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IV. — Cystite chronique. — Catarrhe de la vessie

Nous renfermerons dans la môme description le catarrhe de la vessie et la cystite chronique qui succède à la cystite aiguë, ces deux affections offrant entre elles la plus grande analogie, si elles ne sont idenliques.

Anatomie pathologique. — La membrane muqueuse de la vessie présente des plaques d'un rouge plus ou moins foncé, quelquefois violettes, en général assez mal circonscrites; plus tard, lorsque la maladie est plus avancée, on trouve des ulcérations plus ou moins étendues, en nombre variable, masquées fort souvent par le boursouflement de la membrane muqueuse, et par des concrétions puriformes très adhérentes ; quelquefois ces ulcérations sont très larges; chez quelques sujets même, la membrane muqueuse est détruite, la tunique musculaire est complètement à nu. Lorsque le catarrhe dure depuis longtemps, la membrane muqueuse est parsemée de taches, le plus souvent noirâtres, les unes plus larges, les autres plus petites et très rapprochées ; la face interne de la vessie présente alors l'aspect d'un morceau de granit ; dans les catarrhes anciens et peu intenses, surtout lorsqu'il y a paralysie de la vessie, la membrane muqueuse est presque complètement décolorée ; dans d'autres cas, elle est tapissée par une couche grise, comme pseudo-membraneuse, qui peul, dans

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certains cas, s'éliminer et être chassée au dehors avec l'urine. On a décrit ces, cystites sous le nom de cystite pseudo-membraneuse (Gérard, thèse 4877). Il ne faut pas confondre cette sorte de cystite avec les cystites diphthéritiques dont Civiale a donné une bonne observation dans son traité (1); le malade qui présentait une fausse membrane que l'on voyait au méat, avait la bouche tapissée également par des fausses membranes et mourut de diphthérite. Dans la cystite pseudo-membraneuse dont nous parlons, il s'agit d'un exsudât formé, d'après les recherches de Dolbeau, de fibrine fibrillaire, mais il est probable que dans certains cas cet exsudât n'est autre qu'une portion de la muqueuse dénudée, car on y a trouvé de l'épithélium pavimenteux, des fibres lamineuses, et même des fibres musculaires lisses.

Les pseudo-membranes gris verdâtre siègent surtout au bas-fond de la vessie.

Lorsque le catarrhe a duré très longtemps, on trouve de véritables ulcères de la vessie; non seulement la membrane muqueuse, mais encore les fibres musculaires sont détruites par l'ulcération ; dans ces cas, la vessie peut être perforée, et l'on observe des épanchements d'urine ou des fistules urinaires; assez souvent on voit alors la vessie communiquer avec le rectum.

Dans un certain nombre de cystites chroniques, on trouve une notable hypertrophie des parois vésicales, surtout lorsque TafFection a duré un certain temps. Cette hypertrophie, qui peut aller jusqu'à un centimètre et demi, ne porte pas seulement sur la muqueuse, mais sur tous les tissus qui forment les parois, couche musculaire et même tissu cellulaire. Ces lésions ont été bien étudiées par M. Jean dans sa thèse de 1879; les faisceaux de fibres musculaires ressemblent à du tissu strié, tant ils sont hypertrophiés; de plus, ils sont séparés par un véritable tissu conjonctif presque fibreux. Dans une observartion publiée par M. Duplay (1880), l'hypertrophie considérable ne portait que sur ce "tissu cellulaire. Cette altération des parois vésicales donne l'explication des phénomènes de rétraction que l'on rencontre quelquefois à la suite des cystites chroniques, il se produit un travail analogue à celui des cicatrices, et l'on voit alors de petites vessies racornies que l'on ne peut plus dilater.

Les altérations anatomiques ne sont pas toujours limitées à la vessie et, sans parler des reins dont l'inflammation est très souvent consécutive à celle de la vessie, on voit souvent le péritoine être envahi,

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