‹ Éléments de paléographieChapitre 2 sur 492 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

de marcher dans une voie qui avait été frayée d'avance. Cependant il me restait encore beaucoup à faire.

H aurait fallu en effet que ce précis fût court, méthodique, et autant que possible complet. Je ne me dissimule pas qu'un texte de plus de mille pages doit nécessairement paraître fort long; ma seule excuse, c'est que le Nouveau Traité de Diplomatique en renferme quatre fois autant. Je serais trop heureux d'ailleurs si lon n'avait à me reprocher qu'un défaut de proportion dans l'analyse des immenses travaux accomplis par les Bénédictins. Je demande la permission d'indiquer en peu de mots la marche que j'ai suivie.

Cet ouvrage se compose de quatre parties principales et d’un Appendice. La première partie est consacrée à la chronologie. J'ai pensé qu'il ne suf fisait pas d'indiquer la solution théorique des difficultés qui se rencontrent le plus ordinairement dans les chartes et dans les ouvrages d'histoire; mais qu'il convenait aussi de présenter, d'après l'Art de vérifier les dates, la concordance des ères, des cycles, des fêtes religieuses, etc. En donnant la liste chronologique des princes qui ont régné dans différentes contrées de l'Europe, je savais que j'étais exposé à commettre plus d’une erreur, puisque les historiens ne s'accordent pas toujours sur les dates de l'avénement et de la mort, ni même sur l'ordre de succession, ou sur l'existence de certains rois !. Pour résoudre quelques-unes de ces difficultés, il aurait fallu entreprendre de longues recherches dont le succès, fort douteux d'ailleurs, n'aurait pas été d'une grande utilité pour les personnes qui étudient spécialement l'histoire de France. J'ai donc pensé que des renseignements chronologiques un peu étendus n'étaient réellement nécessaires que pour les rois de France, d'Angleterre et d'Italie, les papes et les empereurs d'Allemagne. Dans la seconde partie, après avoir présenté quelques observations générales sur le style, la nomenclature des actes et les formules employées le plus ordinairement, j'ai donné, sous le titre de Liste alphabélique de princes souverains, un formulaire facile à consulter, et qui fournira peut-être quelques indications utiles pour la vérification des diplômes royaux. La troisième partie a pour objet la paléographie proprement dite, c'est-à-dire le déchiffrement des écritures et le moyen d'en fixer l'âge. Je

1 Je citerai, par exemple, le roi Harald qui,se- non I‘, au moins jusqu'en 1017, tandis que plu-

lon Langebek (Scriptores rer. Danic.t. Il, p.479 sieurs historiens, supposant qu'il est mort avant et 481, note {), régna en Danemarck après Sué- son père, fixent l'avénement de Canut à l'an 1014.

PRÉFACE. v ne me suis que bien rarement écarté des principes généraux posés par les Bénédictins ; quand il m'a paru nécessaire d'y introduire quelques modifications, je n'ai pas manqué d'en avertir le lecteur. Si jéprouve la crainte de n'avoir traité que bien imparfaitement cette question importante et difficile, je suis heureux du moins de savoir que mes lecteurs auront sous les yeux, grâce au talent de M. S. Jacobs, des fac-simile dont Texactitude rigoureuse mérite une entière confiance. Les gravures du Trésor de Numismatique servent de complément aux planches de fac-simile ; mais en même temps elles se rattachent à la quatrième partie, qui est consacrée à l'étude des sceaux. Plusieurs personnes m'ont engagé à exposer les règles élémentaires du blason ; j'ai déféré à cet avis, et j'ai décrit les armoiries d'un assez grand nombre de seigneurs, telles qu'elles sont représentées sur les sceaux. La science héraldique n'est plus dans nos mœurs, mais elle fournira toujours des documents précieux pour Thistoire du moyen âge. J'ai réuni dans l'Appendice, à la suite de la quatrième partie, les planches et les observations qui s'y rattachent. Ces renseignements accessoires auraient pu à la rigueur trouver place dans le corps même de l'ouvrage, mais il a paru préférable de les grouper dans un supplément où il sera plus facile de les consulter.

J'ai dû citer un si grand nombre de dates, qu'il était en quelque sorte impossible, malgré la vérification la plus scrupuleuse, de ne pas laisser échapper quelques fautes : je les indique à la suite de la table des chapitres, et je prie instamment le lecteur de vouloir bien les corriger.

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