‹ Éléments de pathologie chirurgicale (volume 3)Chapitre 100 sur 213 · HYDROCÈLE · texte numérisé non relu

HYDROCÈLE

peut passer à travers La piqûre et déprime quelques-unes des tuniques.

3° La rétraction du créraaster et du dartos est quelquefois plus considérable et plus rapide que celle de la peau, et il s'opère un décollement analogue au précédent. Il peut encore se faire que la rétraction de tout le scrotum fasse sortir la canule de la cavité séreuse. Quelques auteurs ont donné le conseil de pincer légèrement la peau du scrotum pour le maintenir contre la canule, afin d'empêcher que ce tube ne sorte de la tunique vaginale ; mais en agissant ainsi on s'expose au contraire à faire ce qu'on veut éviter ; car, à mesure que le liquide s'écoule, les parois tendent à revenir sur elles-mêmes, mouvement qui est favorisé par la rétraction du crémasler. Si l'on retient la peau en la serrant contre la canule, les couches sous-jacentes seules suivent ce mouvement de retrait et s'écartent de la peau maintenue par les doigts du chirurgien; la canule reste immobile, mais la tunique dartoïde et la paroi de la tunique vaginale se rapprochent graduellement de son extrémité pendant l'écoulement du liquide et peuvent finir par la dépasser. L'orifice profond de l'instrument se trouve alors en dehors de la tunique vaginale ; le liquide cesse de couler, et, lorsqu'on pousse l'injection on la fait pénétrer entre les enveloppes testiculaires.

Ainsi donc, une fois que le chirurgien a fait pénétrer la canule dans le liquide, il doit se borner simplement à maintenir la canule dans la position qu'il juge convenable pour l'écoulement du liquide.

4° Enfin, le liquide de l'injection peut passer entre la canule et les lèvres de la plaie et s'infiltrer entre les parois. Aussi faut-il avoir soin de le faire pénétrer lentement et de ne pas le pousser brusquement. Il vaut mieux pousser l'injection soi-même que de la faire pousser par un aide; on apprécie mieux le degré de résistance à la pénétration du liquide et on s'arrête en temps utile.

L'injection du liquide entre les tuniques du scrotum détermine la gangrène du tissu cellulaire, et la mortification peut s'étendre à toutes les enveloppes du testicule. Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit plus haut relativement à cette affection.

A tous ces traitements il faut encore joindre les injections d'éther proposées par le docteur Giraux (1).

Enfin les injections d'alcool répétées dans les hydrocèles vidées en partie (Gust. Monod) (2), le processus de la guérison aurait lieu de la même façon que dans le cas de ponction et injection iodée lorsqu'on laisse de l'iode dans la tunique vaginale; en effet, le liquide se repro-

(1) Giraux, liev. méd. ehir., 1879,

(2) G. Monod, Bull. Soc. de ehir,, 1871, p. 107.

O04 AFFKCTJONS DES ORGANES GÉNITAUX DE l'uOMME.

(luit et môlé à l'iode il représente exactement le liquide de l'hydrocèle dans lequel il a été introduit de l'alcool ; seulement, la guérison est beaucoup plus lente.

Orchite dam une hydrocèle

J'ai observé déjà trois fois une orchite simple chez un malade atteint d'hydrocèle; il s'agissait de trois vieillards atteints d'affection des voies larinaires.

j Les malades éprouvent des douleurs dans leur hydrocèle, qui devient sensible au toucher et dans laquelle on provoque une forte douleur dans le lieu qui correspond au testicule. Au bout de deux ou trois jours, le scrotum devient rouge et ressemble exactement à une hydrocèle que l'on vient de traiter par la ponction et l'injection iodée.

Trois fois j'ai vu la suppuration survenir; une fois, c'était Nélaton qui traitait le malade ; le scrotum fut largement ouvert et le malade mourut dans les trois jours de septicémie aiguë.

Dans les deux autres cas, instruit par l'expérience, j'ai attendu ; lorsque j'ai constaté un point ramolli violacé au milieu du scrotum rouge, j'ai fait une incision de 2 centimètres sur la partie ramollie qui était entourée d'une légère induration et j'ai laissé le tumeur se vider seule; la suppuration, mêlée à de la sérosité, a coulé pendant vingt jours; les malades ont guéri ensuite et ont été de plus guéris de leur hydrocèle.

m. — Hydrocèle congénitale. ■..

L'hydrocèle congénitale diffère sur plusieurs points de l'affection que nous venons d'étudier. Nous nous proposons d'examiner les particularités les plus saillantes de cette variété de l'hydrocèle.

Au lieu d'être enfermé dans une poche close de toute part, le liquide de rhydrocèle congénitale communique plus ou moins largement avec le péritoine.

Anatomie pathologique. — L'ouverture de communication entre, les deux cavités est ordinairement étroite; en général elle peut admettre tout au plus une plume de corbeau ou une plume d'oie. Les rapports du testicule et de la cavité ne sont pas toujours les mêmes que dans rhydrocèle ordinaire. Tantôt le péritoine est déprimé par le liquide et l'on trouve une tumeur qui s'engage au devant ou en arrière du muscle crémaster, l'hydrocèle se montre seule dans le scrotum au-dessous du testicule encore retenu dans le canal inguinal ; tantôt

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