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INSCRIPTIONS DES CONTRE-SCEAUX

Selon les Bénédictins, il n'y a pas de contre-sceaux plus anciens que ceux qui reproduisent textuellement la légende du sceau ; c'est à cette classe qu'appartiennent les contre-sceaux portant les n°' i et 3 de la planche R. On retrouve d'ailleurs la même dis2:)osition sur des contre-sceaux beaucoup plus récents, comme le prouvent les deux premiers modèles de la planche S et le contre -sceau n" 2 de la planche T. Cet usage était suivi lors même que les dimensions des contre-sceaux étaient moindres que celles de la face principale : tel est, par exemple, le contre-sceau n° 1 de la planche M. Il est inutile d'avertir que si Ton donne le nom de contre-sceau à une empreinte de cette nature, c'est parce qu'on la trouve appliquée au revers d'une autre empreinte; considérée isolément, elle réunit tous les caractères d'un sceau proprement dit. Il y a des contre-sceaux dont la légende , sans être entièrement conforme à celle du sceau, n'en diffère cependant que par quelques détails accessoires qui pourraient d'ailleurs convenir à un sceau véritable : c'est ce que Ton peut vérifier en comparant les deux empreintes reproduites sous le n° Ix de la planche S; celle des deux inscriptions qui commence par le mot sicjiUum appartient précisément au contre-sceau. Le mot sujillum n'est exprimé, il est vrai , que par la lettre S, qui pourrait être considérée comme sigle initial du mot secretum; mais l'empreinte est trop grande pour être celle d'un sceau secret; d'ailleurs le sens de la lettre S employée au commencement d'une

légende était consacré par un usage trop ancien et trop généralement suivi pour qu'on ait pu lui attribuer une autre signification. Nous ferons remarquer enfin que les Bénédictins signalent et justifient par plusieurs exemples^ l'emploi du mot sicjilhim dans des légendes de contre-sceaux; ils ajoutent que CCS empreintes servaient non-seulement de contre-scels, mais qu'on les employait séparément pour sceller les expéditions ordinaires et les actes moins importants. On ne doit pas douter, en effet, que cet usage n'ait été suivi, surtout à partir de la seconde moitié du xiii" siècle.

Parmi les empreintes que Ton trouve appliquées au revers d'un sceau, mais qui pouvaient aussi être employées séparément, on doit ranger celles dont la légende se rapporte à l'une des formes suivantes : SigiUum minus N, Sigillum parvum N, Sigillum secretum ou secreti iV, Secretum sigilli ou Secretum N. Les deux premières formules, Sigillum minus et Sigillum parvum, ne se rencontrent que fort rarement^; quanta celles qui annoncent un sceau secret proprement dit, on pourrait en citer des exemples sans nombre. Les diplômes munis d'un sceau public au revers duquel le sceau secret a été appliqué sont d'autant plus dignes de foi que le type du sceau secret ne devait être employé, selon toutes les probabilités, que par celui auquel il appartenait, ou par un dépositaire investi de sa confiance la plus intime. Un fait positif vient à l'appui de cette hypotbèse présentée par les Bénédictins. En effet, il existe aux Arcbives du Fioyaume (J. 2 4i) nn acte de 1276 auquel est suspendu le grand sceau de Jean, duc de Bretagne; sur l'empreinte appliquée au revers de ce grand sceau est gravée une légende qui commence ainsi : si. dvcis Britan. ad litteras CLAVs Sigillum clucis Briiannie ad litteras clausas Cette légende, tout incomplète qu'elle est, désigne suffisamment un sceau qui servait pour les lettres closes, et qui devait par conséquent rester entre les mains du duc de Bretagne: cependant il sert ici de contre-scel à un grand sceau suspendu à des lettres patentes.

Il nous reste à examiner quelles sont les formes les plus ordinaires des légendes gravées sur les contre-sceaux proprement dits, c'est-à-dire sur les types dont les empreintes ne pouvaient guère être appliquées qu'au revers du sceau principal. Il y a des contre-sceaux dont les légendes sont étroitement liées avec celles des sceaux dont elles complètent le sens : tels sont les contre-sceaux de

^ Les Bénédictins citent les contre-sceaux de re\evs: Sigillum parvum curieTrecensis ; Ia formule

Louis comte d'Evreux en 1807 , d'Amédée comte sigillum minus était gravée sur le second côté

de Savoie en 1807, et d'Eudes duc de Bourgogne du sceau dont Albert, archiduc d'Autriche, et

en 1337. Isabelle d'Espagne, son épouse, se servaient pour

^ Le sceau de l'officialilé de Troyes portait au le duché de Gueldre.

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