‹ Éléments de paléographieChapitre 278 sur 492 · PARTIE IL — CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

PARTIE IL — CHAPITRE VII

qui n’est pas annoncé dans lé corps de l'acte, mais qui est accompagné de la formule : « Signum incliti

«regis Chlotarii. Ego Atalus obtuli et suscripsi. » Vient ensuite la date : « Datum sub die vin Cal. Marti an. v cregni nostri. Actum Suessionis civitalis, in Dei no-

«mine feliciter, amen. »

Crorae IT, fils de Chilpéric I”, devient roi de Soissons, à l’âge de quatre mois, en septembre 584,

sous la tutelle de sa mère Frédégonde, succède en 613 à Thierry dans les royaumes d’Austrasie et de Bourgogne, et règne ainsi sur toute la France jusqu'en 628, époque de sa mort.— La souscription et le sceau sont annoncés par la formule suivante, dans un diplôme qu'il accorda en 627 à S. Longis : « Et ut hæc «præceptio firmior habeatur etin omnibus conservetur, «manüs nostræ subscriptionibus subter eam decrevi- «mus roborare et nostro sigillo sigillare. » Cette formule,

citée par les Bénédictins, tom. V, pag. 66

peut paraître douteuse à cause du mot sigillum. On sait que les Mérovingiens se servaient du mot annulus. Dans

un autre diplôme la sou:

ption est ainsi conçue :

«Chlotacharius in Christi nominé rex hanc præceptio-

«nem subscripsi. »

Crorame ou Crovis IT. Voy. CLovis IT.

Crorarre II, fils aîné de Clovis IT, devient roi de Neustrie et de Bourgogne en septembre 656; reconnu

galement roi d'Austrasie, il règne seul en France jusqu'en 660, époque à laquelle son frère Childéric IT est placé sur le trône d’Austrasie. Clotaire IT mourut au mois de juillet 670. — Ses suscriptions sont ainsi conçues : « Clotharius, Chlotharius ou Chlotacharius «rex Francorum , vir inluster.» Voici comment se termine un de ses diplômes : «Et ut hæc præceptio fir- «mior habeatur et per tempora conservetur, nos et «præcelsa genitrix nostra Baldechildis regina maxima «nostris signaculis subter eam decernimus adfirmare. « Vidrehadus jussus. Signum gloriosi domni Chlotharii «regis. Signum præcelsæ Baldechildis reginæ. Data sub «die xxr11 mensis Decembris, anno v regni nostri, Stir-

piniaco. In Dei nomine feliciter. » Après Vidrehadus Jussus il devait sans doute y avoir le mot obtuli, qui pouvait être écrit en notes tironiennes et qui n'aura pas été déchiffré par les copistes.

Crovis L°, fils de Childéric I”, succède à son père en 481, et meurt le 27 novembre 511. H prenait la qualification de vir inluster. Il reçut le titre de trèschrétien dans le testament de S. Remy, et celui de

fils de l'église catholique lui fut donné par le concile

d'Orléans. L'empereur Anastase lui conféra en 507 la dignité de consul honoraire et de patrice. I recut en même temps le titre d'auguste. Dès ce moment il prit, à l'exemple des empereurs, les marques de la souveraineté, telles que la pourpre, la chlamyde et le diadème. H disait en parlant de Clotilde : Crochildis regina mea. Sous les Mérovingiens, le titre de reine était aussi donné aux filles de rois. Son diplôme pour la fondation de l'abbaye de Mici près d'Orléans commence ainsi

« Chlodoveus Francorum rex, vir in- «Juster, tibi, venerabilis senex, tuoque Maximino, etc. » Le texte de cet acte se termine par l'invocation de la sainte Trinité : « Sint vobis loco patriæ in perpetuum «possessiones quas donamus in nomine sanctæ, indi- «viduæ, æqualis et consubstantialis Trinitatis.» En voici la souscription : « Ita fiat ut ego Chlodoveus volui, » et plus bas : « Eusebius episcopus confirmavi.» Son diplôme pour l'abbaye de Moutier-Saint-Jean offrait, suivant Pérard, cité par les Bénédictins, un monogramme renfermant la plupart des lettres du mot Clodoveus, etaccompagné de ces mots : Signum Clodovei regis Francorum. La date était ainsi conçue : « Datum «sub die quarto Kalendas Januarias indictione quintä. «Actum Remis civitate in Dei nomine feliciter. Ego «Anachalus obtuli anno regni Clodovei xvr.» Dom Bouquet pense que l'indiction a été ajoutée après coup. Les auteurs du Nouveau Traité de Diplomatique pensent au contraire que l'ignorance même des Francs les forçait de suivre en tout les usages des

Romains.

Crovis IL, nommé aussi Clotaire, fils de Dagobert I", succède à son père le 19 janvier 638, dans le royaume de Neustrie et de Bourgogne, etmeurt après le 5 septembre 656. Son diplôme de 653 porte la suscriplion suivante : « Chlodovius rex Francorum, vir “inluster , ete.» Il se termine ainsi: «Quam virô au- «ctoritate decrivemus Christum in omnebus nobis «subfragantem ut firmior habeatur et per tempora «conservitur, subscripcionebus manûs nostrae infrà «roborare. Beroaldus optuli. Chlodovius rex (suit le «monogramme) subscripsi.» Après les signatures de près de cinquantetémoins, on lit unedate ainsi conçue : «Datum sub die x Kal. Jul. anno xvi regni nostni, « Clipiaco in Dei nomine feliciter. » Dans un diplôme de 638 son monogramme et celui de sa mère sont annoncés par la formule suivante : « Ut autem hæc «præceptio nostræ cessionis firmior habeatur, vel per «futura tempora, Deo propitio, inviolabilis conserve-

a genitri ra Nandechildis ma- «tur, nos et præcelsa genitrix nostra Nandechildis ma

«nuum nostrarum signaculis adumbravimus. » Ce qui

ve que cette formule annonce les monogrammes ,

prou

284 ELEMENTS DE c'est qu'on les retrouve marqués au bas d’un diplôme après la déclaration suivante : « Proprià subscriptione «inserere non possumus nos et præcelsa genitrix nos- «tra.» C’est donc le mot subseriptio qui désigne la signature, et signaculum ne doit s'entendre que du monogramme, que lon pouvait faire tracer à Clovis en lui conduisant la main. — Le sceau de Clovis IT est

très-pelit et indistinct.

Czovis III, nommé aussi Clotaire, fils de Thierry IT, succède à son père comme roi de Neustrie et de Bourgogne au printemps de l’année 6g1 , et meurt au mois

de mars 695. Ses diplômes commencent ordinaire-

ment ainsi: « Chlodoicus, Chlodovius ox Chlodoveus «rex Francorum, vir inluster. » Îs sont attestés dans la forme suivante : « N. recognovit ou jussus recognovit. » Les dates sont ainsi conçues : «Datum où (datum quod «ficit) mensis Madius, Mensis Junius, dies quinque ou «quindecim, etc.» ou bien sub die Kal. Novembris, ou encore pridiæ Kalendas Martius. Vient ensuite année du règne, qui est suivie ordinairement de la date du lieu et de la formule /n Dei nomine feliciter. Quoiqu'il eût un sceau, il ne paraît pas qu'il l'ail annoncé dans ses diplômes, où l'on se contente de faire quelquefois mention du monogramme. — En voici un ‘exemple : «Et ut hæc auctoritas firmior ha- « beatur, nos et præcelsa genitrice nostra Chrotechildis «regina manûs nostræ signaculis subter eam decre- «yimus confirmare. Signum gloriosi Chlodovei regis. «Signum præcelsæ genitricis nostræ Chrodechildis re- «ginæ. » — Sceau : Voy. planche À, n° 3.

Coxox, consacré pape le 21 octobre 686, selon Pagi, ou le 20 novembre 687, selon Fleury, meurt le 21 septembre 687 ou le 22 octobre 688.

Conrap I", petit-fils par sa mère Glismonde de empereur Arnoul, est élu roi de Germanie le 19 octobre 912, et meurt le 23 décembre 918. — Il commence ses diplômes par les formules suivantes : Zn nomine sanctæ et individuæ Trinitatis Chuonradus diviné largiente clementi& ou divinæ largitatis munere, ou Dei gratià rex. Voici les formules ordinaires de ses souscriptions : Signum domni Chuonradi serenissimi, clarissimi ou püssimi regis. Une simple croix remplace quelquefois le monogramme. Son chancelier contresigne ainsi : «Salomon cancellarius ad vicem Pili- « grini archicapellani recognovi.» Les notes de Tiron mises dans le parafe en forme de ruche ajoutent: et subseripsi. Voici une de ses dates : « Data 11 Nonas «Feb. anno ab incarnatione Domini neccexnr, regni s«autem domni Chuonradi serenissimi regis anno 11.

«Actum in ipso monasterio Corbeià, in Dei nomine «feliciter. Amen. » Il ajoute ordinairement l'indiction courante.

Coxran, dit e PacrriQue, fils de Rodolphe IT, roi d'Arles , succède à son père en 937, et meurt le 19 octobre 993. Il prenait le titre de roi des Provences (Art de vérifier les dates). Ses diplômes commencent ordinairement par : 2n nomine sanctæ et individuæ Trinitatis, Chuonradus où Chunradus nutu omnipotentis Dei, ou divino munere largiente, ou grati4 Dei, ou divin largiente, où præveniente clementid serenissimus , où püssimus rex, ou simplement rex. On cite aussi de lui les invocations 1n nomine Dei æterni, In nomine omnipotentis Dei et Salvatoris Jesu Christi. se sert tantôt du mot sigillum , tantôt du mot annulus. Voici les formules ordinaires de ses souscriptions : Signum Conradus rex; signum Chuonradi; Domni ou Domini Chuonradi püssimi, serenissimi où invictissimi regis. La plupart de ses diplômes sont datés de l'an de l'Incarnation, et quelques-uns de la Nativité.

Coxrap IT ze Sarique, fils de Henri, duc de Franconie, couronné roi de Germanie le 8 septembre 1024, et roi d'Italie en 1026 d’abord à Milan, puis à Monza, est sacré empereur le 26 mars 1027, couronné roi de Bourgogne le 2 février 1033, et meurt le 4 juin ou peut-être, selon les Bénédictins, le 14 juin 1039. — 1 emploie les invocations 7x nomine sanctæ et individuæ Trinitatis, ou Dei æterni ou omnipotentis Dei, ou Domini nostri Jesu Christi. Ses formules comme roi sont: Conradus divinà favente clementià où providentià rex, invictissimus rex ou rex

pacificus, ou enfin Dei gratid rex excellentissimus, secundüum voluntatem Dei Salvatoris nostrique liberatoris Après son couronnement. à Rome, il s'intitule rex imperator augustus, rex Romanorumque imperator augustus ; insuperabilis Romanorum imperator augustus , ou semper augustus. Dans un de ses diplômes il prend le titre de rex Francorum, Longobardorum , et ad imperium designatus Romanorum. Mais ce diplôme est regardé comme suspect, parce qu'il est postérieur de plusieurs mois au couronnement de Conrad comme empereur. Toutefois le titre de rex Francorum et Longobardorum semble indiquer qu'on n’avait pas encore adopté celui de rex Romanorum avec le sens qu'il a dans les diplômes à partir de Henri IV. Nous avons donc cru pouvoir distinguer le couronnement de Conrad comme roi de Germanie et comme roi d'Italie. Voyez d’ailleurs ce qui a été dit sur ce point à l’article de Her Il Le Sarnr. Voyez aussi pour le mot Francorum, CHARLES LE Gros.

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