‹ Éléments de paléographieChapitre 88 sur 492 · PARTIE I — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

PARTIE I — CHAPITRE IV

On trouve dans les registres du parlement de Paris de 1446 une quatrième indiction, qui est indiquée comme commençant au mois d'octobre. On en cite enfin deux autres commençant, l'une au 25 mars, l'autre à Pâques. L'indiction prise au 25 mars a été employée par les papes Pascal IT et Calliste II, en la combinant avec le calcul pisan.

Une lettre du pape Félix, de 490, fournit le plus ancien exemple de l'indiction dans les actes pontificaux. Les Mérovingiens en ont rarement fait usage. On l’employait en Angleterre au vn et surtout au vmr' siècle dans les chartes privées. On la rencontre quelquefois à cette dernière époque dans nos chartes royales et particulières. L'indiction de Constantinople et l'indiction impériale furent suivies l’une et l’autre par les Carlovingiens. Cette dernière devint plus commune en France au x1v° et au xv° siècle, mais dans les actes particuliers seulement; car la date de l'indiction, devenue plus rare dans les diplômes royaux depuis le commencement du xr siècle, en disparaît complétement pendant le cours du règne de Louis le Jeune. L'indiction pontificale n’a paru en France qu'au 1x° siècle; encore les exemples n’en sont-ils pas fréquents. Elle était suivie plus ordinairement que les autres dans les bulles pontificales du ix° au xiv° siècle. Quoiqu'elle ait depuis longtemps prévalu dans l'église, c'est seulement à compter du pontificat d'Innocent XII qu'on a repris ce calcul dans les grandes bulles (nous expliquerons plus tard ce qu'on entend par grandes bulles et petites bulles).

Les différentes dates assignées à la première indiction sont les années 319, 313,314 et 31; mais l'opinion la plus commune fait partir la première indiction de l'an 313. En admettant cette hypothèse, pour vérifier à quelle année de l'indiction correspond une année de l'ère chrétienne , il faut soustraire 312 de l’année de l'ère chrétienne, et diviser par 15 le résultat de la soustraction. Si cette division ne donne pas de reste, on en conclura que l’année de J. C. sur laquelle on a opéré est la quinzième de lindiction; si au contraire il reste un nombre, ce nombre sera celui même de l’année qu'on cherche. Appliquons ce calcul à la date suivante. Datum Laterant kal. mau, Indict.1.anno Incarn. Dom. 1138. De 1138 je retranche les 312 années qui ont précédé l’établissement de la première indiction, il reste 826. Divisant ce dernier nombre par 15, je trouve pour quotient 5h avec le nombre 1 pour reste; c'est-à-dire que dans ces. huit cent vingt-six années sont comprises 1° cinquante-cinq indictions complètes formant ensemble huit cent vingt-cinq ans, 2° une année qui est la première de la 56° indiction. Par conséquent, la concordance indiquée par la date citée se trouve être exacte.

ARTICLE IL

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