II. Etiologie, Pathogénie
La lésion traumatique, que caractérise généralement, ainsi que nous venons de le dire, l'instantanéité de la cause et la brusquerie des changements de rapports des éléments anatomiques, est détenninée ordinairement par une violence extérieure, d'ordre mécanique, physique ou chimique. D'autres fois, au contraire, la violence agit de dedans en dehors et l'organisme lui-même la produit. C'est ce qui arrive, par exemple, lorsqu'un fragment du tibia transperce et déchire la peau du membre inférieur, dans une étendue variable. La fracture de la rotule, par contraction musculaire exagérée et désordonnée (dans l'eflort pour ne pas tomber), la lacération d'un muscle par une esquille, certaines luxations volontaires, en sont d'autres exemples.
Le chirurgien, lui-même, ne fait que copier la nature, en produisant, dans un but thérapeutique, le traumatisme
opéniloire. Il emploie la violence, mais selon des règles I' Uen déterminées.
■ * Le chirurgien, dit Vemeull, agissant par pression, r» pratique des piqûres (acupuncture, ponctions, paracen-
> lèse), des coupures (incisions, débride ments, sections,
> dissections), des écrasements (ligature, écrasement linéaire,
> broiement des lumeursj. Il rejette la contusion, afin de
> limiter, autant que possible, les dégâts, et de les circons- 1 » crire dans le foyer traumalique; mais il utilise la traction I» par distension, par flexion (rupture des ankyloses, des '» cals difformes, des brides cicatricielles, dilatation brusque
» des rétrécissements, de l'orifice herniaire), par torsion
> (ablation des polypes, oblitération des artères), par diduc- » tion (décollement du périoste, de ronglel.
» La traction brusque intervient dans l'arrachement des
> dents, l'épilation; dans certaines opérations complexes,
> (résection, extirpation de tumeurs), le chirurgien combine
■ toutes les violences : incision, dissection, énucléation, » arracbement, torsion, etc., en sorte que le foyer trau-
• matique mixte est constitué ici comme dans les coupures,
> là comme dans les écrasements, en un troisième point,
■ comme dans les ruptures ou les arrachements.
» Le chirurgien pratique tous les jours des lésions trau-
• matiques intentionnellement compliquées; il associe l'exé-
• rèse à la diérèse (ampulalion, extirpation des tumeure);
• il laisse à dessein des corps étrangers dans les plaies
• ^drainage, sulurei:il chaîne l'instrument de calorique ou
• d'éleclricilé, et même aussi de substances toxiques
• (inoculations, injections hypodermiques). Fréquemment, il
> divise des tissus malades de bon igré et de force, et
» opère plus souvent des siigeis malades que des individus » sains; de plus, quoiqu'à regret, il agit dans les condi- » tions les plus fâcheuses d'encombrement et d'infection » du milieu.
» Enfin^ à une blessure accidentelle, il igoute une blessure » chirurgicale, quand il pratique une amputation ou une » résection, en cas de lésion traumatique grave, et même » quand il se contente de débrider une plaie d'arme à » feu pour en extraire les corps étrangers (Vemeuil). »
A. Agents mécaniques, — Les conditions pathogéniques du traumatisme par agents mécaniques, varient suivant la nature du corps vulnérant.
Velpeau (1), dans sa thèse de concours (1833), et Dupuytren, dans ses leçons de clinique chirurgicale, ont âdt, du mécanisme de la contusion, une étude qui est restée classique.
Les corps mousses ou contondants peuvent ébranler les éléments anatomiques et anéantir momentanément leurs propriétés vitales, sans qu'il y ait de modifications anatomiques nettement définies ; c'est la commotion.
Le même corps mousse peut déterminer, à des degrés variables, suivant l'intensité, la pression, l'attrition ou la désorganisation des tissus, avec ou sans solution de continuité des téguments ; c'est la contusion ou la plaie contuse.
D'une façon générale, dans la contusion, interviennent trois facteurs, ainsi que l'a écrit Velpeau.