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ARTICLE XV

FRACTURES DES VERTEBRES.

Le volume peu considérable des vertèbres, leur mode d'articulation^ Télasticité des disques qui les réunissent, l'épaisseur des parties molles qui les recouvrent^ concourent à en rendre les fractures très-rares.

Causes. — Résultat ordinaire d'une cause directe, ces fractures sont quelquefois produites par un véritable contre-coup; voici quel en est le mécanisme : La tige vertébrale étant fortement flécbie^ les pièces qui la composent tendent à se désunir, mais les fibro-cartilages intervertébraux résistent, et c'est le corps de la vertèbre qui se rompt ; tantôt la colonne étant pressée par ses deux extrémités^ un des corps vertébraux est pour ainsi dire écrasé et se sépare en plusieurs fragments. C'est bien certainement par ce mécanisme, et non par l'action musculaire^ que fut fracturée la cinquième vertèbre cervicale chez ce nageur qui se précipita d'un lieu élevé, la tête la première, dans la Sambre, à un endroit qui n'avait qu'un mètre de profondeur [voyez Oberwition sur la fracture d'une vertèbre cervicale par l'action musculaire, par Réveillon (i)]. C'est assurément par le môme mécanisme que se produisirent les lésions observées chez cette femme dont parle A.C00per» qui tomba la tête en avant, et chez laquelle il trouva à l'autopsie une fracture de l'apophyse odontoïde.

Variétés. — La solution de continuité peut être située sur les apophyses épineuses^ transverses, articulaires, sur les lames ou sur les corps des vertèbres. Elle est habituellement complète, rarement incomplète; le plus souvent elle est multiple ou même comminutive. Les fractures par cause directe siègent ordinairement sur les apophyses épineuses ou sur Taxe, tandis que les fractures du corps sont habituellement le résultat d'une flexion forcée de la colonne vertébrale *oilen avant, soit en arrière. Tandis que les fractures directes s'observent surtout sur les vertèbres dorsales et lombaires, c'est au niveau des vertèbres les pluç mobiles que l'on observe la plupart des fractures •^directes, c'est-à-dire, sur les dernières cervicales et dans la région ^orso-lombaire; on n'observe guère la fracture isolée des apophyses ^nsverses que dans les plaies par armes à feu.

Les déplacements que l'on observe dans ces fractures sont: !• l'en- ■OHcement vers l'intérieur ou sur les côtés du canal vertébral d'une

(i) Journal général de médecine, t. XCVUI, p. A18.

25Ù ArrRCTioiïs iies os.

c^quillo vetiidit de» liimes, des masses apopbysuircs ou du corps d vertèbre; 2' lorsque Iti fracture du corps est tranovRrsalc, lorsqu'elle est oblique d'arrière en ansDl et de haut eii bas, une ptojection du fragment supérieur en avant de l'inférieur (fig- 80) ; 5" lorv qu'il y a ëcrasemeiil de la partie antérieure de la vertèbre, un momi:ment de bascuU- qui courbe angulairement la colonne conimc dam les gibbosit^s; /l'un mouvemeDtde tolabté imprimé à l'une des ilria partioii de la colonne, inouvemenl qui peut s'opérer d'avant en arrière DU lalérulenient, et duquel U n> âulle que le canal vcrti^bral se trouve interrompu p^irLiellemeut ou en totalité (fig. 8]). Ce ilêpUcement suppitse des désordres IrOsétendus. Souvent, dans ce cas, la vertèbre est réduite en un gnud nombre de fragments dont l'arrangemeul est Inextricable, môioe ù l'aiilopsie.

Outre les complications commîmes il toutes les fractures, il ca est qui appartiennent en propre fc eelles qui nous occupent; oc sont:

les luxations partielles des vertèbres fracturées, la couunutH contusion, la compression, I cbirure de la moelle épinièrt épancbemente de sang dans II nal rachidien.

SïHPTôias. — La déformation, une vive douleur locale, augmcnt&nt par les mouvements volontaires et sous lu pression, la mobilité contoe nature, la crépitation, signes ordinaires des fractures, s'obsurvcnl c^ lement dan» celles du racbi.s, et sont facilement eoustatées par rtospcction directe de la région oITensce, par le toucher, par u légère exercée sur les apophyses épineuses auxquelles on peut ■ imprimer quelque» mouvements de latéralité. Kst-il besoin de dire que tous ces signes manquent lorsque la fracture ne sépare pas coin[i]Âement un fragment du reste de l'os : ainsi, par exemple, dans U frnclarc d'une seule moitié île l'arc vertébral 7 Itemurquons à ce sujet qu'il bul l^néralenient s'abstenir d'une explorulion prolongée

indrait rien au cbirui^cn. si aucun fragment n'était i

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'atigaaUL^^J

FRACTURES DES VErWjBRES. 255

dans le cas coDlraire. pourrait produire un déplacement nouveau quelques lésions de la moelle épinîère.

Ce qui doit surtout allirer l'atfenlion, ce sont les altérations fonctionotlle» qui nous décèlent les (graves complications dont nous ii parié ci-dessus. La paralysie est le «ympidme commun à toutes ces com- ;ilirations ; mais celle-ci présente quelque différence dans ses effets et Jitns sa marche, suivant le lieu qu'oci:up* la lésion de la moelle épîniére.

ijA uiivanl la cause qui lo produit.

(fois elle s'accompagne do ipisme.

'Bègle générale, la paralysie octoules les parties qui sont pouride nerfs par la portion de moelle lée au-dessous de la lésion. Celle-ci ipe-l-elle le rennement lombaire, 'membres abdominaux sont privés sensibilité et de mouvement. Très- Rrenn-nt la paralysie est bornée à lune ou l'autre de ces facultés exclusiwment. La vessie, également para- 'j>ée, ne peut plus chasserrurine, qui t^tôre et la distend ; plus tard, â la "fention d'urine succède l'inconti- >KQce. Le rccluin a perdu aussi sa force de contraction, et, si les macères fécales sont solides, il ne peut les expulser; sont-elles liquides, il w peut les retenir, et elles coulent involontairement. Les parois abdo- 'Binales et thoraciques sont en outre frappées d'immobilité, lorsque la '^ion affecte la région dorsale de la moelle. Alors te ventre se ballonne, ^^ la respiration, imparfaite, s'opère uniquement par la contraction du ''^fibropme. La paralysie des membres thoraciques en est le résultat, '■qu'elle occupe le milieu de la région cervicale. Enfin la mort arrive '"^tantancment, lorsque la désorganisation du cordon médullaire est "tute au-dessus de la troisième vertèbre cenicale, point d'origine du "'fff diaphragmatique.

la paralysie est due plus souvent à une lésion de la moelle indépen' •^nte de la fracture, qu'à la compression ou à la déchirure de la moelle Perdes fragments déplacés. Celle qui est déterminée par une commot'On rte la moelle épiuière, portée tout de suite à son summum, tendà dé- •^►oltre graduellement. Abercrombie cite quelques exemples de termi- ''^iion lieurcu&e observée dans ce cas. Celle qui est déterminée par la

la '1' Tettébre lombaire, ilicemiinl do l< eolaiiiie nrl^ilo m laiolilâ. Inlcmipiiuii complèu da »iul verlifbnl. Le mtlidd a vécu pflDlut Iroii nioii. (Unie* Diipsytron.)

conapiession qu'exerce un fragment déplacé ou par une décbii-ure du cordon nerveu^L rachidien, appâtait également aussitôt après l'accident; mais elle persiste en général au même degré. Celle qui résulte de la présence d'un épanchement de sang dans l'intérieur du canal rachidien se manifeste graduellement, dît-on, à mesure que le uog s'accumule. Dans un cas de fracture avecluxationdelarégton lombaire, M. Anger trouva un épancbement sanguin intra- rachidien, qui, produit d'abord au bai de la colonne, remonta en moins d'une de mi -heure jusqu'à la base du crflne, pénétrant cnlfc la moelle et U dure-môrc rachidienne d'une part, d'autre part dans letissn.

cellulaire qui cntouriiia dore — mère spinale. Le malade succomba, la tête fortement tei»— due en arrière, atteint d'iiaa opisthotonos tenant à la con». pression de la partie postfe — rieurc de la moelle. D'auttCBi * fois les symptâmes tétaniques:' ne se montrent qu'après pli^sieurs jours, comme cela clm-^ lieu sur le volontaire de l'armée des h!l(als-L'nis, à qui, en 186(i, un^^ balle fractura le corps de la troisième lombaire (voy. fig. 8'J).

Mais, quelle qu'ail élc d'ailleurs la lésion première de la moelle, coil» motion, contusion, déebirure, compression, il n'est pas rare de voft' apparaître des symptômes secondaires qui indiquent le développcmec^ ' d'un travail inllammaloire, d'un ramollissement aigu de la moelle. L^^ la paralysie était incomplète, elle se prononce davantage et ne tard ^ pas à devenir complète; si elle l'était primitivement, on la voit s'élci»" dre, et, d'après l'envahissement successif des parties qu'elle ava» d'abord épargnées, on pcutsuivre, pour ainsi dire, pas à pas la march^^ ascendante de la phlegmasie jusqu'au moment où, arrivée \ la r^o^' cervicale (troisième verlêbrc},elle cnra3'e le Jeu du diaphragme et dé " termine l'asplijxie.

Tels sont les accidents qui sont sous la dépendance immédiate de L^^ lésion vertébrale; mais ce ne sont p.isles seuls qui menacent U vie d^' blessé. En effet, les parties saillantes sur lesquelles repose le poidsd^* corps, soumises à une pr('s>i<>n prolongée, se niurlilient, les os sor^* dénudés, et une suppuration abondante épuise bientdl le niabide. Aio^^

donc, en résumé, les lésions de la colonne vertébrale peuvent causer la mort: 1* instantanément, lorsqu'elles siègent au-dessus de la troisième vertèbre cervicale, comme cela a été observé dans les fractures de Tatlas» ou de Taxis ; 2° dans l'espace de quelques jours, par suite du développement d'une myélite traumatique; 3** enûn^ et c'est là le cas plus commun, la mort peut être le résultat de Tépuisement que produit la suppuration après la chute des eschares.

Dans quelques cas rares, à la vérité^ les choses se passent plus heureusement: la moelle s'habitue^ pour ainsi dire, à supporter un certain degré de compression, les fonctions se rétablissent en partie, les fragments de la vertèbre se consolident dans leurs nouveaux rapports, et laguérison est obtenue. Plus rarement encore la consolidation se fait imparfaitement, et il se fait une pseudarthrose^ ainsi que Key Ta constaté sur un cadavre à Tautopsie.

DuGNOSTic. — Le diagnostic est facile lorsqu'il y a une dépression

Irès-apparente au niveau des apophyses épineuses fracturées, ou une

saillie des épines annonçnnt que le fragment supérieur du corps d'une

vertèbre s'est porté en avant ; mais il n'en est pas de même, quand le

déplacement fait défaut, et surtout lorsqu'il est masqué par l'em-

i>onpoint ou le gonflement, et que la douleur rend l'exploration im-

l^os&ible. Dans ce cas les chirurgiens les plus habiles sont restés dans

'c doute. D'autres fois la dépression des apophyses épineuses, jointe à

^ position courbée que prennent les malades pour éviter la douleur,

P^ut faire croire à une luxation des vertèbres en avant. Déjà Hip-

pocrate avait signalé celte cause d'erreur. En parlant des luxations,

'^Oijs dirons ce qu'il faut penser au sujet de cette cause d'erreur dans

'^ diagnostic.

Pronostic. — Le pronostic est habituellement grave, surtout lorsqu'il

existe un grand déplacement ou quelque lésion de la moelle. Toutefois

^- Coopéra trop assombri le tableau, en donnant comme règle générale

4^'une lésion située à la région lombaire cause la mort en six semaines,

^ la région dorsale en trois semaines, à la région cervicale en quelques

jodrs ou môme en quelques instants. Sans doute ce chirurgien voulait

f^^rler des fractures accompagnées d'un énorme déplacement, car

ï^ousavons vu, ainsi qu'A. Gooper lui-même, des malades guérir lors

*^<ime qu'ils avaient été paralysés pendant des mois et même pendant

plusieurs années, et dernièrement encore chez plusieurs malades

observés par M. Péan, tous les accidents de paralysie disparurent au

"outdcdeuxmois, bien qu'il restât dans la région dorso-lombaire une

Sibbosité très-prononcée .

Traitement. — Les fractures des apophyses épineuses ne présentent d'autres indications que celles des contusions de la même région, ^mme traitement^ le repos est la seule indication, quand il n'y a

lliUTOIf. — PATB. CHU. . U. — 17

pas un grand déplacement. Il en est de même, lorsque la fracton porte sur le corps des vertèbres. Dans ce cas^ il est inutile de tentei la réduction immédiate , et de chercher à la maintenir au moyen de lacs extenseurs et contre-extenseurs passés autour du bassin et sou les aisselles; nous pensons qu'on ne doit faire aucune manœuvre de réduction exigeant quelque violence: ces manœuvres, nécessairement aveugles^ pourraient avoir pour effet d'augmenter la compression de la moelle ou de la dilacérer, en y enfonçant quelques esquilles. Il faut donc se borner à mettre les parties dans une position convenable, et combattre les accidents qui peuvent résulter de la lésion de la moelle épinière. A cet effets il importe, lorsque la fracture occupe la région cervicale^ de maintenir le cou immobile au moyen d'un appareil de cuir construit avec soin sur un moule de plâtre, et semblable à celui que j'ai employé pour le traitement du torticolis. M. Péan a pu s'assurer que cet appareil suffit k combattre la mobilité parfois si prononcée qui accompagne ces fractures, et, dernièrement, M. Broca réussit à guérir, à l'aide d'un appareil semblable, un malade dont la colonne vertébrale avait été fracturée au niveau de l'axijk Lorsque la lésion siège au niveau des régions dorsale ou lombaire, la malade doit être couché sur le dos, sur un lit médiocrement dur, la tét« peu élevée : cette position, à laquelle les blessés s'habituent prompte ment, donne plus de facilité pour pratiquer le calhétérisme^ souven nécessaire dans ce cas ; elle permet de recevoir dans des vases plafl les garderobes, etc.; elle me parait donc préférable au décubitu^surl ventre, conseillé par quelques chirurgiens. La grande gouttière d Bonnet [de Lyon), les lits mécaniques et les niatrlas hydrostatique peuvent être très-utiles dans cette circonstance. Pour prévenir le déve loppement de la myélite Iraumatique^ il faut pratiquer tout de suite de saignées nombreuses et abondantes, qui auront en outre pour effet A hâter la résorption des é))anchemenls sanguins ([ui peuvent s'être faifl autour des Fragments ou dans le canal rarhidien ; je préfère ces moyen aux Stiignées locales, ([U;» l'on ne peut employer sans retourner I malade et siins imprimer quehiues mouvements aux fragments de I colonne vertébrale.

Si la fracture était ucrompagnée d'une |)laie montrant les esquilles il faudrait, suivant le ron>eildePaul d*Kgine,meUre à nu les fragmenl détachés et les extraire, ou bien relever avec le doigt ou avec un poin von les fragments qui r(»mprimrnt la moelle, ainsi quWntoine Luui l'a fait avec succès. Dans le cas où la fracture aurait été pru duile par un coup de feu, on (le\raitégalement opérer les débridemenl convenables |M)ur prévenir retian^lemenl et pi»nr extraire les esquilles comme cela fut pratique par Duplessis en lvSr»2 >ur M. do Viliedon L'indication était p;irfaite. Le succès sanctionna ri^KTation.

Mais dans le cas où il n'existe pas de plaie, serait-on autorisé à découvrir par des incisions le lieu de la fracture, à trépaner le canal rachidien, soit pour donner issue à un épanchement sanguin^ soit poui relever les fragments ? Cette opération, conseillée par Heister, Chopart, Desault, A. Gooper, J. Hutchinson et Abernethy, pratiquée sans succès par Henry Cline, par Tyrrell, par Rhea Barton, par M. Laugier, vient d'être de nouveau préconisée par M. Gurlt (de Dublin) et par M.Félizet {Archives de médecine, 1865).

Suivant ce dernier chirurgien, la statistique a donné 19 morts sur 26 opérés, résultat effrayant au premier abord, mais qu'il attribue moins à l'opération elle-même qu'aux suites naturelles de la blessure. Les observations de M. Pélizet démontrent que sur 17 opérations faites dans /es treize jours qui ont suivi l'accident, il y a eu l/i insuccès, et sur 5 opérations faites du quatrième au cinquième mois, 3 insuccès. Voici la liste de ces opérations, d'après le siège de la fracture : La trépanation des vertèbres cervicales a donné 2 guérisons sur 6 opérés ; des vertèbres dorsales, 2 guérisons sur 13 opérés; dans cinq observations où le siège n'a pas été précisé, nous trouvons 2 guérisons. — Par contre, la tr'épanation du racbis a été blâmée par B. Brodie, A. Shaw, Ch. Bell, L.iston et Boyer, qui la rejettent, en se fondant sur l'impossibilité de ï'^connaltre d'avance la nature de la lésion qui cause la paraplégie. ^ l'appui de cette idée, Boyer rapporte quatre faits dans lesquels il a t>l:^ser\*é les mômes symptômes, quoique la lésion fût différente : dans l€i premier, il y avait commotion ; dans le second, un simple tirailleïï^«nt de la moelle épinière ; dans le troisième, une compression ^x.ercée par la lame de la septième vertèbre cervicale ; dans le qua- ^ï'ième, un épanchement de sang dans le canal rachidien. Il ajoute qvie les lames des vertèbres sont d'ailleurs situées trop profondément pour être facilement mises à découvert. De son côté, M. Laugier af- Rfme, pour ce qui regarde le manuel de l'opération, qu'il est assez ^^cile d'ouvrir le canal rachidien dans loute la région dorsale, en appliquant une petite couronne de trépan sur la ligne médiane à la base ^ ''une apophyse épineuse, après avoir retranché celle qui la recouvre. Quant à la convenance du trépan, il ne se dissimule pas tous les dangers qu'il y a à faire communiquer le foyer d'une fracture et niùme l*inlérieur du canal vertébral avec l'air extérieur; cependant la terminaison presque constamment funeste des lésions rachidicnnes lui paraît Huloriser quelques tentatives pour soustraire la moelle épinière à la compression qu'elle éprouve. Il reconnaît avec Boyer qu'il est diflicile de tlistinguer la simple commotion de la moelle d'un épanchement sanguin; aussi conseille-t-il de s'abstenir dans ce cas, et de réserver le trépan pour les fractures avec déformation de la colonne vertébrale et mobilité des apophyses épineuses et des lames, si la paraplégie existe

en môme temps. Nous ne pouvons partager celte opinion : ctr, comme le dit justement M. Laugier, on ne sait points dans ce cas, si oi ou plusieurs corps de vertèbres ne sont pas fracturés, et ne font pu saillie dans le canal verlébral ; d'ailleurs chez le malade de M. Laugier bien que celte pression existât, une autre contre-indication fut révélée la moelle était entièrement rompue. Nous admettons en principe atei lui que dans les cas d'enfoncement des lames des vertèbres, rindicalioi du trépan est presque aussi évidente que lorsque le crâne est enfono et que des désordres locaux déterminent la paralysie. Mais s'il «i facile de reconnaître un enfoncement des os du crâne^ on ne pounr se flatter de reconnaître celui d'une lame de vertèbre. Peul-étr serait-on seulement conduit à le soupçonner, et autorisé à opérer dan le cas où la lésion rachidicnne aurait été produite par une caitt directe, qui aurait borné son action à Tare postérieur de la vertèbre comme pourrait le faire, par exemple, une balle sur la fin de 8 course ou tout autre corps contondant, agissant sur une surface pe étendue. Dans ce cas, on pourrait d'aut^int mieux arriver à un dû gnostic précis, que les recherches anatomiques et physiologiques le plus récentes sur l'origine apparente et réelle des nerfs racbidien serviraient à déterminer le siège et l'étendue de la lésion vertébral! L'opération aura alors pour but d'cmpécher les fragments de se soude dans une position vicieuse, de se nécroser ou de produire des foyei purulents du côté du rachis ; parfois même elle diminuera ou fei cesser des paralysies qui seraient demeurées incurables. Mais d^ns I cas oïl la fracture aura été produite, comme cela est commun, par un chute d*un lieu élevé, ou par une violente flexion de la colonne vert^ brale, le corps de la vertèbni ét^mt ordinairement écrasé ou réduit e plusieurs fragments que l'on ne saurait replacer, je pense qu'il fai s'abstenir de toute opération.

M. Féan, qui, pendant ces dernières années (1), a fait de nombreuse recherches pour éclairer ce point de doctrine, partage également cetl manière de voir. Il se fonde surtout sur cette considération que les fra< turcs de la colonne vertébrale produit'.'s par ce mécanisme offrent de sympton)os et des lésions trop différentes pour établir ropportunil (Fune opération. Voici, en elfet, dans quelles conditions se trouvaiei les malades qu'il a observés : ^

1*" Lorsciue la déformation et la paralysie étaient très-prononcée celle-ci a pu disparaître spontanément en quelques jours ou en quel ques semaines, bien que la gibbosité persistât; or, chez ces blessé Topération aurait été pour le moins inutile. Plusieurs d'entre eux poi

(1) Dix inalailcs nouveaux oui été Irailcs par lui en IHtiG pendant qu'il rf*nipUcait, p inli-riu), MM. Cum:u, Fullin, Jarjavay et A. Kichard, à Bcaujon, à Lariboisicre et aCockii

FftACTCRES DES VERTÈBRES. 261

latent une dérormation très-prononcée qui était duc manirestement à l'écrasement de plusieurs vertèbres ; et il aurait été impossible, pendant la vie, de dire sur quelle vertèbre devait porter la résection, en (apposant que l'on eût été tenté de la pratiquer. Chez ceux qui succombârent, l'autopsie démontra que la mort était duc : 1° ou bien ii une mobilité des fragments telle, que le chirurgien n'avait pas même eu le temps d'appliquer un appareil contentif : cela eut lieu surtout pour les fractures de la région cervicale ; 2° ou bien à un écrasement da corps d'une vertèbre dont il eût été impossible de réduire ou de replacer les fragments, comme on le voit dans la figure 80 ; 3° ou bien inné luxation qui était accompagnée de quelques fragments incapables (i'eiercer sur la moelle aucune compression ; U" ou bien à une lésion de l'axe nerveux médullaire ^ laquelle l'opération eût été impuissante â remédier, commotion, tiraillements, section plus on moins complète ; 6* ou encore aux suites d'un ^panchement sanguin remontant à une grande hauteur. • Chez un malade qui moufiit dans ces circonstances, M. Péan put constater que la déformation était due au déplacement d'une portion de Vertèbre assez volumineuse qui avait été rejetée en dehors du canal vertébral (Hg. 83); on comprend que l'extraction fl'un pareil fragment n'aurait

été d'aucun secours, Oa voll «u'un fnenwnt nia voUnnincu» ■ i\é ili'l»h«

„,.,. , , et rejclt en d*l»n du ciml wrlibnil. (CoUeclion de

2' Chez plusieurs malades, ^ p5,o.) la défiTrmation était très-prononcée, bien qu'il n'y eflt pas d'accidents du côté de la moelle épinière; c'est ce qui eut lieu trois fois pour des fractures situées dans les régions dorsale et dorso-lombairc. Chez l'un d'eux, le crine, le bas-iin, plusieurs eûtes, une jambe, avaient été fracturés du infime coup par une chute de 33 mètres de hauteur, et l'on voyait, au niveau de la douzième vertèbre dorsale, une gibbosilé très-manifeste. Cependant, malgré de tels désordres, il n'y eut pas de paraplégie, et la guérison complète ne se fit pas longtemps attendre.

Z' Enfin la mort peut survenir, bien qu'il n'y ait eu pend ant la vie aucune déformation appréciable au niveau de la vertèbre fracturée. C'est ainsi que, chez un malade dont M. Houel nous a montré les pièces déposées au musée Dupuylren, le corps de la vertèbre porlait une simple Assure.

En résumé, dans tous les cas que nous venons de passer en revae, et ils sont nombreux, l'opération n'aurait ofl'ert aucune ressource et aurait ajouté par elle-même un très-grand danger.

Pour remédier à la paralysie de la vessie et à la rétention d'urine, 0 faut sonder le malade plusieurs fois par jour, ce qui vaut mieux que de laisser à demeure dans la vessie une sonde qui irrite cet organe, Tenflamme, et produit souvent des perforations.

On administrera aussi des lavements simples ou laxatifs, pour solliciter révacuation des matières fécales qui s'accumulent dans le rectum.

Pour éviter les eschares, on couchera le malade sur un matelas hydrostatique de caoutchouc. Lorsqu'elles sont déjà produites au moment où le chirurgien est appelé à donner ses soins, elles doiyen être pansées comme nous l'avons dit à Farticle Gangrène. Lorsque l blessé est parvenu à échapper à tous les accidents qui menacent sa vie et que la fracture des vertèbres est consolidée, il reste souvent d la faiblesse ou une paralysie incomplète ; il faut alors la combattre ei appliquant sur les côtés du lieu blessé des moxas, ou des cautères en faisant sur les membres des frictions avec des llniments irritants en administrant des bains, des douches de Baréges, des fumiga * tions aromatiques sèches et humides, en sollicitant la contraction de muscles par des secousses électriques, en administrant à rintérieu Textrait de noix vomique. Mais, il faut le dire, ces moyens réussissen bien rarement.

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