AFFECTIONS DU VAGIN. — TUMEURS SOLIDES
qui, au point de vue histologique, était bien un fibrome. — Hunier (1879), Hermann (1881), en ont rencontré d’autres exemples. — A. Martin (1881) a enlevé, sur un enfant de vingt-quatre heures, après ligature du pédicule, un polype fibreux long del centimètre 7 dixièmes, siégeant sur la paroi postérieure du vagin au-dessous de Thymen.
Les fibro-myomes du vagin, sans être très rares, sont bien moins fréquents cependant que ceux de l’utérus; ils ne diffèrent pas de ces derniers et sont susceptibles d’une intervention chirurgicale. Porro (1875) en a vu un du poids de 332 grammes, siégeant dans la cloison vésico-vaginale, ayant porté obstacle à l’accouchement, et que deux incisions courbes ont suffi à énucléer une fois qu’il a eu fait issue spontanée à l’extérieur. Celui que Dahlmann (1880) enleva chez une femme de quarente-trois ans siégeait dans la paroi vaginale antérieure, pesait 180 grammes et avait la forme d’un pénis volumineux.
Dans un travail récent Rleinwæchler (1) a réuni cinquante observations de fiby'omes ou de myomes du vagin, et a tracé d’après elles l’histoire de ces tumeurs. — Selon lui, ces tumeurs tirent leur origine du tissu cellulaire sous-muqueux ou de la couche musculaire du vagin, ou enfin du tissu cellulaire recto-vaginal. — Ce sont tantôt des fibromes ou des myomes purs, tantôt des fibro-myomes, les premiers plus fréquents, les myomes purs les plus rares. Elles ont des dimensions variant entre le volume d’une noisette et celui d’une tête d’enfant d’un an, et siègent de préférence dans la paroi antérieure (Leteneur). — Leurs symptômes dépendent du volume du siège et du point d’implantation de ces tumeurs; la marche en est lente, et l’influence qu’elles exercent sur la grossesse est mal connue. — Kleinwæchter décrit les divers procédés thérapeutiques applicables à ces tumeurs (section, ligatures du pédicule, galvano-caulère, énucléation). — L’intervention pendant la grossesse ou après l’accouchement peut avoir des inconvénients sérieux, à cause de l’abondance des hémorrhagies signalées dans beaucoup de cas (2).
Tumeurs malignes du vagin. — Sarcome. — Cancer, etc. — Le sarcome primitif du vagin est aussi rare que V épithélioma (3). Soltmann et Sanger (1881) en ont observé chez des enfants de deux ans et demi à trois ans, et Dernme (4) chez une enfant de cinq ans (sai'come congénital). Il se présente, dans ce cas, sous forme de sarcome médullaire à cellules rondes, et peut acquérir la disposition de véritable polype.
,.0^1,^ KleinwæclUer, Des tumeurs fibreuses et des myomes du vagin (Zeitschr. fur Ileilic., 188''2, Baïul IU,p. 377 et Revue des sciences médic. de G. llayem, 15 oct. 1883, t.lXXII 2« fasc.,n« 4L p. 55.i. > J
(2) C. Gaye, Tumeurs du vagin, in Rerlin. Klin. Woch., 23 oct. 1883.
(3) Lyinan, Cas d’ épithélioma vaginal volumineux, in Boston Med. and Sura. Journal, 1" avril 1881, "
(i) Üemnie, in Corr. Riait. G. Schweizer Aerzle, 1" août 1882.
— Siu- la femme adulte, le néoplasme offre le plus souvent des caractères de tumeur diffuse et résulte de l’extension de la maladie dont le point de départ est dans l’utérus ou le rectum.
Le cancer primitif est aussi fort rare : West en a réuni 22 cas. Presque toujours les dégénérescences carcinomaleuses de ce conduit sont déterminées par la propagation du cancer de l’utérus ou du rectum.
Nous ne ferons que signaler le cas publié par Schrœder (1) d’extirpation totale d’un vagin cancéreux ; car, malgré le succès obtenu par ce chirurgien (guérison rapide!), nous considérons cette opération comme détestable: il s’agissait d’une ulcération si vaste du côté droit, qu’un quart du vagin tout au plus n’était pas suspect: Schrœder incisa circulairement l’orifice vaginal antérieur, puis il isola le canal avec un instrument mousse, en remontant vers le col, dont il enleva en même temps le segment inférieur. Aucune suture ne fut appliquée. — Dans un autre cas d’extirpation partielle du vagin, Schrœder a trouvé également plus commode la dissection de bas en haut.
Le VAGINISME étant intimement lié à l’hyperesthésie vulvaire, nous en renvoyons l’étude à l’article consacré à la description des affections névralgiques de la vulve.
ARTICLE V
Ces affections sont nombreuses ; les unes portent sur la vulve tout entière, les autres sont limitées à l’une de ses parties. Nous décrirons : 1° les vices de conformation; 2“ les affections traumatiques : 3“ les affections inflammatoires ; les affections nerveuses, 5“ l dtp liant lasis ; 6“ les tumeurs; 7“ les déchirures du périnée.
§ I. — Vices de conformation de la vulve.
Ces vices de conformation portent sur la vulve tout entière ou sont limités à l’une de ses parties.
i“ Hatrésie vulvaire est accidentelle (suite de brûlures et d’ulcérations dont la cicatrisation a été mal dirigée) ou congénitale : cette der-
(1) Schrœder, Line toeigen Carcinom in tolo exstirpirte Scheide {Extirpation totale d’un vagin cancéreux), in lierlin. Klin.Woch., 'il août 1883, n” 35, p. 511, et in Revue des sciences me die. de G. llaycm, 15 oct. 1883, t. XXII, 2°fasc., n° 11, p. 581.