IIT. ÈRE MONDAINE DE CONSTANTINOPLE
Suivant l'ère de Constantinople, les huit premiers mois de la première année de l'Incarnation correspondent aux huit derniers mois de l'an du monde 550g. Cette ère, qui date du milieu du vu siècle, a été depuis cette époque constamment suivie par l’église grecque. Elle a été en usage chez les Russes jusqu'à Pierre le Grand. On distingue, dans l'ère de Constantinople, l'année ecclésiastique, qui a commencé tantôt au 21 mars, tantôt au 1% avril; et l'année civile, commençant au 1° septembre !. Les auteurs de l'Art de vérifier les dates présument qu'il pouvait y avoir aussi une autre année civile, qu'ils appellent romaine ou consulaire, et qui aurait commencé au 1% Janvier.
1 Les diplômes grecs de Roger, roi de Sicile, Toù xpdrous Mu@v mon: Meconvn pri Mac 1°. fév Tr fournissent plusieurs exemples de l'emploi de cxañ. Scriptum est in urbe Messant , que est sub pocette ère. Un de ces actes, qui correspond à l'an testate nosträ, mense maiïo, indictione (#) VIII, anno de J.C, 1130, se termine ainsi : Eypagn év rù map (oyai) 6638.
S IV. ÈRE DES SÉLEUCIDES, DES GRECS OU DES SYRO-MACÉDONIENS, AUTREMENT DITE ÈRE D'ALEXANDRE.
On trouve chez les Grecs deux ères d'Alexandre : l'une qui date de l'an 324 avant J. C., et qui n’a presque pas été employée; l'autre, plus connue sous le nom d'ère des Séleucides, des Grecs ou des Syro-Macédoniens, et qui date de trois cent onze ans et quatre mois avant J. C., ou, suivant d'autres auteurs, de trois cent dix ans et quatre mois. La première année de l'ère chrétienne concorde donc pendant ses huit premiers mois avec la 312° ou la 311° année de l'ère des Séleucides. L'année de l'ère des Séleucides commençait chez les Grecs de Syrie au mois de septembre, chez les autres Syriens au mois d'octobre. Ces deux usages existent encore aujourd'hui en Arabie. À Tyr, on la comptait du 19 octobre; à Gaza , du 28 de ce mois; à Damas, de l'équinoxe du printemps. Les Juifs adoptèrent l'ère des Séleucides quand üls furent soumis aux rois de Syrie. Ils commencaient l'année à l'équinoxe d’automne. On prétend qu'ils ont employé cette ère jusqu'à la fin du xv° siècle.
Telle est, en résumé, l'opinion émise par les auteurs de l'Art de vérifier les dates. Il est bon de faire remarquer qu'ils ne sont pas entièrement d'accord avec une dissertation de Jacobus Usserius, insérée dans le tome VIII du Thesaurus Antiquitatum græcarum. Suivant ce dernier, le commencement de l’année, dans l'ère des Syro-Macédoniens, a été pendant longtemps fixé au 24 septembre”. Il indique en outre un ordre différent pour la concordance des mois syro-macédoniens et des mois romains. (Voyez ci-après l'explication qui précède le tableau B.)
$ V. DE L'ÈRE CÉSARÉENNE D'ANTIOCHE, DE L'ÈRE ACTIAQUE ET DE L'ÈRE DES AUGUSTES.
L'ère césaréenne d'Antioche se rapporte à l'érection d’un monument que César éleva dans cette ville en mémoire de la victoire de Pharsale, l'an de Rome 706, avant J. CG. 48. Les Syriens commencèrent cette période à l'automne de l'an 706, et les Grecs à l'automne de l’année précédente; c'est-àdire que l’automne de la première année de l'ère chrétienne correspond, selon les Syriens, au commencement de la 49° année de l'ère césaréenne d’Antioche, et au commencement de la 50° selon les Grecs. Le premier de ces calculs est constaté par les actes, le Second par les médailles.
1 Jacobus Usserius ne fixe pas l'époque à la- au 1°, soit au 24 septembre, étaient employées quelle cet usage aurait cessé; mais il établit que concurremment dès le 1 siècle, et qu'on s’en ser-
les deux manières de commencer l'année, soit vait encore au 1v°.