PARTIE IV. — CHAPITRE VII
la bulle de plomb décrite par Mabillon. Au revers, on voit aussi une ville, mais elle n'est pas accompagnée de l'épigraphe aurea Roma; l'inscription circulaire consiste dans le vers léonin Pioma capvt mvndi régit orbis frena f,otvndi. Sur le revers d'une autre bulle d'or suspendue à un acte de 12^6 [Ibid. Armoire de fer) , on voit le détroit et le phare de Messine : t regnvm Sicil. dvcatv9 Apvlie 7. principat? Capve. Le premier côté est exactement le même que sur la bulle précédente. Il existe aux Archives du Royaume un sceau suspendu à un acte de 1228 (J. 61 1) par Henri, fils de Frédéric II; ce prince, assis sur un trône à dossier, porte une couronne surhaussée d'une croix; le même ornement surmonte le sceptre qu'il tient dans la main droite et le globe placé dans sa main gauche; l'empreinte a trois pouces de diamètre :t Henricvs Di. gra. Romanorvm rex 7. semp. avgvstvs. Heineccius donne un second sceau de forme semblable, qui porte la même légende suivie des mots et dux Sueviœ ajoutés dans le champ. L'inscription du sceau royal de Conrad IV, citée par les Bénédictins, renferme un grand nombre désignes abréviatifs qui doivent se traduire ainsi : «Conradus, divi augusti imperatoris Friderici filius, Dei « gratiâ Romanorum in regem electus, hères Jérusalem. » La légende du sceau de Guillaume de Hollande commence par une S suivie de la formule ordinaire Willelmus Dei gratiâ, etc. Les Bénédictins traduisent le sigle initial par signât; mais il est probable qu'il désignait le mot sigillum, et qu'on aura oublié de mettre le nom suivant au génitif.
Rodolphe de Habsbourg, indépendamment de huit sceaux antérieurs à son élection, en eut, dit-on, quatre autres comme roi des Romains; d'après ce que disent les Bénédictins, trois de ces types ne différaient entre eux que par la forme du sceptre. Un acte de 1289 (J. 2 5o) est scellé d'une empreinte qui a près de trois pouces et demi de diamètre : t Rvdolfus Dei gracia Romanorvm rex semper avgvstvs. Le roi , assis sur un trône dont le dossier s'élève à la hauteur de ses épaules, tient de la main droite un sceptre terminé par une fleur de lis épanouie, et de la main gauche un globe surmonté d'une croix. On ne connaît pas de sceau d'Adolphe de Nassau. En 1299, Albert d'Autriche en employait un exactement semblable à celui de Rodolphe. Le nom de Henri de Luxembourg est écrit, selon l'ancienne orthographe, Heinricus sur un sceau suspendu à un acte de i3i 1 (J. 386); le trône terminé par une niche en ogive s'élève au-dessus de la tête du roi. Un sceau suspendu à un acte de i33y montre Louis de Bavière tenant de la main droite un sceptre terminé par un trident, et de la main gauche un globe surmonté d'une petite croix; le trône est entièrement caché par l'empereur et par les deux aigles entre lesquelles il est assis; ses pieds reposent sur deux lions : Lvdovicvs qvar-
tvs Dei gracia Romanorvm imper ator semper avgvstvs. Cette empreinte a trois pouces trois quarts de diamètre. Au contre-sceau, on voit une aigle avec cette légende : ivste ivdicate filii hominvm (J. 612, an i33y). Heineccius cite deux bulles d'or de Louis de Bavière. Frédéric d'Autriche, compétiteur de ce prince, a employé un sceau de plus de trois pouces et demi de diamètre, où il est représenté avec une couronne ouverte et ornée de trois trèfles; ses pieds reposent sur un chien. La minuscule gothique paraît pour la première fois sur un sceau de Charles IV, dont l'empreinte est suspendue à un acte de i35y (J. 386). Cet empereur est représenté avec une barbe touffue, tenant de la main droite un sceptre, et de la main gauche un globe entouré d'un cercle et surmonté d'une croix. La couronne est en forme de mitre et ceinte d'une espèce d'auréole qui supporte une croix; les bandelettes de la mitre descendent jusqu'à ses épaules. A la droite du prince, l'aigle impériale paraît dans un écusson; à sa gauche est l'écusson de Bohême portant un lion armé, lampassé, couronné, la queue fourchue et passée en sautoir1. Deux aigles saisissent avec leur bec l'anneau qui surmonte chacun des écussons, et leurs ailes étendues remplissent le champ du sceau. La légende est ainsi conçue : « Karolus « Quartus Diuina Fauente Clemencia Piomanor. Imperator Semper Augustus «et Boemie Rex. » Le diamètre de cette empreinte est de trente-huit lignes; celui du contre-sceau est d'un pouce et demi. On y voit l'aigle 2 avec le verset juste judicate , etc., qui est en majuscule gothique. Un diplôme accordé en 1378 par le même empereur, au fils aîné de Charles V, roi de France (Jrch. du Royaume, Armoire de fer), est scellé d'une bulle d'or, de deux pouces un quart de diamètre. Sur la face principale, on voit l'empereur assis entre les écussons qui viennent d'être décrits, mais il n'y a pas d'aigles aux deux côtés du trône; la légende diffère de celle du sceau de cire, i° par les caractères, qui sont en majuscule gothique; i° par l'abréviation qui remplace les deux dernières lettres du mot semper; 3° par la position des mots et Boe — mie rex, qui sont ajoutés au-dessus des deux écussons. Au revers, on voit une porte de ville flanquée de deux tours, et dans le bas, l'épigraphe avrea Roma partagée en trois lignes de trois lettres chacune. Dans le cercle, se trouve le vers léonin Roma capvt, etc. Il est évident que cette bulle a été produite par le même type que la bulle d'or suspendue, en i356, à la célèbre constitution de la diète de Nuremberg.
'Un lion a la queue fourchue quand sa queue 2 L'aigle de ce contre-sceau n'a qu'une tête;
se divise en deux branches; si ces deux branches mais les Bénédictins annoncent que Charles IV
se croisent en forme d'X ou de tenailles, on dit a employé un autre contre-sceau sur lequel on
que la queue est passée en sautoir. voyait l'aigle à deux tètes.