, l'autre par Ethelwolf, et le troisième par Edgar. Les Bénédictins concluent de tous ces faits que, dès le vmc siècle, les sceaux ont été employés en Angleterre pour un petit nombre de diplômes, et qu'il ne faut pas entendre d'une manière absolue les textes qui mentionnent l'usage où l'on était, avant le règne d'Edouard le Confesseur, de garantir l'authenticité des actes par de simples signatures.

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