II. — Kystes purulents
Lorsqu’une collection purulente s’est formée dans un des points de l’économie, elle ne tarde pas, comme nous l’avons dit, à être entourée d’une membrane que nous avons désignée sous le nom de membrane pyogénique; il y a là un véritable kyste purulent, mais l’usage a consacré à cette tumeur le nom (ïabcès. Si la maladie est aiguë, on a affaire à un abcès phlegmoncux; à l’état chronique, on a un abcès froid ou un abcès
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pai‘ congestion ; c’est surtout, à ce genre de collection que Ton doit plutôt réserver le nom de kyste purulent. Nous ne faisons que les signaler ici pour mémoire, car nous avons déjà exposé leurs caractères anatomo-pathologiques, leur mode de formation, nous n’y insisterons pas davantage. Disons toutefois que les tumeurs kystiques que nous venons de passer en revue, que celles qu’il nous reste maintenant à étudier, peuvent, par le fait d’un travail pldegmasique, devenir des kystes I purulents, il suHit de mentionner cette transformation pathologique ^ pour comprendre combien serait défectueuse une classification des t kystes établie uniquement d’après les earactères du liquide renfermé »l dans la poche.
Nous n’insisterons pas non plus sur les kystes qui se développent •; autour de la matière tuberculeuse, soit dans le poumon, soit dans les ! ganglions lymphatiques.
III. — Kystes formés autour des tumeurs fibreuses, cancéreuses, etc.
Lorsque nous ferons l’histoire des affections cancéreuses, nous verrons que, si quelques-unes de ces tumeurs se développent et s’étendent au milieu de nos tissus, il en est d’autres qui sont enveloppées par une membrane de nouvelle formation qui les isole, pour ainsi dire, du reste de l’économie. Est-il besoin d’ajouter que cette condition peut être considérée comme relativement favorable? car l’opération est toujours plus facile et surtout plus complète, et si l’on doit espérer la guérison radicale d’un cancer après son extirpation, c’est surtout dans les cas d’enkystement que cette heureuse terminaison semble probable. Nous dirons la même chose des tumeurs fibreuses, cartilagineuses, des lipomes, etc.
IV. — Kystes formés autour d’un corps étranger venu du dehors.
Lorsqu’un corps étranger est déposé dans nos tissus ou nos organes, tantôt il se porte au dehors en provoquant une inflammation d’intensité variable, tantôt il s’enveloppe d’une membrane de nouvelle formation, d’un kyste. A partir de ce moment il n’exerce plus d’action nuisible sur les tissus, c’est ainsi que l’on a trouvé des balles môme dans le tissu du poumon où elles avaient pu séjourner pendant des années sans causer le moindre accident.
V. — Kystes formés autour d’un corps étranger produit dans l’organisme.
A cette catégorie appartiennent les kystes développés autour d’entozoaires, de fœtus ou de débris de fœtus.
DES KiSTKS.
1“ Kystes des entozoaires. — S’il airivc de rencontrei’ des cysticer- I ques ou des acéphalocystes libres au milieu de nos tissus, il est infiniment plus fréquent de les voir enveloppés par une membrane kystique. Dans quelques cas, et c’est ce que l’on observe pour les cysficerques, la. membrane est mince, celluleuse, transparente, exactement moulée sur rêntozoaire. Le kyste des acéphalocystes, au contraire, offre une épaisseur qui arrive quelquefois jusqu’à h ou fi millimètres. Ses parois, composées de couches stratifiées, sont fibreuses, fibro-cartilagineuses et môme calcaires. La surface externe de ces derniers est inti-mement réunie aux parties environnantes; leur face interne est rugueuse, couverte d’aspérités. Les kystes des acéphalocystes sont tantôt i uniloculaires , tantôt multiloculaires ; les loges sont distinctes ou i communiquent entre elles pur des orifices plus ou moins étroits. M. Cruveilhier a vu des kystes multiloculaires ne renfermant qu’un : seul acôphalocyste, lequel envoyait des prolongements dans les loges 5 communiquant entre elles.
Si l’on étudie le mode d’évolution de ces kystes, on voit que primiti- vement les kystes des acéphalocystes ont été à leur début, comme ceux ^ descysticerques,constitués par une membrane lisse, mince, transparente, . mais d’une part, la distension des paroisproduite parle développement de l’entozoaire, de l’autre la résistance qu’il éprouve dans les tissus ambiants provoquent un travail en vertu duquel la structure primitive du kyste tend à disparaître, tandis qu’il s’assimile les tissus avec lesquels il est en . rapport par sa face externe. Ce mécanisme a été parfaitement exposé par M. Cruveilhier (1), qui a montré en môme temps que la résistance que l’acéphalocyste trouvait à son développement, soit par la densité des parties circonvoisines, soit par la propriété rétractile du kyste, pouvait amener la mort des acéphalocystes, et par conséquent la guérison. Ainsi donc, pour faire disparaître cette espèce de tumeur, la première condition à remplir serait de tuer l’acéphalocyste à l’aide d’un instrument introduit par ponction dans la cavité du kyste. Mais il ne suflit pas toujours d’avoir tué l’entozoaire 'pour amener la guérison, car si dans quelques cas la poche est encore dans un état tel qu’elle puisse se rétracter et disparaître par atrophie, dans un grand nombre de cas les parois épaisses, fibro-cartilagineuses ne sauraient revenir sur ellesmêmes, il reste alors une cavité qui s’entlamme, suppure, et de là des accidents les plus graves si l’on ne parvient pas à modifier par des injections antiputrides la surface interne du foyer, ou à extirper par une opération les parois du kyste; nous devons ajouter cependant que l’on a quelquefois trouvé des kystes renfermant des acéphalocystes
(1) Ciuveilhier, loc. cil., p. oiS.
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morts au milieu iPune matière boueuse Jaunâtre^ pultacée, résultant de la transformation du pus.
2“ Kystes formés autour des produits de la conception. — Nous no nous arrêterons pas sur cette espèce de kystes, car il est rare que le chirui'i’ien ait à intervenir dans les cas de ce genre, nous renvoyons donc aux traités d’anatomie pathologique et d’obstétrique.
3“ Kystes formés autour cUune monstruosité par inclusion ; kystes pileux des üvai7'es. — Nous réunissons dans un môme paragraphe ces deux espèces de kystes, qui semblent avoir entre eux la plus grande ana-
ilogie, si môme ils n’ont pas une origine commune. Ils sont constitués par des poches qui renferment des portions plus ou moins considérables de fœtus, telles que des dents, des os et surtout des poils. Les débris ^adhérents aux parois de la poche continuent à vivre de la vie végéta- Itive, tandis que les portions dépourvues d’adhérence se momifient ou ^provoquent une inflammation qui a pour conséquence l’élimination. iCes kystes ont été observés dans toutes les régions du corps etprincipa- (lement aux régions scrotale et sacro-périnéale ; les kystes profonds se ^rencontrent surtout dans la cavité péritonéale et dans l’épaisseur de ijl’ovaire. Nous n’insisterons pas davantage sur ces productions, d’ailleurs <nous aurons à y revenir lorsque nous étudierons les ati'ections chirurgi- ■<cales propres à chaque région.