FRACTURES DE L'OS HYOÏDE ET DES CARTILAGES DU LARYNX
En raison de leur mobilité et de leur position dans laquelle ils sont protégés par la saillie de la face et de la poitrine, l'os hyoïde et les cartilages du larynx sont rarement fracturés. Cependant ils peuvent être le siège de lésions qui prêtent à quelques considérations, dont M. Cavasse le premier a fait bien comprendre l'intérêt (i).
Causes. — Les fractures de l'os hyoïde et des cartilages du larynx sont le résultat d'une violence extérieure qui tendait à redresser ou à exagérer leurs courbures. Les expériences de M. Cavasse démontrent qu'il ne faut pas une grande orce pour les produire. — Nous pensons que l'action musculaire pourrait difficilement déterminer ces fractures, bien qu'Ollivier (2) cite un exemple qui tendrait à prouver qu'elle a suffi pour briser l'os hyoïde. L'ossification des cartilages, qui se montre à des périodes très-diverses de la vie, facilite d'ailleurs singulièrement la production de ces fractures.
Variétés. — La solution de continuité peut occuper à la fois l'os hyoïde et les cartilages crieoïde, thyroïde et aryténoïde; dans d'autres cas elle n'atteint que deux ou même qu'une seule de ces pièces. Ordinairement la fracture est verticale, elle est moins fréquemment oblique ou transversale ; quelquefois elle s'accompagne de désordres du côté de l'articulation crico-thyroïdienne.
Si les cartilages ont conservé leur élasticité, le déplacement fait défaut d'ordinaire ; mais si les cartilages sont ossifiés, les fragments peuvent chevaucher et diminuer le calibre du canal aérien.
Symptômes. — Il est très-difficile de reconnaître la fracture lorsqu'elle est incomplète. La difficulté que l'on éprouve à faire mouvoir séparément les parLies intéressées peut également rendre le diagnostic obscur dans certains cas de fracture complète. C'est elle qui explique pourquoi la crépitation manque souvent. Par contre, la mobilité anormale, l'ecchymose, les changements de forme, suffisent habituellement à éclairer le diagnostic. L'emphysème n'a été noté que dans une seule observation.
Les fractures des cartilages ont pu donner lieu à des troubles fonctionnels assez légers pour que les malades y aient à peine pris garde; d'autres fois elles ont provoqué une douleur vive, une altération de la
(1) Cavasse, thèse pour le doctorat. Paris, 1859.
(2) Dictionnaire en 30 volumes, art. Hyoïde.
jsoix ou-même une aphonie complète, une sensation d'étranglement, la dyspnée, l'orthopnée et môme des convulsions, l'asphyxie et la mort. Celle-ci a pu être produite presque instantanément, sans que la nature delà lésion permît d'expliquer la gravité des conséquences d'un accident qui ne peut s'accompagner que parfois des troubles fonctionnels les plus bénins.
Traitement. — Lorsqu'il y a une déformation apparente, il faut tâcher par des pressions douces de ramener le larynx à sa forme normale. Peut-être pourrait-on se servir du laryngoscope pour faciliter la réduction. Si ces manœuvres échouent et si la cause de l'asphyxie provient du larynx, il est indiqué de pratiquer la trachéotomie, bien qu'elle ait offert des difficultés presque insurmontables dans le seul cas où elle ait été pratiquée et que le malade ait eu consécutivement un rétrécissement du larynx.