HÉLATOH. — PATH. CB18. VI
4° La péritonite est aussi très rare, elle peut survenir de deux manières, tantôt parce que le col de la tunique vaginale n'est pas complètement oblitéré : c'est ce qui est arrivé deux fois à Jarjavayà l'hôpital Saint-Antoine, en 1863 ; tantôt parce que l'inflammation du cordon spermatique se propage au péritoine. Cette dernière cause est excessivement rare ; quanta la première, elle est la conséquence d'une opération pratiquée pour une hydrocèle congénitale dont on a méconnu la réductibilité.
5° Injection du liquide entre les couches du scrotum. — Si l'inflammation du scrotum et du cordon survient dans les conditions que nous avons examinées plus haut, par suite de circonstances indépendantes de Phabileté et de l'attention de l'opérateur, les mômes désordres peuvent se présenter parce que l'on n'aura pas pris pour faire l'opération toutes les précautions nécessaires ; mais avec de l'attention on peut toujours prévenir ces accidents, qui n'arrivent plus aujourd'hui
Les fausses manœuvres qui contribuent à faire passer le liquide entre les lames celluleuses du scrotum sont de plusieurs ordres:
1° Le trocart, après avoir traversé une des parois des bourses et le kyste tout entier, vient perforer la paroi opposée et y conduit l'extrémité de la canule. On est immédiatement averti de cet accident, car la canule ne donne plus passage à la sérosité ; mais si on retire la canule, le liquide s'écoule, et si, dans des conditions semblables, on pousse une injection, le liquide pénètre par l'ouverture faite à la tunique vaginale et s'infiltre dans le tissu cellulaire. Il faut donc, si un pareil accident venait à se présenter, se borner à évacuer la sérosité et refaire l'opération d'une manière plus méthodique lorsque l'hydrocèle se sera reproduite. Pour prévenir la piqûre de la membrane séreuse, on devra, surtout si la poche présente une faible capacité, user de la précaution suivante : quand l'extrémité a pénétré dans la poche, on retire à moitié le poinçon du trocart, et on enfonce davantage la canule, dont l'extrémité mousse ne peut léser la paroi opposée de la tunique vaginale.
2° Les parois des bourses se décollent quelquefois, c'est-à-dire la peau reste tendue et les tuniques sous-jacentes sont refoulées vers la tumeur. Le décollement se produit lorsque : 1° l'instrument* étant émoussé perce la peau et déprime les autres membranes, on devra donc s'assurer du parfait état du poinçon ; î* lorsqu'au lieu de présenter l'instrument perpendiculairement à la paroi, on le présente obliquement ; dans ce cas une des faces de la lame décolle les tuniques. Le même accident peut se produire lorsque l'extrémité de la canule, c'est-à-dire son épaulement, est saillant ou ne s'applique pas exactement sur le poinçon \ la pointe de l'instrument pénètre à travers les tissus, mais la canule, en raison de la saillie qu'elle forme, ne
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peut passer à travers la piqûre et déprime quelques-unes des tuniques.
3° La rétraction du crémaster et du dartos est quelquefois plus considérable et plus rapide que celle de la peau, et il s'opère un décollement analogue au précédent. Il peut encore se faire que la rétraction de tout le scrotum fasse sortir la canule de la cavité séreuse. Quelques auteurs ont donné le conseil de pincer légèrement la peau du scrotum pour le maintenir contre la canule, afin d'empêcher que ce tube ne sorte de la tunique vaginale ; mais en agissant ainsi on s'expose au contraire à faire ce qu'on veut éviter ; car, à mesure que le liquide s'écoule, les parois tendent à revenir sur elles-mêmes, mouvement qui est favorisé par la rétraction du crémaster. Si Ton retient la peau en la serrant contre la canule, les couches sous-jacentes seules suivent ce mouvement de retrait et s'écartent de la peau maintenue par les doigts du chirurgien; la canule reste immobile, mais la tunique dartolde et la paroi de la tunique vaginale se rapprochent graduelle* ment de son extrémité pendant l'écoulement du liquide et peuvent finir par la dépasser. L'orifice profond de l'instrument se trouve alors en dehors de la tunique vaginale ; le liquide cesse de couler» et, lorsqu'on pousse l'injection on la fait pénétrer entre les enveloppes testiculaires.
Ainsi donc, une fois que le chirurgien a fait pénétrer la canule dans le liquide, il doit se borner simplement à maintenir la canule dans la position qu'il juge convenable pour l'écoulement du liquide.
4* Enfla, le liquide de l'injection peut passer entre la canule et les lèvres de la plaie et s'infiltrer entre les parois. Aussi faut-il avoir soin de le faire pénétrer lentement et de ne pas le pousser brusquement. Il vaut mieux pousser l'injection soi-même que de la faire pousser par un aide; on apprécie mieux le degré de résistance à la pénétration du liquide et on s'arrête en temps utile.
L'injection du liquide entre les tuniques du scrotum détermine la gangrène du tissu cellulaire, et la mortification peut s'étendre à toutes les enveloppes du testicule. Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit plus haut relativement à cette affection.
A tous ces traitements il faut encore joindre les injections d'éthei proposées par le docteur Giraux (1). <t
Enfin les injections d'alcool répétées dans les hydrocèles vidées en partie (Gust. Monod) (3), le processus de la guérison aurait lieu de la même façon que dans le cas de ponction et injection iodée lorsqu'on laisse de l'iode dans la tunique vaginale ; en effet, le liquide se repro-
(t) Giraux, Retu méd. cktr.t 1*79«
(S) G. Monod, Bull. Soc. de «Mr., 1871, p. 107.
564 AFFECTIONS DES OHGÀNES GÉNITAUX DE L'flOMME.
duit et mêlé à l'iode il représente exactement le liquide de l'hydrocèle dans lequel il a été introduit de l'alcool ; seulement, la guérison est beaucoup plus lente.
Orchite dans une hydrocèle
J'ai observé déjà trois fois une orchite simple chez un malade atteint d'hydrocèle ; il s'agissait de trois vieillards atteints d'affection des voies urinaires.
Les malades éprouvent des douleurs dans leur hydrocèle, qui dévient sensible au toucher et dans laquelle on provoque une forte douleur dans le lieu qui correspond au testicule. Au bout de deux ou trois jours, le scrotum devient rouge et ressemble exactement à une hydrocèle que l'on vient de traiter par la ponction et l'injection iodée.
Trois fois j'ai vu la suppuration survenir ; une fois, c'était Nélaton qui traitait le malade ; le scrotum fut largement ouvert et le malade mourut dans les trois jours de septicémie aiguë.
Dans les deux autres cas, instruit par l'expérience, j'ai attendu ; lorsque j'ai constaté un point ramolli violacé au milieu du scrotum rouge, j'ai fait une incision de 2 centimètres sur la partie ramollie qui était entourée d'une légère induration et j'ai laissé le tumeur se vider çeule ; la suppuration, mêlée à de la sérosité, a coulé pendant vingt jours; les malades ont guéri ensuite et ont été de plus guéris de leur hydrocèle.