‹ Éléments de pathologie chirurgicale (volume 3)Chapitre 78 sur 170 · II. — Inflammation du pénis. Pénitis · texte numérisé non relu

II. — Inflammation du pénis. Pénitis

L'inflammation de la verge est souvent limitée aux téguments; elle affecte alors la forme érysipélateuse ; elle est consécutive, soit aux plaies de cet organe, à une piqûre de sangsue (il est bon de savoir qu'il y a danger de placer des sangsues sur la verge), à la surexcitation d'un chancre; soit à l'érysipèle des régions environnantes, des bourses, de la partie supérieure des cuisses, de la paroi inférieure de l'abdomen. Dans d'autres cas, l'inflammation est plus profonde, elle envahit l'épaisseur des corps caverneux et détermine des accidents très sérieux.

^L'érysipèle de la verge n'est généralement pas très grave. La peau du pénis se gonfle, se boursoufle, puis bientôt, sous l'influence d'un traitement très simple, bains locaux, fomentations émollientes, tous les accidents disparaissent : la maladie s'est terminée par résolution. D'autres fois il se forme sous les téguments de petits abcès que l'on ouvre et qui disparaissent. Ces abcès se développent autour d'un lymphatique, car de la lymphangite existe le plus souvent en même temps que l'érysipèle. Dans quelques cas enfin l'érysipèle prend la forme phlegmoneuse, la peau se décolle dans une étendue plus ou moins considérable, se sphacèle dans certains points, et ce n'est qu'à l'aide d'incisions longitudinales, comprenant toute l'épaisseur des téguments, que l'on peut arrêter les progrès du mal.

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L'inflammation profonde de la verge présente un bien plus haut degré de gravité. On l'observe à la suite d'une plaie profonde, d'une contusion très violente, et quelquefois d'une uréthrite aiguë. D'après les recherches de M. Dransart, il s'agit dans ces cas d'une sclérose du tissu spongieux de l'urèthre ou des corps caverneux. Boyer rapporte trois cas de gangrène de la verge observés chez des individus affectés de blennorrhagie, et chez lesquels survint une fièvre typhoïde : l'un d'eux eut seulement un sphacèle du prépuce; le second vit le gland et une partie du corps caverneux tomber en gangrène ; le troisième, enfin, eut la verge tout à fait sphacélée. Forestus cite aussi un cas de gangrène de la totalité du pénis, lequel se trouva détaché dans un cataplasme que l'on avait appliqué sur la partie. Ce ne sont pas là les seules causes de gangrène ; nous avons vu plus haut que la mortification du pénis pouvait être consécutive à l'action d'un lien circulaire appliqué autour de cet organe.

Lorsque la gangrène a envahi le pénis, il faut autan! que possible la limiter en diminuant l'inflammation, appliquer des antiseptiques et attendre la chute des eschares. L'amputation avant l'élimination des parties mortifiées est absolumentcontre-indiquée, car il est impossible de connaître l'étendue de la gangrène. Fort souvent le sphacèle du corps caverneux est très limité, alors que la maladie semblait très étendue quand on n'avait égard qu'à l'affection des téguments.

Lorsque les eschares sont détachées, on peut abandonner la partie à elle-même, tout en prévenant à l'aide d'une sonde le rétrécissement du nouveau méat urinaire. Dans quelques cas, on est obligé de faire quelque excision pour régulariser le moignon; dans d'autres enfin, ces excisions sont nécessitées par les douleurs que provoque le séjour de l'urine dans les anfractuosités de la plaie.

§ IV. — Tumeurs du pénis.

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