‹ Éléments de paléographie (volume 4)Chapitre 79 sur 282 · PARTIE IV. — CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — CHAPITRE VII

Un sceau suspendu à un acte du 21 juillet i38o (J. 386) représente Wenceslas assis sur un trône dont les parties latérales sont ornées d'arcades gothiques; l'écusson impérial et celui de Bohême paraissent dans le champ. Cette empreinte a près de trois pouces trois quarts de diamètre :t Wenzesl. Dei gracia Romanorvm rex semper avgvstvs et Boemie rex. Au revers, on voit l'aigle à deux têtes. Le sceau royal de Sigismond n'avait pas de contre-sceau. « Un seul côté, disent les Bénédictins, représentait ce prince assis, avec six écus- « sons représentés aux côtés de l'image, et cette inscription : Sirjismiindus Dei '< gra. Romanor. rex semp. augiist. ac Hiingar. Dalmac. Croac. Rame Servie Gal- » licie Lodomere Commie} Dalgariecjue rex marchio Brandebargensis necnon Bohe- ^( mie et Lucemburgensis hères. Sigismond, après avoir été couronné empereur, «se servit d'un sceau, au premier côté duquel il fit mettre sa figure avec «cette épigraphe : Sigismundus Dei gratia Romanorum imperator semper au-

« GUSTIJS AG HUNGARIE BoilEMIE DaLMACIE GrOACIE RaME SeRVIE GaLLICIE LoDO-

« merie Gommie. Bulgarieque rex et Lucemburgeînsis HERES. Au revers ou con- «tre-scel, on voit une aigle avec les rimes, Aquila Ezechielis^, etc. Frédé- «< rie IV, que divers auteurs ne comptent que pour le troisième empereur de « son nom, s'est servi de divers sceaux. Schmidius, abbé de Marienval, a publié «un diplôme donné par cet empereur l'an i458, et auquel est suspendu un «sceau de cire verte, de forme ronde, et dont le diamètre est d'environ six « pouces. Pour marquer que ce diplôme a été revu par l'empereur, on y a «attaché son sceau secret de forme octogone, qui représente trois écussons, «savoir l'impérial et ceux d'Autriche et du Tirol, avec les cinq voyelles mys- « térieuses A. E. I. 0. U. Sur l'écu de l'empereur, on voit ces deux sigles F. A. « qui signifient Fridericus augustns. Les autres sceaux de cire représentent d'un « côté Frédéric assis sur son trône impérial, et les écussons des provinces au-

« trichiennes disposés en cercle^ L'aigle à deux têtes se voit de l'autre côté

«avec les vers rimes Acjuila Ezechielis, etc., et le symbole A. E. I. 0. U. De- « puis Charles IV, l'usage avait prévalu que les empereurs ne prissent qu'une «seule aigle pour leurs armes, lorsqu'ils n'avaient pas encore demandé la « couronne au pape; mais lorsqu'ils l'avaient obtenue, ils prenaient l'aigle « double ou à deux têtes. Depuis Frédéric IV, mort l'an 1^98, les sceaux des

' Au lieu de Commie, il y a dans le Nouveau celis — Volai ipsa sine meld — Quo nec aies nec

Traité de Diplomatique Comae; mais six lignes propheta — Evolavit alciùs. Au lieu de sponse, du

plusbason trouve Commie; ce dernier mot paraît Gange lit sponte; d'autres auteurs pensent qu'il

être une abréviation plus naturelle de Commaria faut lire sponsa. (Gomorn). 3 La légende de ce sceau a été citée dans le

^ Aquila Ezechielis. — Sponse missa est de chapitre précédent.

«empereurs cV Allemagne ne les représentent plus assis dans des trônes. Cette « représentation est réservée pour le premier côté des bulles d'or. » En effet, deux empreintes du sceau de Maximilien, suspendues à deux actes, l'un de i5o8, l'autre de i5i6 (J. 5o6 et 663), ne représentent que des écussons accompagnés de leurs timbres et de leurs supports. La légende en petite capitale occupe un double cercle concentrique, et renferme la longue énumération de tous les titres de l'empereur. Ces deux empreintes, dont le diamètre n'est que de deux pouces trois quarts, n'ont pas de contre-sceau. Maximilien avait aussi un sceau secret de quinze lignes de diamètre , dont une empreinte est suspendue à un acte de i5oi (J. 916, olîm 856) : secretvm camere Maximiliani Ro- MANORVM REGIS. Plusicurs des successeurs de Maximilien ont eu des sceaux dont le diamètre excède quatre pouces et demi.

s IV. SCEAUX DES ROIS DE HONGRIE, DE BOHÊME, DE SL'ÈDE, DE DANEMARCK, ET DE NORWÉGE.

« Heineccius conjecture avec fondement, disent les Bénédictins, que les « anciens sceaux des rois voisins de l'empire sont une imitation de ceux des «empereurs. S'il faut juger de ceux des rois de Hongrie par celui de la reine « Elisabetb, suspendu à un traité d'alliance fait en 1867, ^^ grand sceau royal «de ce royaume ne diffère guère de ceux que les Allemands appellent sceaux «Je la majesté. Elisabeth y paraît assise sur son trône, la couronne en tête et « en habits royaux. Elle tient un long sceptre fleurdelisé dans sa main droite, «pendant qu'elle porte sa gauche sur sa poitrine. L'inscription du sceau est : « s. Elisabeta Dei gra. Hungari. regina princeps Salernitana.

«Dom Hueber a publié le grand sceau d'Otakar, pendant à un diplôme de « l'an 1264. Au premier côté, ce roi de Bohême est assis sur un trône dont les « deux côtés sont ornés chacun d'une fleur de lis. Il porte une couronne de « trèfles. Le sceptre qu'il tient dans sa main droite est terminé en fleur de lis, « et le globe qu'il soutient dans sa gauche est surmonté d'une croix. Au contre- « scel le roi est représenté à cheval sans étriers, le casque en tête , la pique à la « main droite , l'épée au côté et le bouclier sur l'épaule gauche, avec un lion dans « le champ. Le caparaçon traînant du cheval est chargé de croix, de deux « aigles éployées, d'un lion, d'un écu, etc. Le sceau de Wenceslas IP , roi de «Bohême, pendant à un diplôme de l'an i3oo, représente ce prince cou- « ronné, assis sur un trône, tenant un sceptre de la main droite et un globe « de la gauche. Aux côtés, il y a deux écussons, une aigle et un lion couronné.

^ On nomme ce roi Wenceslas IV, quand on tient compte des dacs de Bohême qui ont porté le nom de Wenceslas.

Page 1