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traversée dans un de ses diamètres. Parfois l’urèthre communique en arrière avec le rectum, avec le tissu cellulaire du bassin ; d’autres fois l’instrument pénètre dans la vessie par un canal collatéral.
Les fausses routes multiples sont assez fréquentes. On les voit souvent chez les vieillards qui se sondent eux-mèmes. M. Després possède une pièce très belle montrant plusieurs fausses routes sur la prostate d’un vieillard qui avait une hypertrophie de cette glande. La partie antérieure de la prostate est comme criblée de fausses routes ; il y en a au moins douze, soit complètes, soit incomplètes. ÎNl. Béraud a figuré cette pièce dans sa thèse (1).
Symptomatologie. — Quand la perforation est incomplète, si l’on introduit une sonde ou une bougie, elle s’engage presque fatalement dans cette voie artificielle, et l’on ne peut arriver dans la vessie; on est arrêté par un obstacle. Quelquefois on voit sortir par la sonde une certaine quantité de sang. Ces signes appartiennent bien h une fausse route de la prostate; mais ils peuvent être produits: l’obstacle par une valvule du col vésical ou une tumeur de la prostate, etc., l’écoulement sanguin par une déchirure de l’urèthre, etc. 11 n’y aurait donc, comme moyen de porter un diagnostic exact, que le loucher rectal. Si la sonde n’était séparée du doigt que par une faible épaisseur de tissu, on serait en droit d'admettre une fausse roule à travers la prostate.
Pronostic. — 11 est subordonné à l’étendue et à la direction de la lésion. La perforation est-elle incomplète ? le tissu de la prostate se gonfle, empêche l’iiifiltration urineuse, et quelquefois même la fausse route disparaît, mais souvent il reste un diverticulnm dans lequel s’amasse l’urine et où se forment des calculs. La j)erforalion est-elle complète? si l’ouverture se trouve dans la vessie, l’urine passe par ce nouveau canal. Celte propriété de la prostate de laisser impunément passer l’urine a été mise à profit et a fait imaginer la ponction de la vessie à travers la prostate. Lorsque, au contraire, la perforation fait communiquer l’urèthre avec le tissu cellulaire du bassin, on observe une infiltration urineuse des plus graves.
Traitement. — Lorsqu’il existe une fausse route, on placera dans l’urèthre une sonde h demeure, afin de faire évacuer l’urine par le canal normal et d’empêcher ce liquide de pénétrer dans le diverliculum. On emploierait dans le même but le cathétérisme souvent répété, mais on pourrait craindre que la sonde ne vienne à se dévier, et qu’on ne détruise un travail de réparation déjà commencé.
(1) Béraud, T’/ièse citée, p. 18, tîg. à, pl. I.
^ III. — Affections inflammatoires de la prostate.