PARTIE IL — CHAPETRE VIT
monogramme du pape; cemonogramme:est disposé de manière à pouvoir être lu de gauche à droite et de droite à gauche. Vient ensuite la seconde date : «Scriptum «pridias Kalendas Septembrias (il faudrait octobrias), “per manum Tiberi primiceri sanctæ sedis aposto- «licae, imp. D. nostro püssimo perpetuo augusto Ho- « tario, à Deo coronato magno imperatore , anno trice- “simo tertio, et P. C. ejus anno tricesimo tercio, «sed et Hludovico nobo imp. ejus filio anno…. » Les nombreux solécismes que renferme cette citation méritent d'être remarqués; l'indiction y est. prise au mois de septembre. Dans la date commençant par seriptum., et qui est nécessairement postérieure à celle qui précède le monogramme, il y a une erreur manifeste qui n’existe sans doute pas dans l’autographe. Les Bénédictins auront imprimé: une seconde fois le mois: de septembre au lieu du mois d'octobre. Si cette contradiction avait existé dans l’acte, elle n'aurait pas échappé à leur attention. Les années de Lothaire sont calculées dans celte date à partir de:718 : Muratori annonce en effet que cet usage était suivi à Rome. (Voyezla findel'article deLomatme 1°.) Léon IV &aussi daté de son pontificat, et il a indiqué son rang parmi les papes de son nom.
Liow V, ordonné pape le 28 octobre 908, et emprisonné au plus tard vers la fin du mois suivant, meurt le 6 décembre: 903.
Lion VI, devient pape vers la fin de juin 928, et meurt le 3 février 929.
Léon VIT, ordonné pape avant le 9 janvier 956, meurt avant le 18 juillet 9394 IL est appelé Léon: VI dans plusieurs catalogues. — Une de ses bulles est datée du règne de Louis d'Outremer; cette circonstance s'explique parce qu'elle était adressée à Hugues, abbé de S. Martin de Tours::ce pape suivait d'ailleurs le style ordinaire. Il employait la suscription Leo epi- Scopus SeTvus SeTvorum Dei, et la terminait dans ses priviléges par la formule:/n perpetuum: Voici une de ses dates solennelles : « Scriptum per manum Theodori «notarii et subdiaconi S. R. E. in mense Januario, in- «diet. x1. Benevalete. Datum v Idus Januarii, per ma- «num Nicolai primicerïi sammæapostolicæsedis, anno « Deo propitio pontificatüs domini nostri Leonis pontifi- «cis et universalis VIL papæ in sacratissimä sede B. « Petri apostoli 111, in mense et indict. suprascriplis. »
Léon VIIF, élu pape le 22 novembre 963 et ordonné le 6. décembre suivant, meurt le 17 mars ou au commencement d'avril g65.—Les Bénédictins
citent un: privilége adressé par ce pape au patriarche d’Aquilée, qu'il qualifie de révérendissime el très-saint confrère. Cette bulle, dont la suscription ne renferme pas de salut, est conçue dans la forme des simples épitres. «On n'y remarque point, disent-ils, de me- «naces d'excommunication ni d'anathème; elle finit «tout simplement par cette salutation: S. Trinitas «fralernilatem vestram.gratiæ suæ protectione circumdet, valque ita in limoris sui vid nos dirigat, ut post vitæ hujus camaritudinem ad æternam simul pervenire dulcedinem wmereamur. La date, qui ne porte aucun nom de bi- « bliothécaire ni d’archiviste, est conçue en ces lermesi: « Dutum in sanctissimé æde Petri apostoli, Idibus Decem- «bris, an. pontificatüs Leonis 1, imperante Othone anno 11. « Bzovius rapporte une bulle de Léon VIIL, en faveur «de l'abbaye de Notre-Dame des Hermites, au dio- «cèse: de Constance, dont la date est remarquable par «sa singularité : Scriptum autem per manum Petri «notari et scriniarü sunct@ Romanæ sedis, in mense ovembris. Lectum 111 Idus No-
« Novembrio, 17 Idus «vembris, assidente domino Leone papé: in sede sud juxta waltare sancti Petri, coram domino Ottone imperatore «filioque ejus Ottone, atque imperatrice Adelheide et «venerabilibus prædictis fratribus, necnon multis aliis vprincipibus tam Romanis quâm Teutonicis, et con- «firmatum per manum domini Leonis papæ octavi, in
«ordine autem € «yr, anno ab incarnatione Domini
wDCCCCLXIIT, indictione vit, feliciter. Amen. » H est bon de faire observer que le chiffre des années de J. G..n’est pas exact. En effet le mx des ides, c'est-à
à dire le 11 novembre 963, Léon MIIT n'était pas encore élu; et d'ailleurs un auteur du x siècle, Herman Contract, fait mention de cette bulle comme ayant été donnée-en: 964:
S. Léon IX (Brunon), élu pape à Worms à la fin de 1048, reconnu par les Romains le 2 février 1049, et intronisé le 12 du même mois, meurt le 19 avril 1054.— H ajoute quelquefois au titre d'évéque serviteur des serviteurs de Diew, celui de:vicaire‘de S. Pierre; ou bien il s'intitule, mais rarement, par la grâce de Dieu, pape du S. Siége apostolique. Un de ses priviléges présente encore une autre suscription précédée d'une invocation : « In nomine sanctæ et individuæ Trinitautis, Patris et Filii et Spiritüs sancti, ego Deiclemen- «tià Leo humillimus papa volo, etc.» Outre le salut ordinaire, Salutem et apostolicam benedictionem, et la formule /n perpetuum, il emploie tour à tour Perpetuam benedictionem et salutem, ou Salutem in perpetuum, ou Salutem seulement, ou encore la formule /n perpetuum suivie de: æternam ou perpetuam in Domino salutem , etc. Le: pontificat de Léon IX est l’époque de plus d’un
328 ELEMENTS DE changement dans les bulles. On voit la salutation Benevalete prendre définitivement la forme d'un monogramme près duquel paraissent les cercles concentriques destinés à recevoir entre leur double circonférence la devise adoptée par le pape. Celle de Léon IX est ainsi conçue : Müsericordid Domini plena est terra. Quelques bulles néanmoins portent gbriä au lieu de muüsericordié. L'aire du cercle intérieur est partagée en quatre parlies égales, où l’on inscrivit dans la suite, savoir, dans les deux divisions supérieures , les noms des apôtres S. Pierre et S. Paul , et en dessous le nom du pontife régnant. (Voyez le cercle de Pascal II, planche XII, n° 7.) Mais dans le cercle de Léon chacune des lettres de l'inscription Lro P. (Leo papa) occupe une des quatre divisions du cercle. « Sa signa- «ture, disent les Bénédictins, ne consiste quelquefois «qu'en ces deux mots : Leo papa. La simple légende «du pape n'occupa plus ordinairement les deux côtés «des sceaux de plomb.» En effet, Léon IX employa un sceau dont le premier côté représente la tête des deux apôtres. Mais il a eu plus tard un autre sceau dont les deux côtés sont occupés par la légende. Il emploie quelquefois pour attaches des courroies au lieu de chanvre. La date de ses bulles commence presque toujours par datum, suivi dans certains cas du mot actum, et plus rarement du mot scriptum, sans qu'il y ait pour cela une double formule de date. On ne cite, en effet, qu'un seul privilége où le nom du notaire soit exprimé. Au contraire la formule commençant par datum, et renfermant le nom du bibliothécaire ou du chancelier, se rencontre fréquemment. Quelques historiens ont supposé à tort que Léon IX avait donné à Herman, archevêque de Cologne, la charge d’archichancelier du saint-siége. (Voy. Benoir VIIL) Léon IX se contenta de la lui confirmer en 1052. Frédéric, diacre, suppléait cet archevêque : «Data per manus F. diaconi bibliothecarii et cancel- «larii S. Romanæ catholicæ et apostolicæ ecclesiæ, vice « domini H. Coloniensis archiepiscopi et archicancella- «ri, anno Dom. incarnationis ML1IT, anno pontificatüs « D. Leonis noni papæ 1v, vin Id. Nov. Actum Tibu- «ri feliciter. » Comme il serait trop long de justifier par des exemples les différentes manières de dater employées par Léon IX, contentons-nous d’avertir qu'il datait quelquefois du lieu, le plus ordinairement du jour du mois, du pontificat et de l'indiction en la
commençant plus souvent au 1° septembre qu'au 1 janvier. Il a employé plus fréquemment que ses prédécesseurs la date de l’Incarnation , mais dans ses bulles solennelles seulement. Les années de son pontificat se comptent à partir du 12 février 1049. Il y a
joint dans un acte celles de son épiscopat de Toul :
«Anno apostolatüs domni Leonis papæ secundo, epi- «scopatüs Tullensis
xv1. » Le mot apostolatus au lieu de pontificatus n’est pas ordinaire. Cependant quelques papes l'ont employé dans les actes donnés entre leur élection et leur sacre.
Lion X (Jean de Médicis), élu pape le 11 mars 1513, ordonné prêtre et sacré le 19 du même mois, meurt le 1° décembre 1521.—A l'exemple de Jules II, il a terminé la suscription de plusieurs bulles par les
mots sacro approbante concilio, et il a fait entrer dans leurs dates la formule Jn publicé sessione. Dans un de ses brefs il place son nom après celui d’un archevèque auquel il écrit. Souvent ses constitutions s’éloignent du style ordinaire et se terminent par la date des brefs après avoir commencé par la suscription des bulles. «Il y eut des constitutions de ce pape, disent les Bé- «nédictins, publiées et affichées aux portes de la chan- «cellerie; on n’exprima plus le temps qu'elles y de- «meuraient, si ce n’est en Lermes généraux. Les dates «des bulles consistoriales de Léon X suivent immédia- «tement la clause Si quis, etc. Venait après la signature «de Léon X, séparée de celles des cardinaux ; elle était «à l'ordinaire conçue en ces termes : Ego Leo X eccle- «siæ catholicæ episcopus subscripsi. Ensuite était placée
«la figure circulaire avec cette devise : Ad Dominum
«cum tribularer clamavi , et exaudivit me. Les souscrip- «tions des cardinaux étaient mises au-dessous des «cercles. Au pied de la grande croix placée entre les «têtes de S. Pierre et de S. Paul, le sceau de Léon X «représentait les armes de Toscane. » (Voy. le fac-simile da sceau de Léon X, pl. U, n° 17.) On lit dans l'Art de vérifier les dates : « Léon , dans ses lettres, date le «commencement de son pontificat avant son couron- «nement. I suit quelquefois le calcul florentin. I «compte aussi quelquefois les jours comme nous dans «l’ordre direct. » Nous n’ayons pas rencontré d'acte qui nous permit de vérifier la première de ces assertions. Quant à la seconde, elle estjustifiée par plusieurs bulles. En effet, les Bénédictins en signalent une qui est datée de Florence et qui commence l’année au 25 mars; le Bullaire en renferme d’autres ou le même calcul est suivi, quoiqu'elles soient datées de Rome. Mais en général il commençait l'année au 1° janvier On ne peut pas douter non plus que Léon X n'ait compilé les jours dans l'ordre direct; mais a-t-1l suivi cette méthode dans les dates de ses bulles ou seulement dans les brefs ? C’est ce que ne disent pas les auteurs de l'Art de vérifier les dates; cependant comme la date du jour, selon notre calendrier, n'aurait rien de remarquable dans les brefs, il est probable qu'ils ont voulu signaler quelques-uns de ces actes dont il a été