STD AUS
Rae da
expedire (quatrième ligne) forme une boucle quise rattache à la panse, et quisouvent se combine avec une abréviation pour exprimer les syllabes per ou par : la syllabe pro ne pourrait être distinguée que par un trait un peu plus recourbé; mais, dans une écriture négligée, il est à peu près impossible de ne pas conlondre des signes qui offrent de si grands rapports. — La quatrième ligne commence par l'abréviation de la conjonction et. On trouve dans le mot revocare une r capitale qui est moins régulièrement formée que dans quelques mots des deux lignes précédentes. Il n’y a d’exprimé dans le mot secundum que les lettres scdm. Les autres lettres sont remplacées par le signe abréviatif qui se rattache au dernier jambage de l'm.
Le fac-sinule n° 5 de la planche XVI reproduit une écriture beaucoup moins liée que la précédente, mais qui doit cependant être considérée comme cursive, parce que les lettres b, d, l sont constamment bouclées; nous ferons observer aussi que dans le mot que le signe abréviatif se rattache à la lettre q. Rien ne peut arrêter dans le déchiffrement de ces deux lignes : il faut remarquer seulement que le nombre quatre-vingts est représenté par deux séries de chiffres, qui correspondent à chacun des deux mots par lesquels nous l'exprimons (ru, quatre; xx, vingt) ; le nombre cent vingt est souvent représenté de la même manière, c'est-à-dire que l'on écrit VI * (six-vingts)?.
Dans le dernier fac-simile de la planche XVI, les queues et les liaisons des lettres ont déjà pris un développement exagéré qui contraste avec la finesse de l'écriture. La boucle formée par la queue de l'y, du mot duy, va rejoindre l'accent qui est ordinairement placé au-dessus de cette lettre comme au-dessus des 1:1l en est de même dans le mot roy. Le mot recheu commence par une r capitale dont la queue? sert à former la panse de le; la barre qui remplace le crochet supérieur du e s’unit avec la boucle de l'a. Le mot mandement se termine par un # dont la barre est en entier à droite de la haste; le trait allongé qui surmonte ce { tient lieu des deux lettres précédentes. Les mots nostre seigneur sont représentés par les trois lettres nos et par lesigne abréviatif qui se rattache au crochet de ls. IL est plus ordinaire de rencontrer les lettres nre pour nostre, et ls accompagnée d'un signe abréviatif pour le mot seigneur 5. L'abréviation
1 On écrivait aussi vi", Vu, IX°, pour cent de fixer le temps où elle s'est introduite. Toutequarante, cent soixante, cent quatre-vingts. fois, il paraît probable que, du moment où la ? Le même trait sert à former le côté gauche formule le roy nostre sire a été substituée à celle-
de lo dans le mot roy. ci: le roy nostre seigneur, les écrivains ont dû mo- 5 On peutse demander si cette abréviation ne difier la forme de l’ancienne abréviation. En efdevrait pas se traduire par les mots nostre sire. fet, dans la quarante-troisième pièce du registre
Nous ne pensons pas que cette locution fût encore 22/4 du Trésor des chartes, on trouve deux abréreçue au xiv° siècle, mais il serait fort difficile viations différentes pour les mots sire et sei-
2e avé
PARTIE IIL — CHAPITRE IV. 627 du mot par est formée régulièrement. Le mot mande commence par une m de forme onciale dontle dernier jambage, après s'être confondu avec la panse de la, se prolonge au-dessous de la ligne : la même lettre s'était déjà présentée : au commencement du mot mandement. La queue de la lettre q s'unit avec le signe abréviatif qui tient lieu des deux dernières du mot que. La seconde ligne commence par un a de forme singulière, et qui se rencontre souvent dans la h cursive gothique. La seconde m du mot homme est remplacée par le trait allongé qui s'étend au-dessus de ce mot. On retrouve dans le mot monseigneur la
même abréviation que dans la ligne précédente. Le mot Soier commence par | ls dérivée de l’ancienne S capitale: le trait qui surmonte lr est un accent qui se rattache à li. I n’y a d’exprimé dans le mot chevalier que les lettres chlr : le signe abréviatif tient lieu des autres lettres. Ce mot est suivi de la conjonction et, rendue par une abréviation qui s'unit avec le c du mot castelain.
Dans le premier fac-simile de la planche XVI, les accents sont assez fortement marqués pour ressembler à des abréviations ; aïnsi dans le mot quer la | queué de la lettre q est tranchée par l'accent de li du mot main. Les mots se et | soit commencent par une s dérivée de TS capitale, mais dont la forme est peu régulière. 11 faut aussi remarquer le prolongement de la barre du t final dans
les mots comant et grandemant ". | L'écriture reproduite par le fac-simile suivant est distincte et peu liée; mais : les Let les d sont bouclés, et plusieurs abréviations font corps avec les motsrOn ! pourrait croire qu'il y à conjointement au lieu de conjoinctement; mais si l'on | examine la forme du c dans le mot prince, on verra qu'il est exactement sem- | blable au second c du mot conjoinctement, et qu'il se distingue du #, dont la haste ni est verticale au lieu d’être oblique et brisée comme le trait qui forme la panse || du c. Le crochet de Fr du mot nostre S'unit au trait qui indique la suppression ci des lettres ost : un trait de même nature se rattache au { du mot très et tient lieu
des lettresre ?. L'abréviation de la conjonction et prend ici une forme nouvelle : LA
gneur. La première se compose de ls initiale unie à un trait qui part du crochet de cette lettre et qui, après s'être bouclé au-dessous de la ligne, se lie à le final du mot sire ; dans la seconde, le même trait se rattache à l’r du mot seigneur. On voit qu'il ne peut pas y avoir de doute sur le sens réel de ces abréviations; cependant, comme elles présentent à peu près le même aspect, on les a quelquefois confondues dans la collection des Ordonnances des rois de France. Lors même que ls n’est pas suivie d’une lettre finale qui en fixe le sens d’une manière positive, on doit la traduire
par le mot seigneur si elle n’est pas immédiatement précédée du mot nostre. On ne disait point, par exemple : le roy nostre dict $ire, le roy nostre feu sire: et père, etc.; mais le roy nostre dict seigneur , le roy nostre feu seigneur et père, etc.
1 Ilest extraordinaire que dans cet autographe de Charles V il y ait deux fois notre au lieu de nostre ; on croit pouvoir affirmer que cette dernière orthographe était presque toujours préférée, nonseulement au xIv°, mais encore au xv° et au xvI° siècle.
2 Si l'orthographe du mot seigneur n'était pas
la barre et la haste, qui ont été distinctes pendant longtemps, s'arrondissent à leur point de rencontre, et la barre se prolonge au-dessous de la ligne en décrivant un arc de cercle; cette ligne circulaire, qui est ici purement accessoire, a fini par devenir le trait principal de ce signe abréviatif 1.
Dans le quatrième fac-simile de la planche XVIT, la lettre e commence à être formée de deux parties qui souvent sont isolées : le trait inférieur, qui correspond à la panse, se rattache quelquefois à la lettre précédente; le trait supérieur, qui tient lieu à la fois du crochet et de la barre, s'unit fréquemment avec la lettre suivante. Dans le mot quelle, par exemple, le second jambage de lu est lié avec le trait inférieur de l'e, tandis que le trait supérieur va rejoindre la boucle de la première {. Le même fuc-simile présente d’autres liaisons du même genre: le bas de le s'unit avec la boucle du d dans le mot de, et avec la barre du t dans les mots tenons et content. La seconde m du mot somme est remplacée par le trait qui enveloppe le haut de ls. Les mots cent livres tournois sont représentés par les trois lettres e, l, £: lec, qui est employé comme chiffre, n'est accompagné d'aucune abréviation ; la haste de la lettre / est au contraire rencontrée par un trait horizontal, et la barre du £ s'unit avec une ligne courbe. Le c du mot content est lié au côté gauche de lo, qui reste ouvert par le haut. On voit ici la conjonction et exprimée par une ligne courbe qui s'unit avec la boucle du b du mot bien : le trait qui enveloppe cette lettre tient lieu des lettres te. Le mot payez est suivi d’une abréviation moins irrégulière de la conjonction et : cependant la ligne courbe n’est plus comme dans le 2° fac-simule une liaison fine, mais une partie essentielle du signe abréviatif. On peut voir que le mot pour se termine par une r arrondie qui est encore employée de nos jours dans l'écriture ronde : la même lettre se retrouve dans le mot nostre ( deuxième ligne), où l'on pourrait la confondre avec un o ouvert par le haut.
Les détails dans lesquels on vient d'entrer doivent suffire pour faciliter le déchiffrement du fac-simile suivant. Le mot jour est suivi d'un signe abréviatif qui représente la conjonction et, mais dont la forme est encore modifiée. On retrouve dans le mot nostre unê r arrondie qui est complétement fermée par le haut. L’ainitial du mot avons (deuxième ligne) doit être remarqué à cause du trait fin qui longesa partiesupérieure : ce trait fait reconnaître assez facilement cette lettre dans des écritures d'ailleurs très-négligées et dont tous les caractères semblent se confondre; il faut remarquer par le même motif la liaison qui se
consacrée par un long usage dans le style des eur est plusieurs fois remplacée par our. Voyez la chartes, il serait plus régulier de traduire ici par notice XCI. les lettres our le signe abréviatif qui est placé au- 1 Au xvu' siècle, la conjonction et est souvent
dessus de ln. En effet, dans cet acte, la désinence représentée par un demi-cercle.