DE L'ÉCRITURE CURSIVE DES MANUSCRITS ET DES DIPLOMES
1° Déchiffrement.
Quoïque les alphabets reproduits dans la planche XI ne donnent qu'une idée fort incomplète des nombreuses modifications par lesquelles l'écriture cursive altère sans cesse la forme essentielle de chaque lettre, il est indispensable d'étudier avec soin les types représentés dans ces trois alphabets avant d'entreprendre le déchiffrement d'un texte où la combinaison de ces éléments divers ne permettrait plus d'en saisir les différences caractéristiques. Comme on s'est borné, dans ces alphabets, à représenter chaque lettre en faisant abstraction des traits accessoires qui la réunissent aux lettres voisines, ou des changements qui tendent à faciliter cette combinaison, il est facile de comprendre que la même lettre se présentera successivement sous des formes plus ou moins diverses que l’on serait tenté de considérer comme des variétés de cette lettre, si l'on ne connaissait pas d'avance quelle est la figure de chaque caractère quand il est employé isolément. Cette connaissance préliminaire préparera d’ailleurs à l'intelligence des observations minutieuses par lesquelles on va essayer de faciliter le déchiffrement d’une écriture qui diffère considérablement
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de la nôtre, et qui ne présente pas toujours d'analogie avec celles dont ül a été question jusqu'à présent.
Nous commencerons par le déchiffrement de la cursive des manuscrits, qui est moins difficile, en général, que celle des diplômes.
Le troisième fac-simile de la planche IL reproduit une cursive pleine d'élégance et de netteté”. Le signe abréviatif qui surmonte ls du mot Deus indique la suppression des lettres eu. Les deux premiers mots de la ligne suivante ne présentent pas de difficulté; il faut remarquer seulement la liaison qui unit le second o et l’m du mot incolomis. Le mot custodiat renferme un « ouvert qui ne diffère pas beaucoup de l'a. Le mot fratres est exprimé par ÎF initiale, surmontée d’un signe abréviatif. On retrouvera souvent dans des siècles plus récents l’abréviation employée ici pour le mot karissimi, dont on n'exprime que la première lettre et la dernière syllabe. Il est facile de reconnaître le d initial du mot daium ; cette lettre est suivie de l'a et du t liés ensemble : l’a est, comme celui du mot custodiat, ouvert par le haut, mais il est placé au-dessus de la ligne et renversé, de telle sorte que sa base est tournée vers la haste du d; le second jambage de cet a est indiqué par un trait fin qui descend obliquement, et va rejoindre la barre du # qui est lui-même renversé, et dont la haste se recourbe pour se diriger horizontalement vers le mot suivant ?. Le signe abréviatif qui est placé au-dessus de la barre du £ tient lieu des lettres um. Les mots post consulatum sont exprimés par les sigles p.c. surmontés d'une abréviation qui leur est commune. Le mot Opilionts ne présente pas de difficulté; la forme des o n’est pas altérée par les deux liaisons qui les unissent avec les lettres suivantes. Nous ferons observer dans le mot quinio l'ouverture de la panse de la lettre initiale; au-dessus de cette lettre est un signe abréviatif qui remplace Tu, et qui va rejoindre le haut de li. La barre du t s'étend jusqu'à lo, et sert à former le côté droit de cette lettre, dont la partie gauche se prolonge sous forme de liaison jusqu'à la lettre initiale du mot halendas. I faut remarquer dans ce mot l’a ouvert par le haut: le signe abréviatif qui tranche la barre de la lettre / remplace la fin du mot. On retrouve dans le mot agustas deux a ouverts par le haut; le second se lie d'un côté à l'extrémité de la barre du t, et de l’autre à la saillie de ls. La même liaison se représente dans la première syllabe du mot pascha; mais l'a est élevé un peu au-dessus des autres lettres,
1 La plupart deslettres ont la même fosmeque sentiellement à la cursive. (Voyez, par exemple, dans le fac-simile précédent; mais le corps de l'é- les mots dalum, pascha, Anthimio et maias. ) criture est plus penché, et quoique les liaisons ? Cetteliaison de l’a et du { ressemble beaucoup n'y soient pas très-multipliées, cependant on en à celle que l'on a rencontrée dans le mot faciat
remarque quelques-unes qui appartiennent es- (plancheIV, n°4, troisième ligne).
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54h ÉLÉMENTS DE PALÉOGRAPHIE.
réduit à de plus petites proportions et légèrement incliné vers la droite. Dans la première syllabe du mot Valentiano, l'a ouvert par le haut se distingue à peine de lu; il se lie à la lettre !, dont la barre fait corps avec le bas de la panse d'un e cursif allongé ; la barre de cet e rejoint elle-même le premier jambage de ln : la liaison de la barre du t avec le haut de l'i, et celle de l’a suivant avec ln, ne présentent pas de difficulté; l’o final se termine par un trait excédant. Ce trait, plus prolongé dans le mot octies, va rejoindre le bas de la panse du €, qui se recourbe et redescend pour former la haste du t; la barre de cette lettre se joint à li; vient ensuite un e à panse brisée qui se lie à la saillie de ls. La conjonction et est rendue par la liaison ordinaire de le cursif et du t renversé. On retrouve dans le mot Anthimio un à ouvert et placé au-dessus de la ligne auquel se rattache le premier jambage de Vn; le reste du mot ne présente pas de difficulté. Les trois premières lettres du mot octavo sont liées de la même manière que dans le mot octies. Le mot kalendas est abrégé comme dans la ligne précédente. L’m du mot maïas est suivie d'un a ouvert qui se joint à un à dont la tête et la queue dépassent le niveau de la ligne; cet 1 est suivi d'un petit « ouvert incliné vers la droite, et dont le second jambage va rejoindre la saillie de ls. Le trait fin qui se trouve au-dessous du crochet de l's est un signe de ponctuation analogue à celui quon remarque après le mot aqustas.
Le fac-simile n° 5 de la planche III commence par le mot data, dont la dernière lettre est remplacée par le trait allongé qui prend naissance près du #, et qui s'étend au-dessus du mot suivant; le premier « est ouvert, incliné vers la droite et superposé au t, dont il forme la haste par le prolongement de son second jambage. Le ce initial de constitutio est à panse brisée; il se développe de bas en haut, puis se recourbe dans sa partie supérieure, et se prolonge pour former lo, en commençant par le côté droit de cette lettre sur laquelle s'appuie la courbure supérieure du premier jambage de ln. La haste du n’est que le prolongement du crochet de Ts, et la barre, qui prend naïssance au pied de la haste, se relève en s’'arrondissant , et va se boucler avec la tête de T1; dans la syllabe tu, la haste prend à peu près la forme et la position d'un c ordinaire dont la panse, dans sa partie moyenne, sert d'appui à la barre; ce dernier trait se relève en s'arrondissant, puis il redescend, rencontre le haut de la haste, et forme, en se prolongeant jusqu'au bas de la ligne, le premier jambage de lu; le & suivant est tracé de la même manière, si ce n’est que le prolongement de la barre s'abaisse au-dessous de la ligne :
c'est ce prolongement qui forme la lettre 1; le mot se termine par un 0 à trait excédant. On retrouve dans le mot diae un « ouvert, incliné et placé au-des-