AFFECTIONS DE LA VULVE. — VULVITES. H
s'il y a des décollemenls, on doit, lorsque la teinture d'iode, le chlorure de zinc ou d'autres liquides modificateurs et astringents ont été insuffisants, débrider fi l'aide de un ou deux coups de ciseaux et traiter comme pour les fistules anales opérées. — Le drainage nous a réussi dans bon nombre de cas. Enfin certains chirurgiens, pour se mettre complètement à l'abri des récidives, ont conseillé d'enlever, par une dissection minutieuse, la poche muqueuse.
Variétés. — I. Les abcès du conduit excréteur de la glande vulvovaginale sont surtout consécutifs à la blennorrhagie ou à l'inflammation de la face muqueuse de la vulve; cette inflammation se propage de la vulve au conduit excréteur par continuité de tissu; puis, sous l'influence de ce travail phlegmasique, l'orifice du canal s'oblitère, le pus s'accumule dans le conduit, et il se forme un abcès.
On peut voir une collection purulente de ce genre à la fois des deux côtés de la vulve; elle se montre en général dans l'épaisseur delà petite lèvre, à l'union de son tiers inférieur avec ses deux tiers supérieurs. Leur volume dépasse rarement celui d'une petite noix, à moins qu'il n'existe en même temps une infiammation phlegmoneuse de la grande lèvre.
Le pus est blanc, grisâtre, visqueux, et ne présente pas la fétidité repoussante des abcès du tissu cellulaire de la grande lèvre.
La marche de ces abcès est rapide et la guérison ne se fait pas longtemps attendre ; cependant si l'orifice accidentel et celui du conduit se ferment avant la guérison complète du foyer, on peut observer des récidives. Dans certains cas, le conduit excréteur dilaté s'ukère à son orifice, et donne une fistule incomplète, au fond de laquelle on trouve une petite cavité où l'on pourrait loger un petit pois; celle-ci ne fournit aucun produit de sécrétion anormal, et souvent a été prise pour une ulcération de nature syphilitique (Vidal de Cassis, A. Fournier). — La perte de substance, que laisse l'abcès ouvert spontanément, a souvent ses bords taillés à pic et décollés, mesure l'étendue d'une pièce de 1 à 2 francs, et peut simuler, à s'y méprendre, le chancre simple. Si l'incertitude persistait après examen attentif, il faudrait recourir à l'inoculation, qui serait négative dans le cas de bartholinite. A. Fournier a employé ce moyen dans 3 cas (thèse de Mareschal).
II. Les abcès de la glande vuluo-vaginale, moins fréquents que les précédents, se rencontrent en général d'un seulcôlé; ils se développent sous l'infiuence de grandes fatigues, de marches forcées, d'excès vénériens, et ils sont aussi consécutifs à la blennorrhagie,
Huguier en admet deux espèces, les uns limités au parenchyme de la glande, les autres occupant le tissu cellulaire interposé entre les follicules glandulaires. Leur marche est assez lente, et après la guérison
il reste souvent un engorgement glandulaire'qui se traduit, entre la branche de Tischion et la partie postérieure de l'entrée du vagin, par l'existence d'un noyau dur et résistant.
L'inflammation de la glande vulvo-vaginale est accompagnée d'une réaction assez vive : chaleur, malaise, douleur qui se propage vers l'ischion, vers les parties antérieures et latérales du bassin, et même jusqu'à l'anus, miction parfois très douloureuse, tels sont les principaux symptômes à noter.
Ces abcès se terminent quelquefois par résolution; d'autres fois le pus se fraye spontanément un passage au dehors; le plus souvent il faut ouvrir largement le foyer avec le bistouri et traiter comme nous l'avons dit plus haut.