II. — Hématocèle du testicule
Indiquée par Richter, Pott et J.-L. Petit, cette affection a été décrite pour la première fois d’une manière complète par Béraud (1).
Le testicule est plus volumineux qu’à l’état normal, gorgé de sang d’une couleur noire plus ou moins intense. Les filaments spermatiques tantôt conservent les rapports normaux entre eux, tantôt font hernie à travers l’ouverture de la tunique albuginée, et se présentent sous l’aspect de fils noirs que l’on peut, avec une pince, dérouler suivant une longueur variable.
Symptômes. — Les symptômes propres à l’épanchement de sang dans
(1) Béraud, Considérations sur l'hémalocèle, ou épanchements sanguins du scrotum (Archiv. génér. de méd.), mars 1851.
IIÉMATOCÈLE DU TESTICULE.
le testicule sont obscurs. Au début, les signes anamnestiques sont d’une faible ressource ; le malade ne peut distinguer la part qu’il faut faire à la contusion de l’organe de celle qui appartient à la contusion des bourses. Il n’est pas facile de trouver le testicule au milieu de la tumeur sanguine constituée par l’infiltration ou l’épanchement de sang dans les bourses et dans la tunique vaginale. Si cependant on pouvait saisir le testicule, soit parce que l’épanebement dans la tunique vaginale ne serait pas considérable, soit parce qu’un travail d’absorption se serait déjà fait, on trouverait cet organe plus volumineux, plus dur, plus rénitent que celui du côlé opposé ; il ne paraît pas que la pression sur le testicule détermine toujours un accroissement de la douleur; enfin on trouve à la surface du testicule des bosselures plus ou moins considérables.
Béraud expose de la manière suivante le mécanisme de la formation de ces bosselures:
« Que le sang vienne à s’épancher entre la substance testiculaire et la tunique albuginée, la coque qui donne sa forme au testicule résistera, ce sang comprimera les filaments spermatiques; mais, si l’on a égard à l’inégalité d’épaisseur de la tunique albuginée, si l’on se rappelle qu’il y a des points très minces qui résistent faiblement, on ne sera pas étonné de voir survenir ces bosselures, qui peuvent être un bon caractère pour reconnaître la maladie, quand il y a possibilité d’explorer convenablement le testicule. »
L’épanchement du sang dans le testicule peut-il se terminer par résolution? 11 est vraisemblable que des cas se sont rencontrée dans lesquels il existait un épanchement léger qui s’est terminé par résolution. Le testicule reste quelquefois d’une dureté ligneuse qui persiste pendant de longues années.
Diagnostic. — Il est difficile de reconnaître la maladie au début : à a vérité, le testicule est gonflé, bosselé; mais cet état ne pourra être constaté que lorsqu’on aura obtenu la résolution de l’épanchement extra-testiculaire ou quand on aura ouvert la tunique vaginale.
On ne confondra pas la maladie avec une orchite aiguë ou chronique; les commémoratifs suffiront dans la plupart des cas; d’ailleurs il est possible que l’orchite traumatique soit, comme nous l’avons dit, accompagnée d’un épanchement sanguin dont on ne peut constater 1 existence. Mais on a pu prendre un cancer hématique du testicule pour une hématocèle, môme à l’autopsie de la tumeur (1). Nélaton a opéré un malade d’une tumeur de ce genre qui a été présentée à la Société anatomique sous le Litre d’hématocèle du testicule (2).
(t) J.-L. Petit, Traité des malad. chirurg., t. II, p. 517, in-8°. Paris, 1783.
(■2) Després, Huit, de lu Soc. anal., 18(30, p. 1.5.
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M. Després a suivi le malade qui est mort de cancer généralisé.
Traitement. — Le traitement antiphlogistique, les sangsues sur le trajet du cordon, la position, les émollients, les résolutifs seront conseillés au début : si la tunique vaginale était déchirée, et si le testicule apparaissait dans la plaie, tuméfié, distendu par la collection sanguine, si l’on ne pouvait en espérer la résolution, on débriderait la tunique albuginée, et, suivant le précepte de J.-L. Petit, on se garderait bien de toucher aux canaux séminifères.
Si quelques-uns de ceux-ci faisaient hernie à travers la plaie, on ne les soumettrait à aucune traction. En suivant cette conduite, Giraldès a pu conserver une partie du testicule malade (1).
^ III. — Affections inflammatoires du testicule.
(Revues par le D'’ llorteloup.)
L’histoire des inflammations testiculaires est encore assez obscure, malgré tous les travaux qui ont été publiés sur ce sujet depuis un demi-siècle. Le nom d’orchite que l’on donne à l’inflammation testiculaire est loin même d’être exact, car il ne devrait s’appliquer qu’à l’inflammation de la glande même; et, sans vouloir décrire séparément l’inflammation du testicule, celle de l’épididyme et enfin celle de la tunique vaginale, il faut savoir que l’inflammation peut frapper isolément ou simultanément ces différentes régions. Ainsi dans l’inflammation testiculaire, venant à la suite de la blennorrhagie, la glande n’est que très exceptionnellement prise, c’est l’épididyme, et consécutivement la tunique vaginale, qui est le siège du mal ; à la suite des oreillons, de la variole, le mal envahit épididyme et glande. — En nous fondant sur ce caractère, nous décrirons comme dans la première édition, d’abord les inflammations de cause blennorrhagique et, dans un second paragraphe, les inflammations qui ont une autre origine.
Nous commencerons par étudier l’orchi -épididymite aiguë et nous exposerons ce que l’on a décrit sous le nom d’orchite chronique.