‹ Éléments de paléographie (volume 4)Chapitre 66 sur 282 · PARTIE IV. — CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — CHAPITRE VII

ARTICLE PREMIER

SCEAUX UKS FhlNCES S0UVEKA1.\S.

S I. SCEAUX DES (VOIS DE FRANCE

Quoique les détails présentés dans la Liste alphabétique des princes souverains, et les gravures jointes à cet ouvrage, fassent connaître les sceaux de la plupart des rois de France, il ne sera pas inutile peut-être de jeter un coup d'œil rapide sur Tensemble de ces monuments. Il est probable que la plupart des rois mérovingiens se sont contentés de faire graver sur leurs sceaux une tête vue de face, sans couronne ni diadème, et couverte d'une épaisse chevelure partagée sur le haut du front. Cependant, l'anneau d'or ^ de Childéric L% père de Clovis, représentait ce prince en buste, vu de face, la tête nue, et tenant un javelot de la main droite; Chilpéric I", petit-fils de Clovis, est vu aussi en buste, mais de profd et la tête couronnée, sur une empreinte gravée dans le Nouveau Traité de Diplomatique (tome III, PL LXVI). Selon les Bénédictins, Childéric III s'est également fait représenter en buste et de profd; mais le sceau dont ils veulent parler (voy. PL A, n" ^) est plaqué au bas d'un diplôme rendu au nom de Pépin le Bref, maire du palais; et comme il ne porte pas de légende qui permette d'affirmer que c'est un type royal , il semble plus naturel d'attribuer au chef de la seconde race un sceau qui offre beaucoup d'analogie avec ceux des autres Carlovingiens. Sauf quelques sceaux de métal et les deux pierres antiques représentant, l'une la tête de Bacchus, l'autre celle de Jupiter Sérapis (voyez dans la Liste alphabétique des princes souverains les articles de Pepin le Bref et de Ch.\rlemagne) , tous les, types employés par les Carlovingiens, jusqu'à Louis d'Outremer inclusivement, ne portent que des bustes vus de profd ^. Lothaire, fils de Louis d'Outremer, Hugues Capet et Robert sont vus de face et à mi-corps. A compter du règne

^ Cet anneau, découvert eu i653 à Tournai '^ Nous devons cependant signalei- une excepdans le tombeau de Childéric P', a été reproduit tion à cette règle générale. Mabillon cite un sceau dans le Trésor de Numismatique et de Glyptique appliqué au bas d'un diplôme de Pepin le Bref, d'après une empreinte prise sur l'original avant maire du palais, ou était représentée la tète de le vol commis il y a quelques années au cabinet Jésus-Christ accompagnée de deux anges, perdes médailles de la Bibliothèque du Roi; la lé- tant chacun un candélabre avec des cierges, et gendeconsistaitdanslesdeuxmotsC/ijWe/Kir^t/w. agenouillés en signe d'adoration.

de Henri P'" paraissent les sceaux de majesté, où les rois sont représentés assis

sur leur trône.

A défaut de textes positifs, les sceaux suffiraient pour prouver que les Mérovingiens portaient les cheveux fort longs; les rois de la seconde race sont, au contraire, représentés avec des cheveux courts: il en est de même des premiers Capétiens. Les cheveux longs ne paraissent bien distinctement que sur les sceaux de Louis le Jeune, de Philippe-Auguste et de Louis YIII; ceux de leurs successeurs, au ]ieu de tomber sur les épaules, descendent tout au plus jusqu'au bas du cou; souvent même ils sont bouclés à la hauteur des oreilles. « Quant aux barbes de nos rois, disent les Bénédictins, les sceaux des Mérovin- « giens n'en donnent bien clairement qu'à Childcbert III et à Chilpéric-Daniel ; « mais D. Mabillon a prouvé que les autres rois de la même race ont nourri leur « barbe, à l'exemple de l'empereur Adrien et des empereurs grecs qui régnèrent « en Orient depuis Justinicn. Cependant la barbe des princes Mérovingiens « n'était que médiocrement longue. Elle couvrait tant soit peu les lèvres et le « menton, d'où elle pendait comme un petit bouquet. C'est l'idée qu'en donne « Eginhard au commencement de la Vie de Charlemagne, où il dit que les

«derniers rois Mérovingiens étaient crine profuso, barba submissâ Tous les

«sceaux de Charlemagne cités par D. Mabillon et Heineccius, excepté celui "de Saint-Maximin de Trêves, donnent à ce prince une barbe courte et très- « décente. Les empereurs Louis le Débonnaire, Lothaire et Charles le Chauve « en portèrent de semblables sur les joues et au-dessus des lèvres. Charles le « Simple et quelques autres rois de la seconde race paraissent sans barbe sur «leurs sceaux, quoique probablement ils en aient porté.» Bien que les empreintes des sceaux ne soient pas toujours assez nettes pour qu'on puisse distinguer des détails de ce genre, il paraît cependant que les premiers Capétiens , jusqu'à Louis YI inclusivement, étaient représentés avec une barbe assez longue; on n'en trouve aucune trace sur les sceaux depuis le règne de Louis VII jusqu'à celui de François V'\ Il est inutile d'avertir que sous ce rapport les sceaux des rois de France ne sont pas toujours d'accord avec les historiens. Les graveurs n'étaient probablement point assez habiles pour re- . produiie exactement les traits et le costume d'un roi : rien de plus dissemblable, par exemple, que les deux sceaux de Philippe le Hardi (PI. E, n"' i et 2 ). Il est évident aussi que plusieurs de ces gravures manquent d'originalité, et que, pendant longtemps, le même type était servilement imité, sinon dans son ensemble, du moins dans un grand nombre de détails. Nos rois, depuis Hugues Capet jusqu'à Louis le Gros, ont les bras repliés et collés contre le corps, de sorte que les coudes touchent aux hanches, et que les mains s'élèvent

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