‹ Éléments de paléographie (volume 3)Chapitre 90 sur 260 · PARTIE IV.— CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

PARTIE IV.— CHAPITRE VII

« bel de trois pendants, monté sur un cheval de bataille dont les caparaçons et la « housse sont semés de fleurs de lis au lambel. » Marguerite , femme de Charles d'Anjou, est représentée debout sous une arcade en ogive, la tête couronnée et tenant un sceptre terminé par une fleur de lis. Depuis la mort de son mari, elle a continué à se servir du même sceau (J. 5i 1 , an 1292) : t s.Marga-

RETEDl. GRA. lERLM. Z. SCICILIE REGINE TORNODORI COITISSE. CeNOM. MoTISMIR. Z.

Mlodie. dne. Au lieu de Mlodie, il devrait y avoir Avolodie; Marguerite possédait, indépendamment du comté de Tonnerre, la seigneurie de Montmirail et d'Alluye ; le mot Alluye se traduit ordinairement par Avolotium ; de ce mot on aura pu faire Avolodia , et le graveur aura mis par erreur une M capitale au lieu d'un A et d'un V conjoints avec un 0. Au revers de cette empreinte , qui est en ogive, on voit un contre-sceau rond dont le champ est occupé par une rosace à six arcs entourant un écusson parti (à dextre , semé de France, au lambel de deux pendants ; à sénestre, aux premières armes du duché de Bourgogne) : t secretvm Margarete Dei gra. regine Sicilie. Le premier sceau de Charles II est à peu près semblable à celui de son père ; il a plus de trois pouces trois quarts de diamètre : + Karolvs secvndvs. Di. gracia rex Iervsalem et Sicilie dvcat9 Apvlie et pncipat9. Capve. On lit sur le revers , où il est représenté à cheval :Andegav.... vincie (Andegavie Provincie) et Forcalqverii comes. (J. 5 1 1 .) Le 16 août 1290, il donna en dot, à sa fille Marguerite, les comtés d'Anjou et du Maine, et fit graver un nouveau type à peu près semblable au premier' mais sur le revers duquel on ne trouve plus que les titres de comte de Provence et de Forcalquier. Les Bénédictins parlent d'un troisième sceau, sur lequel il est représenté à cheval , et qui porte pour légende : Karolus Dei gratia Siciliœ rex. Au revers, on voyait un écusson aux armes d'Aragon, avec cette légende : Provinciœ et Forcalcjuerii comes et marchio. Robert, qui joignait à ces titres celui de seigneur d'Avignon, suspendit à un acte de i3i2 (J. 496) une bulle de plomb d'un pouce et demi de diamètre, dont le premier côté est occupé par un écu semé de France , au lambel de cinq pendants, et surmonté d'unB désignant sans doute le mot Bulla; car dans la légende le nom de Robert est au génitif sans être précédé du mot sigillum : t Rorti. Dei gra. Ierlm. et Sicil. reg. Au revers, on voit un écusson aux armes d'Aragon; la légende se continue ainsi : t comitis Puicie. et forc. et dni. Avin. Frédéric, roi de Sicile, concurrent de Piobert, avait un sceau secret (J. 4o8, an i3o6) portant pour légende : t inicium sapiencie timor Domini. Ce verset de la Bible entourait une pierre antique enchâssée dans le type du sceau, et sur laquelle était représenté un Hercule portant sa massue. Dans le champ du sceau, à droite et à gauche de la pierre, on avait gravé les sigles F T [Fridericus tertius); il se di-

sait troisième de nom, parce que Frédéric Roger s'était toujours intitulé Frédéric II dans ses diplômes. L'Histoire généalogique de la maison de France décrit ainsi les sceaux de Louis Ier, second fils de Jean , roi de France, couronné roi de Naples et de Sicile le 3o mai i382 par le pape Clément VIL « L'on voit sur « un des sceaux de ce prince une aigle , la tête couronnée de fleurs de lis , les « pattes appuyées sur un lion et sur un bœuf couché , ayant sur l'estomac l'écu « semé de fleurs de lis à une bordure. On en trouve plusieurs de cette façon à «la Bibliothèque du Roi, dans les recueils de M. Gaignières, des années i368 « et suivantes, qui ont pour légende : S. Ludovici fdii recjis et paris Francie, ducis « Andegavensis.... En lS'J^ il se trouve un autre sceau du même prince , tenu « par un ange couvert d'une longue robe, et qui a deux sauvages pour supports. « Dans celui qui est au bas de son testament, et qui est un des plus grands qui « se puisse voir, il est représenté dans un fond diapré, sur un cheval capara- « çonné à ses armoiries. Ce prince est armé de toutes pièces , le casque fermé , « fleurdelisé et surmonté d'une couronne de fleurs de lis; il tient de la main « droite son épée haute attachée à sa cuirasse par une chaîne, et de sa gauche « son bouclier chargé de ses armoiries , parties d'Anjou ancien et d'Anjou mo- « derne. Dans la légende, qui contient deux lignes, sont ses qualités de fils de « roi, pair de France; et il s'y qualifie fils de la reine de Jérusalem. » La matrice du sceau de René d'Anjou existe aux Archives du Royaume; ce type a trois pouces quatre lignes de diamètre : Renatvs Dei gracia Ihervsalem Sicilie Aragonvm zc. [et cetera) rex. Le champ est occupé par les différentes armoiries de ce prince ; au centre est l'écusson d'Aragon , flanqué en chef à dextre des armes de Hongrie, et à sénestre de celles de Jérusalem; surmonté en chef des armes de Naples; accompagné en pointe: i° à dextre, des armes d'Anjou ( semé de France et bordé) ; 20 à sénestre , des armes du duché de Bar (semé de croix recroisetées au pied fiché, à deux bars adossés *).

Il existe aux Archives du Royaume [Sect. hist. Armoire de fer) une bulle d'or de Pierre Gradenigo, doge de Venise, suspendue à un acte de i3o6. Elle rep résente S. Marc debout et nimbé, tenant de la main gauche son évangile, et de la main droite un étendard qui s'élève verticalement dans le milieu du champ; à la droite de S. Marc, on voit le doge debout, tenant aussi l'étendard de la main droite. Du côté de S. Marc, on lit: se. Marcvs; et du côté du doge : Pe. Gradonico dvx. Au revers, le champ est occupé par une légende surmontée d'une croix et divisée en six lignes : Petrvs — Gradonico — Di.

1 Une croix recroisetée au piedfiché est celle dont est aiguisée. Le mot bars désigne deux poissons les trois branches se terminent par des croix et courbés en arc, adossés dans leur partie convexe dont la branche inférieure, c'est-à-dire le pied, et posés en pal.

Page 1