PARTIE IV. —CHAPITRE VU
t s. Ferriderici dvcis LoTHORiNGiE ET MARciiio^is. Oiî Yoit uiiG aigle dans le champ , derrière le duc. Nous présumons que c'est la gravure réduite d'un sceau de deux pouces trois quarts de diamètre , dont il existe aux Archives du Royaume une empreinte mutilée. Le sceau de Raoul (i3'i8-i3i46) se distingue par l'aigle qui sert de cimier à son casque. Celui de Marie de Blois , sa femme, représente un écu parti de Lorraine et de Blois, supporté par deux hommes sauvages, et suspendu à un arbre; on voit dans le champ deux aigles, et au pied de l'arbre deux lions couronnés. On connaît troissceauxde Jean P"^, qui porta le titre de duc depuis 1 3 ^6 jusqu'en 1390 ou 1 3 9 1 . Le champ du sceau équestre est losange et semé d'alérions; l'empreinte qui existe aux Archives du Royaume (J. 679 , an 1 367) ne laisse paraître qu'une partie de la légende, que nous complélons d'après la gravure de DomCalmet: sigillum Iohannis ducis Lothorigie. ET MARCHiONis. On voit au revers l'écude Lorraine : t contrasigillum Iohannis DUCIS LoTHOR. ET MARCH. ^ On trouvc au bas d'un acte de 1378 (J. 986, oliiu 926) un sceau de seize à dix-sept lignes de diamètre , portant l'écu de Lorraine timbré d'un casque couronné , qui a pour cimier une aigle ; cet écu est placé entre deux grillbns: s. Iohis. dvcis Lothor. z. march. Enfin , Dom Calmet a publié , d'après un acte de i373 , un autre sceau à peu près semblable , mais sur lequel on ne voit pas de griffon : s. Iohannis dvcis Lotoringie. Charles II est monté sur un cheval galopant vers la gauche ; son casque a pour cimier une aigle ; le champ du contre-sceau est occupé par l'écu de Lorraine : « sigillum « Karoli ducis Lothoringic (et marchionis) — t contrasigillum Karoli ducis « Lothor. z. march. » Dom Calmet a publié un petit sceau de Charles II, à jdcu près semblable à celui de Jean ; au lieu de griffons, ce sont des lions couronnés qui servent de support à l'écu de Lorraine. René d'Anjou (1 43 1-1 453) n'a probablement pas eu de sceau équestre; on voit, sur une gravure publiée par Dom Calmet, une couronne ducale au-dessus des armes d'Anjou-Sicile (trois fleurs de lis brisées d'un lambel de cinq pendants). L'inscription est précédée de la croix de Lorraine^ : Renatvs ex Sicilia liliis coron atvs. Le champ du contre-sceau est occupé par quatre écus orbiculaires aux armes de Hongrie , de Jérusalem , d'Anjou et de Bar; la croix de Lorraine sépare entre eux les mots de cette légende : Andegavis Bari dvx et Provinci/e comes.
Nous n'avons trouvé aux Archives du Royaume que des empreintes mutilées du sceau de Thibaut II , comte de Bar ; il portait à deux bars adossés, semé
L'inscription de ce contre-sceau n'est pas la ^ On appelle croix de Lorraine ou croix patriar-
meme dans Dom Calmet; nous la donnons plus cale, celle dont la branche verticale est ren-
exactement , d'après une empreinte originale qui contrée par deux branches horizontales, et sert
existe aux Archives du Royaume. ainsi de tige commune à deux croix.
de croix au pied fiché; ces armoiries se voient sur son bouclier, sur le caparaçon du cheval et sur Fécu du contre-sceau (J. 208, an 1272) : s. Theobaldi (comitis Barri) dvcis — t s. secreti comitis Barri dvcis. Sur le sceau équestre et le contre-sceau de Henri III, son fils, les trois branches supérieures des croix sont recroisetées : sigillvm Henrici comitis Barri dvcis — ir s. secti. COMITIS Barri dvcis (J. 58i,an i3oi). Le sceau d'Edouard I" est aux mêmes armoiries; la légende du premier côté, qui est incomplète, se termine par le mot MiLiTis; on lit au revers: t contras, comitis de Barro (J. 58 1 , an i33^) . Henri IV lui succéda en iSSy, et mourut en \?>[xk. Yolande de Flandre, sa veuve, qui épousa en i353 Philippe de Navarre, comte de Longueville , employait en 1373 deux sceaux ronds, de deux pouces trois quarts de diamètre. On la voit debout entre deux écussons, soutenus chacun par un homme sauvage et une femme; deux autres femmes retiennent la draperie rattachée aux ornements gothiques qui régnent dans le haut du champ ; un de ces types la représente croisant les bras; Vautre, étendant les mains vers les deux écussons, dont les armoiries sont les mêmes sur l'un et l'autre sceau. L'écusson placé à sa droite est écartelé (au i"et au /i% aux armes de Navarre; au 2^ et au 3% semé de France , brisé d'un bâton en bande , les deux quartiers supérieurs brisés d'un lambel de trois pendants); l'autre écusson est parti: le \^\ coupé (en chef, aux armes de Navarre ; en pointe, semé de France et brisé d'un bâton en bande) ; le 2% aux armes de Flandre. Ce second écusson se retrouve sur les deux contre-sceaux ; l'empreinte sur laquelle il est entouré des symboles des quatre évangélistes porte pour légende : qts. Yolat. d. Fladres. contesse. d. Bar z. dame de Cassel. On lit sur l'autre contre-sceau: +9TRES. Yolet. d. F'lad. cotesse. d. Bar d. Log. [Longueville) z. dame d. Cass. Les mêmes titres étaient probablement exprimés dans les légendes principales qui sont détruites (J. 58i). En 1/129, René d'Anjou, duc de Bar, marquis de Pont et comte de Guise, employait un sceau secret sur lequel on voit son écu timbré, supporté à dextre par un lion , à sénestre par une aigle ; cet écu est écartelé au 1" et au A* d'Anjou , au 2 "^ et au 3'' de Bar, l'écu de Lorraine ^ brochant sur le tout : « secretu. Renati ducis Barensis marchiois. Pontis comitis Guse. » (J. 983, ohm 923.)
L'auteur de l'Alsace Illustrée a publié quelques sceaux des comtes ou landgraves d'Alsace ; il en donne trois d'Albert le Riche, comte de Habsbourg et landgrave de la haute Alsace (1 180-1 199). L'un de ces sceaux, attaché a une charte de 1 186, représente Albert le Riche coiffé d'un casque à visière, tenant
^ Il n'était pas encore dur de Lorraine; mais il a\ait épousé, en 1A19, Isabelle, fille aînée de Charles, duc de Lorraine.