IV. — Inversion du testicule
Quelquefois la position du testicule dans le scrotum est modifiée ; la surface libre regarde en arrière et Pépididyme en avant. L'inversion antérieure consiste dans un changement de position de l'épididyme, l'inversion la plus commune est l'inversion antérieure. L'épididyme est situé en avant, le paquet vasculaire qui suit la queue de l'épididyme dans ses déplacements est alors en avant, et, s'il se développe chez le malade atteint de ce vice de formation, une hydrocèle, la tumeur se développe en arrière et le testicule reste en avant.
L'inversion latérale et l'inversion supérieure sont des formes de l'inversion antérieure; tout dépend de la position où Ton examine le testicule et du relâchement ou de la contraction du dartos.
L'inversion en anse est une inversion antérieure en ce sens que le corps de l'épididyme est placé en avant, mais la queue est à sa place; de sorte que le testicule est tenu dans l'épididyme comme dans une fronde.
On peut voir là les phases diverses d'un vice de formation en allant du simple an complet. L'inversion antérieure deviendrait l'inversion en anse si le testicule faisait un demi-tour de plus. C'est ce qui ressort de l'étude des planches annexées au travail de M. Le Dentu, qui a proposé cette juste interprétation.
Les auteurs qui se sont occupés du sujet admettent une inversion intermittente, qui n'est autre chose qu'une absence de fixité du testicule dans le scrotum. Il y a en effet des sujets chez lesquels dans certaines positions le testicule est en inversion, tandis que dans d'autres 3 est dans sa position normale.
L'inversion est généralement double.
Il est bon d'y penser quand on opère une hydrocèle, car si l'on n'y Ut pas attention, on pique le testicule. On peut toujours par précaution, quand on ponctionne une hydrocèle, examiner à cet égard le testicule du côté opposé.
Cette disposition n'offre d'intérêt qu'au point de vue du diagnostic des tumeurs des bourses (1).
(t» Consultez Rojet, Invenion du testicule. Th. Paris, 1659.— Le Dentu, Anomalies i» tttticmle. Th. Paris, 1869.
Y. — Atrophie du testicule.
On sait que les testicules sont à l'état rudimentaire chez l'enfant, et que ce n'est qu'au moment de la puberté qu'ils commencent i prendre le développement qu'on observe dans Page adulle ; on sait encore qu'avec l'âge le testicule s'atrophie : si donc l'agent sécréteur du sperme se trouve arrêté dans son développement par une cause quelconque, b'H subit une diminution prématurée, il y a atrophie du testicule.
Il n'est pas besoin de rappeler l'atrophie qui résulte delà migration imparfaite du testicule. Nous n'étudierons ici que celle que l'on observe chez les sujets dont l'organe est venu en temps ordinaire se placer dans les bourses.
Les exemples de développement tardif des testicules ne sont pis très rares. Les testicules et le pénis, chez les sujets dont le système pileux est rudimentaire, sont de très petite dimension. Wilson rapporte le cas d'un sujet de vingt-six ans qui, se trouvant dans les condition* signalées plus haut, se maria, et en moins de deux ans ses organes avaient acquis les proportions qui sont habituelles chez l'adulte.
Les causes de cet arrêt de développement échappent fort souvent; chez un certain nombre de sujets, ce vice de conformation paraît lié à un arrêt de développement de l'encéphale ; c'est ainsi qu'on le remarque chez les idiots, les crétins ; d'autres fois il semble être la conséquence d'une lésion traumatique de la tête et do cerveau.
L'atrophie proprement dite, c'est-à-dire la diminution prématurée de volume du testicule, paraît être produite par un grand nombre de causes. Tantôt elle est consécutive à une maladie de l'organe lui-même et particulièrement à l'inflammation, orchites trauraatiques, orchites des oreillons, ou abcès testiculaires ; celui-ci alors a perdu non seulement de son volume, mais encore il est modifié dans sa forme ; il est bosselé, inégal, irrégulier; il ne possède plus de sensibilité spéciale. Tantôt elle est déterminée par une cause qui n'agit pas sur le testicule lui-même : la compression, l'oblitération de l'artère spennatique, la varicocèle, les paralysies, les plaies de tête, l'abus de l'iodure de potassium; la masturbation et les excès de coït paraissent déterminer l'atrophie testiculaire en provoquant une inflammation vive et souvent renouvelée de ces organes. Dans ces cas, l'organe a conservé sa forme normale, mais le volume, la consistance, sont notablement diminués. Les individus dont les testicules sont atrophiés ou incomplètement développés sont impropres & remplir l'acte de la fécondatioo. J'ai signalé un cas d'atrophie du testicule ayant précédé d'un an le développement d'un cancer.