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AFFECTIONS DES MEMUUES SUPÉllIEUnS.
« J’avais cru, dit Velpeau, que la sortie des concrétions granuleuses contenues dans les kystes était indispensable à leur guérison; mais des laits probants m’ont démontré le contraire. Je sais maintenant qu’après la disparition des matières liquides qui les invisquent, les grumeaux s’agglomèrent, se conrondent entre eux, s’unissent aux tissus v<t)isius, s’amoindrissent de plus en plus, et finissent par ne plus former que de légères plaques indurées. »
Opérations. — l^a compression au début du mal avec une bande do caoutchouc est bonne, mais elle n’assure pas la guérison; la compression avec une bande ouatée, silicatée, est bonne lorsque le mal est plus développé, mais elle ne guérit pas davantage.
Nous n’insistons pas non plus sur les ponctions simples ou multiples, directes ou sous-cutanées ; elles permettent, à la vérité, la sortie du liqu ide, mais celui-ci se reproduit rapidement. D’ailleurs elles laissent dans la tumeur la plus grande partie des corps hordéiformes Celte dernière objection est également applicable à la ponction suivie des injections iodées. Il faut remarquer qu’à la suite de cette dernière méthode, la guérison se maintient plus longtemps qu’à la suite de la ponction simple; et nous avons déjà dit que la disparition des corps riziformes n’est pas absolument indispensable à la guérison. Mais il faut comprimer assez longtemps après ces opérations.
D’un autre côté, ces corps étrangers sont avec raison regardé.s comme une cause menaçante d’accidents et de gêne dans les mouvements de la main ; cependant, en face des accidents que détermine si souvent l’incision, quelques auteurs n’ont pas hésité à conseiller de s’en tenir aux injections iodées, sauf à les répéter si la tumeur venait à se reproduire.
Vincision est le meilleur moyen de débarrasser la tumeur de ces petits corps qui s’opposent si souvent à la guérison ; mais cette opération est assez grave : Dupuytren redoulait beaucoup l’inflammation qu’elle provoque. « Soit qu’à l’instar de Champion, dit Velpeau, on s’en tienne à de très peties incisions aidées de la compression ; soit qu’on imite Portai, Gooch, Dupuytren, Warner, et qu’on fende largement toute la poche, en y comprenant môme, s’il le faut, le ligament antérieur du carpe; soit qu’on se borne, comme Richerand et d’autres l’ont fait, à une incision de 1 à 2 centimètres sur l’une des bosselures de la tumeur, l’opération n’en est pas moins toujours fort effrayante par ses suites possibles,' un phlegmon diffus ou une angioleucite profonde suppurée.
Cepehdant, lorsque les tumeurs synoviales menaceront de s’ouvrir parle fait de l’accumulation du liquide et du travail inflammatoire développé dans la poche, lorsque les parois du kyste sont trop épaisses; lorsqu’il existe déjà une ouverture qui fait communiquer la cavité du
KYSTES SYNOVIAUX.
kyste avec l’extérieur; lorsque les corps hydatifonnes sont en trop grande quantité, Nélaton disait qu’il est indiqué de recourir à 1 incision. Celle-ci sera faite assez large pour que l’on puisse débarrasser la tumeur des corps qu’elle renferme ; les parties seront maintenues dans l’immobilité la plus complète et soumises pendant cinq ou six jours au moins à l’irrigation continue.
Une observation recueillie sur M. Rambaud, ancien prosecteur de Clamart, prouve que l’expectation peut permettre, dans ces cas, d’obtenir la guérison. En ISGl, le D'' Ranibaud vint trouver Velpeau et lui montra un énorme kyste à grains hordéiformes bilobé, menaçant de s’ouvrir. Velpeau conseilla la ponction et l’injection iodée, qui fut refusée; la tumeur s’ouvrit seule sans accident, elle se vida; la suppuration dura dix-huit mois, et la guérison survint, laissant seulement deux doigts, le médius et l’annulaire, un peu raides : ces deux doigts ne se fermaient pas complètement avec les deux autres. Gela constitue néanmoins une guérison.
Ghassaignac a appliqué le drainage à ces kystes ; c’était un perfectionnement sérieux de l’ancienne méthode du séton, et il a guéri quelques malades par ce procédé ; il en a aussi perdu. Gelte méthode me paraît la meilleure, mais à condition de faire l’ouverture de la paume de la main assez large et de pratiquer tout de suite les injections iodées.
Depuis la vogue des pansements à l’acide phénique, on est revenu à la méthode de l’incision et de l’évacuation du contenu de ces kystes. On incise, on vide la tumeur, puis on fait des lavages dans la cavité; on réunit ensuite par première intention, en laissant un drain dans un angle de la plaie. La plaie se referme, et les malades sont considérés comme guéris (1). Gela est certainement une erreur : tant que l’on n’aura pas montré ces malades un an après l’opération bien guéris, on pourra toujours craindre la récidive. J’ai vu en effet une opération faite jadis par Velpeau avant l’usage des pansements de Lister ou autres. Une incision de 2 centimètres faite au-dessus du poignet permit d’évacuer tous les grains hordéiformes; la plaie fut réunie par des bandes de diachylon, et une compression fut établie sur la main et l’avant-bras. 11 y eut une réunion immédiate sans accident; mais trois mois après, le mal avait récidivé. Le pansement ouaté appliqué aux kystes après l’ouverture et le curage a donné ces deux résultats : ou une suppuration grave, ou une réunion immédiate suivie de récidive de la tumeur.
Lorsque la suppuration a envahi le kyste, lorsqu’il y a des trajets
(1) Bœckel et Nicaise, BuUel. et Mém. de la Soc. de chirurg., 1881 etsuiv.
AFFECTIONS DES MEMBRES Sül’ÉRIEURS.
fistuleux incurables, on voit l’articulation radio-carpienne se prendre, et il faut en venir à l’amputation de Tavant-bras,
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