‹ Éléments de paléographieChapitre 302 sur 492 · PARTIE IL — CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

PARTIE IL — CHAPITRE VII

rissumam cum benedictione apostolicä. Un de ses actes est daté par Pierre, abbé et chancelier du sacré palais de Latran. « MM. de Sainte-Marthe ont publié, disent les « Bénédictins, unebulle où Jean XVIITs’intitule ainsi : ‘ Johannes sanctæ catholicæ et apostolicæe ecclesiæ apostoli-

«cus præsul. On n'y trouve point le scriptum per ma- «nus; mais elle est ainsi datée par Ingiïlon : Datum 17 Non. Decembris, per manus Ingilonis scriniarit sa- «cræ apostolicæ sedis, anno 111 pontificatäs domini Jo- «hannis octavi decimi pontificis summi et universalis «papæ in sacratissimé sede B. Petri apostoli, indict. #.» On voit que dans cette date l’indiction est comptée à partir du 1° septembre. 1 ne paraît pas qu'il ait daté des années de Henri II, qui ne fut sacré empereur qu'en 1014, mais qui régnait depuis l'an 1002.

Jean XIX (Romain), élu au mois d'août 1024, meurt vers la fin du mois de mai 1033. Les auteurs del’Artde vérifier les dates ne pensent pas, comme Mansi , qu'on puisse placer son élection entre le 11 avril et le 6 juin

1025.— [1 met quelquefois, comme un petit nombre de ses prédécesseurs, le monogramme de J. C. en

tête de ses bulles. L'exemple suivant prouve qu'il a

aussiemployé l’invocation de la sainte Trinité : « In no- «mine sanctæ et mdividuæ Trinitatis, Patris et Filii et «Spiritüs sancti. Ego Johannes divinà providentià XIX «papa Romanus. » Mais il emploie en général la suscription ordinaire : Johannes episcopus servus servorum Dei. Il remplace quelquefois la formule Salutem et apostolicam benedictionem par celles qui suivent : Salutem beutissimam, Perpetuam salutem où Salutem clarissimam cum benedictione apostolicä. IL donne aux évêques le titre de fils, et auxpatriarches celui de frère. I ne signe pas tous ses priviléges ; mais ils sont revêtus de la souscription des cardinaux. Viennent ensuite les signatures des évêques et enfin celles des prêtres, des diacres et des sous-diacres, qui ne gardent plus aucun ordre hiérarchique. La conclusion d’une bulle de Jean XIX mérite d'être remarquée, 1° pour les termes dans lesquels il annonce sa souscription et l'apposition de sa bulle, 2° pour la formule même de la souscription, 3° pour la réunion des deux mots datum et scriplum en tête d'une seule date: « Ut autem verius «credatur et ab omnibus conservetur perpetualiter , «nostris propriis articulis confirmavimus hoc privile- «gium, insuper nostram papalem bullam subter im- «poni jussimus. Joannes divinà præeunte clementià «S. catholicæ E. apostolicus præsul. Datum et scriptum « per manus Petri cancellarii sacri Lateranensis palatii, «in mense Madio, indict. v. » Mabillon a cité au contraire (Museum Ital. t. I, p. 157) une bulle quiest triplement datée : « Scriptum per manum Gregori no-

vtari regionarii atque scriniarii S. R, E., inmense De- «“cembris, indictione suprà scriplà x.» Suivent les si- Snatures de seize cardinaux, puis les deux dernières dates, qui sont ainsi conçues : « Datum xvi Kal. Ja- «nuarii, per manum Bosonis episcopi S. Tiburtinæ ec- «clesiæ etbibliothecarii S. apostolicæ sedis. Datum pri-

«die Kal. Januarii, per manus Benedicti episcopi Por- « tuens

s el vice Peregrini Coloniensis archiepiscopi et «bibliothecarü S. A. S. » Les Bénédictins ne connais- Saient pas d'autre exemple d'une triple formule de date. Ils font d'ailleurs remarquer comme une chose tout à fait extraordinaire que deux bibliothécaires datent tous deux la même bulle, l'un en personne, el l'autre par son substitut. Dans une autre bulle, on voit un cardinal prendre le titre de chancelier, tout en annonçant qu'il remplitles fonctions d’un autre cardinal, chancelier comme lui. (Voyez aussi à l’article de Bexoïn VIIT ce qui concerne les fonctions des archevêques de Cologne.) Dans une bulle de Jean XIX, citée par les Bénédictins, l'indiction est prise au mois de septembre.

JEAN-sANs-TERRE, cinquième fils de Henri Il, roi d'Angleterre, succède à son frère Richard [”, est couronné le 27 mai 1 199, jour de l'Ascension, et meurt le 19 octobre 1216. — Plusieurs de ses actes com-

mencent par : Ego Johannes Dei gratià rex, etc. I sup-

prime son nom dans les mandements qu'il adresse à

ilibus et om- «nibus fidelibus suis per regnum Angliæ constitutis,

ses sujets : « Rex comitibus, baronibus, mi

«salutem. Sciatis, elc. » En général, ses chartes commencent ainsi : « Johannes Dei gratiä rex Angliæ, do- «minus Hyberniæ, dux Normanniæ et Aquitaniæ, co- «mes Andegaviæ, archiepiscopis, ete. » Voici la formule qui sert d'annonce pour sa bulle d'or dans l'acte par sal au pape Innocent IIT, après avoir remis sa couronne

lequel il fait hommage et prête serment comme v.

entre les mains du légat apostolique : « De quibus ne « possit in posterum aliquid dubitari, ad majorem secu- «ritatem prædictæ obligationis et concessionis nostræ «præsentem cartam fieri fecimus et aureâ bullâ nostrà «signari, ac pro censu hujus præsentis et primi anni «mille marcas sterlingorum permanum prædicti legai «ecclesiæ Romanæ persolvimus. » Mais dans les actes ordinaires la date du sceau est presque toujours omise. — Un de ses actes, après la formule Testibus, donne l'indication des noms de douze témoins , parmi lesquels onze ne sont désignés que par la lettre initiale. Vient ensuite la date : « Datum per manus ma- «gistri Ricardi de Marisco, cancellarii nostri, Xv die Ja- «nuarii, apudnovum templum London. anno regni « nostri xV1.» Dans sa trêve conclue avec Philippe-Auguste les noms des témoins se trouvent entre l'Actum

ba.

et le Datum. La plupart de ses actes énoncent un seul témoin, puis les dates du lieu et du mois, auxquelles il ajoute souvent l'année du règne. Il emploie aussi la formule Teste me ipso. On cite de lui cette date historique : « Datum per manum Hug. de Well. apud Bec- «cum, vicesimà die Aprilis, an. regni nostri quarto, « quo comes Robertus Sagiensis fecit nobis proditionem «apud Alenconium.» Voici une de ses dates les plus solennelles : « Datum per manus magistri Riccardi de «Marisco, archidiaconi Richemundiæ et Northumbr. «apud S. Paulum Londoniensem , tercià die Oct. anno «abincarn. Maexur, regni verè nostri anno XV. » Jeansans-Terre, comme ses prédécesseurs, compte les années de son règne du jour de son couronnement, et non du jour de la mort de son prédécesseur. Or comme il avait été couronné le jour de l'Ascension , il réglait les années de son règne sur le retour de cette fête, qui correspond en 1200 au 18 mai,en 1201 au 3 mai, en 1202 au 23 mai, en 1203 au 15 mai, en 1204 au 3 juin, en 1205 au 19 mai, en 1206 au 11 mai, en 1207 au 31 mai, en 1208 au 15 mai, en 1209 au 7 mai, en 1210 au 27 mai, EN 1211 AU 12 mai, en 1212 au 3 mai, en 1213 au 23 mai, en 1214 au 8 mai, en 1215 au 28 mai, et en 1216 au 19 mai. (Chrono. of Hist.by Sir Harris Nicolas. London, à 833.)

Jean XX ou XXI (Pierre), élu pape le 13 et couronné le 20 septembre 1276, meurt le 16 ou le 17 mai 1277. — Une bulle adressée par ce pape au roi d'Angleterre renferme le salut suivant : Salutem et æternam benedictionem. I a aussi employé la formule 4d perpeluam rei memoriam. « Le P. Papebrok, disent les « Bénédictins, rapporte, d'après Ciaconius, augmenté «par Oldoin, cette devise de Jean XX, dit XXI, tenue «pour suspecte : Dirige, Domine Deus meus, in con- «spectu tuo viam meam. » Cette devise se trouvait cependant au nombre de celles que les Bénédictins avaient reçues d'Italie. Quant à la disposition du cercle de Jean XXI, voyez MARTIN IV.

Jean XXII (Jacques d'Euse), élu pape le 7 août 1316 et couronné le 5 septembre suivant, meurt le 4 octobre 1334.— Il avait pour devise : Dominus mihi adjulor. Une de ses bulles, qui renferme la formule In perpetuum , n'est revêtue que des dates ordinaires. Les mêmes datesse retrouvent dans un grand nombre de bulles où la formule Ad perpetuam rei memoriam est employée au lieu de Salutem et apostolicam benedictionem. «Nous avons entre les mains, disent les Béné- «dictins , des bulles en original de Jean XXII qui se «distinguent des précédentes par des caractères nou- «veaux. Outre qu'elles sont numérotées, ce qui ne

«leur est pas particulier, un ou deux et même quel- «quefois trois officiers de la cour du pape mettent leurs «signatures sans paraphe, l'un sur le repli, à l'ex- «trémité droite, l'autre sous le repli, à l'extrémité «gauche, letroisième sur le dos de la bulle. Ces signa- «tures ne consistent que dans des noms et des sur- «noms. Les premiers ne paraissent ordinairement «marqués que par leur première lettre, et les seconds «ne sont que rarement écrits tout au long et sans «abrégé... Ne fût-ce que par leur situation, ces signa- «tures doivent être regardées comme étrangères aux «bulles. Nous ne nous engagerons donc pas à faire « d’ennuyeuses listes de personnes qui n’annoncent ni «leurs titres, ni leurs qualités , et dont il faudrait sou- « vent deviner les noms. Il nous suffira d'observer que «cet usage fut suivi depuis le pontificat de Jean XXII, «après s'être affermi par différents degrés depuis plus « d’un siècle. » Pour la manière de commencer l'année,

voyez CLÉMENT V.

Jrax [”, fils de Louis X, roi de France, né le 15 novembre 1316, et mort le 19 du même mois.— Le P. Daniel affirme qu'il porte le titre de roi dans quelques pièces du Trésor des chartes. Nous n'avons pu

découvrir une seule de ces pièces.

Jean IT ze Box, fils de Philippe VI, roi de France, succède à son père, le 22 août 1350, etse fait sacrer à Reims le 26 septembre suivant. Fait prisonnier par les Anglais à la bataille de Poitiers (19 septembre 1356), il recouvre la liberté le 25 octobre 1360, se constitue de nouveau prisonnier en 1364 et meurt le 8 avril de la même année. Dans ses lettres écrites en français, il s'intitule roi de France : «Jehan, par la «grace de Dieu, roy de France, savoir faisons, etc. » Dans ses actes latins il prend le titre de roi des Français : Johannes Dei gratià Francorum rex. I s’est servi dans quelques suscriptions de la formule Ad perpeluam rei memoriam. N'étant encore que duc de Normandie, il s'intitula, dans des lettres de 1345 : «Jehan aisné fils et lieutenant du roi de France, duc «de Normandie et de Guienne, comte de ‘Poitiers, «d'Anjou et du Maine. » Pendant sa captivité, c'est-àdire depuisle 19 septembre 1356 jusqu'au 25 octobre 1360, on mit en tête de la plupart des lettres royaux le nom de son fils aîné Charles, d'abord comme lieutenant du roi, et ensuite comme régent. I omet quelquefois dansses diplômes le jour du mois, le millième et le centième de l'ère chrétienne. Voici un exemple de cetle omission, duquel il résulle aussi que des lettres royaux pouvaient porter deuxdates, l'une pour le jour où elles passaient au conseil, et l'autre pour le

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