COULEUR DES SCEAUX DE CIRE
Depuis l'origine delà monarchie jusqu'à la fin du xi^ siècle, le sceau royal a été appliqué la plupart du temps sur une cire de couleur Llanchâtre. La surface de ces empreintes est souvent brunie par une couche de poussière plus ou moins épaisse qui fait corps avec la cire ^ ; mais l'intérieur du sceau est généralement d'un Liane terne. Les empereurs d'Allemagne ont employé fréquemment la cire blanchâtre depuis Otton P' jusqu'à Frédéric IV; mais, dans le même pays, les nobles et les ecclésiastiques ne s'en servirent habituellement que jusqu'au m'' siècle : c'était même une espèce de prérogative au xv* siècle que de sceller en cire blanche. « Frédéric IV, disent les Bénédictins, ayant « créé un duc de Modène et de Reggio, lui accorda le privilège de sceller en «cire blanche, comme faisaient depuis longtemps les princes de l'empire.» En France, sous la troisième race, l'usage de la cire blanchâtre était encore assez ordinaire au xif siècle pour les sceaux des rois, des ecclésiastiques et des nobles. Les Bénédictins le constatent par différents actes de Louis le Gros, de Guillaume, archevêque de Reims, au xii^ siècle; de Thibaut, comte de Blois, en 1186; de Richard, abbé de Gompiègne, en 1199. Le testament de Raymond VI, comte de Toulouse, fait en 1209; des actes de 1269, 1271 et 1807, déposés à la section historique des Archives du Royaume; enfin, un arrêt du parlement de Paris, rendu en i4o3 et scellé en cire blanche, prouvent que cette couleur n'a jamais été entièrement abandonnée.
«Parce que le jaune est naturel à la cire, disent les Bénédictins, Wilthe- « mius, Ruddiman, Leyser et quelques autres célèbres diplomatistes ont cru « que cette couleur a été celle des sceaux les plus antiques; mais Dom Mabil-
1 Les couches de poussière qui se déposent à la surface des sceaux finissent souvent par acquérir une grande dureté. Il est probable que cette poussière se combinait avec une substance grasse ou huileuse, qui pouvait être assez abondante lorsque l'empreinte n'avait pas encore vieilli. Ce mastic est trop adhérent à la cire pour qu'il soit possible de l'enlever en le grattant. Il suffît quelquefois d'employer une brosse un peu dure imbibée d'eau; souvent il est nécessaire de la tremper dans une préparation connue sous le nom d'eau seconde. Lorsque par ce moyen on ne réussit pas à nettoyer
parfaitement le sceau, il faut verser sur l'empreinte de l'eau seconde en assez grande quantité pour qu'elle recouvre entièrement la couche de poussière adhérente à la cire; au bout de dix minutes cette couche est ordinairement assez détrempée pour que l'action de la brosse la détache entièrement. Toutes les fois qu'un sceau doit être moulé , il est indispensable de le nettoyer parfaitement, si l'on veut obtenir une emprein te exacte; souvent même cette précaution est nécessaire pour aider au déchiffrement des légendes dont le relief a disparu.