‹ Éléments de paléographie (volume 4)Chapitre 181 sur 282 · V.-V/ ,<^W^^ ^%--^0 rv^-tv^^^ <c^f^<ï-a^P»--f · texte numérisé non relu

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NOTICES

SUR LES MANUSCRITS ET LES DIPLOMES d'aPRÈS LESQUELS ONT ÉtÉ GliAVÉS

LES FAG-SIMÎLE.

I. (PI. I, n° 1.) «Liber psalnioiiim qui vocalur psalterium sancti Germani « putatiirqiie sancto Gerniano usui fuisse. Codex Vï circiter saeculi membra- « naceus, littcris uncialibus aureiset argenteis. » [Catnl. du fonds de S. Germain.) — Voici clans quels termes les Bénédictins décrivent ce précieux monument : « Le manuscrit de l'abbaye de S. Germain des Prés 661 est le célèbre psautier « gallican qu'une ancienne tradition nous apprend avoir été à l'usage de « S. Germain, évêque de Paris, mort le 28 mai 67(3. Ce manuscrit est un des « plus rares et un des plus précieux qui soient en Europe. Il a dix pouces de « hauteur et huit et demi de largeur, 291 feuillets, 36 cahiers et trois feuillets « de plus. Chaque cahier est régulièrement de liuit feuillets. Ces cahiers sont « marqués pai' des noîubres placés à la marge inférieure , vers le fond du « livre : caractères des plus anciens manuscrits. Sur chacun de ces nombres « il y a une barre — qui désigne une abréviation. Le vélin en est teint de «pourpre violet un peu cendré, et l'écriture est en lettres onciales d'argent; « mais on y observe régulièrement d'écrire le nom de Dieu en lettres d'or. Si «ce n'est après ce saint nom, on n'y voit ni points ni virgules. Les mots ne « sont point divisés. Le Duipsalma en lettres d'or est toujours comme en titre « isolé, sans qu'il y ait rien avant ou après dans la même ligne. Souvent on « aperçoit en marge une R trancliée par une ligne horizontale. Cela signifie « apparemment que le verset qui y répond est l'antienne que le peuple devait « répéter. H y a nombre de psaumes qui n'en ont point, et quelques-uns qui « en ont deux. C'est qu'on changeait d'antienne ou de répons. Ainsi cette Bi « barrée voudra dire Responsoriuni. Ce signe paraît deux fois dans le psaume » Misereatur , au verset : Conjitcantur tibi popnli , Deus, confiteantur tibi populi oni- « nés. L'écrivain aura répété l'Rf parce que le même verset, qui était effectivement « le répons, se trouve répété. On lit à la tête de ce manuscrit la notice qu'en a « donnée Dom Jacques Dubreuil^ en 1 56o. 11 a été, dit-il, longtemps gardé au

' " Ce savant prieur de SainL-Gcrmain-des-Prés " boravi, labaho pour lavabo, benenum poiu- veiie- « remarque que l'écrivain emploie souvent le 6 « num, deborant poin dévorant, adjabet ponr adju- 0 pour le V : brebi pour brevi, lahorabi pour la- « vet; le v pour le b ■ davil pour dabii , provasti

« trésor parmi les reliques, et de là transporté à la bibliothèque en laveur des « gens de lettres. En 1269, le sacristain de S. Germain des Prés nomme dans « le catalogue des reliques confiées à sa garde le psautier de S. Germain. » Nous n'ajouterons rien à cette notice, si ce n'est que les lettres d'argent ont pris une teinte noirâtre et plombée comme dans la plupart des manuscrits où ce métal a été employé; mais la régularité des caractères supplée à l'indécision des teintes de l'encre métallique , et la lecture de ce manuscrit ne présente guère d'autres difficultés que celles qui résultent de f indistinction des mots.

II. (PL I, n" 2.) «Codex membranaceus, olim DD. de Noaillcs Franciae « marescalli. Ibi continentur evangelia quatuor ad usum Caroli Calvi Franco- « rum régis et imperatoris : prœmittuntur sancti Hieronymi prologus et Euse- « bii canones, ciim ejiisdem epistolâ ad Carpianum fratrem ; subjectum verô '< capitulare evangeliorum per anni circulum recitandorum. Is codex nono (( sœculo exaratus videtur. « [Catal. de la Bibliothècjue du Roi.) — Ce manuscrit, remarquable par f élégance et la pureté des caractères, a près de huit pouces trois quarts de hauteur, sur un peu plus de six pouces de largeur. Il renferme plusieurs vignettes et des lettres coloriées. La concordance des évangélistes est marquée en marge par des lettres abrégées ou conjointes. Une M onciale surmontée d'un T, qui souvent fait corps avec elle, sert ordinairement à indiquer les passages de S. Mathieu. Des caractères analogues désignent les trois autres évangélistes.

IIL (PL I, n" 3.) Le catalogue du Supplément latin ne désigne ce manus-

pour prohast i.verva pour vcrba, narravo pournarraho , vobes pour hoves; Ye pour Yi : intellcge pour intellUje , deJaculo pour f/f7HC»/o, deleciam ponr dileclum, fortes pour /or/ îs, grales pour gratis; Yi pour Yc : sedis pour sedes, delisti pour delesti, infdicitas pour infelicHas, omnis pour omnes , pinnas pour pennas; Yo pour Yii : gressos pour gressiis , laiibohim pour îatihnlum, laco pour Jacu , irocidenl pour Iracidenl; Ya pour Yo : cibus pour cïbos , salviis pour salvos , incula pour incola, sacerdus pour sacerdos. L'écrivain n'ejiiploie qu'un u pour doux : nianam pour manuuin , e(jus pour eqims, iniqiim pour iniquum. 11 écrit par un seul i les mois où il en faut deux : proiciamus , proicientes , pour projiciamus, projicientes; deiciant , abiciei , subiciens, pour dejiciani , abjiciei. sub-

jiciens. On trouve dans ce psautier du milieu du Yf siècle :Jili pour^/ii; inlumina, inrideant, conJaiidatio, gigans, aput ; conteruisti, pour contrivisti , et siisum pour sursum. Trouve- t-on une orthographe plus bizarre dans les diplômes des vi" et vif siècles? Le P. Germon a pourtant osé faire servir l'inconstance et la barbarie de l'orthographe de ces temps-là au dessein qu'il avait de rendre suspects ces monuments. Mais il s'est déshonoré lui-même par les efforts qu'il a faits pour prouver que dans les manuscrits contemporains on observait une orthographe régulière Gela n'a pas empêché le nouvel éditeur du P. Daniel de renouveler une prétention si mal fondée. " {Nouveau Traité de Diplomatique , tome 111, page i63, note i.]

cril que par la note Evaiujclistarhim. L'abbaye Saint- Germain des Prés possédait autrefois des évangiles dont les caractères, à en juger par les planclies du Nouveau Traité de Diplomatique , étaient parfaitement semblables à ceux du volume qui existe aujourd'hui à la Biljliotlièque du Roi. Nous avons reconnu toutefois que ce sont deux manuscrits différents; mais la conformité de l'écriture est tellement frappante qu'ils doivent avoir été copiés, non -seulement dans le même siècle et dans le même pays, mais probablement par le même écrivain. Les Bénédictins ont estimé le manuscrit de Saint- Germain du vin" ou du ix'' siècle, c'est d'après leur autorité que nous assignons la même date aux évangiles que possède la Bibliothèque du Roi. On y trouve des vignettes d'un style barbare, et des lettres coloriées dans les endroits les plus importants. Les lettres initiales ordinaires sont en noir et entourées de points rouges. L'écrivain entourait également de points rouges les trous du parchemin. L'inspection du Jac-simib sulFit pour prouver que ce manuscrit renferme des lettres de formes très -variées.

IV. (Pi. I, n" 4, 1'' partie.) Le catalogue du Supplément latin ne désigne ce manuscrit que par le mot Virgilius. Il renferme les œuvres de Virgile accompagnées d'une glose interlinéaire et marginale. Le texte et la glose sont de la même main , et présentent tons les caractères de l'écriture lombardique. Ce manuscrit paraît être du x* siècle. 11 a un 23ied de hauteur sur huit pouces de largeur. 11 serait difficile de trouver une écriture plus régulière et mieux conservée. C'est M. Champollion qui a bien voulu nous indiquer ce manuscrit remarquable.

V. (PL 1, n" 4, 'i' partie.) i< Codex membranaceus, olim Tellerianus. Ibi « continentur : i" Anonymi tractatus de arte grammaticâ : desideratur ini- « tium; 2" Anonymi scliolium de rythmis, etc. . . .; 3" Glossœ vocabulorum quo- « rundam latinorum. Is codex longobardicis characteribus sœculo, ut videtur, « octavo exaratus est. » [Catal. de la Bibbothècjue du Roi.) — Quoique nous ayons emprunté fort peu de chose à ce manuscrit, cependant nous citerons ce qui en a été dit par les Bénédictins. Leur notice montrera que par un examen scrupuleux on arrive souvent à déterminer l'âge d'un manuscrit d'une manière positive. « La hauteur de ce manuscrit est de près de dix pouces et sa largeur « de sept. Le premier cahier manque. Les signatures sont en chiffres marqués « sur la première page de chaque cahier, ce qui se rencontre rarement dans « les anciens manuscrits. On trouve dans celui du Roi une table chronolo- '< gique à douze colonnes. La r'' marque les années bissextiles; la 2"^ celles de

« l'incarnation ; la 3*^ Tindiction; la Ix" les épactcs; la 5*" les concurrents; la « G*" Tannée du cycle lunaire; la 7° le commencement du carême; la S'^ les «années communes et cmbolismiques; la 9*" le quatorzième de la lune pas- « cale; la lo*" les fériés du quatorzième de la lune pascale; la 1 1"" le dimanche «de Pâques; la 12*^ le jour de la lune auquel tombe ce dimanche. Cette table «fait l'année 787 bissextile. C'est l'année 788 selon l'Art de vérifier les dates. « La table, après avoir fait l'année 82 4 bissextile, met le bissexte en 827, puis « en 832. En 879 nulle épacte où l'Art de vérifier les dates marque 29. » [Nouveau Traité de Diploniaiujue y tome III, page 76.) « Ce manuscrit renferme vers la « fin un petit écrit portant pour titre : Quotus sit annus ah incarnatione Domini , « avec phisieurs autres pièces concernant le comput. Il commence par l'an « DCCLXX\ III. Les premiers cahiers paraissent un peu plus anciens que le « 38% qui contient ce calcul. La même main continue sans aucun changement «jusqu'à DCCCXVI. Depuis DCCCXVII inclusivement jusqu'en DCCCXXV, «aussi inclusivement, les I, II, III, IV, V ou VI derniers chiffres sont d'une « autre main. Ainsi ils ont été ajoutés après coup. D'où s'ensuit qu'on acheva «d'écrire le manuscrit en 816. » [îhid. page 357.

VI. (Pi. 1 , 11° /i, 3" partie.) «S. Augustinus in Pentateuchum. IX saeculi. « Figures. » ( Catal. du fonds de S. Germain.) — Ce manuscrit, d'une écriture irrégulière, n'a fourni qu'un petit nombre d'additions à l'alphabet lombardique extrait du Virgile portant le n° 771 du Supplément latin.

VII. (PI. I, n" 4, k" partie.) « Glossarium antiquissimuin quod putatur An- «sileubi. 2 vol. in-folio maximo, VIII sœculi, litteris longobardicis. » [Catal. du fonds de S. Germain.) — Ce manuscrit a un pied neuf pouces de liauteur sur près de quatorze pouces de largeur. Les Bénédictins le placent au vni'^ ou au ix" siècle. Nous serions porté à croire qu'il est plutôt du ix*^. En effet, l'écriture lombardique est souvent remplacée par une minuscule Caroline dont la légularité ne saurait convenir au viii" siècle; et comme cette écriture occupe des feuillets entiers dans le corps de l'ouvrage, on ne peut supposer qu'ils ont été intercalés. Nous avons d'ailleurs remarqué , au moins dans un endroit , qu'un de ces feuillets est écrit d'un côté en lombardique et de l'autre en Caroline; ce qui prouve que le travail de cette transcription immense avait été partagé entre deux écrivains, comme cela se pratiquait souvent pour les ouvrages de longue haleine. Il est inutile de dire que les lettres reproduites d'après ce manuscrit dans notre première planche sont empruntées à des feuillets d'écriture loud^ardique. On remarque dans ce manuscrit un grand

noml)rc de lettres grises, non -seulement pour les initiales des mots, mais encore pour des mots entiers auxquels l'auteur avait consacré dans son dictionnaire un article de quelque importance. Les Bénédictins font remarquer la substitution assez fréquente de Ve sans cédille à la dipbthongue œ, et ils en concluent avec raison qu'on a tort de signaler la suppression de cette diphtliongue comme un caractère distinctif des écritures du xii^ siècle et des siècles suivants. Voici ce qu'ils ajoutent dans une autre partie de leur ouvrage sur cet ancien dictionnaire : « l). Rivet ne dit rien autre chose de ce manuscrit sinon « que S. Isidore est le dernier auteur qu'on y trouve cité, et qu'il paraît plus M ancien que ceux dont il venait de parler, quoique tous du ix^ siècle, et même « de la fin du huitième. Il fut donné en 1680 par M. Joli, chantre de la cathé- « drale de Paris, à l'aLbaye de Saint-Germain-des-Prés. Une note postérieure « à sa donation porte que M. de Caseneuve , dans ses Origines , cite souvent « le glossaire d'Ansilcubus , évcque goth , auteur peu connu. Sur les termes ^i armoiries , mouton, (juai, les citations de ce Monsieur se rencontrent, dit-on, « dans le glossaire. D'où l'on conjecture que c'est son Ansileubus. Catel cite « aussi le glossaire d'x\nsileubus ou d'Angileubus, qu'il avait copié sur un ma- « nuscrit de l'abbaye de Moissac. Mais les termes rapportés par cet auteur «prouvent que les manuscrits 12 et i3 de Saint- Germain en sont difl'érents. « Quelques notes écrites dans le même glossaire, il y a plus de deux cents ans, «le donnent encore avec moins de fondement à Paj)ias, puisque, suivant la « chronique d'Albéric , il llorissait au milieu du xf siècle. » ( Nouveau Traité de Diplomatïcjue, tome II, pages 83 et 84.)

VIII. (Pi. I, n° 5.) « Codex membranaceus, olim Colbertinus. Ibi conti- « nentur : 1° Paschasii Radberti, etc.; 2° Ildefonsi opusculum de azimo; 3° llde- «fonsi, episcopi Toletani, tractatus de perpétua virginitate B. Mariae Virginis: « praemittitur Gomesani presbyteri prœfatio in eumdem tractatum; /i° Versi- ^ « culi dicendi ante lectum episcopi : finis desideratur. Is codex sseculo nono ex- « aratus videtur. » [Catal. de la Bibliothèque du Roi.) — Le fac-similé a été extrait du manuscrit qui renferme les œuvres d'Ildefonse, c'est-à-dire de la seconde portion du volume portant le n° 2 855. Ce manuscrit a sept pouces et demi de hauteur sur cinq pouces et demi de largeur. Le traité sur la sainte Vierge est écrit en caractères wisi gothiques d'une admirable régularité. On y rencontre quelques lettres ornées. Les Bénédictins n'ont cité qu'un très-petit nombre de manuscrits wisigothiques, et leurs modèles ont été gravés presque tous d'après des fac-similé qu'ils avaient reçus d'Espagne. Cependant il était important de représenter un alphabet dont on pût garantir l'exactitude; c'est ce que nous

avons pu faire, grâce à l'obligeance de M. Guérard, qui a bien voulu nous indiquer ce curieux manuscrit.

IX. (PL II, n" 1.) « Codex membranaceus, olim Puteanus. Ibi continentur : « 1° Aurelii démentis Prudentii liber Catliemerino^n; 2° Ejusdem apotbeosis; « 3" Ejusdem bamartigenia; 4° Ejusdem psycbomacbia; 5° Ejusdem ex libro « Trepi c,re(pcoicù\ liymni quinque, primus martyribus Hemiterio et Cbelidonio : « secundus B. Laurentio : tertius Eulaliae virgini : quartus XVIII martyribus « Caesaraugustanis : quintus B. Vincentio; finis desideratur. Is codex sexto sae- « culo videtur exaratus. » {Catal. de la BibUothècjiie du Roi.) — L'estimation du catalogue imprimé de la Bibliotbèque du Roi s'éloigne beaucoup du jugement porté par Mabillon et adopté par les auteurs du Nouveau Traité de Diplomatique. « D. Mabillon juge ce précieux manuscrit au moins du iv^ siècle, et par « conséquent du temps du poëte cbrétien. Ce livre a un pied de liauteur et

« un demi-pouce de plus de largeur ' Il a 58 feuillets sous trois suites de

«signatures en cbiffres, accompagnées de la lettre cj. Il y en a d'abord six, «ensuite dix, enfin trois, plus six feuillets. Plusieurs feuilles manquent, etc. "Les signatures sont toujours au bas et au fond du manuscrit, comme dans « les plus anciens. C'est la variété des ouvrages qui les fait répéter. Car tout <i est de la même main, si ce n'est trois feuillets à la fin en écriture onciale à «' double trait, ronde et très-élégante; le tout de vélin très-fin et souvent en- «' dommage par l'encre corrosive. Les titres des livres sont répétés au haut de *< chaque feuillet, si ce n'est ceux qui sont de la première suite des cahiers, »< peut-être à cause que les pièces changent souvent. Les mauvaises lettres sont « corrigées ou eifacées par un ou deux traits. Les mots expongés ont un point *' sur chaque lettre. Quelquefois on ne laisse pas d'effacer ces lettres ou de les « barrer. Peu de fautes dans ce manuscrit, et encore viennent-elles des copistes. Il L'orthographe est bonne. Nous n'appelons pas mauvaise orthographe h pour »p dans scnpta, etc. H y a beaucoup de lettres liées, non-seulement à la fin, « mais encore dans le corps des poésies. On trouve même des JE. Ces lettres « liées tendent souvent un peu à l'écriture onciale, mais non pas à la minus- « cule. Les lettres conjointes ne sont si fréquentes qu'à cause des vers qu'on «veut finir. On marque au haut de chaque pièce, en marge, de quelle sorte « de vers elle est composée, et pour cela on se sert d'écriture demi -onciale. « Enfin on voit en marge quelques S en forme de C. Il serait difficile de trou- « ver réunies autant de notes caractéristiques des plus anciens manuscrits. »

1 il paraît que les relieurs ont considérable- d'iiui que onze pouces de hauteur sur neuf pouces ment diminué ce manuscrit, qui n'a plus aujour- quatre lignes de largeur.

[Nouv. Traité de Diplomatique , tome 111, pages 60 et 61.) Tout en adoptant l'opinion des auteurs du Nouveau Traité de Diplomatique, nous ne nous dissimulons pas qu'elle peut être controversée ; mais comme le catalogue imprimé rajeunit en général les manuscrits sur l'âge desquels il peut exister quelques doutes , il ne faut pas s'étonner qu'il soit en dissentiment avec les Bénédictins sur l'appréciation d'un manuscrit qui remonte à un temps où les termes de comparaison deviennent si rares.

X. (PL II, n** 2.) Le catalogue du Supplément latin indique seulement le titre de ce manuscrit, qui contient les œuvres de S. Cyprien. — Voici ce qu'en disent les Bénédictins : « Ce manuscrit a neuf pouces de haut et sept de large. « Il est composé de deux parties dont la première renferme les œuvres de S. Cy- « prien, et la seconde le psautier en grec et en latin ; le tout, excepté quelques «< titres , en onciale indistincte et à deux colonnes. D. de Montfaucon , dans une « notice écrite de sa main, estime la première partie d'environ le vii^ siècle, et «juge du vi*" ou vil'' la seconde. Pour ne parler ici que du S. Cyprien, il nous « paraît être du iv*" ou v" siècle. Du moins en porte-t-il tous les caractères. Le « vélin en est extrêmement fin et d'une grande blancheur. Chaque page est « divisée en deux colonnes renfermées entre deux perpendiculaires. L'écriture « est très-indistincte. Les textes des livres saints sont marqués par des lignes « rentrantes en deçà des perpendiculaires. Dominas est ordinairement abrégé «par Dms , note de la plus haute antiquité. L'écriture a des déliés très-fins. « Ses lettres sont rondes, demi-détachées et demi-anguleuses. Les T ont pres- « que la forme de IL Les M finales sont exprimées par i--^i ou Od au bout de « la ligne. Le q veut dire que, et dmi est écrit pour domuii. Les titres et les ex- « plicit sont en lettres onciales rouges et noires alternativement. Les trois pre- « mières lignes des titres sont rouges et souvent plombées. Les cahiers portent «leur signature sur la dernière page, à un demi-pouce du fond, en lettres «onciales, sans aucun ornement. On ne trouve en lettres capitales que le nom « de Cœcilii Cypriani dans les titres, encore quelquefois est-il en onciale mêlée «de capitale, ou en pure onciale. Les Y sont sans points. Les F n'ont que « comme deux points de traverse. Les T et les L sont presque comme des I. Nuls « points, sinon ceux qu'on a insérés après coup. Les moitiés de mots d'une ligne « sont généralement portées à l'autre. On ne remarque presque point de fautes «d'orthographe, ni d'abréviations , excepté quelques finales. Le mot Chnsti est « écritXPI. En un mot, notre manuscrit de S. Cyprien n'en cède point aux évan- « giles de S. Eusèbe pour lès caractères d'antiquité. » [Nouv. Traité, de Diplom. tome III, page 55.)

XL (PL II, n° 3.) «Codex iiiembranaceus, olim Putcaniis, et lilteris uncia- «libiis cxaratiis. Ibi conlineiUiir sancli Failli epistolas, ut et epistola ad « Hebraeos. E regione adjuncla est interpretatio latiiia. Ex illo exeinplari « triginta quinque folia, nefario ciijusdam scelere, aliquot abhinc annis avulsa «sunt, quae comitis Oxoniensis Harleii, suo in litteras amore celeberrimi , « munificentiâ in pristinas sedes rediêre. Huncce codicem doctissimus Bernar- « dus de Montfaiicon, argumcnto è litlerarum forma diiclo, septimo sa^culo « exaratum esse suspicatiir. » [CcitaL de laDihl. du Roi.) — On lit en tête du manuscrit : «Ce volume, contenant trente-quatre feuillets arrachés ou coupés du « fameux et précieux manuscrit des épîtrcs de S. Paul par l'apostat et le scélérat

« Aymon , fut envoyé à M. Tabbé Bignon, au mois de 1729 , par milord

«d'Oxford, seigneur anglois; il les avoit acheptés ou fait acbepter du voleur « Haymon. » Les feuillets qui existent aujourd'hui portaient autrefois les numéros i/i6-i5o, lySetiy/i, 178 et 179, 2o5et2o6, 332-338, 367 et 358, 384 et 385, 449-46i. On les a depuis numérotés au crayon de 1 jusqu'à 3/i. Cette nouvelle pagination ne comprend pas l'ancien feuillet 1-49, au bas duquel on lit : « Feuillet renvoyé de Hollande par M. Stofell, mars 1720. » Voici ce que les Bénédictins disent de ce manuscrit : « Quoique D. Bernard de « Montfaucon ne l'ait misqu'tà la tête des manuscrits du vii"" siècle, il semble « qu'on peut, sans rien craindre , le placer au moins un siècle plus haut. Les « proportions et la netteté des caractères sont dignes des siècles les plus bril- « lants de l'empire. Le bon goût règne également dans le latin comme dans le « grec. Ces deux langues réunies annoncent un manuscrit fait en Occident, dans «des temps antérieurs au vu" siècle, où la barbarie s'était déjà répandue de « toutes parts. Quand les esprits et les accents auraient été marqués de la pre- « mière main , ce ne serait pas une raison pour reculer si tard une écriture de « cette élégance. Mais ceux du manuscrit royal sont , non seulement d'une autre « main, mais elle paraît encore postérieure. C'est le sort de la plupart des ma- « nuscrits vraiment antiques. » [Nouv. Traité de Diplom. 1. 1, p. 691 et 692). « Ce « manuscrit vient de l'ancien monastère de S. Irénée de Lyon. Scaliger, dans « une lettre de l'an 1601 , écrite à Casaubon, se contente de lui donner une an- « tiquité vénérable. Il paraît du v'' siècle ou vi^ au plus tard. Le texte, à deux « colonnes, est divisé par versets très-courts. Les premières lettres des alinéa « sortent de la perpendiculaire. Les mots ne sont point distingués , ni par des « espaces , ni par des points. On y voit des e pour des i et des t pour des d. Une « preuve de sa haute antiquité , c'est qu'on y met au nombre des livres canoni- « ques des ouvrages que l'église, dans la suite, n'a pas reconnus pour tels. C'est « ce qu'on voit à la page 168, dans la stichométrie dont voici un extrait :

u Barnahae epist. ver. dcccl. (versus 85o. )

^^Johannis revelatio icc. (1200.)

« /iclus apostolorum iidc. ( 2 600. )

« Pasloris ver si (versas) iiii. ( /looo. )

« Àctus Paiili vers, ihdlx. ( 356o. )

K Revelatio Pelri cclxx. [i-jo.)

«Ceux qui savent que le latin devint commun à Constantinople depuis que « Coustanlin y eut établi le siège de l'empire, et que le grec était en usage dans « les Gaules dès le temps de S. Irénée , doivent être embarrassés à décider si ces « deux exemplaires ont été écrits par des Grecs ou des Latins. M. Simon ne « balance pas à prononcer qu'ils n'ont pu être écrits par des Grecs. Les raisons « qu'il en donne ne sont rien moins que convaincantes. » [Ibid. tome III, pages 1^3 et i44.) — Les Bénédictins ajoutent, à la page i44 du même volume : « Les corrections grecques de différentes mains, et en caractères onciaux inusités « en Occident, avec la version latine, semblent prouver que ce manuscrit vient «de Grèce, et même qu'il y a été conservé au moins jusqu'au ix*' siècle. » Les savants auteurs du Nouveau Traité de Diplomatique avaient , comme on vient de le voir, énoncé dans leur premier volume une autre opinion sur l'origine de ce manuscrit; mais ils persistent à le classer parmi les monuments du v*" ou du \f siècle, malgré l'appréciation de D. Bernard de Montfaucon. Leur opinion se trouve exprimée de nouveau à la page 4i4 du IIP volume : « Ce manuscrit, «disent-ils, parait de la fin du v° siècle. » S'ils n'avaient pas persisté dans leur sentiment d'une manière aussi positive, nous aurions dû nous borner à reproduire l'avis de D. Bernard de Montfaucon ; mais après avoir soigneusement examiné ce précieux manuscrit, il nous a paru qu'en le reportant à la fin du V siècle les Bénédictins n'en avaient pas exagéré l'antiquité. Leur sentiment se trouve encore confirmé par l'extrême finesse du vélin, qui est quelquefois, comme dans le S. Prudence, entièrement percé par l'action corrosive de l'encre. Ce manuscrit a neuf pouces un quart de hauteur sur sept pouces et demi de largeur.

XII. (PL II, n° 4.) Le catalogue du Supplément latin indique seulement le titre de ce manuscrit, qui contient les épigrammes de S. Prosper. — Voici ce quen disent les Bénédictins*: «On trouve marqué sur ce manuscrit, qu'il est « de la Bibliothèque de Sedan, et plus bas : Ex dono Christophori JiistcUi. Le nom « du lieu auquel ce manuscrit appartenait originairement a été gratté, en sorte «qu'il est très-difficile de le deviner. Nous croyons cependant y lire: Hic est

« liber Sancti Benedicii abbatis dicti Floriacensis monasterii. C'est sans doute un des « livres pillés par les Calvinistes pendant les troubles de leur prétendue réforme. « Il n'a que neuf pouces de hauteur et sept de largeur. Il renferme 106 épi- M grammes de S. Prosper, une pièce en vers adressée à sa femme, et un ouvrage « en prose, à la fin duquel on lit : Explicit de seniinatore verhi sermo pulcherrunus. « Ce sermon est de S. Augustin. Chaque épigramme de son disciple a deux « chiffres, tant dans la table que dans le corps du manuscrit. Le premier annonce « le nombre de l'épigramme, et le second, celui des vers qu'elle contient. Tous *< les titres et les sommaires placés à la tête du livre, et appelés capitules, sont en (( lettres capitales. Les deux dernières pièces n'y sont pas annoncées. On trouve «dans le S. Prosper du Roi, ammoneo pour admoneo, et autres expressions sem- « blables usitées dans les manuscrits des v"" et vi'' siècles. » [Nouv. Tr. de Dipl. tome III, pages 5o et 5i.) — Les Bénédictins accompagnent des remarques suivantes un fac-simile de ce manuscrit : « La seconde espèce d'onciale gallicane '< élégante esta doubles traits, indistincte, et fait conjonction de lettres à la fin it des lignes. Telle la voit-on dans le S. Prosper de la Bibliothèque du Roi, ap- « partenant anciennement à celle de Fleury ou Saint-Benoît sur Loire. Dans les « six vers que nous donnons pour modèle , l'hexamètre est saillant, et le penta- « mètre rentrant, de la manière qu'on les écrit aujourd'hui. » [Ibid. page iSg. ) Ils font remarquer en outre « les lettres conjointes, l'N avec le T et l'^E; les «abréviations scm pour sanctum, et (j' pour cjue; le point quelquefois à la fin, «quoique fort rare; la barre horizontale pour Vm; » enfin la diminution des lettres dans le dernier mot d'un vers. En résumé, ils fixent au commencement du \f siècle l'âge de ce manuscrit.

XIII. (PL II, n° 5.) Quoique l'écriture de ce manuscrit soit parfaitement conservée , les marges du papyrus ont été endommagées par la vétusté. Mais le papyrus avait probablement la même dimension que le parchemin qui lui sert d'enveloppe, c'est-à-dire un pied de hauteur sur huit pouces un quart de largeur. Ce manuscrit vient d'être habilement restauré, et sera désormais préservé de toute altération. Les Bénédictins l'avaient jugé assez important pour en faire graver une page entière. Voy. la planche III du Nouveau Traité de Diplomatique, tome I, page /486. «Cette planche, disent-ils, est tirée d'un « manuscrit de l'Abbaye de Saint-Germain-des-Prés, manuscrit dont l'âge ne «saurait être reculé au delà du vi" siècle. Pour- en garantir les cahiers, au- « tant de feuilles de parchemin les renferment. En ce genre, la France n'a rien « de plus précieux ni de mieux conservé. On jugera de la beauté des caractères « et de leur antiquité par les exemples que nous en publions. Nous en avons

« exprès laisse subsister les fautes; quoique les plus grossières, comme amittere « pour admittcre, eussent été corrigées par une main postérieure. Les i pour les « e, les e pour les i, les n pour les /, dans les verbes composés, y sont ordinaires. « On y trouve Yae, \œ et le muni d'une cédille; mais le premier est plus fréquent « et Yœ plus rare. Le point sur Ij est marqué avec assez d'exactitude. » (Jhld. pages 487 et 488.) — Mabillon parle aussi de deux manuscrits de S. Augustin, dans lesquels on avait employé à la fois leparcbemin et le papyrus. « Primum occurrit « Petavianae bibliotbecye volumenin folio minori, varios sancti Augustini sermo- « nés complectens, novem quaternionibus constans : in quo intégra etiam nunc « scriptura perdurât. Sic autem compactus est liber, ut papyraceis foliis mem- « branea ijitermista sint, ita ut primus quateruio intra bina folia membranea " contineat unum papyraceum : secundus quinque papyracea , tertius quatuor « intra duo folia itidem membranea : quartus septem papyracea geminis mem- >' braneis inclusa : et sic pro portione de caeteris. Alterum est exemplar quod « quondam fuit ecclesiao Narbonensis; nunc verô pênes illustrissimam dominam "de Pliimarcone asservatur. Coutinet hic codex quasdam Augustini epistolas, « tractatus item ac sermones nonnullos; constatque septem quinquennionibus, " à quibus alii avulsi ac distracti sunt. Quilibet quinquennio continet unum " lolium membraneum, et quatuor papyraceos seucorticeos membraneo inclu- « SOS; liabentque singula folia in altum pollices sexdccim, in latum novem *< aut decem : omnia numéro tria et sexaginta , quindecim videlicet membranea, « corticea verô quadraginta et octo. » [De re Diplomaticâ , liber primus , cap. VIÏI , n" XI, pag. 35.) — En comparant \e, fac-similé de Mabillon et celui des Bénédictins, on reconnaît que le manuscrit de la bibliothèque de M. Petau n'est probablement pas le même que celui qui appartenait, du temps des Bénédictins, à l'abbaye de Saint-Germain des Prés. Dans le Saint-Augustin de M. Petau, le corps d'écriture est un peu plus fin, les lignes sont un peu plus longues et un peu plus écartées. Quant au manuscrit qui avait appartenu à l'église de Narbonne, et qui avait seize pouces de hauteur, on ne peut le confondre avec celui de Saint-Germain des Prés, qui paraît n'avoir jamais eu plus d'un pied de haut. Il résulte de là qu'il était assez ordinaire d'employer simultanément le parchemin et le papyrus dans un même manuscrit. — En disant que l'âge de ce manuscrit ne saurait être reculé au delà du vi^ siècle , les Bénédictins semblent annoncer qu'il se rapproche plutôt du v'' que du vu"'. Après avoir examiné cette écriture avec le plus grand soin, nous avons cru devoir nous écarter un peu de cette appréciation sans sortir toutefois des limites du yf siècle.

XIV. (PL II, n° 6.) Le catalogue du Supplément latin indique seulement

le titre de ce manuscrit, qui renferme des lettres de S. A vit. — Les Bénédictins accompagnent un Jac-sunilc emprunté à ce manuscrit, des observations suivantes : « Piemarquez \e pourl't et \o pour \ii, comme dans les diplômes franco- « galliques. Si le P. Germon et ses partisans trouvent dans cette ortliograplie «irrégulière de quoi rendre les chartes suspectes, c'est peut-être parce qu'ils (I n'ont jamais ouvert les manuscrits qui nous restent de la première race de « nos rois. Dans l'original, les mots de la première ligne sont séparés par des « intervalles considérables, au lieu que la séparation des mots du texte est nulle « ou fort peu sensible. On n'y aperçoit ni points ni virgules. » [Nom. Tr. de Dipl. tome 111, page 42 3.) Plusieurs feuillets de ce manuscrit sont presque entièrement mutilés. Ce qu'il en reste aujourd'hui sera préservé de toute altération, grâce au soin avec lequel on a restauré les dél^ris de ce précieux monument. Les feuillets devaient avoir au moins un pied de hauteur et autant de largeur. En effet, l'écriture occupe un carré de dix pouces de côté. Les Bénédictins pensent que ce manuscrit approche beaucoup du temps de S. Avit, mort en 52 0. Le sens de cette phrase n'est pas tellement précis que nous pensions nous écarter beaucoup de l'appréciation de ces savants auteurs en reculant ce manuscrit jusqu'à la fin du \f siècle.

XV. (PI. 111 en entier et PL IV, n°' 2 , 3 et 5.) « Fragmentum Apologetici « Gregorii Nazianzeni pro tegumento assutum huic codici. Séries Piomanorum «pontificum à S. Petro ad Vigilium, sub quo hic codex scriptus estcirca ann.

« 54o Concilium Parisiense de Castroduni episcopatu. « [Catal. du fonds

de S. Germain.) — Ce précieux manuscrit est le plus ancien peut-être où l'on rencontre, sinon une date certaine, du moins des éléments qui peuvent en tenir lieu. Citons quelques observations présentées à cet égard par les auteurs du Nouveau Traité de Diplomatique. « C'est la plus ancienne collection de canons « qu'on connaisse. Elle nous vient de l'abbaye de Corbie. Ce précieux manuscrit « est haut de dix pouces et demi et large de huit. Il est couvert de deux planci ches de cœur de chêne ; mais on y a mis un dos de maroquin attaché avec « des clous de cuivre. Cette réparation n'a pas un siècle , comme le prouve le «parchemin gothique moderne, et le papier même avec lequel les planches « sont collées en dedans. A la tête est un caliier de l'Apologétique de S. Grégoire « de Nazianze, qui peut être de la fin du ix*" siècle ou du commencement du « suivant. Le second, qui est proprement le premier, commence par un cata- « logue de papes qui finit à Vigile, mort l'an 555. Après Hormisda, la main et «l'encre changent; l'on se contente de marquer les années, sans faire mention « des mois ni des jours, et de plus, il y a un trait à la fin des jours de ce pape,

« qui marque que le catalogue est terminé. Tout ce manuscrit, selon la première « suite des signatures, est de la même main qu'on voit finir à Hormisda. D'où « l'on conclut que cette portion du manuscrit aura été écrite vers l'an 624, peu « après la mort de ce pape. D. Mabillon veut que ce livre ait été écrit vers l'an « 5/io. Les barbarismes et les solécismes n'y sont pas rares. Ce manuscrit passe « à des écritures de différentes grandeurs et de différents genres : de la capitale « à l'onciale, de l'onciale à la demi-onciale, et de la demi-onciale à la minus- « cule, de la minuscule à la ciirsive, sans aucune règle. Il paraît qu'on écrivait « cette collection à mesure que l'on recouvrait les canons et les autres pièces « que l'on voulait y faire entrer. Aux feuillets i65 et 168 on trouve la date de « la 4 1^ année du règne de nos seigneurs, c'est-à-dire de nos rois; ce qui répond à « l'an 57 3 indiction VI , comme le porte encore cette date. Les enfants de Clovis « firent la conquête de la Bourgogne en 532 , ce qui donne la date de quarante «et une années, depuis cette conquête jusqu'au concile de Paris de 673. Mais « au lieu de XLI, il est plus naturel de lire XII, ce qui cadre exactement avec «l'année du règne des enfants de Clotaire. » [Nouv. Traité de DipL tome ÏII, pages 94 et gô.) « On trouve au feuillet 162 la lettre circulaire que Cliildebert « écrivit aux églises de ses états. Le titre en onciale est alternativement rouge « et noir. Les mots régis nostri font voir que cette lettre a été transcrite dans le «manuscrit, du vivant de ce prince. Les autres preuves que ce manuscrit est « du vi'' siècle, au moins dans sa partie la plus considérable, ne permettent pas « de croire que ces mots aient passé du premier manuscrit dans les suivants. Au « feuillet 166, dans les signatures des évêques, on laisse un vide au dessous duquel M un prêtre signe pour f év.êque d'Orléans ; puis on écrit en mérovingienne cur- « sive : Siibscripta consUtiitio m basdicâ domni Petri, indictione supra scnptâ, Pan- « sius. La basilique dont il s'agit ici est celle de f ancien monastère de S. Pierre, « qui prit dans la suite le nom de S^® Geneviève. La lettre des évêques au roi « Sigebert est en écriture onciale; mais la salutation est en mérovingienne cur- «sive, et se termine ainsi : Annis multis gloruun regiu vestri potentia divina cum « omnifelicitate conservit , domne gloriosissime hac (ac) praecellendssime domne. Suivent «les signatures en onciale. Les salutations et les dates, en écriture mérovin- « gienne, prouvent que cette écriture, appelée barbare par le P. Germon, est « contemporaine à la plus belle onciale. Ces salutations et ces dates en cursive « pourraient faire soupçonner qu'on aurait dressé ces actes dans les conciles « mêmes, si de pareilles écritures ne se voyaient dans quelques lettres de S. Léon, «renfermées dans le même manuscrit.» [Ibid. page i84.) — «Les signatures « manquent à la plupart des cabiers, parce que le relieur malavisé a coupé la « marge inférieure de trop près. Les points perçants sont au delà du texte

« renfermé par les perpendiculaires. Les alinéa excèdent, et les horizontales

« vont jusqu'au fond. L'j est sans point. Il y a beaucoup de notes de Tiron mal

« laites et de corrections fort anciennes. Les lettres rouges ont été recouvertes

«de métal. On a souvent récrit ou repassé la plume sur l'écriture, et comme

>« on ne l'a pas toujours fait fort exactement, cela la défigure quelquefois. H y a

« plusieurs corrections qui paraissent du vir ou du viif siècle. Les omissions

« rejetées au haut ou au bas de la marge portent à l'endroit k d, c'est-à-dire hic

« dic ou dicitur^ et en marge, h l, hic lege. F. K. signifie Frafres Karissimi. Au feuillet

«76, on voit au bas des pages des écritures presque indéchiffrables. Ces écri-

« tures, avec quelques mots renversés qu'on trouve au feuillet 79, pourraient

« faire douter si le vélin n'aurait pas servi à un manuscrit plus ancien. Mais il

« paraît que ces écritures sont contemporaines à ce beau manuscrit du \f siècle.

« Les capitules et les titres ne vont pas plus loin que le feuillet 92. Cependant

«la même main continue jusqu'au feuillet 139. C'est qu'elle augmentait sa

« collection à mesure qu'elle pouvait recouvrer quelques nouvelles pièces.

« Il y en a de répétées, ce qui marque peu d'habileté dans fécrivain. Au revers

« du feuillet 189 finit fécriture gallicane minusculo-cursive , et commence une

t< onciale anguleuse, où fon voit de temps en temps des b minuscules. On peut

« croire que tout ce qui suit a été écrit à proportion qu'on a pu recouvrer les

«actes des conciles. Le premier est celui de Clermont, de fan 535. Comme

« depuis la première main les cahiers n'ont que des signatures récentes, il se

« pourrait faire que ces cahiers auraient été transposés. On pourrait même con-

«jecturer qu'ils auraient appartenu à d'autres manuscrits, si les noms des

« papes n'avaient pas été ajoutés de la seconde main. Nous n'entrons dans ces

« détails que pour faire touchei' au doigt les divers moyens dont on peut se

« servir pour discerner fâge des manuscrits. » [Ibid. pages 2 98 et 299.) Il résulte

de ce qu'on vient de lire qu'indépendamment du cahier de TApologétique de

S. Grégoire de Nazianze, qui a été relié en tête de ce manuscrit comme pour

lui servir de garde, cette collection de canons se compose de deux parties bien

distinctes. La première et la plus ancienne, qui s'arrête à la moitié du folio

verso ]39, doit être considérée comme ayant été écrite après la mort d'Hor-

niisdas, et avant celle de S. Jean L"", son successeur, c'est-à-dire entre le 6 août

52 3 et le 18 mai 52 6. En effet, la liste de papes qui est en tête du manuscrit

s'arrête à Hormisdas, en marquant la durée de son pontificat en années, en

mois et en jours. Vient ensuite une liste supplémentaire qui s'arrête à Vigile,

mort en 555, et dans laquelle on ne fait mention ni des mois, ni desjours. Or

finspection du manuscrit prouve que les 189 premiers feuillets, et la première

partie de cette liste de papes, sont de la même main. C'est à cette première

partie du manuscrit qu'ont été empruntés les trois premiers fac-similé de la planche III. — Les Bénédictins pensent qu'on écrivait cette collection à mesure que l'on recouvrait les pièces que l'on voulait y faire entrer. D'un autre côté, ils avertissent que les cahiers delà seconde moitié du manuscrit peuvent avoir été transj)osés, attendu qu'ils ne portent que des signatures récentes. En effet, les dix-sept premiers cahiers portent seuls des signatures de la première main ; le XVIIP, dont les quatre premiers feuillets seulement sont de la première main , n'a pas été signé comme les précédents, parce que l'écrivain plaçait cette marque au verso du dernier feuillet de chaque cahier; mais, puisqu'il a écrit les (piatre premiers feuillets, ce cahier fait nécessairement suite aux dix-sept premiers. Il en résulte que les écritures postérieures à 626 ne peuvent se trouver qu'à partir de la portion du XVIIP cahier où la main change, c'est-à-dire à partir de la seconde moitié du folio verso 189. Les feuillets qui complètent ce cahier portent les n"' i/io, i^i , 1^2 et i43. Les actes du concile de Clermont tenu en 535, et une liste des provinces des Gaules, ont été transcrits sur la seconde moitié du folio verso 1 89 et sur les trois feuillets suivants. Le folio recto 1 43 renferme un acte sans date, et que Bréquigny rapporte à l'année 588. [EpistoJa Franci, Pauli , etc.) Le verso de ce même feuillet est resté en blanc. Il en résulte que les cahiers suivants n'ont pas d'abord été écrits pour faire suite à la première partie du manuscrit. En effet, dans l'hypothèse contraire, on aurait continué la suite des actes sur le verso du feuillet i43. Quand on s'attache d'ailleurs au caractère de l'écriture, on reconnaît que le feuillet l^3 n'offre pas plus de rapport avec celle du feuillet précédent qu'avec celle du feuillet suivant; ce feuillet a donc été écrit après coup. Passons à l'examen de la seconde moitié du manuscrit. 1° Après le feuillet i/i3 commence une nouvelle suite de cahiers qui s'arrête au feuillet 170, dont le verso est resté en blanc. 2° Les feuillets 171a 178 forment un cahier isolé de ce qui précède et de ce qui suit: en effet, une portion du folio verso 1 78 est restée en blao.n 3° Du feuillet 179 au feuillet 2 2 /i,la série des cahiers paraît établie dans un ordre rigoureux. 4° Vient enfin un dernier cahier d'une écriture onciale parfaitement régulière et qui n'offre aucun rapport avec les autres portions du manuscrit. La série des feuillets 143-170 renferme entre autres pièces les actes du concile de Paris tenu en 573. Les Bénédictins rapportent cette écriture à l'année même du concile. Cette portion du manuscrit a fourni le 5*^ et le 6"" fac-similé de la planche III. Le cahier isolé, qui est composé des feuillets 171 à 178, a fourni le ^\facsimile de la planche III. Quand on compare l'écriture cursive qui se trouve à la fin des actes du concile d'Orléans, renfermés dans ce cahier, avec la date du concile de Paris reproduite sur la planche III , on ne balance pas à reconnaître

que le cahier du concile d'Orléans doit être antérieur; et comme ce concile est de 549 , il est probable que la transcription en a été faite au moment même. C'est par ce motif que le fac-similé pris sur le feuillet 172 a été placé avant ceux des feuillets i65 et 166. On a vu d'ailleurs que ces deux portions du manuscrit étaient indépendantes, et que par conséquent elles avaient pu être transposées au moment de la reliure. La série dos feuillets 179 à 224 a fourni le ']^ fac-similé de la planche III. Cette série est postérieure au cahier du concile d'Orléans, et les Bénédictins l'ont jugée de la fin du vi° siècle. La disposition matérielle du manuscrit doit faire donner la même date au 2" fac-simile de la planche IV. Ce fac-similé est tiré du feuillet 170, qui complète le cahier du concile de Paris, et qui est par conséquent postérieur à 578. — L'âge de ce manuscrit est encore prouvé par plusieurs notes ajoutées postérieurement. L'une de ces notes est reproduite sous le n° 3 de la planche IV. Les Bénédictins l'ont jugée du commencement du vu'' siècle, et l'on ne peut leur reprocher d'en avoir exagéré l'antiquité. Enfin, des notes d'une autre main leur ont paru se rapporter au commencement du siècle suivant. De ce nombre est celle qui porte le n° 5 de la planche IV. — En résumé, ce volume renferme des écritures dont la date peut être fixée approximativement ainsi qu'il suit : 1° de 523 à 626; 2° vers 549; «^^ ^^^'^ ^y^; 4° fin du vi" siècle; 5'' (pour les notes) commencement du vu" et du viii*" siècle.

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