‹ Eléments de pathologie chirurgicale (volume 5)Chapitre 198 sur 218 · I. — Pied creux · texte numérisé non relu

I. — Pied creux

Duchenne, de Boulogne, a étudié les déformations du pied dans son remarquable livre : VÊlectrisation localisée. Nous y puisons quelques courts aperçus sur des déformations généralement incurables que le chirurgien doit cependant connaître (1).

1° Pied creux du long péronier latéral. — Voici les caractères de cette déformation : le cou-de-pied est saillant, la voûte du pied esl augmentée, le talon parait plus pointu; mais les orteils sont dans leur position normale, ils se tendent et se fléchissent librement.

Cette lésion est à peu près incurable, car le pied creux est dû à la rétraction consécutive des muscles, et non à la simple paralysie des extenseurs qui a existé au début. C'est par une chaussure bien faite, appropriée à la forme du pied, que l'on peut soulager les malades.

2° Pied creux des interosseux. — Le pied creux des interrosseux diffère du pied creux du long péronier latéral en ce que le creux do pied, ou, pour mieux dire, l'augmentation de la voûte ou cambrure du pied est moins accusée, et en ce que les orteils présentent la disposition d'une griffe. Les orteils sont étendus et fléchis à la fois. La première phalange est élendue sur le pied, et la seconde et la troisième sont fléchies sur la première.

(1) Duchenne, de Boulogne, Electrisation localisée, 3*édil. Paris, 1871 Voy. au»* tome II, Pied bot. .

Ce pied creux est également incurable, car il est lié à l'atrophie des interosseux.

II. — Tarsalgie. — Valgus douloureux. — Pied plat accidentel.

La tarsalgie, ou douleur du tarse, est un root impropre qui ne vise que le symptôme douloureux qui accompagne une déviation lente du pied. La tarsalgie était autrefois appelée valgus douloureux, valgus accidentel. Les recherches de Duchenne, de Boulogne (1), ont jeté un jour plus complet sur la question, et l'opinion de M. Gosselin (â), qui rattache la tarsalgie à une arthrite raédio-tarsienne, ne peut plus être acceptée.

La tarsalgie est une maladie due à un défaut d'équilibre des muscles antagonistes qui meuvent le pied (3), c'est-à-dire entre les extenseurset le long péronier latéral.

La tarsalgie est une maladie de l'adolescence; rarement les adultes en sont atteints, et pour ceux-ci l'élément rhumatismal localisé aux muscles joue un rôle capital. Souvent la tarsalgie existe chez les adolescents en même temps que la scoliose légitime, qui a aussi une origine musculaire, ce qui indique bien que la maladie a sa cause dans le système musculaire.

La théorie la plus rationnelle de la tarsalgie est celle de Duchenne, de Boulogne : l'impotence du long péronier latéral, et son défaut de puissance comparé aux muscles extenseurs des orteils et jarnbier antérieur, sont la cause de l'aplatissement de la voûte du pied ; il est juste de reconnaître que le poids du corps est la cause de la déformation. Suivant la théorie de M. Gosselin, l'arthrite astragalo-sca* pholdienne serait l'origine de la tarsalgie, mais il n'y a à ce sujet qu'une observation ou deux ; cette arthrite en serait tout au plus la conséquence, car il y a nombre d'arthrites roédio-tarsiennes qui ne causent jamais' la tarsalgie.

La cause des erreurs de tous les théoriciens du valgus douloureux réside dans ce fait qu'ils raisonnent sur le pied devenu plat. S'ils voyaient le pied plat se développer, ils reconnaîtraient la justesse des expériences physiologiques de Duchenne, de Boulogne, et des déductions logiques qu'il en a tirées.

(1) Duchenne, de Boulogne, Impotence et spasme du long péronier latéral, in A*ch. de méd.t 1872.

(2) Gosselin, Clin, cnirurg., t* «dit. Paris, 1876.

(3) Després, De quelques maladies causées par la marckt] et Ja[itation]debout, in Chirurg. journ., p. 595.

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